Dominique Pagani voit en Johann Chapoutot le meilleur connaisseur des archives allemandes du Troisième Reich, et le plus grand spécialiste de ces archives en langue française. Selon lui, ce travail documentaire est irremplaçable : le philosophe en a besoin pour avancer sur des bases sûres12. Il retient de La Révolution culturelle nazie l'ampleur du travail culturel des nazis, qui font des Grecs des Germains et de la nature la valeur suprême3. Il retient aussi de Libres d'obéir que le management nazi est libéral et hostile à l'État. Les nazis tiennent l'État jacobin pour un ennemi et veulent le remplacer par des agences, ce qui suffit selon lui à ruiner la notion de totalitarisme45. Il signale toutefois ses limites : Chapoutot serait idéologiquement flottant, ne nomme pas les communistes parmi les ennemis du régime et ignore que la loi du sang s'oppose à Hegel. Surtout, il lui reproche avec constance de nier que Heidegger soit nazi, ce qu'il attribue à l'école française dans laquelle sa génération a grandi6.
Synthèse établie automatiquement à partir de 24 des passages ci-dessous, à relire ; les numéros renvoient au moment de la séance.
Qui est-ce ?
Johann Chapoutot, né le 30 juillet 1978 à Martigues (Bouches-du-Rhône), est un historien français. Professeur d'Histoire contemporaine à Sorbonne Université, il est spécialiste de l'histoire du nazisme, de l'Allemagne et de la modernité occidentale. Ses travaux explorent les enjeux historiographiques ou épistémologiques de l'écriture de l'histoire contemporaine, singulièrement en histoire culturelle du politique. […]
17:36Historien le mieux renseigné sur le nazisme par les archives ; il montre que les nazis voyaient l'État jacobin comme ennemi et voulaient des agences.
39:20La Révolution culturelle nazieHistorien très informé : les nazis ont mené un énorme travail culturel, faisant des Grecs des Germains et de la nature la valeur suprême.
15:41Cité parmi les grands spécialistes du IIIe Reich.
1:08:42La Révolution culturelle nazieSpécialiste non marxiste de la culture nazie, il montre que le christianisme y passait pour un premier affaiblissement de l'Allemagne.