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La Lettre ouverte aux communistes de Clouscard
0:30 La séance de ce soir Bonsoir chers amis, je commence par vous demander de bien vouloir nous excuser, m'excuser pour le report de la séance de ce soir aurait dû avoir lieu hier, hier à 19h et finalement c'est aujourd'hui à 21h. Je remercie Pierre-Alain qui fait des mains et des mains pour être au feu, si je puis dire. Donc un grand merci à tout le monde, à votre patience et à votre compréhension.
1:08 Comme vous l'avez remarqué, j'ai décidé de suspendre à un court moment notre feuilleton ayant pour thème la quête du Graal. Voilà. À la mesure où nous sommes plutôt sur le grill, n'est-ce pas, que sur le Graal. Alors j'allais dire depuis le résultat des dernières élections européennes. Là déjà je commence à me prendre un peu de distance, n'est-ce pas, avec le brouhaha ambiant.
1:47 Parce que, on dirait, tout le monde est atterré et surpris, mais enfin je veux dire, c'est quand même, il y a très longtemps, n'est-ce pas, je ne veux pas parler, je vais laisser parler Clouscard. C'est une petite entorse, ce que j'avais prévu, parce que j'avais d'autres textes à passer avant, mais on peut passer le texte de Clouscard. Voilà, merci. Oui, vous voyez, ce sont des extraits de la fameuse lettre ouverte aux communistes, c'est-à-dire au Parti communiste français.
2:26 Je ne vous en dis pas plus, si, ce qui est important de me dire, c'est que vous trouverez l'intégralité de cette lettre, édité aux éditions Delga. Alors, on va sauter les paragraphes, et on va aller à la fin tout de suite, voir la chute de ce texte. Vous allez comprendre pourquoi je commence par la fin de ce texte. Pardon, non, voilà, à partir de l'avant-dernier paragraphe.
2:56 La crise peut donc permettre, voilà, merci, c'est parfait. Vous voyez, ça se conclut, le texte, je vais revenir après sur le début, ça se conclut par, n'oubliez pas, je ne perds pas mon fil. J'en veux à ceux qui sont surpris de voir tout d'un coup l'extrême droite en position de force. Je vais dire, après avoir tout fait pour ça depuis 40 ans, en gros, c'est ce qu'il y a. Non, j'accuse pas un tel, une telle, machin, ça va, c'est statistique ce que je dis. À droite comme à gauche. Pendant plus longtemps à gauche qu'à droite, d'ailleurs, la Mitterrandie.
3:30 Mais enfin, n'anticipons pas. La crise peut donc permettre au Parti communiste français de récupérer une grosse partie du corps électoral, partie des nouvelles couches moyennes. Clouscard vient de faire une distinction capitale, celle des classes moyennes et des couches moyennes. Ne croyez pas que couper les cheveux en quatre, c'est très important de ne pas confondre. Parce que si on reste à la classe moyenne, on y est tous en dessous de l'aristocratie ou du MEDEF et juste avant ceux qui se noient en Méditerranée. Je veux dire, entre les deux, on est tous dans les classes moyennes.
4:02 Donc, non, les couches moyennes, c'est celles qui sont issues de la nouvelle économie, apparue avec le plan Marshall, après-guerre, conjuguée. Voilà. Donc, la crise peut donc permettre au Parti communiste de récupérer une grosse partie du corps électoral. Ben oui, j'entre en matière un peu abrupte, une manière un peu abrupte, parce qu'écoutez, il est temps de comprendre qu'il y a urgence tout de même. Une grosse partie du corps électoral, partie des nouvelles couches moyennes et de la classe moyenne traditionnelle.
4:37 La différence des couches moyennes nouvelles. Il doit, le Parti communiste, lutter contre les deux grands effets pervers du libéralisme économique et culturel pour rendre aux travailleurs sa dignité professionnelle et morale. C'est d'autant plus urgent que se profile ce qui pourrait devenir un néofascisme, qui serait la sinistre et hétéroclite collusion de Macron et de Bardella. Non, non, non, il est mort avant de les connaître.
5:08 Clouscard, allez. Qui serait la sinistre et hétéroclite collusion ? Écoutez, corrigez-moi si je me trompe. Des privilégiés du libéralisme qui ne veulent rien céder de leurs privilèges acquis et de la vieille droite revancharde qui, elle, veut reconquérir les siens. Alors, celui qui me dit que ce n'est pas un texte d'actualité, celui-là, je veux dire, il n'y a plus rien à en attendre, le pauvre. Non, si je peux, il y en a qui savent, mais la plupart ne savent pas.
5:41 Quand a été écrit ce texte ? En 1976. Alors, jouer l'effet de surprise en 2024, non, écoutez, c'est grave ce qu'on est en train de voir. C'est-à-dire plus d'un demi-siècle après. C'est incroyable quand même. C'est grave la situation de jouer la surprise. Ça fait plus d'un demi-siècle qu'on travaille à fasciser la société.
Une modélisation des deux extrêmes droites ; Thomas Mann
6:11 Pour l'instant, j'ai dit « on ». Essayez de plus précis, mais quand même. Et... Je vais continuer. Alors, parce que j'ai pas mal de séquences de vidéos à vous montrer des uns, des autres, de l'extrême droite, de la gauche, je parle d'aujourd'hui. Des textes aussi, comme celui de Clouscard, et même un de votre serviteur. Ça peut arriver.
6:41 Mais, d'abord, peut-être, je vous confie une modélisation. Non, je ne suis pas devenu mégalo. Je veux dire, mais il m'étonne que ce ne soit pas devenu une banalité, ou un lieu commun de l'enseignement en philosophie politique. Ça concerne le fascisme. Ou, et, ou, et, ou la notion d'extrême droite.
7:12 Parce que vous voyez bien qu'il y a de la confusion. On nage en pleine confusion. Maintenant, il suffit d'être à gauche pour qu'on vous accuse d'être antisémite. On en est là, je veux dire. Ce qui fait que les vrais antisémites de la vieille droite traditionnelle se frottent les mains. Moi, je me mets à leur place, ils ont une raison quelque part. Enfin, ils ont leur raison. Et j'en arrive à ma modélisation. Vous n'entendrez nulle part ailleurs. Je me permets de le dire. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien à retoucher.
7:44 C'est à discuter. Mais elle permet de lever toutes les apories, les contradictions, les difficultés, les nœuds qu'on se fait dès qu'on aborde ce genre de problème. Ce n'est pas rien. Là, voilà, madame, il y a deux extrêmes droites qu'on passe son temps à confondre. D'où la confusion. Je commence par la première. Celle constitue le moins l'extrême droite. Voilà. Alors, je vous dis tout de suite que je ne vais pas la définir par ce qu'il y a dans la tête de ses représentants.
