Dominique Pagani rattache Bernard Friot à la question « que faire ? » : ses propositions sur le salaire y apportent selon lui des réponses concrètes1. Il retient surtout la thèse d'un « déjà-là » communiste ou révolutionnaire dans les conquêtes de 1945-1947 et dans le programme du CNR, dont Friot serait le meilleur connaisseur23. Il résume sa position comme nominaliste et antisubstantialiste : c'est le salaire, en tant qu'institution contractuelle, qui fait d'une activité un travail4. Lors de leur rencontre de 2018, il le présente comme un philosophe « à son insu », parce qu'il interroge les mots et montre le caractère religieux du discours sur la dette5. Il donne en exemple la distinction entre minimum vieillesse et retraite par répartition, ainsi que ses arguments contre l'idée d'un retraité inactif. Il évoque aussi une question que Friot lui a posée sur la dialectique : la poser ainsi, dit-il, c'est déjà commencer à en douter. Il le qualifie de camarade respecté, tout en notant des désaccords sur les questions sociétales6.
Synthèse établie automatiquement à partir de 27 des passages ci-dessous, à relire ; les numéros renvoient au moment de la séance.
Qui est-ce ?
Bernard Friot est un sociologue et économiste français né le 16 juin 1946 à Neufchâteau (Vosges), professeur émérite à l'université Paris-Nanterre (Paris X). Il théorise la notion de « salaire à la qualification personnelle » avec l'association d'éducation populaire Réseau Salariat. Ses travaux s'appuient sur une relecture de l'histoire économique française et de ses institutions, dont notamment le régime général de la sécurité sociale et la cotisation sociale. […]