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Deux reportages sur un convoi militaire français au Sahel
0:00 Bonsoir tout le monde, bonsoir chers amis, bonsoir les camarades, bonsoir les fidèles. Avant d'initier le propos de ce soir, je vous préviens juste qu'on va d'abord faire défiler deux très courtes vidéos d'actualité.
0:30 Je dois vous préciser avant, c'est pour ça que j'interviens, que la première vient de la chaîne France 24, qui est une chaîne d'État, qui est sous l'autorité de l'exécutif français. La seconde vidéo, qui traite à peu près des mêmes problèmes de ce qui arrive à nos troupes dans le Sahel actuellement, ce sera plus précis tout à l'heure, émane de la chaîne TV5 Monde, qui n'est pas du tout une chaîne d'État française, mais qui est la coopération de plusieurs télévisions francophones, la télévision suisse, belge francophone, Canada francophone, etc.
1:20 Voilà, c'est juste pour vous préciser ceci, place à ces deux vidéos sans commentaire avant, il y en aura après. C'est dans le centre nord du Burkina Faso, les soldats français faisaient route vers le Niger lorsque des hommes leur ont barré le chemin. Le groupe de manifestants s'oppose à la présence de la force Barkhane au Sahel, une source à l'ambassade de France, à Ouagadougou, une autre au sein de l'armée française, confirme ce blocus sans plus de détails. La correspondance de Khalid aussi.
1:51 Armée française dégage ou libérer le Sahel, pouvait-on lire sur des pancartes brandies par des manifestants rassemblés à Kaya, chef-lieu de la région centre nord du Burkina Faso. Ils sont des milliers rassemblés depuis vendredi pour bloquer le passage d'un convoi militaire français venant de Côte d'Ivoire et à destination du Niger. C'est d'abord dans la ville de Bobo-Dioulasso que le convoi a été bloqué par des manifestants en début de semaine, puis lors de son passage ici à Ouagadougou, le convoi de l'armée française a pu continuer sa route vers Kaya, mais c'est dans cette ville que ce convoi composé de plusieurs dizaines de véhicules est à l'arrêt depuis jeudi face à la pression des milliers de manifestants sur place et face à l'insistance de ces manifestants.
2:30 Ce samedi, peu après-midi, l'armée française a procédé à des tirs de sommation. Ces protestations contre l'armée française arrivent une semaine après l'attaque djihadiste du 14 novembre dernier contre le poste de gendarmerie de Inata qui a causé la mort d'au moins 53 personnes, dont 49 gendarmes et 4 civils selon un bilan provisoire officiel. Deux jours après, plusieurs centaines de personnes ont participé dans plusieurs villes du pays à des manifestations pour réclamer la démission du président de la République, Roch Marc Christian Kaboré, pour, je cite, « son incapacité à mettre fin aux attaques terroristes ».
3:04 Enfin, une manifestation nationale est prévue le 27 novembre prochain pour réclamer toujours la démission du président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, réunissant l'opposition politique et un collectif de sociétés civiles. Sur la route de Téra, les marques témoignent encore des violences de la veille. Le convoi de l'armée française a été reçu par une foule nombreuse, parfois véhémente, plusieurs centaines de personnes au moins, voire des milliers. Ce dimanche, la ville a retrouvé ses habitudes, mais certains habitants et les témoins restent choqués.
3:35 « Je me suis rendu dans la matinée avec toute la foule. J'ai apporté ma contribution parce que ce qui concerne le Niger me touche en premier. Malheureusement, certains sont morts pour la bonne cause. » Le ministère de l'Intérieur nigérien, via un communiqué, a en effet fait état de deux morts, onze blessés graves parmi les manifestants. Nous n'avons pas pu entrer à l'hôpital de Téra. Aucune autorité n'a souhaité répondre à nos questions. Quelques-uns ici ont accepté de témoigner. « Mon petit frère est une des victimes. Il avait 23 ans.
4:06 Le matin, il s'est réveillé. Nous avons prié ensemble. J'étais sur place depuis le matin et aucun de nos militaires n'avait donné l'ordre de tirer. Je peux vous assurer que ce sont les militaires français qui ont tiré les gaz lacrymogènes et les coups de feu. Et tous les témoignages recueillis accusent l'armée française. « Je remercie l'armée nigérienne qui est venue pour le maintien de l'ordre. C'est surtout l'armée française qui est à la base de ce massacre. » Certains ont été présents au contact du convoi des soldats et des gendarmes nigériens.
4:37 « Ils ont tiré sur nous. L'hélicoptère a fait deux fois avec son gaz qu'il mangeait. Mais si c'est pour tirer, c'est le français même qui nous a tirés. Parce que le truc, c'est devant moi qui s'est passé. Ils ont dit que c'est pas eux. C'est les gendarmes et les militaires qui l'ont tiré. C'est faux. C'est pas vrai. » L'état-major des armées françaises nous a parlé. Il reconnaît bien des tirs, mais des tirs de lacrymogène, des tirs de sommation et des tirs de semonce au sol pour éloigner une foule violente, pour éviter le pillage du convoi et la mise en danger de conducteurs civils.
Entre crise et guerre : un propos continu depuis sept ans
5:15 L'arrivée de ce convoi est prévue ce dimanche soir à Gao, au Mali. Nous revoici ensemble. C'est pas très gai ce soir. En tout cas, ce n'est pas paisible. Alors, vous me direz, je suis encore coupable d'une embardée à gauche ou à droite.
5:49 Je sors de la route qu'on suivait. Certains même se disaient, ça y est, je commence à m'y retrouver un peu dans Wotan, féminité, communauté. Je commence à entrer dedans et déjà, je change de sujet. Taratata. Je ne change pas de sujet et je n'en change pas depuis près de sept ans. Il suffit de cliquer sur notre chaîne, sur la chaîne qui est marquée ici, « Philosophé » en bas de chaque vidéo avec Dominique Pagani.
6:19 Il suffit de cliquer pour avoir l'ensemble de mes vidéos depuis sept ans. Surtout si vous cliquez après, en second lieu, sur « Vidéo » plutôt que sur « Accueil » parce que vous les avez dans l'ordre chrono, si je puis dire. Et non pas thématique. Les deux sont utiles, ma foi. Et vous constaterez que j'ai été les toutes premières, il y a sept ans. Très précisément, puisqu'il s'agit de 2014, l'année scolaire 2014-2015.
6:49 Toutes ces vidéos, il y en avait une par mois à ce moment-là, s'inscrivaient dans un cycle qui avait pour titre « Entre crise et guerre ». Philosophé. Depuis que, grâce à vous, à l'attention et à votre fidélité, grâce aux équipes techniques que je ne remercie jamais assez, parce que vous imaginez bien qu'elles font tout ça bénévolement, et ce sont, pour la plupart, qu'est-ce que je dis, la totalité des gens qui n'ont vraiment pas que ça à faire, je n'ai pas cessé, je n'ai jamais cessé, de placer mon propos philosophique dans une tension entre deux pôles, un pôle économique de cette tension qui s'appelle la crise.
7:48 On peut parler au pluriel, si on parle de la crise, en général, du capital structurel, mais plus récemment, en termes historiques, je ne sais pas moi, la crise de l'Internet, dans les années 90, la crise asiatique, et puis alors là, on en arrive à notre époque, la grande crise initiée par le problème dit des subprimes en 2008, qui non seulement n'est pas résolue, mais vis-à-vis de laquelle les solutions qu'on a tenté d'apporter ne cessent de faire apparaître la gravité de cette crise.
8:30 Je ne parle pas d'une crise boursière, les bourses sont euphoriques. Vous savez que la veille du plus grand crash, tous les temps du crash du fameux jeudi noir à Wall Street, les bourses avaient monté comme jamais, n'est-ce pas, elles ne l'avaient fait. Donc je vais distinguer bien, ici, l'économie de la finance, et dans la finance, la finance la plus spéculative, celle de la bourse, n'est-ce pas. Donc, je ne change pas de cap.
9:01 La guerre est toujours en arrière-plan. Et pour ceux qui veulent bien se reporter à notre site, je rappelle toujours qu'il y a une introduction, pour laquelle je remercie encore, à l'époque, qui avec des moyens héroïquement limités, des moyens techniques, je parle, Samuel Zarka, qui a été le premier président de notre association, qui a réalisé cette interview, dont j'ai demandé qu'il serve un peu d'introduction, parce que c'est une des rares fois où je dis qu'est-ce qui m'a amené, après tout, à la philosophie.
9:33 Et j'ai dit le fait que je sois né en 1945. Sur le mode, je ne dis plus jamais ça. Je fais ces rappels pour vous dire que je ne saupoudre pas au jour le jour la teneur de mon propos. Qu'est-ce qui fait que le rapport à la guerre est plus direct aujourd'hui et moins allusif ? Eh bien, c'est le fait qu'on n'en parle pas.
10:04 En tout cas, pas assez. On commence un petit peu là, comme il y a une rencontre au sommet, des deux titans militairement parlant, n'est-ce pas, du chef, des deux chefs d'État, l'un du capitalisme et l'autre, n'est-ce pas, de la Russie. Je dis capitalisme parce que c'est aussi l'OTAN, les États-Unis. Citez-moi des pays de l'OTAN qui ne sont pas capitalistes.
10:36 Ce qui n'empêche pas qu'il y ait en Russie, n'est-ce pas, un capitalisme parfois sauvage. Et en Chine aussi, il y a tout un secteur sur lequel l'exécutif chinois, en particulier le Parti communiste, tape assez vigoureusement par les temps qui courent, qui fonctionne d'une manière capitalistique, disons. Donc, je ne suis pas en train de manipuler des insultes, je suis en train de mettre les choses à leur place. des rappels importants pour comprendre la gravité de ce qui est en train de se passer.
11:07 Oui, les bruits de bottes autour de la frontière entre l'Ukraine et la Russie ont ramené un petit peu, même pas la guerre, on ne prononce pas beaucoup, mais la problématique militaire, tactique, stratégique, diplomatique, tant qu'on est là, c'est déjà ça, est revenu affleurer à l'actualité. On ne peut pas éternellement cacher le soleil avec son doigt, comme on a m'a répété au sud du Sahara comme Maxime.
11:44 Il y a ces bruits de bottes. Or, je n'ai pas commencé par là, j'ai commencé par un contexte où la France est impliquée, non pas qu'elle ne soit pas impliquée en Ukraine, nous faisons partie quand je parle de bruit de bottes sur la frontière Ukraine-Russie, vous croyez tout. On écoute tellement les médias qui nous dominent, n'est-ce pas ? Les médias qui dominent dans le champ, dans la médiatisation occidentale, pour parler vite, vous savez, je trouve ce mot un petit peu loufoque.
