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#5.5 Nature ou Paysage ?

Saison 5.2 · Nature ou paysage ? · 3/7 En ligne le 26 mars 2019 1 h 45
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Comment le paysage atteint-il sa plus haute valeur poétique quand le décor visible s'efface pour devenir un paysage intérieur ?

Dominique Pagani repart de la cinquième promenade de Rousseau, où l'anéantissement progressif des perceptions externes s'oppose au plan fixe de Chateaubriand, qui donne tout à voir. Avec Le Domaine d'Arnheim d'Edgar Poe, il montre que la quête du paysage idéal bute sur l'inquiétude propre à l'homme, « celui qui a la mort dans le cœur ». Il lit ensuite plusieurs poèmes de Hölderlin (La promenade, En bleu adorable, L'aigle, Chant allemand) : le décor s'y efface vers « l'image toute première », la question « où allons-nous vouloir rester ? » rejoint Faust, et la parole du poète moderne remplace le religieux dans un collectif. Avec Aube de Rimbaud, il montre que la nature revient sous forme de sensations, dans un paysage intérieur et rêvé. Il conclut sur la neuvième élégie de Rilke : le paysage prend toute sa valeur une fois intériorisé puis restitué par la parole.

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Présentation

"Nature ou Paysage ?" 


Initiant cette nouvelle série de conférences, le 1er février dernier, Dominique Pagani avait procédé à cette « Ouverture » en 3 parties :     

  • une introduction problématisant l’usage courant (non scientifique) des notions de «Nature» et/ou  «Paysage», en rappelant que dans les deux cas on était renvoyé à la catégorie complexe de la surface réfléchissante,    

  •  une 2ème partie esquissant le commentaire d’un extrait d’Atala (Chateaubriand) pour noter que le paysage donnait alors surtout à voir, et que notre surface était cette «Tabula rasa» superbement transformée, par la plume de « L’enchanteur », en «Tabula depicta»,  

  • une 3ème partie, attentive à la prose poétique de Rousseau, dans la 5ème promenade, texte qui donne incomparablement plus à entendre et/ou sentir, qu’à voir, au point d’aller jusqu’à l’effacement quasi total du décor spatial en processus temporel intérieur.  

Dans cette vidéo, Dominique repart de cet anéantissement «du mouvement continu qui ('me') le berçait», en le modélisant comme une focale, de laquelle surgissent, caractéristiques de la modernité des «Paysages intérieurs» disposés en couronnes, « Sur les bords de l’Image toute première » (Hölderlin /La promenade).

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