8:18 Ce ne sont pas des nazis qui ont des idées de racisme, antisémitisme, anticommunisme, tout ce qui est le programme du nazisme. Mais qu'est-ce qu'il dit Pagani ? Le nazisme, ce n'est pas anticommunisme. C'est pareil, nazi et communisme. Ah ben écoutez, quand on pense à ça, il ne faut pas s'étonner que l'extrême droite arrive à des scores pareils, alors que le parti communiste, qui d'après cette théorie que c'est pareil, devrait être au pinacle, a disparu.
8:52 Alors, on va envoyer Thomas Mann. Je vais suspendre ma modélisation et je vais faire parler une autorité qui n'est ni un marxiste ni un communiste, qui est un Allemand plutôt réactionnaire de formation, sans doute le plus grand romancier allemand de sa génération. C'est ce qu'on dit dans les manuels, je veux dire. On n'est pas là pour trancher tout ça. Des best-sellers, comme dit Sauerberg, pardon, la montagne magique, le docteur Faustus, tout ce qui est pour tous ceux qui connaissent le répertoire musical, celui qui vaut le coup d'être entendu, pour prendre une laborieuse périphrase, et d'une richesse incomparable, les Buddenbrook, bon bref, il vient de la grande bourgeoisie de Hambourg.
9:36 Hambourg en Allemagne, c'est là où on reçoit le monde entier, le café, le cacao, les trucs, ce qu'il y a pas en Allemagne. Il y a du pognon. C'est de Hambourg qui était Mendelssohn, d'une famille juive, et c'est pour ça que Mendelssohn a été élevé dans le bonheur. Il s'appelait Félix de son prénom, ce qui veut dire heureux. Et en Allemagne, Mendelssohn, on l'appelle glücklich, und beglückend, heureux et rendant heureux. Et c'est pour ça que pendant longtemps, on l'a pris pour superficiel, en romantique, heureux, c'est qu'il n'est pas profond. Connerie, alors, excusez-moi.
10:07 Mais voilà, non. Nietzsche, alors là, je lui donne le point, Nietzsche a eu le mérite, de réhabiliter Mendelssohn. Je vais parler de Thomas Mann, il faut parler de Mendelssohn. Le point commun, c'est que c'est Hambourg, la richesse. Je vais y revenir. On a le temps. Mendelssohn, il l'appelle le maître alcyonien, Nietzsche. Alcyon, c'est le vent du sud, celui qui fait souffler sur le romantisme, un peu de bonheur. Qui, à 17 ans, ce prodigieux chef-d'œuvre, le Songe d'une nuit d'été, et là, qu'il présente devant la famille de ses parents, à quatre mains avec sa sœur, qui était une grande pianiste et compositeur.
10:46 C'est ce milieu-là, Thomas Mann, les grandes familles qui ont des propriétés, c'est leur côte d'Azur, la côte balte, vous voyez là, là où il y a les pays les plus nazis. Comment nazis ? Comment vous êtes-vous à dire ça ? Ils ont souffert du joug soviétique. Ah bon ? Ils ont souffert. Ce que je peux vous dire, c'est que ceux qui ont le plus souffert, pendant l'occupation allemande dans ces pays-là, c'est les juifs et les communistes. Parce qu'aucun pays n'a eu autant de juifs déportés par habitant que les pays baltes. Moi, je commence à en avoir marre de ce refrain qu'on passe tout à ces nazis-là, de « oui, mais il faut comprendre, ils sont anti-russes parce qu'ils ont souffert. »
11:19 Ah bon ? Ils ont fait souffrir. C'était des carnages épouvantables, des tueries, des villages entiers, les gens étaient brûlés chez eux. Bon, calmons-nous. L'heure est grave. Non, il est de ces coins-là, la plage de la Baltique, c'est beau. C'est beau. Des pays comme des régions qui s'appellent le Mecklembourg. L'empereur Guillaume II, imbécile qui a engagé l'Allemagne dans la guerre de 1914, qui n'est pas réputé pour être le plus fut-fut, on lui attribue cette magnifique citation, à ce qu'elle est bien de lui, où il disait « si un jour la fin du monde est annoncée, je me retirerai dans le Mecklembourg, parce que là-bas tout se passe plus tard qu'ailleurs. »
Thomas Mann : le fascisme reviendra sous le drapeau de la liberté
12:03 Bon, donc, Thomas Mann, je vous le présente, ce n'est pas du tout révolutionnaire, couteau entre les dents, ce n'est pas un mec de gauche au départ, mais il a sauvé l'honneur de l'intelligence allemande en voyant que ça devenait chaud pour lui, sous le nazisme, parce qu'il était critique à l'égard du régime, en disant que c'est une honte pour l'Allemagne, ce régime-là, il est parti en Angleterre, il a fait une série d'émissions qui avait pour titre « Deutsche Hörer », Allemagne écoute, et il a sauvé l'honneur de l'intelligentsia allemande en disant ceci, texte s'il vous plaît, 1943.
12:42 L'écrivain Thomas Mann a écrit, dès 1943, placé sur le même plan moral, le communisme russe, c'est bien un allemand, il ne dit pas soviétique, le communisme russe et le nazifascisme, il n'y avait pas encore Hannah Arendt, il n'y avait pas encore l'un centre totalitaire qui s'était massifié comme aujourd'hui, maintenant tous les gamins récitent que c'est pareil, parce que c'est dans les programmes officiels de l'Europe, et l'Europe a officialisé l'Europe Bruxelles, et là, moi, je n'ai rien contre l'Europe historique et géographique, au contraire, je trouve que l'Europe de Bruxelles est une honte pour l'Europe que j'aime, et que nous aimons.
13:22 Donc, c'était bien avant, et lui, vous voyez, déjà placé sur le même plan moral, donc il y en avait qui commençaient à essayer de le glisser, vous voyez, le communisme russe et le nazifascisme, en tant que tous les deux seraient totalitaires, et dans le meilleur des cas, de la stupidité, lui dit, de la superficialité, dans le pire, c'est du fascisme. Il y a la suite peut-être de son texte ? Non. C'est un autre extrait, hein ? Non ? Il n'y a pas ? D'accord.
13:53 Je peux le trouver si tu veux. Non, parce que non, je vous le dis oralement, c'est plus court, il y a un texte où il dit, je vous garantis que si un jour le nazisme revient, on revient à l'actualité, si le fascisme revient, ce sera sous le signe et le drapeau de la liberté. Tiens, tiens. Vous n'avez pas connu, je dis vous, parce qu'en majorité, et je m'en réjouis, mon auditoire a entre 20 et 35 ans, en majorité, il y a bien plus vieux, heureusement pour moi, et il y a plus jeunes aussi. Je suis très ému par un de mes followers qui m'a dit qu'il aimait beaucoup mes vidéos, qu'il avait 12 ans, et qu'il faut que je retrouve son prénom.
14:38 Je suis un peu bouleversé par l'ordre des jours d'aujourd'hui, je le retrouverai. Je pense spécialement à lui ce soir. Donc, il dit, Thomas Mann, dans ce court passage, oui, qu'il reviendra sous le drapeau de la liberté. Alors, vous êtes jeunes, on ne vous fait plus d'histoire. Ce n'est pas qu'on trafique l'histoire, on ne vous la fait plus. Ou alors, quand on la rappelle, c'est sur un mode fantasmé, mais la plupart du temps, vous savez, c'est comme on dit, oh là là, il a des pattes d'éph, c'est ringard.