12:21 Quand on dit bruit de bottes, c'est les Russes qui massent des forces blindées aériennes, et d'infanteries aux portes de l'Ukraine, près à, n'est-ce pas, comme des chiens qu'on retient à peine, n'est-ce pas, à foncer sur ce pauvre J.B. Traké qui est, en fait, un des exécutifs, je ne parle pas de la population la plus nazie au monde, je ne dis pas seulement en Europe, l'Ukraine postérieure aux événements de Maïdan, et à peu près les positions extrémistes antisémites, anti-russes, enfin, on trouve toujours les mêmes trucs, anti-communistes, se retrouvent dans les pays baltes, dans Pologne, mais avec une virulence particulière, en Ukraine, je ne tranche pas sur le fond, peut-être qu'ils ont leur raison, ils en ont même certainement, ça ne veut pas dire qu'on a raison, quand on a des raisons, ça veut dire que le réel est rationnel, raison, ratio.
13:25 Je dis ça, toute petite parenthèse, très courte, je veux dire, dans le temps, parce que vous entendrez dire X fois, lorsqu'on ne peut plus cacher le côté vraiment anti-russe et nazifiant, bien qu'on ne prononce jamais, on ne le rappelle jamais, mais quand on ne peut plus cacher les épithètes et les comportements et les déclarations qui vont avec, on le dit pour excuser la Pologne, vous comprenez, ces pays ont tellement souffert sous le joug de l'ours soviétique, écoutez, dans les pays baltes, il y en a qui ont souffert, c'est le plus grand nombre de déportés juifs par habitant, Lituanie ou la Lettonie, et ce n'est pas peu dire, il y a la Hongrie aussi, de l'Europe, ça bat le record.
14:11 Or, les autorités, vous savez qui ont tant souffert, les autorités, je ne parle pas des populations, c'est plus compliqué, parce que par exemple en Lettonie, il y a quasiment une moitié de russophones, soit dit en passant. Mais, en Lituanie, on a carrément enlevé, descellé la statue en hommage du soviétique qui symbolisait, la statue symbolisait le nombre des dizaines de milliers de soviétiques qui sont tombés simplement pour libérer la petite Lituanie, petite en superficie, et par contre, ont restauré la statue d'un criminel SS qui avait procédé à des déportations à l'époque, comme un héros national.
Freud : les pulsions de mort progressent en silence
15:07 Voilà, ne croyez pas que je force le trait, je ne répéterai jamais que je suis en dessous de la réalité dans ces domaines qui est terrifiante. Aujourd'hui, mon premier thème, c'est la guerre et la paix. Le second arrive. Le second, je vous l'ai dit, c'est le silence. Et c'est pourquoi j'ai tenu du titre de ce soir, la guerre et la paix, soit peut-être la déclaration la plus profonde de Freud.
15:39 Les pulsions de mort progressent en silence. Vous remarquerez que dans ce que c'est un peu ronflant, la plus profonde, c'est un peu vague aussi, je veux dire, il y a beaucoup de déclarations de Freud qui sont profondes, donc chacun peut faire son choix, mais enfin, celle-ci, pour moi, occupe une place privilégiée, alors qu'il n'y est question ni de sexualité, ça ne me roche pas, quand Freud en parle, au contraire, c'est tout de même quasiment le cœur de son avancée, de montrer l'importance de l'incidence, si vous voulez, de la libido dans l'inconscient, en particulier.
16:19 Mais, je constate que dans cette déclaration, il s'agit de langage, négativement, puisque on parle de silence, et de la pulsion de mort, même pas des pulsions libidinales, dont, on n'est pas là pour en parler, mais enfin, je rappelle tout de même, pour bien montrer que c'est antinomique, que si la pulsion de mort s'accomplit, c'est au prix, justement, de liquider toutes les autres pulsions, et surtout, et d'abord, les pulsions libidinales, et les angoisses qui en résultent.
17:00 C'est ce qui fait le côté vertigineux de la pulsion de mort, cette promesse de, comment il disait, Wotan, dans la tétralogie, quand sa fille, lui demande, mais qu'est-ce que tu veux, à la fin, avec toutes les contradictions, das Ende, oui, the end, comme on dit à la fin des films américains, la fin, la fin. Silence. J'ai dit qu'on parlait, avec l'Ukraine, mais c'est rien par rapport à tout ce qui se passe, par exemple, et je reviens à mes deux petites vidéos, africaines, et je dirais même, sahéliennes, et même du Sahel francophone, puisque trois pays sont concernés par cette vidéo, dont je vous rappelle que la première émane de l'État français, de l'appareil d'État français, vous savez que c'est une distinction qui m'est chère, qui nous était très chère avec Clouscard et que je maintiens, et qu'on ferait bien de creuser un peu plus souvent, y compris et surtout dans les milieux qui contestent l'État capitaliste, n'est-ce pas ?
L'État n'est pas l'appareil d'État
18:06 Ce sont mille raisons de contester le pouvoir capitaliste, n'est-ce pas ? Il faut savoir si entre l'État et le capital, ce n'est pas une espèce d'oxymore. Je ne veux pas répéter mille fois que je ne suis pas en train de nier loin de là, je le rappelle, et on ne le rappelle quand même assez, que le capitalisme a mis au point le plus monstrueux appareil d'État qu'on ait jamais rêvé contre les écoutes, les satellites, les caméras, je veux dire, le troisième Reich était de la bricole régionale à côté, je parle en termes d'appareils, je ne parle pas en termes de criminalité, par rapport aux moyens dont dispose l'appareil d'État du capitalisme contemporain en France, en France ailleurs, mais entre autres en France.
18:54 Or, cet appareil d'État est presque tous les jours et de plus en plus chaque jour qui passe, est au service, et surtout avec l'accélération que donne Macron à ce processus, on n'a pas commencé avec lui, mais enfin, il a bien accéléré, cet appareil d'État au service d'une absence d'État. Voilà une occasion de faire de la dialectique, cette absence d'État qu'on appelle le privé, qui est même la négation de l'État. Donc, attention à tous ceux qui hurlent contre l'État de ne pas confondre l'État et l'appareil d'État lorsqu'il est au service de cette négation de l'État qui est le privé, ce qui définit même la fonction de l'État dans le capitalisme.
19:43 Vous me direz, mais Marx lui-même est très... Si on devait citer toutes les citations de Marx contre l'État, absolument ! Et Marx a bien raison, c'est plus sain d'avoir un petit côté libertaire, ce que Marx a été surtout en début de parcours. Je préfère cette déviation-là à M. Thiers, n'est-ce pas, le bourreau de la commune ? Non, non. Ne mélangeons pas les catégories. Par contre, au fur et à mesure de son évolution, vous retrouvez une réhabilitation d'un exécutif dans deux notions, dans deux références, pardon, la critique du programme de Gotha et d'Erfurt.
20:22 Je donne juste un exemple. Lorsque, là, ils s'adressent à l'avant-garde des partis ouvriers de l'époque et ils discutent de leur programme et lorsqu'ils tombent sur un point de ce programme qui dit qu'il faut redistribuer aux travailleurs la totalité de la richesse qu'ils ont produite, Marx dit « Ah bon ? Alors avec quoi si on les donne aux travailleurs, on va payer ceux qui ne travaillent pas, les enfants, les retraites ? Il faut bien défalquer, n'est-ce pas, de l'ensemble de la richesse produite par le travail, ce qui permet d'une part d'assumer les dépenses que je viens signaler mais aussi, et ce n'est pas un moindre détail, de maintenir l'outil de production en l'état.
21:09 Les usures, les investissements, les maintenances et même, pourquoi pas, de l'accroître, bien sûr. Et bien sûr, ma seconde référence, elle est plus politique qu'économique, c'est la fameuse notion de dictature du prolétariat dont Marx dit très clairement qu'elle doit être transitoire, je vous rappelle, transitoire, pas s'éterniser, pas profiter qu'elle soit transitoire pour en faire une vitesse de croisière quasi permanente.
21:40 Je sais, je me fais mal voir du côté de mes amis, de mes jeunes bons amis, je crois être un camarade fidèle et cohérent en tout cas. Donc, vous voyez, l'état ne doit jamais être confondu avec l'appareil d'état. Donc, trois, trois états sont concernés par ce convoi militaire auquel on fait allusion ce convoi militaire français transportant.
Le convoi à travers trois États et deux traitements de l'événement
22:14 Pour l'instant, on ne sait pas quoi. Enfin, en tout cas, si l'on regarde les vidéos, on ne sait pas quoi. Chacun sait maintenant, tous les journalistes le disent dans tous les médias, qu'ils transportaient des armes. Bon, destination de qui ? en principe, c'est pour les forces françaises, c'est la version officielle. D'accord ? Nous sommes dans un contexte grave et sérieux. Donc, je ne veux pas aller au-delà, n'est-ce pas, de ce qui est manifeste, offenbar, explicite.
22:46 Je ne veux pas être ni dans le procès d'intention, ni dans le complot, même si on me taxera de complotisme, puisque vous savez que dès qu'on s'écarte de la version officielle, quel que soit, sur quelque sujet que ce soit, fût-ce d'un millimètre, on est déjà dans le complot. Mais, pour ne pas non plus passer pour un complotiste délirant, je rappelle que pour l'instant, je rappelle que ce chargement d'armes, ce convoi d'armes, convoyé par des militaires français, est censé, du point de vue des autorités françaises officielles, à venir, à fournir nos soldats, auxquels j'en rende hommage, moi je rende toujours hommage à ceux qui sont, à ceux qui risquent leur vie sur le terrain.
23:36 C'est un principe, je ne suis pas en train de, je ne suis pas la nard, je m'en train de bouffer. D'accord, s'ils sont là, c'est que des politiques les y ont envoyés, donc ceux qui ont les comptes à régler avec cette présence, j'en fais partie, n'est-ce pas, montrent du doigt ceux qui les ont amenés là, et non pas les soldats qui se font... qu'ils arrivent de se faire trouer la peau. Mais là, il ne s'agit pas de ça. Non, non, non, c'est même le contraire. À savoir, ce qu'on voit traverse trois états.
24:08 La première des deux vidéos parle d'un incident qui s'est produit au Burkina, à la limite nord du Burkina, c'est-à-dire au moment où ils vont entrer dans le Niger, si vous regardez un peu la carte. Pardon, dans le Mali, n'est-ce pas ? c'est-à-dire au nord-ouest, n'est-ce pas ? Mais auparavant, n'est-ce pas, il fallait traverser le Niger. Donc, on voit bien de Côte d'Ivoire, de la Côte, vous voyez ?
24:39 Donc, il y a eu deux incidents les plus importants, à Kaya, donc au Burkina, et près de Téra, des endroits que je connais bien. Il y en a qui ont vécu 40 ans dans ces coins-là et qui n'ont toujours rien compris de ce qui s'y passe. Je parle d'expatriés. Mais ceux qui y sont, ils en savent des choses. Vous savez, un docker d'Abidjan, il en sait des choses. Un chauffeur de taxi de Bamako, il est bien plus informé, pas seulement sur ce qui se fait ce qui se passe au Mali, mais sur la situation mondiale.
