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Aimer l'Europe, combattre l'Union européenne
0:00 C'est pas tout à fait orthodoxe ce que je vais sortir, mais en même temps, les historiens le savent, mais ils le disent pas. Grosso modo, j'adore l'Europe. Je pense pas à l'Union Européenne quand je dis ça. Je dis ça déjà, Tchaïkovski, Kandinsky pour changer d'art, ou Dostoïevski ne sont pas à ma connaissance des Asiatiques, des Africains ou des Américains.
0:37 Ils sont censés être des Européens, mais déjà, on demande, j'ai interrogé un jeune, il y a pas longtemps, il est tellement soumis à la propagande, le pauvre gosse, qui disait que la Russie était pas en Europe. Pour lui, l'Europe, c'est l'Union Européenne. Voilà, déjà, pour répondre à votre question, qu'on se trompe pas de cible, je combat l'Union Européenne parce que j'aime l'Europe. Première chose. Parce que sinon, en général, quand vous commencez à critiquer l'Union Européenne, on dit que vous êtes hexagonal, repliez sur votre hexagone, etc. Tout de même. Voilà.
La paix de 1945 : l'équilibre de la terreur, pas Bruxelles
1:07 Je trouve même que c'est une insulte à l'Europe, à ses valeurs et à son histoire, l'Union Européenne. Premièrement, ce que je vous dirai, je vais très vite, je vais essayer de rester politique. Sinon ça m'emmènerait trop loin. Il y a eu les élections européennes récemment, et vous avez bien vu que c'était un peu sur la défensive cette fois-ci, quand même un petit peu. Il sentait bien que la moutarde commence à monter, et puis pas seulement en France. Pendant longtemps, on a fait croire que les Français étaient des champions de l'anti-européisme, puis on s'aperçoit que les Anglais, les Danois, bref. Donc, il restait un argument, vous le connaissez comme moi, l'argument le plus consensuel des pro-européens, l'Europe, c'est la paix.
1:44 Quand même. Vous êtes jeune, donc il faut prendre ça au sérieux, parce que la paix et la guerre, c'est ce qu'il y a de plus grave, tout de même. Quand même. Et donc, c'est vrai que l'Europe a été en paix, pendant toute la période, disons, de 1945, pour la première fois de son histoire, jusqu'à... je ne dis pas jusqu'à quand, vous allez voir pourquoi je vous réserve une petite surprise. Jusqu'à une période récente, disons. Et l'Europe de Bruxelles n'y a absolument pour rien.
2:16 Si nous avons eu la paix pendant toute cette période-là, c'est parce qu'il y avait ce qu'on appelait l'équilibre de la terreur, ça traîne dans tous les journaux de l'époque, c'est parce que deux puissances extra-européennes, l'Union soviétique et les États-Unis d'Amérique, se regardaient en chiens de faïence, en disant le premier qui bouge. Bon, évidemment, c'est ça qui a octroyé la paix, une période, effectivement, exceptionnelle de stabilité, ce qui n'est pas sans conséquence pour l'économie, la prospérité, etc. La stabilité, ça va avec... Vous voyez les pauvres pays qui sont à feu et à sang actuellement, le temps qu'ils vont mettre pour se remettre de leur ravage.
2:51 Donc, voilà, donc, premier mensonge, l'Europe, ce n'est pas la paix. Je dirais même plus loin, l'Europe, c'est la guerre. Je vous dirais que je vous surprendrais. La preuve, c'est que dès que le mur de Berlin, enfin, l'un des deux éléments, je ne suis pas en train de faire la propagande pour les soviétiques, j'aurais été le premier fusillé sous Staline, parlant comme je parle, vous vous en doutez. Mais tout de même, dès que l'Union soviétique est tombée, la guerre est revenue en Europe. C'est les guerres de Yougoslavie. Voilà pourquoi j'ai dit de 45 à aujourd'hui, il y a eu la paix. Ça, c'est encore un mensonge. Il y a encore la guerre en Ukraine, actuellement. Ce n'est pas très loin des Balkans.