15:09 Maintenant, c'est tout par eux. Tous les 20 ans, c'est des nouvelles époques, presque. C'est grave. Attendez, attendez, attendez. Alors que, je vous montre là que le texte de Clouscard date de 1976. Et qu'il est d'une actualité brûlante. Donc, il y en a marre de… La gauche, la droite, ça veut dire quelque chose pour moi, je n'y reviens pas, j'avais fait une diffusion là-dessus. La gauche, la droite, les progressistes, les conservateurs, les réactionnaires, les révolutionnaires, ça, ça a un sens.
15:43 Mais pas à la dichotomie, les ringards, les branchés. Il y a une manière de ringardiser tout ce qui a une épaisseur historique maintenant, tout ce qui ferait tomber les masques dont se couvre le pire du fascisme d'aujourd'hui. Et là, je reviens à ma modélisation. Je vous ai dit qu'il y a deux fascismes. Vous vous rappelez ? Eh bien, je commence par le pire. Le pire, ce n'est pas celui que vous croyez. Je n'ai pas dit qui est bien, celui du Rassemblement National.
Le premier fascisme, jugé du point de vue des victimes : l'atlantisme
16:15 C'est du fascisme. Je vous le dis tout de suite que les deux vont se réunir et s'allier aux libéralistes pour nous fusiller le jour où ils peuvent. Je ne fais aucune illusion. Mais le pire, du point de vue des victimes, il faut arrêter de partir de ce qu'ils ont dans la tête. Je ne reprends mon fil. Ce n'est pas leurs idées, fascistes et tout. La dangerosité, il faut l'avoir au niveau des victimes. Le vietnamien dont les yeux coulaient sur les joues à cause des bombardements au napalm dans les villages là en dessous, ils s'en moquaient de savoir si celui qui était aux commandes de l'avion était homo ou hétéro, noir ou blanc, homme ou femme.
16:50 Il n'y avait pas encore beaucoup de femmes. Il y en a plus en plus. Tous ces conflits de plateau télé dont on ne parle plus que ça depuis que la fausse gauche a banalisé ce genre de choses, j'ai dit bien la fausse gauche parce qu'il y en a qui disent que c'est la gauche qui l'insulte. Non, non. Si on regarde du point de vue des victimes, on s'en fout de tout ça. Qu'est-ce que ça lui fait une belle jambe à celui qui voit ses trois enfants grillés à hurler de douleur dans l'incendie de la paillote ?
17:26 Allez, réveillons-nous un peu quand même. Je reprends mon propos et je continue. Si on prend le premier fascisme, le plus dangereux, je maintiens, le plus dangereux. Donc, du point de vue des victimes, c'est-à-dire celui le plus meurtrier, celui qui n'arrête pas depuis la fin de la guerre pour prendre ses repères, on ne va pas remonter à Vercingétorix, d'un carnage qui n'arrête jamais. Ah oui, je vois venir, c'est Amérique. Non, je vous ai déjà dit mille fois que je ne bouffe pas de l'Américain.
17:58 C'est l'Atlantisme. C'est l'OTAN. L'organisation du traité de l'Atlantique Nord fait au départ pour empêcher que les peuples qui avaient goûté au progrès social, là, le Front populaire, les hausses de salaire, pour éviter que tout ça ne fasse tâche d'huile au point que lorsqu'un pays à 10 000 kilomètres de nous qui ne représente aucun danger et qui est faible le Vietnam, décide d'avoir une option communiste. On lui fait une guerre 3 millions de morts.
18:28 Ah, vous avez voulu être coco, on va vous faire passer cette envie. Non, non, je ne m'arrête pas là parce que le Vietnam, ça succédait à juste, mais quoi, deux ans avant, la Corée, la guerre de Corée, la Corée du Nord, option communiste, 3 millions de morts et je vous passe le détail et je ne suis pas voyeur. Si vous savez ce que c'est que le bombardement des villes nord-coréennes, on n'a jamais vu ça parce que c'est épouvantable, peut-être à part Dresde, Hiroshima, à l'extrême rigueur, mais il y en a eu plein comme ça de Dresde et d'Hiroshima en Corée du Nord, on s'en fout réellement.
19:02 On vous parlera tous les jours de Tiananmen, vous savez combien il y a eu de morts à Tiananmen ? Ah non, l'heure est grave, mais pas pour les raisons qu'on se figure. L'heure est grave qu'il faille attendre 76, Clouscard, on a eu plus de 50 ans pour dire qu'il y a un danger de néofascisme à nos portes. Ah ben, quand on fait disparaître le seul truc vraiment qui a fait peur au fascisme, Clouscard.
19:33 Je reprends lui, mais là, ce n'est pas un texte. C'est un extrait de son oralité inépuisable, n'est-ce pas ? Quand il me disait la seule fois où ils ont eu la trouille, les mecs. Ils ont entendu les fachos. C'est l'armée rouge, là, ils n'ont pas rigolé. Ça a disparu. Et oui, nous avons vaincu l'Union soviétique à la fin de la guerre froide. Et oui, les chars occidentaux et atlantiques sont rentrés. Mais non, vous savez bien que nous... Eh oui, ça explique beaucoup de choses qui se passent maintenant, ça.
20:04 C'est l'Union soviétique elle-même qui a fait le ménage. D'accord ? Pour le meilleur, le pire, c'est autre chose. Mais, ça n'a pas été une victoire des armées occidentales. N'oublions jamais ce pays ouvert à tous les vents. C'est la plaine russe. Je me souviens d'un débat entre Sanguinetti, vous ne connaissez pas l'amiral Sanguinetti, c'était sous de Gaulle, laissons tomber.
20:37 tout ce qui est anti-atlantiste, à droite, le gaullisme, à gauche, le communisme, il ne faut plus en parler, c'est ringard. Sanguinetti, un débat avec le tout jeune BHL, à l'époque, il était tout jeune. Jamais il n'a eu les chemises aussi blanches et le col aussi ouvert. Il est là, persiflé devant un type qui a fait les guerres. Il a persiflé déjà contre l'Union soviétique. Ce qu'il y a de commun à Glucksmann, etc. Oui, c'est la même bande des nouveaux philosophes.
21:07 Le père Glucksmann, le père de Raphaël, ça c'est ma génération, BHL et j'en passe. Bizarrement, leur cible favorite, c'est les mêmes que celles de l'OTAN. C'est bizarre, la Russie, la Chine, l'Iran, c'est incroyable. C'est incroyable. la Syrie, c'est bizarre. Réveillons-nous. C'est ce que je dis, tout le monde le sait, mais personne ne veut le savoir. Parce que dans la diffusion de l'information, c'est tellement marginal ou à peine quelques apparitions de millisecondes qu'on n'a pas envie de savoir parce que ça vient troubler le reste.