25:13 Oui, un chauffeur de taxi de Bamako, il est mieux informé sur le mondial que le téléspectateur moyen de nos régions. Je ne vais pas chercher à démontrer cet apparent paradoxe, n'est-ce pas, qui crève les yeux et les oreilles pour peu qu'on fasse la moindre évaluation, mais je vous laisse le soin de l'affaire et de ne pas me croire sur parole sur un point aussi litigieux. qui est-il ? Je reviens à mon propos.
25:43 La première, je vais commencer par la seconde. La seconde fait état d'accusations extrêmement graves. Elle ne porte pas la chaîne TV5MONDE, dont je rappelle qu'elle est gérée par l'ensemble des télévisions des pays francophones, qui n'ont pas tout à fait tous les mêmes intérêts géopolitiques que la France. Et là, moi, je suis français, je veux dire, je ne suis pas en train de dire du bien.
26:14 Je dis que s'il y a des déformations de la vérité, ce n'est pas toujours dans le sens de ce que pourrait décider l'information française officielle. Or, la séquence que vous avez vue qui se passe donc ici au Burkina, au Niger, pardon, fait état de victimes qui auraient été dont des morts, qui auraient été faites par balles par les soldats français.
26:57 Il n'est pas question que je me prononce sur le fond pour des choses aussi graves. Ce que je constate, c'est qu'il n'en est absolument pas question dans la première vidéo où l'on parle de tir de sommation. la seconde fait aussi état de tir de sommation mais elle les met dans la bouche des militaires et des responsables de l'ambassade de France qui dit on n'a fait que des tirs de sommation. Moi, je n'y étais pas alors, je veux dire, pourquoi pas ?
27:28 Mais vous remarquerez que la première vidéo, celle de France 24, télévision d'État, ne donne plus à aucun moment la parole aux manifestants parmi lesquels on a dû relever de nombreux blessés et des morts. Pour l'instant, tout le monde s'accorde sur le nombre de deux morts officiellement. vous remarquerez aussi, et c'est encore plus surprenant, que dans la deuxième vidéo, les manifestants ou les parents des manifestants, parce qu'il y en a un qui dit que son petit frère a été une des victimes, il devrait être très remonté en principe, contre ceux qui, dont du côté français, on dit que ceux qui leur ont tiré dessus, c'est-à-dire au dire des officiels français, la gendarmerie et la police burkinabé ici,
28:39 nigérienne là-bas, ici c'est en l'occurrence nigérienne, alors que, et il devrait y avoir une haine, un ressentiment, ce n'est pas bien sûr, même qu'en France on en voulait presque plus au collabo quelquefois qu'à l'occupant. Et là, ce qui m'a surpris moi-même, c'est de voir à quel point les manifestants prennent la défense des gendarmes et des flics, pardon de parler français, qui les ont tenus en respect. En respect, qu'ils ont au moins tenus en respect, peut-être tirés dessus, je veux dire, moi je n'y étais pas, c'est pas exclu.
29:12 Mais en tout cas, s'il y avait des victimes, je ne crois pas qu'on entendrait ce discours contre des victimes qui viennent des gendarmeries nationales pour aller vite maintenant, ou régionales, comme vous voulez, si on regroupe les deux, Burkina et Niger, je ne crois pas qu'il y aurait ce consensus, car ce n'est pas un, c'est plusieurs, n'est-ce pas, avec des habitudes apparemment plutôt différents et variés qui disent qu'ils sont fiers de leurs forces armées, n'est-ce pas, et que ce sont les soldats français qui les ont tirés dessus.
29:49 Doin qui dit, peut-être tout ça est faux. Je ne sais pas, peut-être on n'a affaire qu'à des affabulateurs, mais il est extraordinaire, je veux dire, que la première vidéo ne donne à aucun moment la parole au moins d'un manifestant. Alors vous savez, chez nous, on interviewe, ça n'engage pas à grand-chose, on interviewe un manifestant qui dit, oh là là, c'était épouvantable, un autre qui dit, on n'en fait pas assez, je veux dire, je n'ai jamais très bien compris la manière. Mais en tout cas, là, la deuxième séquence a interrogé plusieurs manifestants.
30:25 je ne veux pas m'attarder maintenant sur le fond, puisqu'encore une fois, je ne me prononce pas sur le fond. J'ai encore des doutes sur le point le plus important politiquement de ces incidents, c'est-à-dire, est-ce que des soldats français ont tiré sur des populations qui sont censés protéger contre le terrorisme ? Je ne me prononce pas sur le fond, j'ai des présomptions, mais l'heure est grave et donc, je ne sais pas, je ne suis pas là pour communiquer des états d'âme.
31:07 par contre, ce que je trouve hallucinant, ahurissant, c'est l'incroyable indifférence médiatique dans laquelle ces événements sont tenus. Le monde a été en émoi parce qu'une tennis woman chinoise a disparu deux ou trois jours, apparemment, ça relève plus de Closer quand on regarde le détail de l'affaire et ce qu'on sait depuis, n'est-ce pas ?
31:43 Apparemment, tout le monde était en alerte, on sait très bien, je préfère qu'on soit attentif à ceux qui souffrent où que ce soit, mais là, il y a des morts, il y a des populations qui manifestent, qui disent la France dégage. On en parle très peu. Des morts, pas du tout. Les pulsions de morts progressent en silence. Alors, pourquoi je commence par la frontière russo-ukrainienne où il y a peut-être sans doute la plus grande concentration d'armes létales avec la mer de Chine du monde contemporain ?
Le conflit de haute intensité et l'encerclement de la Russie
32:23 Et c'est pas peu dire. pourquoi j'aborde le dossier contemporain actuel de la guerre et de la paix par ce petit biais sahélien ? Premièrement, je vous l'ai dit, à cause du silence qu'on va retrouver tout au long de mon propos. Je fais une petite parenthèse d'abord, de nouveau, pour montrer que je n'ai pas changé de sujet.
32:54 pendant toutes les dernières semaines, voire les derniers mois, j'ai fait une série de format court, n'exagérons pas, ça fait une heure, mais pour moi, je veux dire, c'est un petit progrès. Je vous promets de faire encore mieux. Je pense à mes rêveries analytiques, je pense à la vidéo à laquelle je me permets de vous renvoyer, qui a pour titre mignon, à propos du personnage de Goethe, où l'on parle beaucoup du son de l'oreille et de la musique et du silence, et qui commence même par une réflexion sur le silence.
33:36 Donc, quand je dis les pulsions de mort progressent en silence, je reviens à mon tropisme, ça vient de tropos qui veut dire courbe, vous savez, les héliotropes, les tournesols, si vous préférez, en bon français, les héliotropes, ça veut dire qui se courbe, qui se tourne en direction du soleil. Tropisme, ça veut dire simplement une courbe, donc au sens figuré, une attirance, une inclination vers. Mais la mienne, c'est vers tout ce qui se rapporte à ce qui nous parvient par l'intermédiaire de l'oreille.
34:13 Langage, music, il y a beaucoup de choses à dire, j'en dis pas mal dans d'autres vidéos, donc je m'arrête là. Je fais juste cette parenthèse pour rappeler que je suis sur ce point-là, dans la continuité de mon propos. Mais ce n'est pas tout. Pourquoi j'y viens par ce biais-là, franco-africain ? Parce que, et c'est beaucoup plus grave, notre chef d'état-major, le chef d'état-major des armées françaises, il y a quelques semaines, publiquement, c'est pas, le complot, c'est quand on va chercher un article que personne ne connaît mais que j'ai pu avoir par une fuite.
34:57 Non, non, il y a été des propos qui ont eu des échos dans tous les médias, dans toutes les sensibilités, a dit qu'il faut que nous, nous, les Français, nous nous préparions je cite, à un conflit de haute intensité. Et là, on n'est plus en Afrique, on n'est plus au Mali, on n'est plus au Sahel. Et c'était avant, n'est-ce pas, que la tension monte en intensité, pardon pour le pléonasme, comme c'est le cas depuis quelques jours ou quelques courtes semaines à l'extrême-est de l'Europe, de l'Union Européenne en tout cas.
35:49 De l'Union Européenne. Parce que Tchaïkovski, ce n'est pas un musicien ni américain, ni africain, ni sud-américain, ni asiatique. Tchaïkovski, il allait bien, bien au-delà de la frontière ukraino-russe à l'intérieur de la Russie. Croyez-moi, Tchaïkovski, Prokofiev, Stravinsky, tous ces gens dont les chefs-d'oeuvre se sont fait connaître à Paris à l'époque où ce qui faisait battre le cœur des mélomanes parisiens et donc français à ce moment-là, c'était les ballets russes de Serge Diaghilev, les plus grandes créations qui ont inauguré la musique contemporaine, ce qu'on appelle la musique contemporaine, celle qui casse les oreilles à ceux qui n'y sont pas habitués.
36:33 qui commence à la fin du 19e et au début du 20e. Vous en aurez un échantillon. Je vais y revenir à la fin de cette vidéo, un échantillon admirable avec un extrait de cette micro-tragédie à peine soutenable en intensité, mais d'une grande beauté d'Arnold Schoenberg, fondateur du dodecaphonisme, on ne va pas faire de la musicologie, il n'est pas là pour ça, pas de la musique atonale, il y en avait avant lui, mais surtout du dodecaphonisme et surtout de la musique sérielle.
37:12 Arnold Schoenberg qui a écrit ici, juste après la guerre, « Le survivant de Varsovie », « Un survivant de Varsovie ». Donc, je parle sérieusement, je ne sais pas, quand je dis que, je rappelle tout de même que quand je parle de la frontière est de l'Union européenne, l'Union européenne, ce sont des pays de l'OTAN. Je suis étonné que la Russie n'ait pas amassé des troupes à sa frontière, même avant, et même plus fortement que ce qu'elle a fait depuis, puisque en face de là, à sa frontière, sous son nez, il y a la plus grande armada jamais concentrée dans l'histoire militaire humaine, en temps de paix.
38:07 Oui ou non ? Vérifiez. Imaginez qu'il y ait des divisions russes, blindées, des survols d'avions, ce que vous voulez, au Canada, là, à quelques encablures de Chicago, deuxième ville des États-Unis, en nombre d'habitants, superficie, c'est largement la somme du reste, au Mexique, donc par le nord, par le sud, mais pas seulement, mais aussi en Basse-Californie, partie de la péninsule californienne, qui appartient au Mexique, mais aussi dans les Antilles, dans les Caraïbes, avec des missiles, à Haïti, à Cuba, on sait la crise que ça avait fait, mais surtout dans les îles parfaitement intégrées au système occidental, celles qui abritent certains les paradis fiscaux les plus vertigineux qui soient, je rappelle au passage que plus de 80% des opérations boursières
39:18 de Wall Street, chaque jour, 80% se font avec, non pas ces îles-là, en général, mais précisément avec les îles Caïmans. Vous savez, il y a des fois quelques dizaines de milliers d'opérations par seconde, je vais dire, je referme la parenthèse. Imaginez que dans ces îles-là, changement de décor et de fusées russes, tête nucléaire, à quoi, même pas un jour de bateau, de Miami, de...
