Dominique Pagani parle surtout de Senghor lors de deux séances de 2017 consacrées à « Négritude et négrologues » de Stanislas Adotevi, qui n'avait guère d'estime pour lui. Il s'arrête sur la formule « l'émotion est nègre comme la raison est hellène » : selon lui, elle rétablit une division raciale du travail1. Il y revient en 2021, où il présente le Noir qui danse pendant que le Blanc fabrique des tracteurs. Ce partage entre concept blanc et rythme noir est propre à Senghor, bien plus qu'à Césaire2. Pour lui, cette négritude est un discours théorique et poétique, pas un discours de combat. Il la présente comme un concept intéressant pour les Blancs, forgé par un camarade de khâgne de Pompidou qui n'a pas souffert d'être nègre3. Il décrit aussi un politicien dont la vérité est la langue et la culture françaises4. Il reconnaît pourtant un rôle positif à ses premiers écrits et une fonction à sa légende : adossé au continent, Senghor n'a pas la position minoritaire des Antillais5.
Synthèse établie automatiquement à partir de 16 des passages ci-dessous, à relire ; les numéros renvoient au moment de la séance.
Qui est-ce ?
Léopold Sédar Senghor (), né le 9 octobre 1906 à Joal (Sénégal, AOF) et mort le 20 décembre 2001 à Verson, est un homme d'État sénégalais, poète, écrivain et premier président de la république du Sénégal. Il est ministre en France avant l'indépendance du Sénégal et est le premier Africain à siéger à l'Académie française. […]
2:24Adotevi n'a jamais été senghorien et n'avait pas beaucoup d'estime pour lui.
12:03Il croit à la démocratie formelle et tient un discours proche du discours colonial. Il donne raison à Adotevi contre les négrologues et défend la civilisation de l'universel.
17:48Politicien qui connaît ses limites, il a pour vérité la culture et la langue françaises. Il est catholique dans un pays musulman.
20:38Un participant lui reproche d'avoir brisé les intellectuels et les communistes sénégalais, et de n'avoir autorisé que trois courants politiques.
27:05Adotevi soutient qu'il a éliminé des opposants sans les tuer, qu'il n'a pas usé du pouvoir pour lui-même, et que le livre n'est pas anti-Senghor.