Dominique Pagani revient souvent à la bande des jeunes filles de Balbec, dans À l'ombre des jeunes filles en fleurs : Proust rattache leur beauté à leur classe sociale, au sport et au confort, ce qui le rend à ses yeux « plus marxiste » que la pensée radicale12. Il lit aussi de près le regard de la jeune fille, où se reflète toute une vie, un monde produit3. Il situe Proust dans la descendance de la prose poétique de Rousseau et de Nerval, dont Proust admirait Sylvie. Il s'attache surtout à la mémoire : la madeleine, le baiser du soir comme souvenir matriciel, et la petite phrase de Vinteuil, où c'est la musique elle-même qui parle et rend la mort moins amère45. Il cite souvent « les seuls vrais paradis sont ceux qu'on a perdus ». Il lui reproche pourtant de rester enfermé dans le souvenir personnel, là où Nerval cherche l'universel6. Il refuse enfin qu'on le rejette comme auteur bourgeois.
Synthèse établie automatiquement à partir de 150 des passages ci-dessous, à relire ; les numéros renvoient au moment de la séance.
Qui est-ce ?
Marcel Proust, né le 10 juillet 1871 à Paris et mort le 18 novembre 1922 dans la même ville, est un écrivain français, dont l'œuvre principale est la suite romanesque intitulée À la recherche du temps perdu, publiée entre 1913 et 1927. Issu d'une famille aisée et cultivée, d'origine juive par sa mère, catholique par son père (professeur de médecine à Paris), Marcel Proust est un enfant de santé fragile, et il a toute sa vie de graves difficultés respiratoires causées par l'asthme. […]
1:13:06Un amour de SwannSeule partie de la Recherche à la troisième personne ; l'article indéfini dit que cet amour est celui de tout le monde, contre la vanité de la singularité.
1:19:03Un amour de SwannLa petite phrase ressuscite l'essence volatile du bonheur passé, au-delà des extraits abstraits de l'intelligence : réminiscence plus développée que la madeleine.
1:28:46Un amour de SwannLa petite phrase, harmonieuse et fuyante, dit la vanité des souffrances et les élève à quelque chose de supérieur à la vie positive.
1:43:57Un amour de SwannSwann perpétue le bord dans une attente prolongée ; le passé simple marque le surgissement continu de l'événement.
1:53:43Du côté de chez SwannLa scène du baiser du soir : les sanglots de l'enfant n'ont jamais cessé, et il ne les entend qu'à la fin de sa vie.
10:36À l'ombre des jeunes filles en fleursIl décrit la petite bande en rattachant sa beauté à une classe sociale et au sport : Proust est plus marxiste que le marxisme mécaniste.
13:45À l'ombre des jeunes filles en fleursIl analyse finement ce qui est matériel et ce qui ne l'est pas dans le regard d'Albertine.
27:21Du côté de chez SwannIl lit la première rencontre avec Gilberte : le regard veut capturer le corps et l'âme.
1:06Du côté de chez SwannIl connaissait la musique mieux que la moyenne des écrivains et ses phrases sont d'immenses séquences musicales, proches de l'improvisation.
3:33Un amour de SwannIl fait parler la musique elle-même : la petite phrase fait revenir tout le passé de l'amour de Swann.
9:13Un amour de SwannLucide, il ne croyait pas à la vie éternelle, et il montre pourtant que la musique rend la mort moins amère.
15:34La phrase de Vinteuil revient dans son texte comme le thème revient dans le trio de Schubert.
36:18À l'ombre des jeunes filles en fleursLes yeux de la jeune fille ne sont pas une rondelle de mica : ce qui y luit, ce sont les ombres de toute sa vie.
40:33À l'ombre des jeunes filles en fleursL'homogénéité de la petite bande tient peut-être à la classe sociale, notion déterminante même chez un romancier dit mondain.
55:02À l'ombre des jeunes filles en fleursLe narrateur désire toute la vie de la jeune fille : l'intériorité est faite du monde extérieur.
2:27:09Écrit aujourd'hui, ce passage serait accusé de marxisme.
11:21La madeleine, extase laïque comparable à celle de Rousseau.
59:54La déception devant l'objet rêvé montre qu'il visait autre chose.
1:01:33À l'ombre des jeunes filles en fleursRapporte la beauté de groupe des jeunes filles de Balbec à leur classe, au sport et à l'aisance économique.
1:14:24Montre qu'il faut beaucoup de praxis pour produire la beauté des corps.
9:58À l'ombre des jeunes filles en fleursPlus de marxisme chez lui que dans la pensée radicale : il lie la beauté des jeunes filles de Balbec aux habitudes de sport et de confort des nouvelles couches sociales.
3:15Cité parmi les avant-gardes gagnées par Wagner.
1:06:27À l'ombre des jeunes filles en fleursFou de Wagner, il ne choisit pas son titre au hasard ; un mémoire rapproche le parcours du narrateur, de la fixation à la mère, de celui de Parsifal.
1:17:47À l'ombre des jeunes filles en fleursL'éclat de l'œil de la jeune cycliste reflète toute sa vie, ses projets, les chemins et les pâtisseries : un regard qui présuppose une matérialité historique.
2:17:59À l'ombre des jeunes filles en fleursIllustre la lutte des classes : la classe des jeunes filles produit de belles cuisses et de belles hanches.
1:10:02Souvenirs individuels à opposer à la mémoire collective.
1:15:31Un amour de SwannLa petite phrase de Vinteuil réveille les souvenirs heureux et fait renaître le bonheur dans la souffrance ; il sait donner la parole à la musique.
1:01:43À l'ombre des jeunes filles en fleursLes jeunes filles de la jetée ont en commun leur classe sociale et l'habitude des sports : plus marxiste que Foucault.
10:02À la recherche du temps perduFils de rentier, loin du marxisme, il explique pourtant la beauté des jeunes filles de Balbec par les habitudes de sport et de confort d'une classe.
1:08:50Rappelé pour montrer que les rapports de classe sont à ramasser dans l'expression humaine.
3:43Il admirait le passage de Sylvie sur la demi-somnolence.
7:01À la recherche du temps perduLe début de la Recherche décrit pendant plusieurs pages un état intermédiaire entre veille et sommeil ; Proust ne nomme presque pas Rousseau.
9:28À l'ombre des jeunes filles en fleursPlus marxiste que la pensée radicale : il lie la beauté des jeunes filles de Balbec aux nouvelles habitudes de sport et de confort de nouvelles couches sociales.
43:20À l'ombre des jeunes filles en fleursIl montre une détermination de classe dans la beauté des jeunes filles de Balbec, liée au sport et au confort de leur milieu.
5:24À la recherche du temps perduLe parcours du narrateur est mis en parallèle avec celui de Parsifal, avec la cinquième promenade comme scène matricielle.
13:56Sa prose contient plus de poésie que bien des vers.