39:48 c'est ce qu'on est en train de faire autour de la Russie. Alors, pour que les choses soient bien claires, je précise que je ne suis pas en train de défendre la Russie contre ce qu'on appelle l'Occident. J'ai déjà dit, et je le répète, que si j'étais en Russie, il n'est pas du tout sûr que je voterais. Il n'est pas sûr. Il faudrait me convaincre. Mais spontanément, allez, je le dis, je voterais pour le Parti communiste russe, qui est la principale formation d'opposition à Poutine.
40:21 Et entre les deux, il y a eu des affrontements graves au moment de l'amputation qu'a fait Poutine sur les retraites. Vous voyez, je ne suis pas en train de défendre l'exécutif russe actuel. Mais je suis en train de trouver un peu saumâtre qu'on enveloppe dans un épais silence, on y revient. cette présence militaire sans précédent qu'on a accumulée autour de la Russie. Donc, imaginez le scénario dont je vous ai parlé, des fusées russes, là, au Mexique, au Canada, c'est exactement ce qu'on fait.
40:56 On n'en parle jamais. On fait comme si l'agresseur, le seul là, qui a des soldats, qui a des tanks, c'est l'ours. Il est bien connu qu'un ours, c'est l'ours, c'est machin, ça ne compte que sur sa force, c'est balourd, c'est balou. Non, j'y faisais la jungle. Il a du mal à rire ce soir. Voilà, pour l'essentiel, la communication relativement courte que je tenais à faire.
Lecture d'une lettre de Rimbaud contre le « patrouillotisme »
41:31 Alors, j'ai cherché, j'aurais pu me servir, j'aurais pu mettre, comme d'habitude, beaucoup de textes, n'est-ce pas, et les commenter avec vous, mais j'ai trouvé que la situation était grave et qu'il y avait peu de textes littéraires, en particulier, ayant un intérêt littéraire qui soit à la hauteur de la gravité de la situation. Aussi, j'en ai pris un léger, carrément, mais percutant, une lettre que Rimbaud envoie à un de ses profs, n'est-ce pas, quand il est vraiment encore au bahut, comme on dit, n'est-ce pas, donc il écrit de Charleville, de sa province ardennaise.
42:12 Il lui dit, « Monsieur, vous êtes heureux, vous, de ne plus habiter Charleville. Ma ville natale est supérieurement idiote entre les petites villes de province. » Bon, mais c'est le gamin qui s'emmerde, l'adolescent, n'est-ce pas, n'imiter. Rien d'original pour l'instant. Là, c'est plutôt la maîtrise de la langue, le ton et l'aisance expressives qui est hallucinante pour un gamin de cet âge. Sur cela, voyez-vous, je n'ai plus d'illusion, parce qu'elle est à côté de Mézières, une ville qu'on ne trouve pas. Regardez l'ellipse. C'est-à-dire une ville qui est tellement sans importance que même sur une carte, on ne la voit pas.
42:45 Les habitants de Mézières, s'il y en a qui m'écoutent, sachez que je suis un amoureux de ces régions-là. Tous mes amis, eux, savent. Je suis un corse pervers amoureux des pays du Nord et de l'Est, c'est bien connu. Et les cèpes les plus gros que j'ai jamais ramassés dans ma vie de mycologue amateur, c'est précisément dans les forêts qui jouxtent Charleville. Bon, mais je n'ai pas vécu là-bas, n'est-ce pas, fin du XIXe siècle, dans l'atmosphère plutôt étouffante, de la famille et de l'école, encore que, Rimbaud a eu la chance d'avoir des profs qui étaient très attentifs à ce qu'il disait, surtout à ce qu'il écrivait et pour cause.
43:27 Continuons. Sur cela, voyez-vous, je n'ai plus d'illusions parce qu'elle est à côté de Mézières, une ville qu'on ne trouve pas, parce qu'elle voit pérégriner Charleville dans ses rues deux ou trois cents de piou-piou. Cette benoîte population gesticule, prud'homesquement spadacine. Mais vous vous rendez compte, ce gamin ? Non seulement il maîtrise la langue, mais elle ne lui suffit pas, il invente des néologismes, un adverbe prud'homesquement, il faut quand même le freestyler, c'est contagieux.
43:58 C'est la première fois que j'emploie ça à l'infinitif, ça va être l'influence dans un mot. Prud'homesquement, spadacine. Spada, en italien, c'est l'épée. Sword, en anglais, spada. Speer, en allemand, la lance, ce n'est pas la pointe. spada, le spadacin, c'est celui qui tient l'épée, c'est celui, c'est le mousquetaire, c'est tout ça, c'est le soldat, c'est l'homme de guerre. Cette benoîte population gesticule, prud'homesquement spadacine, bien autrement que les assiégés, sous-entendu, les pauvres, de Metz et de Strasbourg.
44:34 Vous savez que c'était terrible pour les civils, la courte, mais très meurtrière, guerre franco-prussienne de l'époque, où les armées, l'empereur des Français, ont été écrasées par la récemment constituée, le récemment constitué état prussien de Bismarck. Bien autrement que les assiégés de Metz et de Strasbourg. C'est effrayant, les épiciers retraités qui revêtent l'uniforme, ils parlent des civils qui disent on va leur faire la peau aux prussiens, qui chassepot au cœur, le chassepot était le fusil qu'on donnait aux fantassins français à l'époque, n'est-ce pas, qui, comme on dirait aujourd'hui, je ne sais pas moi, Kalashnikov, c'est effrayant, les épiciers retraités qui revêtent l'uniforme qui chassepot au cœur, font du patrouillotisme, patrouillotisme.
45:20 Tantôt il y a l'ellipse, tantôt il y a la fusion, le syncrétisme sur un seul mot de plusieurs autres mots, font du patrouillotisme aux portes de Mézières. Ma patrie se lève. Je dis ça parce que j'ai entendu Jadot encore dire qu'il faut faire la peau aux russes, ce n'est pas de maintenant qu'il le dit, je ne suis pas allé chercher à l'extrême droite, enfin, à ce qu'on désigne comme l'extrême droite et qu'il est, même si la plupart du temps ce qu'on désigne comme l'extrême droite, c'est l'extrême droite poujadiste, celle qui est lourdée par l'histoire, qui ne sera jamais au pouvoir, par contre, disons quoi, elle est redoutable, qui, au moment le plus aigu de la crise, se ralliera à Macron ou à ce qui représentera l'État dit libéral à ce moment-là, contre ceux qui veulent une alternative, une préalternative, progressiste, universaliste et humaniste.
46:15 Je reviendrai sur ce triangle maudit, n'est-ce pas, l'universel, l'homme, le progrès, on sait bien que c'est les trois notions les plus décriées par les disciples du plus nazi des philosophes, c'est-à-dire en gros la philosophie française dominante depuis à peu près trois générations. vérifiez, et vous verrez que là encore je vais vite et donc je suis très en-dessous de la réalité et surtout, hélas, de la vérité. Donc, je laisse le gamin parler, moi j'ai rien contre les épiciers, c'est effrayant, les épiciers retraités qui revêtent l'uniforme qui, chasse-pot au cœur, font du patrouillotisme aux portes de Mézières, ma patrie se lève, moi j'aime mieux la voir assise Oui, je dis que c'est un texte léger, ne remuez pas les bottes, c'est mon principe.
Ni belliciste ni pacifiste
47:01 Alors, vous me direz, mais attendez, il y a quand même des moments, c'est bien beau de jouer les pacifistes, c'est bien beau d'être du côté des bons sentiments, mais je n'ai jamais dit que j'étais pacifiste, je n'ai jamais dit et encore moins que j'étais belliciste, je n'ai jamais fait l'apologie de la violence guerrière, de l'héroïsme d'un résistant, oui, qui fait la guerre à son occupant, oui, j'ai jamais fait l'apologie de la violence guerrière, attendez, où je vais en arriver ?
47:33 Ah, je vais vous dévoiler un grand secret, ça ne tient pas debout ces oppositions, ça ne tient pas debout, on fait comme s'il y avait deux camps, ici, ceux qui sont les partisans de la guerre, les bellicistes, et là, ce ne sont pas les pacifistes. A bon, comment vous allez placer l'ancien responsable social-démocrate du Front populaire, Blum, Léon Blum, qui, ce n'est pas mon pire ennemi, je ne m'appelle pas Maurras, que toute la bien-pensance, n'est-ce pas, de la nouvelle droite, mais qui déteint énormément sur toute une gauche qui se croit encore à gauche.
48:19 Bon, Maurras, vous entendez quand même une faulabilité, quel écrivain, etc. Je ne me suis pas dit que c'était mauvais écrivain, même si pour moi, c'est un style qui sent, qui sent, puisque je parle d'odeur, oui, je ne suis pas sensible que de l'oreille, qui sent, qui sent les toilettes de ce restaurant et de ces cafés qui avaient encore jusqu'aux années 50, où c'était du papier journal, qui était à la place du papier hygiénique, qui n'était pas encore en grande distribution et à la portée de toutes les bourses.
48:55 Non, non, je ne suis pas dans l'hyperbole infamante. Il s'agit vraiment de cela quand on connaît un peu la symbolique, n'est-ce pas, de l'innommable, pour ne pas l'appeler par son nom. Vous verrez que c'est très rigoureux ce que je suis en train de lire, n'est-ce pas, et qu'entre la logorée et la diarrhée et la rétention et la constipation, il y a toute une dialectique. Par exemple, pendant le conflit sur les taux d'intérêt et sur la dette, il n'y a pas si longtemps, la Bundesbank et Mme Merkel faisaient de la rétention de la constipation à l'encontre des Grecs qui étaient jugés trop diarrhéiques.
49:36 Je ne parle pas de tous ces citoyens de l'Europe pizza, c'est comme ça qu'on l'appelle dans les bureaux de Bruxelles, quand ils sont entre eux, pas devant les journalistes. L'Europe pizza ou des pigs. Portugal, Irlande, c'est intéressant, Grèce, c'est pas, Spain, bien sûr.
50:08 Vous voyez, je ne suis pas dans l'exagération, c'est pas mon style, vous le savez, de l'insulte grossière, il y en a qui ont tout le temps pipi-caca à la bouche. C'est extrême droite, c'est connu, c'est très vite, ça dévie là-dessus, n'est-ce pas ? Je n'ai pas besoin de donner de nom, c'est tellement répandu. Mais ça arrive aussi souvent à gauche, même à gauche de la gauche. Je le rappelle ici, et je précise que mon thème ici, ce n'est pas ce qu'il y a de monstrueux dans tout ce que je viens de rappeler, c'est le fait qu'on ne le rappelle pas.
