Dominique Pagani revient sur Alberich surtout dans le cycle de 2021 consacré à la tétralogie de Wagner, « Comment des sciences de l'histoire peuvent-elles être réelles ? ». Il y voit le personnage par qui tout commence : raillé par les filles du Rhin parce qu'il est sale et bossu, il renonce à l'amour pour s'emparer de l'or. C'est le péché originel de l'œuvre1. Il s'attache à une formule : avec l'or, Alberich n'aura pas l'amour, mais il pourra acheter le plaisir. Il en tire une distinction entre amour et libertinage2. Il lit aussi le personnage en termes économiques : Alberich fait travailler les nains comme un capital et fouette son frère Mime, ce qui correspond pour lui à l'accumulation primitive34. Il ne le réduit pas au rôle du méchant. Alberich est brutal mais logique, il respecte l'algèbre du Ring, l'or ou l'amour. Dépouillé, il n'a plus ni l'un ni l'autre et maudit l'anneau : il est autant victime que coupable56.
Synthèse établie automatiquement à partir de 20 des passages ci-dessous, à relire ; les numéros renvoient au moment de la séance.
Qui est-ce ?
Alberich est un sorcier légendaire, issu de la mythologie germanique ou des histoires épiques franques de la dynastie mérovingienne (Ve ou VIIIe siècle), dont le nom signifie « roi des elfes » (elbe, « elfes », reix, « roi »). Il est aussi appelé le roi des nains. Dans la Chanson des Nibelungen, une épopée médiévale en moyen haut-allemand, c'est le nain qui veille sur le trésor des Nibelungen, mais il est renversé par Siegfried.[réf. nécessaire]