21:51 Donc, voilà. Je n'ai pas fini, ma modélisation, je n'ai fait que la première moitié. Le point de la fascine, c'est, appelle ça comme vous voulez, l'OTAN, l'atlantisme, ce n'est pas l'Amérique. Il y a des Américains qui s'opposent à ça et dans les campus américains, il s'en passe en ce moment. Ils sauvent l'honneur. Il m'arrivait de critiquer les mouvements LGBT, mais là, je veux dire, je leur donne le point. Parce que là, ils prennent des risques. Parce que là-bas, ça ne rigole pas, la répression. Il part, ça rigole, la répression. Mais là-bas, aux États-Unis, attention à la police.
22:24 Bon, bref. L'heure est grave. Et ça, c'est, on peut être Américain et anti-atlantiste. On peut être Suisse et Atlantiste, comme ceux qui ont organisé cette pitoyable palinodie de conférences soi-disant sur la paix sans la présence d'un des belligérants de la Russie. Donc, maintenant, tous les médias finissent par dire que c'est un échec cinglant.
22:58 Pour, non pas les Ukrainiens, je ne vais pas insulter ce pauvre peuple martyr, n'est-ce pas ? Mais, à la clique, Zelensky et compagnie, qui ne cessent de demander qu'on fasse main basse sur vos impôts. Mais oui, l'Allemagne, 100 milliards, parallèle à l'Ukraine, 100 milliards d'euros qui vont aller à l'exécutif ou au rendement du pays le plus mafieux d'Europe, avec l'Albanie, ces deux pays où les Américains entretiennent, avec lesquels les Américains entretiennent les meilleures relations.
23:38 C'est une coïncidence, sans doute. Et là, je parle de l'Amérique, de l'exécutif américain, c'est des GIs qui sont en Albanie, ce n'est pas des étudiants sur un campus. Donc ça, c'est le premier fascisme. Est-ce que je vais cumuler les dictatures d'Amérique latine, le plan Condor en Argentine, où on apprenait aux guerriers, à la police, et aux milices anti-guérilla à l'époque, comment on enlevait les yeux des communistes du moindre mec qui est un peu progressiste, même Rose, je veux dire, anarchiste, ce que vous voulez, avec des petites cuillères, on les enlève.
Le Congo belge, les cadres sociaux de la mémoire, la conscience politique
24:25 Franchement, je m'énerve parce que je ne comprends pas que vous, oui, pour une fois, je pointe du doigt ce que vous voulez, que vous, c'est un vous très collectif, ne posiez pas la question à partir de quelle année, au 31 décembre, à minuit, ce capitalisme-là de sanglant, anticommuniste, réprimant, anti-guérilla, anti-progrès, anti-social, mais explicitement, là, je ne parle pas dans son dos, serait devenu tout d'un coup le défenseur des libertés.
24:55 Eh bien, et je reviens à Thomas Mann, qui était prophète quand il disait « Si le fascisme revient, ce sera sous le drapeau de la liberté. » Tout le long de la guerre froide, les trois millions de morts du Vietnam, ceux de Corée, et j'en passe l'Amérique latine le Moyen-Orient, le bain de sang permanent, sans compter le plus gros des charniers de tout le monde moderne, contemporain. Vous vous demandez de quoi je parle. Ah non, ce n'est pas… C'est le Congo belge.
25:26 Oui, on chiffre à peu près entre 10 et 12 millions de morts. Des femmes à qui on coupait les seins, là, à vif. Des enfants, vous avez les photos sur Internet, regardez, le dossier est étayé maintenant, c'est bien tard, n'est-ce pas ? Puis on s'en fout, c'était des nègres, je veux dire. C'était comme ça ! Le Congo belge était la propriété privée du roi Léopold. Ce n'était même pas au peuple belge ! Le roi était privé et comme le rendement du caoutchouc, il n'y avait pas encore le caoutchouc synthétique, comme le rendement de l'arbre à caoutchouc était insuffisant, il y avait ordre était donné de raser des villages entiers, de les brûler pour leur donner une leçon.
26:05 On pense, entre 10 et 12 millions de Congolais qui ont péri à ce... On n'en parle jamais ! Les cadres sociaux de la mémoire, les anciens, et ceux qui me suivent savent que je fais allusion au l'admirable ouvrage de Maurice Halbwachs dans les années 50, un sociologue. Est-ce que je vais m'étendre sur son livre le titre « Les cadres sociaux de la mémoire » ? Parce que maintenant, des abrutis ou plutôt des empoisonneurs idéologiques vont vous dire que la mémoire c'est une question d'enzymes, de trucs, de...
26:35 Comment on dit ? L'imagerie cérébrale ? Bio, bio... Enfin, Foucault... Je vais m'énerver. Non, la mémoire, il n'y a pas que ce qu'il y a dans ma biologie, il y a tout ce qui est à l'extérieur. Ce que disent ou ne disent pas les médias, c'est... Notre mémoire dépend de tas de facteurs qui n'ont rien à voir avec notre corps. Enfin, je veux dire avec les mécanismes à l'œuvre en vitesse de croisière dans notre corps.
27:06 Donc, voilà, je veux dire, on ne vous parle jamais de ce carnage du Congo. J'en parle là parce que quand même, il y en a qui s'étonnent maintenant que les Africains ils sont gentils. Ils ont supporté ça. J'ai vécu dans le pays le plus pauvre du monde, le Niger, un des trois ou quatre plus pauvres. Quand je vois la gentillesse des gens de ce pays, mais moi je vivrais dans ces conditions, je serais d'une méchanceté. Je ne sais pas. Et... Oui, c'est... Non, mais il y en a marre de l'Occident parce qu'on défend nos valeurs, mais ces valeurs-là, le carnage, la répression, la torture, le racisme, mais avec la bonne conscience.
27:46 Alors, je retarde, je retarde parce que c'est à mon époque sans doute que tout ça a été dans le capitalisme. Maintenant, non. Maintenant, c'est les racistes, c'est les gens d'extrême droite, c'est Moscou, c'est la Chine, c'est les dictatures. Nous, on est les démocraties et en face, il y a les dictatures. C'est bien ce que vous entendez tous les jours. Je n'invente rien. Je ne fais pas de l'interprétation. Je répète ce que j'entends. Enfin, je ferme le poste à la longue parce que je vois bien qu'il y a une différence, une voix discordante de temps en temps.
28:16 Parce qu'on est censé de ne pas être dans un pays totalitaire. Donc, il devrait y avoir de temps en temps une autre opinion. Ça fait trois mois que j'entends quelqu'un qui défend la position russe. J'ai dit mille fois que je ne voterai pas Poutine si j'étais en Russie et si elle n'était pas menacée par des fusils nucléaires à la Russie. Ce n'est pas Poutine que je voterai en premier si j'étais en Russie. Donc, on n'a pas donné des leçons. Et quand je dis du bien de De Gaulle, je rappelle que j'ai voté contre le régime gaulliste pendant tout le temps qu'il était au pouvoir. Je n'ai pas de leçons à recevoir. Mais bon sang, je donnerai n'importe toute la gauche d'aujourd'hui pour un quart de De Gaulle qui ne s'est jamais prétendue à gauche vis-à-vis du marché commun, de l'Europe de Bruxelles et de l'OTAN.