Le silence produit l'amnésie : Halbwachs et Thomas Mann
50:57 C'est le silence, et donc l'amnésie, parce que plus le silence dure, plus long est le silence, plus il y a des chances qu'on l'oublie à jamais. Et une fois de plus, je vous demande de vous rappeler de ce beau titre qu'un sociologue, comme on n'en fait plus depuis longtemps, dans les années 50, Maurice Halbwachs, celui qui veille à moitié, il n'était pas tout à fait endormi celui-là, pardon de plaisanter sur le nom, ça ne se fait pas, Halbwachs, mot à mot, ça veut dire qu'il était demi-veillé, demi-veillé, avait publié cette excellente étude de la mémoire, ah oui, les mémoires, je connais, les enzymes, stimulus, réflexes, imagerie cérébrale, taratata, les cadres sociaux de la mémoire, c'était ça le titre, c'est très important de regarder le troisième lobe temporal, je ne suis pas en train, je suis en train de dire que la mémoire, c'est un peu plus compliqué que de la ramener uniquement à un schéma binaire, aux effets, c'est surdéterminé,
52:10 comme on dit par ailleurs, il y a des déterminations biologiques, il y a des déterminations physiologiques, il y a des déterminations aussi, n'est-ce pas, vous savez, je suis à un âge où on est censé perdre la mémoire, moi je la perds pourtant, je m'aperçois qu'il y a des pans entiers, je me surprends, pardon de parler de moi, mais c'est néanmoins impersonnel, ça arrive, hélas, à beaucoup de gens de mon âge, je me surprends à dire, mais qu'est-ce que je fais au milieu de la salle de bain, qu'est-ce que je cherchais au fait, j'ai oublié ce que 20 secondes, le but que je m'étais fixé 20 secondes auparavant, alors vous me direz, mais pas du tout, tu récites des textes, ben oui, la mémoire c'est sélectif, ce qui prouve d'ailleurs que ce n'est pas la mémoire, seulement une caméra, un magnétophone, en tout cas, eux ils ne sélectionnent pas, ils prennent tout, et ce qui s'efface, c'est avec la durée, le temps, la bande qui s'abîme, ce n'est pas du tout comme ça que ça marche, notre mémoire, je suis sûr que chacun d'entre vous, si je lui demandais ce qu'il a fait exactement, il y a 5 jours, entre 9h20 et 9h25, il pourrait bafouiller, par contre, je suis sûr qu'il a un souvenir précis d'événements qui lui sont arrivés à 4 ans dans le détail, la mémoire,
53:20 donc il revient, le silence, les pulsions de mort progressent en silence, les pulsions de mort vont dans le sens de l'amnésie, et donc je voudrais, que ce qu'on essaie de passer sous silence arrive à vos oreilles, et ici, je suis obligé de rendre hommage, enfin obligé, ça ne me dérange pas, il le mérite bien, à un grand écrivain, sans doute le plus grand écrivain de l'Allemagne d'avant-guerre, et un des plus grands pendant l'après-guerre, vous devinez que je parle de Thomas Mann, en tout cas comme romancier, je rends ici hommage à quelqu'un qui n'est pas de mon camp, qui vient d'un milieu réactionnaire, des grandes familles, des Junker, comme on dit, Junker, jeune maître, jeune seigneur, ceux qui possédaient, des Latifundia, on dit, dans le sud de l'Italie, le nord de l'Allemagne, le sud de l'Italie, oui, on dit, c'est des endroits limites, c'est des marches, comme on dit, de transition à d'autres mondes, il appartient à ces grandes familles qui avaient même des serfs, pratiquement des esclaves
54:30 sur leur terre, il appartient à ces riches familles de Hambourg, de Lübeck, de Dresde, et des villes anséatiques, la Hanse, c'était florissant en compagnie commerciale, et quand vous voyez sur certaines voitures allemandes, HH, ça veut dire Hansestadt Hamburg, c'est les voitures immatriculées en Hambourg, mais Hambourg, ville anséatique, Hansestadt Hamburg, HH, c'est d'autant plus remarquable que cet écrivain qui avait tous les tics, tous les thèmes réactionnaires et qui les connaît mieux que personne, que l'immense majorité de ses compatriotes, ait sauvé l'honneur.
55:14 Je ne perds pas mon fil, je suis en train de dire, je veux que ça arrive à vos oreilles ce qu'on passe sous silence. Or, il a fait une série d'émissions à Londres pendant la guerre, s'adressant à ses compatriantes à ses compatriotes. Et le titre collectif donné à ses émissions, le titre générique, pardon, c'était « Deutsche Hörer, Herr Allemand, écoute, écoute ce qu'on te passe sous silence. » Arrête de dire que tous les problèmes viennent des Juifs, des Communistes, enfin, c'est la même chose du judéo-bolchevique.
55:51 Quelle tragique Thomas Mann ! Oui ! Ce Thomas Mann dont je rappellerai deux citations fondamentales. Une que je résume parce qu'elle est un peu longue, n'est-ce pas, où il dit dans les années 50, que mettre sur le même plan le nazisme et le communisme prouvent qu'au fond, on a une pensée plus favorable au nazisme qu'au communisme. ce serait un communiste, vous me direz, il prêche pour sa paroisse. Non, non, lui, il n'est ni l'un ni l'autre. Il a prouvé par toute sa carrière qu'il n'était pas nazi, lui.
56:24 Alors qu'il avait tout pour l'être culturellement, comme on dit. Et la seconde, qui est un peu plus réservée à ceux qui connaissent bien les auteurs en question, les auteurs qui y sont cités, c'est celle qui dit que, je crois que je vous l'ai déjà cité, que le problème allemand ne sera pas résolu tant que les Allemands n'auront pas réconcilié en eux.
Le mythe de la bonne guerre et les mythes de Lévi-Strauss
56:54 Marx et Hölderlin de référence, après tout, est écrite en langue allemande. Dans l'œuvre, est écrite en langue allemande. Voilà. Deux noms à l'origine d'œuvres écrites en langue allemande. Pardon. Voilà. Vous voyez qu'en histoire de silence, si j'ai parlé beaucoup plus directement de la guerre et de la paix que je ne le fais à chaque fois que vous m'entendez, il y a sous-jacent, et non pas directement comme ce soir, la préoccupation du retour du monstre.
57:30 Et puisque j'ai parlé d'amnésie tout à l'heure et de transformation complète de l'information, comme je l'ai esquissé avec les deux séquences, j'ai demandé aussi, et c'est à votre disposition sur l'écran, qu'on fasse figurer, malheureusement, l'article est très long, je ne l'ai pas fait figurer, in extenso, cet article tire toute sa substance.
58:05 Alors, cet article rédigé par un des plus grands historiens contemporain, auquel je rends hommage, nous avons le même éditeur, Delga, je pense ici au Belge, Jacques Pauwels, PAU, qui a écrit plusieurs ouvrages historiques, mais en particulier « Le mythe de la bonne guerre », c'est sa publication principale, je vous le recommande, « Le mythe de la bonne guerre ».
58:38 Je sais qu'il y a quelques intellectuels qui m'écoutent, pas seulement, je me réjouis d'avoir, n'est-ce pas, des sans-emploi, des restaurateurs, des petits ou moins petits, des professeurs, des ouvriers, et même des paysans, je regarde ici vers le centre et le sud-ouest de la France, mais, et pas seulement, oui, je pourrais regarder chez moi en Corse, mais, je m'adresse ici aux intellectuels, parmi mes auditeurs, qui, quand je parle de « Le mythe », le titre, je le rappelle, de son ouvrage, c'est « Le mythe de la bonne guerre ».
59:35 Là, j'interroge l'expression de « mythe », enfin, je la creuse devant vous, si je veux dire, à la porte de vos oreilles, si je peux dire. les saisons actuelles savent très bien que le spécialiste du mythe, ce n'est pas un historien marxiste comme Pauwels, le grand spécialiste du mythe, c'est quelqu'un, je pense à Lévi-Strauss, bien sûr, sur lequel on s'est appuyé plus que sur bien d'autres pour liquider, ce n'est pas la référence marxiste dans l'intelligentsia, comme on disait.
1:00:09 D'accord. J'ai déjà cité des textes de Lévi-Strauss, n'est-ce pas, comme référence pour certains problèmes. Et on lui doit des avancées, en particulier dans le domaine de la parenté, des études de parentologie, si vous préférez, en particulier dans les populations sans écriture. Mais je ne suis pas en train de le critiquer, là. Je suis en train de dire « Mais bon sang, vous, Lévi-Straussiens, arrêtez de ne regarder que les mythes des sociétés, comment ils appellent Lévi-Strauss ? »
1:00:48 C'est un joli jeu de mot qu'il fait, c'est un excellent écrivain. « Les sociétés sans histoire, les sociétés qui se sont bien gardées, là je paraphrase Lévi-Strauss, je me mets à sa place, les sociétés qui se sont bien gardées de rentrer dans cette chose affreuse dans laquelle nous sommes, nous, et qui est l'histoire. Alors là, vous voyez, déjà tous les écolos, ce n'était pas le cas de Lévi-Strauss, c'est quelqu'un de plus subtil, ce n'est pas que les verts ou les... Je parle de l'écologie politique ici.
1:01:20 Non, non, je ne fais pas d'amalgame. Mais je constate qu'il ouvre les vannes. Ce n'est pas un hasard si Clouscard s'acharne plus sur lui que sur d'autres, parce qu'il est plus responsable par son intelligence et sa vaste culture. Ça veut dire qu'il avait tous les moyens de ne pas autoriser les contresens, le torrent de contre-vérités qui ont suivi en anthropologie. Vous voyez que ce n'est pas un détour, là, je suis au cœur du débat d'anthropologie. ne serait-ce que le relativisme culturel.
Le triangle maudit : l'homme, l'universel, le progrès
1:01:52 Alors ça, c'est valable pour nous, mais chez les Bantous, ça n'a rien à voir. Je vous avais dit qu'on en reparlerait. Jamais je n'insisterai assez sur le fait que l'idéologie, le discours dominant, s'acharne sur un triangle. C'est pour ça que je dis que c'est un triangle qui est maudit, maudit par nos adversaires. Un triangle qui a trois sommets, l'homme, l'universel, le progrès. Mais oui, même le marxisme, ça a atteint des auteurs qui ont été des références. Et même la référence marxiste, je pense à Althusser, le marxisme n'est pas un humanisme.
1:02:26 Il avait raison. Il veut dire que le marxisme n'a rien à voir par l'humanisme affiché par certains archéo-coloniaux qui ont commandé des massacres. Non, non, bien sûr. Ce n'est pas ça que je veux dire. Mais on ne jette pas impunément l'enfant avec l'eau du bain. À force de diaboliser l'homme et de diviniser la nature, on arrive à vous fasciser, à vous, à nous, nous, à nous fasciser, insensiblement, en silence, en silence.
