Dominique Pagani lit de près la Phèdre de Racine. Il en fait une figure du désir qui cherche l'impossible : Phèdre aime en Hippolyte le Thésée jeune qu'elle n'a pas connu, un passé qu'elle vit au présent comme une hallucination12. Il décrit son aveu à Œnone comme un triple crime et montre que ses aveux rythment la tragédie3. Dans la scène où elle aborde Hippolyte pour régler la succession, il relève les phrases à double sens où l'inconscient se fraie un chemin, et l'image du labyrinthe. Il rattache ce personnage à la question de la mémoire et de l'amnésie : en voulant oublier, Phèdre retrouve la scène primitive collective. Pour lui, elle est le personnage le plus innocent de la pièce4, ce qu'un correspondant conteste. Il note aussi que Racine refuse de prêter la calomnie à une princesse et la fait passer à Œnone5. Ailleurs, il voit dans son rêve de forêt une figure de l'hubris.
Synthèse établie automatiquement à partir de 28 des passages ci-dessous, à relire ; les numéros renvoient au moment de la séance.
Qui est-ce ?
Phèdre est une tragédie en cinq actes et en vers de Jean Racine créée sous le titre de Phèdre et Hippolyte, le 1er janvier 1677 au théâtre de l'Hôtel de Bourgogne à Paris. Mettant en scène l'amour conçu par Phèdre, femme de Thésée, pour Hippolyte, fils du roi et d'une Amazone, la pièce est rejouée depuis longtemps, considéré comme l’un des chefs-d’œuvre de son auteur, Phèdre a marqué plusieurs générations de lecteurs. Les références à la tragédie sont nombreuses dans la littérature universelle et dans les arts, à commencer par À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, où elle tient une place privilégiée.