28:54 Par exemple, elle s'entendait qu'elle est le lien du sang avec les communistes pendant la résistance. Enfin, bref. Donc, je reviens à ma modélisation. J'en ai fini. Je mets un terme provisoire. Je suspends ce que j'ai dit du plus dangereux. Vous comprenez maintenant que je parle de l'atlantisme, de l'exécutif américain, pas du peuple américain. Il faut avoir une conscience politique.
29:24 Sous un déluge de bombes comme aucun peuple n'en a eu, à part peut-être le Cambodge, c'est un tonnage de bombes. Ça a été mesuré. Plus que tous les champs de bataille de la Deuxième Guerre mondiale réunis. Oui, guerre du Pacifique comprise. Renseignez-vous. Il y a eu encore plus de bombes sur le Vietnam et le Laos. Et sous ces bombes-là, l'exécutif à Hanoï des Vietnamiens du Nord, les communistes, disaient « Nous ne confondons pas l'attitude criminelle du gouvernement américain avec le peuple américain. » Ça s'appelle de la conscience politique.
29:55 Alors que maintenant, c'est identité contre identité, juif, musulman, blanc, noir, femme, homme. Ça me dégoûte. Ça devrait dégoûter tous ceux qui connaissent un tout petit peu l'histoire, tout de même. Le faux antiracisme, l'antiracisme identitaire qui défend les noirs contre les blancs ou le contraire. C'est-à-dire, en tous les cas, du racisme. Je rappelle que les Arabes sont très, très, très bien accueillis en France, même s'ils sont, même et surtout s'ils sont musulmans.
30:28 Je dis ça, c'est la provocation. Je n'ai pas dit que c'est faux. Je l'ai dit à titre provocateur, parce que si je m'arrêtais là, ce serait un non-sens. Mais c'est vrai, c'est vrai. Je m'en suis aperçu, je suis allé à l'avenue George V à l'hôtel. J'ai vu un émir qui arrivait, et puis un mois avant, j'avais fait pareil pour le roi du Maroc, tapis rouge, etc., par des gens qui votent sans doute Rassemblement National, personnel de l'hôtel. Ils sont très bien accueillis. Alors, vous allez me dire, mais attendez, tu déconnes, ce n'est pas la même chose. Mais c'est ce que je veux vous dire.
30:59 Mais la différence, ce n'est pas que ce ne sont pas des Arabes. Donc, ce n'est pas le problème, les Arabes, les Européens, les Occidentaux. Je reviendrai, vous savez, à ma diatribe contre le terme d'occidental, ce truc complètement imaginaire qui n'existe nulle part depuis qu'on sait que la Terre est ronde. Ou partout, comme vous voulez. On est partout à l'ouest de qui on veut. Et je passe au deuxième volet de ma modélisation. Ce fascisme planétaire qui règne sur la planète, qui décline maintenant, quand je vois les chantiers qui en Chine et les SDF qui se multiplient dans les rues de San Francisco, on mesure les évolutions incroyables qui sont en train de se produire sous vos yeux.
Les fascismes locaux et l'extrême centre
31:39 nous vivons une époque extraordinaire. Mais, qui a régné pendant, c'est une tantille qui règne encore pour une bonne part sur l'ensemble de la planète. On tremble quand on voit une base russe en Syrie. Il n'y en a qu'une à l'étranger, une et demie. Il y a des poussières qui comptent à peine. Et les Américains, ils en ont. Je ne veux pas les chiffrer.
32:09 Ils en ont partout. Dans tous les pays, dans toutes les îles, dans tous les océans, dans tous les continents. Oui, vous me direz, c'est pour notre liberté. Oui, c'est ce que disait. C'est comme ça que revient le fascisme. On va vous dire de Thomas Mann, qui n'était pas de mon camp, mais qui était dans le camp de la paix. C'est le seul que je défends ce soir. Ce camp de la paix que Macron a traité de capitulard il y a une semaine. Oui, ceux qui sont pour la paix en Ukraine sont des capitulards.
32:40 Il reste des Ukrainiens encore envoyés à la boucherie. Et puis, la Russie est encore trop puissante, il faut l'épuiser. Ça prendra tout le temps qu'il faudra. Vous croyez que c'est la guerre entre le pauvre peuple ukrainien et les Russes ? C'est la guerre entre l'OTAN et la Russie. Pour mieux se retourner contre la Chine après avoir épuisé le plus puissant allié de la Chine au niveau militaire. Voilà. C'est une modélisation annexe. Je reviens à la modélisation.
33:10 Ce fascisme planétaire, je vais finir ma phrase, enfin, cherche goulûment partout sur la planète, il a les moyens, des fascismes locaux. En France, le Rassemblement National, identitaire, poujadiste, défendant au départ les petits artisans, les commerçants contre, je ne sais pas, qui se font passer pour anticapitalistes. alors qu'il défend le capitalisme, ce n'est pas de la boutique, au départ. Père Le Pen, il avait des actions chez les mecs plus puissants que la boutique.
33:40 Mais voilà. Et entre les deux, entre le grand fascisme sans frontières, mondialisé, pas nationaliste, c'est malin, et ces fascismes locaux hyper nationalistes, je ne vais pas nommer les régions de France les plus nationalistes, ça m'attirerait des problèmes, surtout que je vais faire bientôt un tour en Bretagne, quand même, je suis dit en Bretagne, bon, il n'y a pas que ça.
34:12 Encore que, avant, il y avait, bon, les Alsaciens, les Corses, les Bretons, les Basques, c'est souvent les plus turbulents contre Paris, je ne sais pas. je me rappelle que mon collègue que je salue ici, et qui n'est pas de mon camp, si tant est que j'ai un camp, il était à la NUPES, et je pense à Arnaud Le Gall, n'est-ce pas, qui a une grande culture historique pour sa génération, bon, je ne suis pas là pour faire une distribution des prix, mais qui s'occupe de la sécurité de Mélenchon, je veux dire, entre autres choses, il a du boulot par ailleurs, qui a fait Sciences Po, il me disait que le maire de la ville de sa famille en Bretagne, Carhaix, ce n'est pas la Bretagne la plus touristique, c'est à l'intérieur, il y avait déjà une présence romaine sous l'Empire romain à Carhaix, le maire de Carhaix, centriste, bien sûr, je reviendrai sur l'extrême centre, parce qu'on n'a pas beaucoup l'extrême droite maintenant ou l'extrême gauche, exprès pour couvrir ce qu'il y a de pire, et qui a pris le pouvoir dans le troisième Reich, l'extrême centre,
35:22 au départ c'était ça, j'y reviendrai, donc le maire de Carhaix, non inscrit, vous voyez le genre quoi, Giscard, centre droit, Mitterrand, centre gauche, vous ne savez pas, allez savoir, ce qu'il y a à gauche, à droite, quand on est au milieu du segment AB, M, c'est fort ça, quand on est violet, vous savez, j'avais dit AM est rouge, MB est bleu, les peintures sont fraîches, comment est le point M ?