1:02:59 Parce que personne ne fait le rapport, là. Je ne veux pas me mettre en avant, mais je veux dire, j'aimerais bien qu'il y en ait d'autres que moi qui disent attention quand on commence à diaboliser l'homme et aucun animal de si monstrueux que l'homme à ses heures et pas n'importe quel homme. Je ne suis pas béni, oui, oui, non plus. Mais quand on diabolise l'homme et qu'on divinise la nature, ça a un nom. C'est une idéologie dominante dans toute une nouvelle droite qui se veut néo-païenne, sous Nietzsche.
1:03:35 Je ne parle pas des petits épigones, à l'heure où je dis, je découvre l'existence de ces gens-là parce qu'il y a des Youtubers qui me disent « Vous connaissez ? » Je regardais, Dieu, ce garçon est bête, ce n'est pas possible, il est inculte, surtout. Comme beaucoup d'incultes, il ne connaît que Nietzsche, et encore, encore. Il faudrait bien qu'il connaisse quelques textes de Nietzsche que je lui refilerais volontiers. Il serait déçu par son idole. Pas moi, je trouve que c'est parmi les meilleurs de Nietzsche.
1:04:07 Donc, par exemple, je vais me répéter, parce qu'il y en a qui l'ont déjà entendu. Lorsque Nietzsche dit « Je suis fatigué de tous les poètes, ils troublent leurs eaux afin qu'elles semblent profondes. » C'est plus proche de Marx, là, vous voyez, que de la Nouvelle-Droite. Mais ce n'est pas mon propos. Mon propos, c'est ce silence. Vous voyez ? On l'a cerné de près, là.
1:04:40 À force d'attaquer l'universel, comme si un enfant de Pygmée, pardon, un papa Pygmée, une maman Pygmée, était complètement indifférents quand leur enfant était malade et en train d'agoniser, de hurler douleur à cause d'une maladie, comme s'il n'avait pas intérêt à ce que leurs enfants soient en bonne santé, aient de bonnes notes à l'école et ramènent de la thune à la maison. C'est ça, l'universel. Ce n'est pas infamant.
1:05:13 On ramène des valeurs échangeables à la maison. Je dis ça parce qu'il y en a qui vont dire « Oh là là, il dit du bien de l'argent ». Je n'ai dit ni du bien ni du mal pour l'instant de l'argent. Mais je dis que l'immense majorité de l'humanité, quelque identité culturelle, quelque couleur racisée, vocabulaire d'horreur, quelque origine culturelle et voire anthropologique qu'elle est, se réunissent sur des points fondamentaux.
1:05:52 Du coup, avoir le sourire, que ce soit un film japonais, coréen, africain, dans certaines situations, comme le visage s'éclair ou comme il se rembrunit, pour les mêmes raisons. Ça, c'est pour l'universel. L'homme, je vous l'ai dit, je vous ai cité Althusser, ce n'est pas un humanisme, mais j'aurais pu citer Foucault, une de ses citations les plus répétées, je ne parle pas dans son dos, ce ne sont pas les Foucauldiens qui me contrediront, ils ne vont pas dire que je la sors de son contexte ou que je la déforme.
1:06:34 L'homme est une invention récente, c'est Foucault qui parle, qui écrit plutôt d'ailleurs, s'il n'avait fait que parler, les paroles s'envolent, les écrits demeurent. L'homme est une invention récente et qui, fort heureusement, est appelé à disparaître bientôt. Dans les 60's, il disait ça. On a tout fait pour lui donner raison, faire disparaître. Voilà, je cite souvent, oui, on m'a corrigé, ce n'est pas Burke, c'est de Maistre qui a dit, dans ma vie, j'ai rencontré des Corses, il ne dit pas des Corses, mais c'est pareil, des Corses, des Tibétains, des Allemands, des Français, des Zoulous, mais je n'ai jamais rencontré l'homme en général.
1:07:16 Et Burke dit exactement la même chose, pas avec ces mêmes mots, donc j'en profite pour dire, puisqu'on me corrige, et je remercie, ceux qui me font pan sur le bec, comme on dit au canard enchaîné, sur des points d'exactitude, surtout que je suis dans l'oralité, et dans l'oralité, c'est là qu'on en fait le plus d'inexactitude dans la précipitation, donc vous ne manquerez pas encore d'occasion de me corriger, et je suis demandeur. Mais à propos de, quand j'ai dit la fameuse citation que j'ai attribuée à Hegel, que tout philosophe a deux, de philosophie, la sienne et celle de Spinoza, pardon si je disparais un instant de l'écran, mais vous allez comprendre pourquoi, c'est parce que j'impute, en fait, oui, c'est Bergson, bien sûr, mais c'est parce que j'étais pénétré par, j'étais en train de, quelqu'un qui avait Spinoza au programme, un concours, et de lui commenter ce passage où Hegel dit ceci, alors vous allez voir, c'est exactement ce que dit Bergson, mais alors encore plus prononcé, regardez bien, Spinoza est un point crucial
1:08:26 dans la philosophie moderne, pardon pour cette parenthèse, l'alternative est Spinoza ou pas de philosophie, vous voyez, ça revient vraiment plus qu'au même, l'alternative est Spinoza ou pas de philosophie, ou bien on est spinoziste, ou bien on n'est pas philosophe, la pensée doit absolument s'élever, la pensée de vous, de moi, des philosophes, au niveau du Spinozisme, avant de monter plus haut encore, voulez-vous être philosophe ? Hegel qui parle, commencez par être spinoziste, vous ne pouvez rien sans cela, j'en profite pour répondre à d'autres qui m'avaient dit, pourquoi vous ne parlez pas de Spinoza, parce qu'ils ne suivent pas tous mes ateliers, encore je les comprends, il y en a beaucoup, et moi-même je m'y perds, et vous voyez, là il se trompe, vous ne pouvez rien sans cela, il faut avant tout se baigner dans cet éther sublime de la substance unique, universelle et impersonnelle, cette substance que Spinoza identifie à Dieu et dont elle dit qu'elle est bien unique, il tire même l'unicité de la substance de sa définition, c'est très logique, où l'âme se purifie de toute particularité et rejette tout ce qu'elle avait cru vrai jusque-là, tout, absolument tout, il faut être arrivé à cette négation qui est l'émancipation de l'esprit.
Les mauvais découpages cachent la guerre
1:09:37 Hegel a glissé en plus, un de ses ressorts favoris qui est la négation, bien sûr. Alors, excusez-moi, voilà, je reviens avec vous, c'était juste pour cette petite mise au point, mais pour ce qui est de notre propos, et j'y reviens sur le fait que les pulsions de mort progressent en silence et qu'on ne parle pas du danger de guerre et qu'à la place, on parle, j'ai consacré des tas de vidéos à cela récemment, donc je ne vais pas y revenir, n'est-ce pas, sur les woke, on parle des hommes contre les femmes, des homos contre les hétéros, de tout ce qu'on veut, alors qu'il y a des millions d'homos et d'hétéros qui se font face avec du matos nucléaire dans la main.
1:10:39 De façon de parler. C'est plus grave que ça. Bien outillé. Et là, il n'y a pas les homos d'un côté, les hétéros de l'autre, c'est des conneries. Enfin, je veux dire, c'est des conneries de réduire les divisions qui sont le moteur de la réalité, j'essaye d'être dialectique, vous voyez, à des mauvais découpages, des découpages inopérants, dès qu'il s'agit de choses sérieuses, graves, qui comptent, c'est inopérant.
1:11:10 La bonne connaissance, en général, les bonnes philosophies en particulier, j'en parle au pluriel, je ne parle pas que de la mienne, sont celles qui font les bons découpages. Voilà. J'espère que j'ai donné matière à vos réflexions. Parlez-en autour de vous. Plus il y aura de gens alertés sur le fait qu'on nous prépare la guerre en tapinois. Et en particulier, on prépare la guerre, je vous ai dit que si j'étais dans ce pays-là, je serais peut-être dans l'opposition, même probablement.
1:11:43 mais je serais ulcéré qu'on fasse la guerre au pays qui a le plus souffert de toute l'histoire humaine de la dernière guerre, dans sa population militaire et dans sa population civile. et qui plus est, dans ce carnage a été la médiation à laquelle nous devons essentiellement, pour l'essentiel, pas uniquement, mais largement pour l'essentiel, à l'écrasement du nazisme qui nous dominait.
1:12:18 que de nouveau, n'est-ce pas, les mâchoires des Dobermans. Dobermans sont des races de chiens sélectionnées par des éleveurs allemands, n'est-ce pas, pour faire un animal tueur. n'est-ce pas, alors les mâchoires de Dobermans qui se rapprochent comme ça, n'est-ce pas, d'Allemagne de l'Est en Pologne, de Pologne en Ukraine, d'Ukraine les Pays-Baltes, et puis la Géorgie au Sud.
1:12:49 Je vous ai dit tout à l'heure, imaginez que les armées russes, je ne vais pas recommencer, au Mexique, au Canada, à la Caraïbe, ça ne ferait pas le dixième des bases de missiles, et là j'ai bien, la France en fait partie. France. On avait entendu tout à l'heure, notre chef d'état-major a dit, il faut se préparer à un conflit, une grande intensité, le plus grand des silences, c'est celui qui a recouvert cette déclaration.
1:13:19 Je pensais qu'elle allait susciter des tas de réactions. Enfin, je sais bien que le peuple de gauche a du plomb dans l'aile, mais quand même, à ce point-là, et dire qu'il y en a qui n'ont pas commenté cette phrase, ou qui même, s'ils l'ont entendu, sont passés à autre chose, pour lesquelles elle n'a pas signalé un danger particulier, et qui me disent vous êtes un peu à droite quand vous critiquez les Wokes. Mais dites donc, dites donc, vous voyez, les trains qui cachent les autres, les mauvais découpages, les hommes contre les femmes, les jeunes contre les vieux, les homos, les hétéros, les Hutus, les Tutsis, les Corses, les Français.
1:14:00 et puis, vous voyez, une fatigue, rien qu'à répéter ça. La nausée, ad nauseam, comme dit le latin, n'est-ce pas, la répétition jusqu'à la nausée. Voilà, pardon d'arrêter mon propos sur cette note peu ragoûtante, et j'espère que vous allez me remonter le moral, je n'ai jamais le moral abattu. Comme je l'ai dit une fois, c'était un chrétien avec qui je discutais, et qui me disait, mais alors, vous êtes désespéré ? Je dis non, décourager souvent, désespéré jamais.
Guerre d'Espagne, pacifisme de Blum et accords de Munich
1:14:32 Voilà. Je vais cliquer sur vos commentaires, je ne sais pas s'il y en a, mais oui, oui, et je retrouve des amis. Je commence par Daniel Arias, parce que c'est le premier que je vois, et surtout parce que je l'aime beaucoup, pardon de cette considération subjective, mais je veux dire, j'aime beaucoup ses propos, et sa communication. Les soldats soviétiques sont les seuls à avoir aidé la République espagnole, pendant l'horrible guerre civile, là où la guerre a commencé, dans un grand silence également.
