Le texte de la séance
52 / Il s’agit d’abord d’un retour au sens traumatique du terme : comme ces traumatisés de guerre soumis à la pénible compulsion de revivre incessamment les circonstances de leur traumatisme (au point d’avoir mis Freud sur la piste de la pulsion de répétition) :
53 / E come quei che con lena affannata
uscito fuor del pelago a la riva
si volge a I’acqua perigliosa e guata 17
54 / L’auteur nous fait revivre en effet, au présent de l’indicatif, l’ultime scène ayant précédé la décision phénoménologique. Notre paire initiale, « esthétique/politique », n’y est pas encore configurée dans la synchronie (spatialisante 18) du « System ». La scène revisite plutôt, antérieur à cette paire, un couple sexué [19] ; couple scéniquement central, antagonique et disjoint (il est question de « haine ») ; à l’arrière-plan de nos deux protagonistes, un second couple, « la mort » et « l’esprit », conjoints cette fois, semblent, comme « la ruse », « se retenir d’agir », la mort laissant la kraftlose Schônheit reculer vers son impasse mortellement narcissique ; et apparaissant ici comme la seule médiation encore à même de jeter un trait d’union entre les extrêmes passablement éprouvés de notre couple central : c’est elle qui dynamise, telle « l’immobile lui-même moteur » la scène, selon qu’elle provoque le « recul d’horreur » de la beauté, ou qu’elle irradie l’entendement de ce « soleil noir », à la lumière de laquelle se reconnaît « la vraie vie de l’esprit ».
55 / Le couple central répète une scène de rupture et/ou d’adieu ; aussi peu respirable que celle de Bérénice.