35:55 Tout le monde sait qui sera violet, ou si c'est rouge et brun, il sera rouge brun, allez vous y retrouver, la confusion du centre, l'extrême centre, on croit que c'est des modérés, on dit des centristes, un peu loin des extrêmes, c'est les pires, la preuve c'est que tous ceux qui ont collaboré pendant la guerre, la pire des extrêmes droites, ceux qui dénonçaient, pas le voisin, etc., pour partir à Drancy, puis après à Auschwitz, ceux qui dénonçaient, quand ils ont continué à faire de la politique en rasant les murs après la guerre, ils étaient sous une étiquette, sans étiquette, non inscrits, diverses droites, diverses gauches, modérées, centristes, Giscard, centristes, non, je ne parle pas dans le dos des gens, je ne suis pas en train d'interpréter Giscard, Giscard, la phrase la plus célèbre de sa campagne qui a été présidentielle, déclaration solennelle, la France doit être gouvernée au centre, lui qui a mis sa démission dans la balance qu'il a présentée à de Gaulle, si de Gaulle ne graciait pas
37:05 les assassins de l'OAS, les Algérie française, non mais tout ça c'est des modérés, non mais ce n'est pas l'histoire qu'on enseigne en classe, c'est la nôtre pourtant, la plus récente, et vous croyez que depuis que les communistes ont disparu à gauche, et oui, écoutez, ce qui reste du Parti communiste, on n'appellera ça communiste, le jour où ils cesseront d'armer des ukrainazis, je parle de la direction, j'ai eu affaire récemment à des gens de la base du PC, c'est parmi les plus beaux spécimens d'humanité qu'on puisse encore rencontrer en France, je ne mélange pas, depuis qu'on est débarrassé de tout ce qui donnait des boutons à l'OTAN, il y a la continuité dans ce que je dis, à droite, les communistes, à gauche, les gaullistes, c'est-à-dire depuis Giscard, Mitterrand, et jusqu'à aujourd'hui, en passant par l'entropie que vous connaissez, n'est-ce pas, Giscard, Chirac, Sarkozy, Hollande, Macron, il n'y a pas de fond, ce n'est pas la peine de vous hypnotiser sur Macron, ça suffit maintenant,
38:15 mais quel honneur vous lui faites, quel honneur, être un individu, c'est un honneur énorme, tout le monde n'est pas individu, 500 000 grenouilles, ça se voit en zoologie, qui font une gigantesque partouze, avec de la bave partout, là, on en voit de temps en temps, la saison des amours, il y a des individus là-dedans, et dans les 300 000 œufs que chacune va pondre, quand on ne confond pas l'individu biologique avec l'individu ontologique, allez, compliquons pas, je lance des pistes pour ceux qui suivent, mais c'est pas pour aujourd'hui, lorsqu'ont disparu, tout ce qui gênait l'OTAN, à droite comme à gauche, il ne faut pas s'étonner qu'on arrive à cet extrême centre qui est là où se concocte le retour de l'extrême droite, puisque ceux qui ont collaboré, la vraie extrême droite, la pétainiste, elle rasait les murs sous cette étiquette de centriste, là, je n'interprète pas, renseignez-vous, regardez les résultats, les législatives des élections dans les années 50, 53, 54, 55, jusqu'à l'arrivée de De Gaulle au pouvoir et surtout même après, parce que ces gens-là
39:25 sont devenus anti-gaullistes et ça leur a donné une aura de gauche puisque De Gaulle avait au moins l'honnêteté par rapport à Mitterrand de ne jamais se dire à gauche, il ne s'est jamais prétendu à gauche, en gros, c'est un homme de droite, plus qu'en gros, c'est pas caché, sauf que lui, il faut être honnête, dans son discours, il a toujours renvoyé la gauche et la droite en étant au-dessus, mais en tout cas, il n'a jamais dit qu'il incarnait la gauche, il n'a pas dit comme Mitterrand en clignant des yeux dix fois, sauf que le cligné des yeux il mentait, sauf une fois, quand il a dit on peut prendre 3 millions de voix au Parti communiste français, là il était sérieux, à ça par contre, pour la droite, il a bien travaillé, s'il n'y en a toujours pas compris où est la droite, où est la gauche, même aujourd'hui, j'espère qu'il y a quelques lumières qui commencent à éclairer des pièces qu'on avait laissées longtemps dans l'ombre.
40:14 Donc voilà, il y a deux extrêmes droites, une atlantiste nationale, non pas nationaliste, pas identitaire, n'est-ce pas, qui joue avec toutes les identités, qui va jouer à fond les Ouïghours contre les Chinois, les Tchétchènes contre les Russes, n'est-ce pas, ce n'est pas eux qui meurent, je vous rappelle qu'il n'y a pas une brique d'une maison, d'un immeuble, d'une rue, d'une ville qui a reçu les éraflures d'une seule balle pendant la Deuxième Guerre mondiale aux États-Unis. Et entre nous, tant mieux.
40:44 Moi, je ne suis pas pour que les gens meurent, je ne suis pas pour que les peuples dégustent, je suis content pour eux. Mais c'est un rappel que toutes les guerres qui se suscitent, ils débrouillent pour que ce soit loin de chez eux, puisqu'il y a des gens assez cons pour dire qu'est-ce qu'on a envoyé nos enfants en Ukraine, c'est peut-être le moment et c'est ça qu'on est en train de faire avec l'élection qui se profile. Mais pas du tout, pas du tout, regarde celui qui est le plus avancé, qui a eu le plus beau score, l'extrême droite française, le Rassemblement national, Bardeluche, Bardella, n'est-ce pas ?
Bardella au salon Eurosatory : l'extrême droite rallie l'OTAN
41:19 Qu'est-ce qu'il a fait ? Enfin, c'est un suppôt de Poutine, il regarde du côté des Russes des pouvoirs musclés qui font la répression des homos, des féministes, des éco... Ah bon ? Vidéo, s'il vous plaît. Entouré d'une nuée de journalistes, Jordan Bardella s'est rendu au salon de l'armement Eurosatory près de Paris. À quelques jours des législatives, il veut rassurer sur la position du RN en matière de politique étrangère.
41:50 Alors qu'en 2022, Marine Le Pen promettait une sortie de la France du commandement intégré de l'OTAN, Jordan Bardella s'est de nouveau prononcé contre cette position. La France ne doit pas quitter le commandement intégré de l'OTAN alors que nous sommes en guerre parce que cela affaiblirait considérablement la responsabilité de la France sur la scène européenne et évidemment sa crédibilité à l'égard de ses alliés. Le président du RN n'a pas non plus échappé aux questions sur la guerre en Ukraine. Jordan Bardella s'est dit en faveur d'un soutien militaire à Kiev face à la Russie mais fermement opposé à l'envoi de troupes françaises au sol.