1:15:10 Je n'étais pas loin tout à l'heure, quand j'ai dit, ah ben, il me fait penser que je me suis interrompu, enfin aussi, il faut me corriger, vous savez, quand je dis, j'aborde un truc et que je laisse ça en suspens, parce que je trouve un autre exemple. Lorsque j'ai dit, ça n'arrive à rien, l'opposition belliciste-pacifiste, et je suis en train de défendre ni la guerre, ni la paix à tout prix, je m'explique. Le même individu, ou le même parti politique, peut être en même temps, en même temps, vous vous rappelez Aristote, le principe de non-contradiction, pour qu'il y ait contradiction, il faut que deux attributs opposés, froid, chaud, lourd, léger, soient attribués au même sujet, en même temps, sous le même rapport, trois fois le mot même.
1:15:57 Il faut beaucoup d'identité pour qu'il y ait des contradictions. Donc, oui, le même parti politique, le même individu, peut être, et j'y arrive, pendant la guerre civile espagnole, pacifiste, comme était Léon Blum, et bien sûr, ne parlons même pas de la droite, je veux dire, parce qu'il avait quand même un certain mérite d'avoir été à la tête politique du Front populaire, même s'il a bien fallu que les communistes et la CGT mobilisent les ouvriers pour que ce Front populaire ne se contente pas seulement de parole, mais pour une fois, que la gauche remplisse ses promesses, dont vous jouissez actuellement, n'est-ce pas, puisque les congés payés et j'en passe, et plus tard, les droits syndicaux de l'entreprise, voilà.
1:16:47 Donc, ce Léon Blum, là, ne voulait pas intervenir, ah non, non, non, en ingérence, non, non, parce que par amour de la paix, mais au même moment, le clan des pacifistes français, de ceux qui ne voulaient pas qu'on intervienne contre les hordes franquistes, les mêmes qui n'ont pas voulu, c'est pas qui ne voulaient pas, qui n'ont pas voulu voir Munich bien avant le pacte germano-soviétique, qui n'ont pas voulu rentrer dans le chou au moment où Hitler avait peur militairement de Mussolini, il a hésité à faire l'anschluss sur l'Autriche, demandez, tous les historiens le savent, c'est documenté, tout ça, on n'est pas dans le complot, c'est, c'est la place publique, c'est pas, mais renseignez-vous quand même, c'est pas, Hitler, Mussolini, anschluss et invasion à la Tchécoslovaquie, c'est pas, d'ailleurs Mussolini a envoyé plusieurs divisions au col du Brenner dès qu'il a vu que Hitler s'agitait de ce côté-là, c'est pas, donc Hitler avait peur de l'Autriche à ce moment-là,
1:17:57 l'Autriche, c'est pas la France, l'Angleterre, c'est pas les grandes puissances, c'est pas les Etats-Unis, c'est pas, c'est pas l'Italie, c'est pas l'Allemagne, il avait peur d'Autriche, on ne lui est pas rentré dedans, non seulement on ne lui est pas rentré dedans, mais le chef de la délégation occidentale, je ne parle pas de ce pauvre Daladier, le français qui suivait déjà, n'est-ce pas, comme maintenant, nos responsables politiques, je ne veux même pas en parler, je ne parle même pas de Macron, mais je viens d'entendre le ministre de la Défense parler, sur France 24, mais il faut, je veux dire, qu'on a interviewé sur justement les événements du Sahel, que j'évoquais tout à l'heure, c'est effrayant, je vous conseille de voir cette interview, non, je ne sais plus, c'est le titre de l'émission, si c'est le grand interview, un truc comme ça, on le mettra, oui, les mêmes qui étaient non-ingérence, on n'attaque pas Hitler, on n'attaque pas Franco, pas seulement ça, je ne l'ai pas nommé et M. Chamberlain, l'anglais qui dirigeait la délégation occidentale
1:19:07 à Munich, et qui a accordé à Hitler à peu près tout ce qu'il voulait, dès qu'il est rentré, a dit « Mr. Hitler is a gentleman », alors que la Russie est un pays totalitaire, autoritaire, Poutine est un bourreau, un beauf, etc. Mais Hitler est ce gentleman, les mêmes, ce sont les mêmes camps diplomatiques, les lignes n'ont pas bougé à ce niveau-là.
1:19:38 C'est grave ce que je dis, c'est grave, mon Dieu, ce que j'aimerais avoir tort. C'est très grave. Voilà à quoi me fait penser la remarque bienvenue de Daniel, qui nous recommande aussi, bien sûr, les conférences d'Annie Lacroix-Riz, sans doute la meilleure praticienne des archives, en particulier française, pas seulement française, un peu comme M. Chapoutot, qui lui n'est pas communiste du tout, sans doute le meilleur connaisseur des archives allemandes, en particulier pendant la période du Troisième Reich, mais j'en rends hommage ici à notre camarade Annie Lacroix-Riz, et me scandalisant de l'ostracisme dont est l'objet.
Armée russe, Chine et progrès écologique
1:20:31 Je vois Guillaume Dugué, là aussi, qui est un nouveau, mais pas moins fidèle, affidé à nos émissions. Je conseille la BD « Matteo » en cinq tomes, dont les tomes 3 à 5 parlent de la guerre d'Espagne de 1936, vous voyez décidément, le tome 1 de celle de 14-18 et le tome 2 de la révolution de 1917, du point de vue, vu du point de vue d'un immigré anarchiste, vous voyez.
1:21:01 En général, ce n'est pas tout à fait le point de vue des communistes, mais enfin, je remercie Guillaume pour cette référence. Donc, je salue Abderrahim qui est présent et qui approuve chaleureusement ce que nous dit Daniel, n'est-ce pas, qui dit « je préfère l'expression guerre d'Espagne », voilà quelqu'un qui fait attention aux intitulés, n'est-ce pas, aux énoncés, « je préfère guerre d'Espagne »
1:21:32 excusez-moi, voilà, « à guerre civile, l'armée allemande aidée des Italiens et du blocus franco-anglais ont mis à bas la République ». Et oui, pendant que la France refusait d'intervenir, même pas un fusil, même pas un soldat, pendant ce temps-là, les Allemands expérimentaient, n'est-ce pas, les armements les plus avancés de l'humanité à ce moment-là, les Stuka et les Messerschmitt, enfin, vous connaissez la suite, c'est Guernica, si c'était que Guernica, la guerre aérienne, avant qu'elle martyrisse la pauvre Pologne, c'est déchaîné sur les villes allemandes bien avant la guerre, répétition générale, bien avant la déclaration officielle de la guerre mondiale.
1:22:25 Alors, Daniel dit « L'espoir de paix réside dans la force de l'armée russe capable de détruire la marine de l'OTAN en 14 minutes. Bon, ça, je laisse pour la responsabilité à Daniel, qui est peut-être plus renseigné que moi, je ne suis pas spécialiste de ces questions, même si j'ai d'excellents amis que je consulte à ce moment-là et qui ne sont pas nécessairement de mon bord. Je me permets de rendre hommage ici à l'une des plus belles honnêtetés intellectuelles que je connaisse, il s'agit d'Arnaud Le Gall, voilà, qui fut un jeune collègue et dont je garde un excellent souvenir avec qui je continue à entretenir des relations et qui est dans le domaine géopolitique, particulièrement dans les problèmes de défense, qui a une information bien au-dessus de la moyenne, en tout cas de mes propres données.
1:23:26 mais enfin, il est clair qu'il y a longtemps que les forces de l'OTAN seraient en train de prendre le champagne à Moscou si les forces armées russes ne donnaient pas à réfléchir. Je situerai le curseur à peu près à ce niveau-là pour l'instant. Depuis que la Russie s'est faite jeter, nous dit Anatole, du G8, son autonomie lui est propice, elle se développe d'une façon exponentielle, pas étonnant que les US prennent peur.
1:24:01 Bon, je ne voudrais pas, comme ça arrive souvent chez mes amis politiques, qu'on prenne nos désirs pour des réalités non plus. La Russie a de grosses difficultés, elle souffre des sanctions, mais c'est vrai qu'elle a remarquablement retourné une bonne partie de la situation faisant de ses sanctions une motivation pour trouver pour réorienter son commerce extérieur. Je pense essentiellement, bien sûr, aux extraordinaires signatures qui s'opèrent entre la Russie et la Chine à ce niveau-là.
1:24:37 Je parle en particulier de la fourniture d'énergie à la Chine. C'est un de ses rares points. faibles, comme vous le savez. Si elle est une des industries les plus polluantes de la planète, c'est parce qu'une grosse partie, encore beaucoup trop grosse, de sa production énergétique s'effectue par l'intermédiaire du charbon et elle est très consciente. L'exécutif, non seulement est conscient de ce problème, mais ça, il a considérablement réduit par rapport à il y a quelques années, n'en parlons pas, quand j'avais votre âge, la moyenne de ceux qui m'écoutent, pardon, la partie carbonée de son émission d'énergie et surtout, même les satellites occidentaux témoignent, n'est-ce pas, que la planète se reverdit essentiellement grâce aux immenses investissements faits par la Chine dans le domaine de de la revégétalisation, pardon, ce barbarisme, ils ont arboré des superficies plus grandes que la France, en particulier dans le nord de la Chine,
1:25:47 les régions les plus sèches qui sont frontalières de la Mongolie ou du Xinjiang. Voilà. Mais enfin, le gaz soviétique, pardon pour mon lapsus le gaz russe est le bienvenu, vous imaginez bien, c'est déjà beaucoup moins polluant que le charbon. Je rappelle ici, c'est mon petit quart d'heure anti-écolo, je le ferai court parce que j'en suis à vos questions et non pas à la suite de ma conférence, que je ne dis pas ça comme une provocation, c'est en gros vrai, en gros, tendanciellement, voilà le mot que je cherchais.
1:26:22 Le progrès a toujours été écologique. Si on le prend au début, au progrès, au premier stade, je parle en matière d'énergie uniquement, c'était le charbon de bois dans nos régions, dans les régions tempérées, disons en gros, qui était de loin, dans le plan industrialisé, la source la plus ancienne de l'énergie. la chaleur, aussi bien que la lumière, ça venait de la torche, du charbon de bois. Heureusement qu'on est passé au charbon, à la houille, parce que sinon, il n'y aurait plus un arbre sur la planète vu le nombre, la consommation énergétique d'aujourd'hui.
1:27:01 Donc, c'était un progrès de passer du charbon de bois au charbon. Oui, le charbon dont je disais à l'instant, et je le maintiens, que c'est sans doute la plus salissante des sources d'énergie massive de l'industrie d'aujourd'hui. Quand on est passé du charbon au pétrole, c'est le rapport de 1 à 7 la quantité qu'il faut de charbon pour équivaloir ce que donne la même quantité d'énergie produite par le pétrole. Il faut cette fois plus de matière arrachée à la mine, n'est-ce pas, avec le charbon.
