Dominique Pagani tient Frédéric Lordon pour un compagnon de lutte. Il salue son courage à gauche, sa défense du souverainisme et des valeurs républicaines, ses positions contre le traité européen et son programme de refonte des sciences sociales12. Il lui reproche pourtant une « schizophrénie » : ses options politiques s'appuient sur les pensées anti-dialectiques et naturalistes qui leur sont les plus opposées3. Son néo-spinozisme néglige la dimension historique des affects et nie la liberté. Il se réclame d'un Spinoza amputé de la libération du sage ou cité de façon tronquée45. Sa théorie des affects est présentée comme nouvelle, alors que la philosophie n'a cessé de penser le désir6. Pagani s'arrête surtout sur sa lecture de Clouscard, à qui il consacre la postface « Doit-on sauver le soldat Lordon ? ». Lordon y ferait de Clouscard un contempteur puritain de la consommation, attaché à la pureté ouvrière. Pagani y voit un contresens matriciel, repris de la vulgate post-soixante-huitarde, qui rejoint la réception du FN78.
Synthèse établie automatiquement à partir de 32 des passages ci-dessous, à relire ; les numéros renvoient au moment de la séance.
Qui est-ce ?
Frédéric Lordon, né le 15 janvier 1962, est un économiste et un philosophe français. Il est chercheur au Centre de sociologie européenne (CSE), directeur de recherche au CNRS et est membre des Économistes atterrés, collectif soutenant une pensée économique hétérodoxe.
0:30Économiste qu'il faut sauver : clarté, souverainisme, plafonnement de l'actionnariat, programme de refonte des sciences sociales ; il doit jouer des coudes dans la mêlée des refondateurs.
5:30Présente Clouscard comme un contempteur de la société de consommation attaché à la pureté ouvrière ; contresens matriciel.
9:13Il répète la réception de Clouscard par le FN et partage le même jugement d'existence sur la société de consommation.
11:11L'idée qu'il se fait de Clouscard exprime l'état de son propre corps ; il perd son sang-froid au contact de Clouscard.
16:26Commotion au contact du Marx hard de Clouscard, lui qui ne connaissait que le Marx expurgé par Althusser.
2:33Compagnon de lutte qui défend courageusement, à gauche, le souverainisme et les valeurs de la République laissées au Front national.
3:59Formé aux sciences dures, il emprunte en philosophie les pensées anti-dialectiques et naturalistes les plus opposées à ses options politiques : une schizophrénie.
5:40A égratigné Clouscard en reprenant la vulgate post-soixante-huitarde.
49:04Il prête à Clouscard un puritanisme de géronte et l'image fantasmatique d'un ouvrier vertueux : lecture hallucinée qui arrose de moraline une analyse spinoziste.
1:31Il lui rend justice sur bien des points mais conteste sa théorie des affects, présentée comme nouvelle alors que la philosophie a toujours pensé le désir.