42:30 Je respire. Mais oui, mais oui, vous vous êtes atterré par le résultat des élections. Vous n'avez pas vu qu'il y a au moins un aspect positif. C'est ça ce qu'on vient d'entendre. quand même, c'est donc épouvantable. Bardella qui est pour le camp de la guerre. Je pensais que vous lui reprochiez le contraire, qu'il était payé par Poutine pour être pacifiste et que la Russie l'emporte et que c'est l'inskissi qui n'a pas. Non, attendez, attendez. Pourquoi je respire ?
43:01 Parce que je l'annonce à moins que la guerre se déclenche. Là, je renvoie la photo de départ de cette vidéo. J'ai 80 ans l'année prochaine. Je n'ai jamais vu un tel danger de guerre. Je le répète souvent ces temps-ci, mais qu'est-ce que vous voulez ? Si ça se calmait, ça se saurait. Malheureusement, tous les jours, on fait un pas de plus vers la guerre. Et du côté des Occidentaux, de ce qu'on appelle les Occidentaux. Je vous rappelle que Poutine avait obtenu en 2022 un traité que Zelensky était tout prêt à signer et dans lequel il gardait les régions qui sont maintenant annexées par la Russie.
43:35 C'était dix fois plus avantageux que la situation d'aujourd'hui s'ils avaient marché. C'est à ce moment-là que sur ordre atlantiste, américain, l'abruti, comment il s'appelle, Latinias, Johnson, Boris Johnson, je ne sais pas, un homme politique le plus lamentable de l'histoire britannique d'après-guerre, c'est les Anglais, qui va entraîner la prochaine défaite aux élections de son parti d'ailleurs, est venu dire à Zelensky, ça ne va pas, non ? Attends, si tu veux continuer à avoir du pognon pour garder tes appartements sur la Riviera italienne et tout, tu n'as pas intérêt à signer un traité de paix avec les Russes.
44:14 C'est grave ce qui se passe, c'est grave. Non, la bonne nouvelle, c'est que ce qui faisait la fortune de l'extrême droite, puisque vous êtes contre la montée de l'extrême droite, moi aussi, on a un point d'accord, c'est important. Et qu'est-ce qui a fait sa montée ? Non, non, pas récemment, depuis Clouscard en 76, évidemment, sur les enjeux d'un nouveau fascisme, qui serait la collusion, je répète, des libéraux libertaires, ceux qui sont alors justement, LGBT, machin, très...
44:46 Bon, allez, je parle comme Clouscard, répressif au niveau social, permissif au niveau sociétal, il n'y a que Clouscard qui a vu ça. Là, ça met tout le monde d'accord sur la droite et la gauche, n'est-ce pas ? D'un point de vue sociétal, ils paraissent de gauche, pourvu qu'au niveau social, les retraites, vous connaissez, les salaires, l'inflation, les produits alimentaires, je n'en reviens pas, de la hausse, mais non, je ne veux pas tourner dossier, vous le savez, au moins, aussi bien, que les prix augmentent.
45:21 les deux fascismes. Et là, on en était, vous voyez, à Bardella. Il tombe le masque, il dit, mais non, mais je ne suis pas, ça fait, ce qui a fait ma fortune, c'est ce que disait Marine. Marine, elle disait, si je suis élu, on va sortir de l'OTAN, de l'Europe, j'en rajoute un peu, elle n'était pas aussi claire, j'aurais bien aimé. et puis surtout, ce qu'elle disait là, devant les micros, elle le défaisait à l'Assemblée, où elle vote comme le BDF, comme, bon, contre les impôts pour les riches, n'est-ce pas, contre les indemnisations des chômeurs, contre les retraites, bon, le double langage.
46:01 Mais, non, ce qui est nouveau là, c'est que cette extrême droite qu'on accusait d'être du côté des, nous on est les, les démocraties en face à la dictature, du côté des dictatures, sympathisant avec, eh bien, vous venez l'entendre comme moi, pas question de quitter l'OTAN, on est en guerre, mais il parle comme Macron. Macron qui a traité, qui vous a traité, enfin, je présume que parmi vous, il y a des gens plus attachés à la paix qu'à la guerre, d'une manière générale, c'est pas un absolu.
46:33 Je ne suis pas contre la guerre quand c'est un Vietnamien qui résiste, n'est-ce pas, à trois millions de morts que lui font les Américains chez lui. Non, tous les instants, à l'égal par ailleurs, il vaut mille fois mieux la paix que la guerre, c'est incomparable, quoi de pire que la guerre. Donc, je présume que je parle à des gens qui ont une sensibilité à ce niveau-là, et j'espère, pas seulement une sensibilité, mais un raisonnement, une réflexion. connaissance historique.
47:03 Et je leur dis, vos impôts, y compris avec l'accord du nouveau, comment ça s'appelle ? Le nouveau Front populaire. Ben dis donc, il y en a qui se retournent dans leur tombe, de ceux qui ont fait l'ancien Front populaire. Oui, je pense aux femmes qui apportaient à manger aux piquets de grève pendant les grèves de 36. Ce n'est pas le même topo. Aux prises de risques, aux affrontements avec les CRS. Bon, enfin, en tout cas, je ne suis pas en train de prescrire un vote dans un sens ou dans l'autre.
47:39 Je vous dis ce qui m'inquiète dans chaque camp, plus ou moins. Mais, vous êtes, je reviens, moi, les pacifistes, et même si vous ne vous êtes pas aperçus, je vous fais ce crédit, admettons, il faut vraiment avoir des oeillères, pour que dans votre camp, il n'y a que des gens qui veulent la guerre contre la Russie. mais vous le lisez tous les jours. Je ne peux plus ouvrir un écran sans que j'entende. Non, il ne faut pas se laisser intimider, c'est du bluff quand tu parles d'armes nucléaires, tout ça, c'est la rigolade.
Des missiles de Mitterrand aux deux camps
48:16 Il y aurait des fusées russes, écoutez, à la frontière du Canada et des États-Unis, là maintenant. C'est ce qui se passe autour de la Russie avec les fusées de l'OTAN. Et depuis bien avant l'intervention soviétique, en Ukraine. S'il y avait des fusées russes à la frontière du Canada, au nord des États-Unis, et s'il y en avait au moins autant au sud à la frontière mexicaine, et je ne parle pas de celles qu'on peut stocker à Cuba, tout ce que vous voulez, d'abord, je l'entends que les Américains auraient fait la guerre.
48:48 Et de leur point de vue, ils n'auraient pas tort. D'accord ? Or, dès les années 80, dès le début des années 80, quand il a été question d'installer des missiles en Europe nucléaire, à tête nucléaire, à portée intermédiaire, c'est-à-dire des missiles qui ne partent pas des États-Unis, ce ne sont pas des ICBM, Intercontinental Ballistic Missiles, mais des IRBM, Interregional, bref, des missiles qu'il faut baser en Europe pour atteindre plus facilement et plus rapidement la Russie, d'abord en Angleterre, puis après, surtout en Allemagne, c'est là qu'en avait le plus.