1:27:35 C'est un progrès. Et quand on passe du pétrole au gaz, même Jancovici qui est certainement l'écologiste que je respecte le plus, je suis sûr qu'il y a dans mes propos des choses où il est totalement en désaccord et vice-versa, mais je le respecte parce qu'il est toujours clair, documenté et surtout qu'il ne tombe pas dans l'hystérie antinucléaire. Justement, c'est un des rares écologistes cohérents et se dit si on veut vraiment décarboner et lutter contre le réchauffement climatique, il n'y a pas mal chose à faire.
1:28:10 Et ce n'est pas de remplacer le nucléaire par des éoliennes et encore moins comme l'a fait l'Allemagne par le charbon. Voilà, donc, je tiens à repréciser tout ça. Le progrès a toujours été écologique et bien sûr, je clôt ici ma petite parenthèse apparemment provocatrice mais qui ne l'est pas, qui est factuelle lorsqu'on passe du gaz qui est déjà beaucoup moins polluant que le charbon de bois, que le charbon et que le pétrole au nucléaire, alors là, je veux dire, ça n'a aucune incidence au réchauffement de la planète.
1:28:48 Je parle de l'émission d'énergie nucléaire, je ne parle pas du béton qu'il faut pour construire les centrales, ça c'est une fois, après c'est terminé. Voilà, je regarde si on me signale d'autres questions. On ne perd pas grand-chose à ne pas les voir, je vous assure. Je crois qu'il est là, il fallait bien sans doute aux youtubeurs en frais ou je ne sais pas quoi.
Sous-nietzschéisme et Nietzsche poète
1:29:19 Brochet Mehdi reprend ma proposition dans tous les sens, c'est-à-dire que c'est un énoncé, une proposition, mais c'est quelque chose que je vous propose, je n'impose pas que les bonnes pensées font les bons découpages. Merci de ce soutien. Je regarde, c'est...
1:29:51 Ah oui, c'est en réponse à Raoul Lebeuf qui me demandait c'est qui celui du YouTube Nietzsche ? Il n'est pas seul, il n'est pas le seul. Mais là, j'ai découvert, parce que je veux dire, je me demande comment on peut passer du temps à écouter une minute. Bon, quand Deleuze parle de Nietzsche, c'est quand même d'un autre niveau. C'est drôle qu'on revienne au sous-nietzschéisme, ça ramène à ma question, ça c'est Sébastien Brunois que je salue, ça ramène à ma question, quand on n'y connaît rien en philosophie, on va vers ce que l'on croit être, ce qui nous parle vers de la pseudo-philo.
1:30:23 Oui, je suis content qu'il précise le sous-nietzschéisme. Même le vrai Nietzsche, n'est-ce pas, n'est pas de la sous-philo, n'est-ce pas, de la pseudo-philo. Ce n'est pas un philosophe du tout et il serait le premier d'accord. C'est un penseur, c'est un poète à ses heures, je ne sais pas, c'est sans doute celui qui a le mieux fait résonner l'allemand dans le domaine de la pensée, c'est un penseur, à son époque. mais dans un magnifique poème qui est au cœur de Zarathoustra, enfin, ce poème a un refrain, un rondeau, on dirait la musique, ils connaissaient bien ça, Nietzsche, un refrain qui consiste à dire, toi, il parle à lui, bien sûr, toi, l'ami de la vérité, littéralement, philosophia, qui cherche la sagesse, le savoir, toi, l'ami de la vérité, allons donc, rien qu'un fou, rien qu'un poète, donc il ne se classe pas lui-même comme philosophe, voilà.
1:31:29 Abdérahim, la droite, avec la récession, a légèrement glissé à gauche, gentil, avec légèrement Abdérahim, c'est pas seulement chouïa, si je peux me permettre, c'est Bézef, qu'elle a glissé à gauche, pardon pour mon, un de mes grands regrets de mal connaître cette langue, pour l'oreille, moi qui organisais des concours de récitation du Coran au Niger avec les élèves du centre musical dont j'avais la possibilité, je regrette de ne pas avoir pu creuser l'étude de cette langue.
Pauwels : Pearl Harbor et la rivalité dans le Pacifique
1:32:06 Alors, je vois qu'il y en a qui connaissent déjà Jacques Pauwels, Abdérahim le connaît, c'est maintenant pas d'Abdérahim, Jacques Pauwels, très bien, est très propre de vérité, il nettoie indéniablement dans l'histoire, bon, c'est, je vous rappelle, le titre principal, c'est « Le mythe de la bonne guerre », c'est d'une actualité, n'est-ce pas ? Et je vous ai donné un large extrait de l'article, c'est maintenant que je vais juste faire le développement, je peux retarder jusqu'aux questions, cet article, l'événement historique qui concentre son attention, c'est Pearl Harbor, l'événement qui a décidé, les États-Unis, à entrer en guerre contre le Japon, bref, qui a fait entrer les États-Unis dans la guerre mondiale, car, jusqu'à Pearl Harbor, les Américains ne sont dans la guerre ni contre l'Allemagne, ni contre le Japon.
1:32:59 Je dirais même, et je vous demande de lire l'article, et au-delà de se référer au livre dont il est extrait, « Le mythe de la bonne guerre », que les Américains n'ont jamais déclaré la guerre au Troisième Reich. Ils leur ont fait la guerre, surtout à la fin, et parce qu'ils ont été attaqués.
1:33:29 Mais ils n'ont jamais déclaré la guerre à l'Allemagne à un moment où ils auraient pu le faire. Par contre, ils ont déclaré la guerre au Japon. Il explique très bien dans son article les énormes rivalités objectives, objectives comme on dit chez les marxistes, là je parle comme les hommes de droite, surtout dans ma génération, on disait, objectives comme dirait les marxistes, mais quel hommage au marxisme ?
1:34:02 Ah ben dites donc, ça veut dire quoi ? Quand d'euro duisco marxiste, chacun est dans sa bulle, je veux dire, et que la vérité, elle est valable sur un mètre cinquante de rayon, et je suis généreux. Donc voilà, rivalité dans la région pacifique, je suis né, comme vous le savez, comme certains le savent, au Vietnam, pendant l'occupation japonaise, japonaises, enfin, à la fin, quand même, à la fin, fort heureusement pour moi, et malheureusement pour mes parents qui ont connu toute l'occupation, et surtout malheureusement pour les peuples indonésiens, vietnamiens, coréens, philippins, enfin bref, je rappelle ici, tout de même, que le Japon, puissante industrie, mais manquant, encore aujourd'hui, manquant de ressources de base, c'est un champion de la transformation, mais les éléments à transformer, les matières premières préférées,
1:35:12 sont loin, or, des matières aussi stratégiques que le caoutchouc, on est comme le caoutchouc pour les pneus, les véhicules, les avions, les voitures, les bus, les automitrailleuses, tout ce que vous voulez, je veux dire, le caoutchouc, et bien d'autres matières premières, par exemple, l'Indochine française, c'est pour ça que j'en parle, n'est-ce pas, avait les, parmi les plus belles plantations de caoutchouc de l'Asie du Sud-Est, avec l'Indonésie, voilà, donc, il y avait une rivalité objective, les Américains étant déjà présents à Hawaï, qu'ils ont conquis, c'est un pays indépendant, ou les Philippines, auxquelles ils ont fait une guerre dont on parle pratiquement jamais, les pulsions de morts progressent en silence, si un jour, un d'entre vous, vous voulez faire une étude, une communication, sur les massacres qui ont eu lieu pendant la guerre des Américains contre les Philippines, voilà, je ne traite pas le sujet, je ne dis pas qu'il y avait un gentil et un méchant, mais je veux dire, il y a comme ça, les tennis-women, parce qu'elles ont disparu deux jours, n'est-ce pas, tout juste, elles ne vont pas verser des larmes au monde entier,
1:36:22 c'est un monde qui se réduit, mais par contre, il y a des tas de massacres, n'est-ce pas, sur lesquels plane un énorme silence, voilà, je ne veux pas, m'éterniser, je vois que, je suis ravi de voir que, on est d'accord, et on a dépassé largement les 22 heures, donc je ne veux pas trop vous bassiner non plus, je suis content de retrouver Stavisky, qui me dit qu'il y a cinq jours, il était déjà à écouter mes approximations, et je le remercie, je salue notre ami résident à Belgique, Inêz Oludé, qui est très fidèle, et qui est présente ce soir, je suis très content de la retrouver, et je vous l'ai déjà dit, je le reprécise, je crois que je vais terminer là-dessus, que bientôt, vous tous, cette communauté que nous faisons, plus les adhérents,
Annonce et écoute d'Un survivant de Varsovie de Schönberg
1:37:34 plus quelques amis, qui n'ont pas le loisir d'être aussi fréquemment avec nous, mais qui se tiennent au courant, nous allons bientôt les contacter, pour faire une grande réunion, une réunion bien sûr, virtuelle, comme on dit maintenant, pas présentielle, ensemble, en espérant qu'on en fera une, présentielle, un peu plus tard, quand les choses seront éclaircies, à ce niveau-là, voilà, et je vous remercie, de votre présence, de votre soutien, croyez-moi, il y a des moments, où je demande si, allez, je vais parler français, je m'excuse, une grossièreté, c'est pas que je pisse un violon, mais des fois, j'ai l'impression que c'est dans une contrebasse, vous voyez, par rapport à toute la tâche, alors quand je vois que, que quelque part, ça fait mouche, et qu'il y en a qui, ça rend service, que ça les éclaire, et ils disent qu'ils comprennent mieux, certaines choses, vous ne pouvez pas savoir, comme ça m'encourage, alors ça ne veut pas dire, continuer à dire du bien, de ce que je dis, c'est pas, par exemple, ceux qui corrigent mes erreurs, me sont au moins aussi précieux, voilà, mes inexactitudes, si vous préférez, et,
1:38:46 j'espère vous retrouver très bientôt, il n'y aura pas de direct, donc, le mercredi prochain, puisqu'on les fait un peu en quinconce, par quinzaine, et nous retrouvons, la suite de notre feuilleton féminité, communauté, rapport de l'esthétique politique, dans quinze jours, mais d'ici là, je suis sûr que Pierre-Alain et moi, on se débrouillera pour vous donner, plus que des biscuits, voilà, très bonne soirée, et merci encore, de votre contribution.
1:40:10 I cannot remember everything. I must have been unconscious most of the time. I remember only the grandiose moment when they all started to sing as if prearranged. The old prayer we had neglected for so many years.
1:40:41 The forgotten creed. But I have no recollection how I got underground to live in the sewers of Warsaw for so long a time. The day began as usual.
1:41:11 Reveille, when it still was dark. Get out! Whether you slept or whether worries kept you awake the whole night. You had been separated from your parents, from your children. You don't know what happened to them. How could you sleep?