La Slovénie, l'Allemagne et les guerres de Yougoslavie
3:23 La guerre a recommencé dès que l'un des deux protagonistes de l'équilibre de la terreur a disparu. Ce n'est quand même pas un hasard. Je rappelle au passage que la guerre a commencé au départ, on l'oublie un petit peu, non pas à cause de la Bosnie en Yougoslavie, non pas à cause de la Bosnie ou de la Croatie, mais à cause de la Slovénie, dont on ne parle jamais. Pays le plus germanisé de l'ancienne Yougoslavie, c'est le plus au nord, assez normal, pour des raisons historiques, géographique, c'est l'ancien empire d'Autriche-Hongrie, qui avait pris le mark comme monnaie pratique pour circuler bien avant le reste de la Yougoslavie, et pays qui a été reconnu par la Bundesrepublik, par la République fédérale d'Allemagne, pour la première fois, depuis 1945, un grand pays européen, l'Allemagne, reconnaît un changement de frontière dans un État souverain.
Contourner les États : les origines des institutions de Bruxelles
4:11 C'est comme si la Corse, demain, devenait indépendante, et aussitôt l'Allemagne la reconnaît. Ça ferait bizarre, la relation franco-allemande. C'est ce qui s'est passé, qu'est-ce qu'on veut dire, et qui a initié les guerres du Yougoslavie. Voilà, je ne suis pas en train de bouffer du Boche, je crois que d'être un des hommes les plus germanophiles de culture qui est en France. Mais je rappelle au passage, et maintenant je vais prendre votre question, parce que je prends l'Europe et je finirai là-dessus, provisoirement, c'est que l'Europe, les institutions européennes qui sont à Bruxelles, qui ont leur siège à Bruxelles, ont été construites pour contourner un grand obstacle qu'ils ont rencontré en 1945.
4:45 C'est qu'en 1945, il y avait à droite, ce qui avait le plus puissant à droite, c'était des gaullistes, ce qui avait le plus puissant à gauche, c'était des communistes. Là, je rappelle les choses qui sont dans tous les journaux. C'est-à-dire, deux forces qui donnaient des boutons aux Américains, premièrement, il ne faut pas oublier, ce n'est quand même pas des hasards, et pour contourner l'État, il a fallu s'y prendre par la société civile, pour parler en catégorie politique. contourner par des fondations, vous voyez, comme vous sentez venir l'Europe d'aujourd'hui, par des ONG, j'ai vécu dans le tiers-monde, vous savez, la faune abjecte des ONG rapaces, qui sont au service de l'OTAN, qui est tout en des enfers de l'humanitaire, je respecte les braves chums qui sont sur le terrain, qui font des piqûres, ce n'est pas eux que je vise, je parle de ceux qui les dirigent.
Revanchisme, réarmement et diabolisation du Russe
5:30 Voilà, donc cette Europe-là a été construite pour permettre à l'Allemagne de faire une revanche. C'est dur, ce que je dis, ça a l'air simpliste. Il y a un terme très courant dans la politique des années 50, 60, encore un peu 70, et qui a disparu. C'est le terme de revanchard. Lorsqu'il y a eu le projet de communauté européenne de défense dans les années 50, où déjà on voulait réarmer l'Allemagne, c'était un prétexte, ça a réarmé l'Allemagne, pourquoi pas lui donner l'arme nucléaire ? Ça faisait deux fois qu'au travers de l'Allemagne, l'Europe était ensanglantée, je lui ai dit au travers, je ne sais pas, porter le chapeau de l'Allemagne, il y a des grandes puissances impérialistes, peuvent se partager le pompon.
6:08 Mais on sortait à peine du conflit le plus sanglant de l'histoire humaine et déjà on pensait à réarmer l'Allemagne, s'il n'y avait pas eu mise en échec de ce projet par les gaullistes à droite et les communistes à gauche. Et maintenant, on nous reparle de différents... Vous avez vu les Russes qui font en Ukraine ? Il ne faut plus s'armer. Oui, ça recommence. La diabolisation de l'Est, du mauvais Russe, qui est toujours le méchant, de toute façon, qui soit tsariste, communiste, ou poutinien, de toute façon, c'est le plus pauvre. On en rend donc que c'est le méchant.
6:39 Salaud de pauvre.