49:28 Qu'est-ce qu'il a dit, Mitterrand ? Contre le mouvement d'opinion des pacifistes français qui voulaient s'opposer à cette mise en place de nouvelles têtes nucléaires sur un continent qui en avait déjà quoi faire sauter dix fois la planète. Qu'est-ce qu'il a dit ? La phrase est célèbre. Les pacifistes sont à l'Ouest, mais les missiles sont à l'Est. Et vous croyez que ça date d'aujourd'hui, ça, de bouffer du Russe ? Du Popov, je préfère dire, parce que c'est tantôt, c'est les soviétiques, tantôt du Russe, ça ne se superpose pas tout à fait.
50:02 Staline n'a jamais été russe, Mikoyan, le grand ministre des Affaires étrangères, était arménien, le fabricant des Mikoyan était un Arménien, je ne parle même pas des Ukrainiens qui sont une région de la Russie, souvent historiquement et géographiquement, la plupart des grands écrivains, des grands musiciens, je vais devenir mélancolique. Je tenais à rappeler ça, les pacifistes sont à l'Ouest, mais les missiles sont à l'Est.
50:34 en 80, 50 ans, sont passés déjà. Et on joue la surprise que l'extrême droite arrive en tête. Je ne suis pas en train de lutter pour ou contre l'extrême droite, même pas contre, mais contre ce qu'il y a de commun à tout ça. Il n'y a que deux partis pour moi, vous voyez, malheureusement, il n'y en a aucun qui a organisé en parti, mais il n'y a que deux mouvements, rassemblements, que je considère, et dans lesquels vous pouvez mettre les partis que vous connaissez, que vous voulez aller répartir dans l'un des deux.
51:07 Il y a le camp de ceux qui arrangent la guerre. Il y a le camp de ceux qui arrangent la paix. Quand un pays est en train de sortir d'une misère qui remonte à plusieurs siècles, qui remonte au moment où les Occidentaux sont arrivés, je pense à la Chine, parce que pendant longtemps elle était la première puissance économique du monde, même sous les empereurs. C'est comme un pays qui a connu les famines, les... Lorsque ce pays...
51:37 Je vois des documentaires où je vois des machines, je ne pensais même pas que ça puisse exister, des machines comme ça, qui vous posent un rail dans des abîmes vertigineux à 400 mètres sur le vide, comme ça, un rail toutes les 10 minutes, ça allonge pour arriver à la montagne opposée, à un pont de 2 km, dans les endroits perdus, pendant que je vois se multiplier, encore une fois, dans les villes qui étaient synonymes de niveau de vie, d'éclate en Californie, et même Vancouver au Canada, j'ai rêvé toute ma vie de voir un jour une des plus belles baies du monde, celle de Vancouver, je vois un documentaire où c'est des SDF, mais sur 10 km, pas dans quelques endroits dans Paris, là, sur le périph, non !
52:16 Il y a un camp qui a intérêt à la paix quand on a des chantiers de tous les côtés, quand on est en train de faire ce que font les Chinois dans le désert, je n'ai jamais été pro-Chinois en 68, parce que ça, c'était les Américains et le maoïsme de l'époque qui était cul et chemise contre le Vietnam et l'URSS, le Vietnam pro-soviétique et l'URSS, oui, il faut vous en apprendre des choses, mais consultez l'histoire, ne me croyez jamais sur parole, moi je ne suis pas un gourou, je ne veux pas qu'on me croit sur parole, je n'ai pas peur qu'il y ait d'autres qui vous enseignent que moi, au contraire, allez corroborer avec les statistiques que vous voulez, vous êtes meilleur navigateur que moi sur le net, je suis sûr, ne me croyez pas, regardez bien s'il n'y avait pas une entente merveilleuse entre Deng Xiaoping et Nixon, au point que le conseiller de Nixon, Kissinger, a eu le prix Nobel de la paix après avoir écrasé le Vietnam sous les bombes, mais oui, c'est comme ça, voilà, je voulais, alors, une fois n'est pas coutume, je vais continuer avec un document,
Ni prescription de vote ni abstention : le danger d'apocalypse
53:28 on peut envoyer le document de nos amis du Gros Rouge qui tâche, de Étienne et Victor, ou bien, on ne l'a pas chargé, je l'ai pas chargé, ah, d'accord, bon, alors, écoutez, je me permets de vous renvoyer, on laissera le lien, Pierre-Alain, il faut me faire penser, absolument, à une excellente mise au point faite par deux camarades, je ne suis d'aucun parti, mais enfin, c'est des camarades, parce que je pourrais contresigner les 9,8 dixièmes de ce qu'ils disent, je garde toujours deux petits dixièmes parce que, quand même, j'ai toujours dit que je n'étais ni hegelien, ni marxiste, ni léniniste, ni clouscardien, et encore moins paganiens, je ne sais pas, parce qu'il m'arrive presque tous les soirs de réfléchir si je n'ai pas dit trop de conneries depuis le matin, mais un texte excellent sur la situation, sur la situation dans laquelle nous mettons les résultats des dernières élections pour y revenir, un texte fait par, rédigé par Victor Sarkis et Etienne Burle, dont certains sont,
54:39 que certains connaissent bien parmi mes auditeurs, et je rappelle que ce texte apparu dans l'excellent blog de Benjamin Lelouarn, qui s'appelle « Le gros rouge qui tâche », donc je vous donne toutes les références pour que vous le retrouviez facilement, n'est-ce pas ? et il est moins compressé en nombre de lignes, n'est-ce pas, que celui que je vais vous lire et que votre serviteur a commis, et donc, ce serait été, aussi pour le timing de lui rendre un tient, c'est dommage, je voudrais lire chaque ligne.
55:19 la partie sur le Front de gauche, on remarque, tu vas peut-être pas saucissonner, mais, le Front de gauche, pardon, le Nouveau Front populaire, et voilà quoi. Je voudrais peut-être pas, il est quelle heure ? Pardon ? Ah oui, oui, excuse-moi, parce que, ah ben c'est bon, c'est bon, il est même pas encore tout à fait naturel, d'accord ?
55:52 Voilà, je voulais dire, j'ai fini par le fond de ma pensée, je défends pas tel ou tel parti, je suis pas là pour prescrire un vote, je ne suis pas là non plus pour me dérober au scrutin, soyons clairs, je suis pas en train de dire, écoutez, franchement, abstenez-vous, on vous a déjà arnaqué en 2005, vous avez voté contre l'Europe, on n'en a pas tenu compte, on va pas recommencer à chaque fois, c'est fini, non, je dis pas ça, ce serait pas civique, et puis quoi de pire pour des jeunes que leur dire ça, quand même, moi je peux me retirer sous ma tente à mon âge, mais eux, ils ont quand même des raisons de s'organiser, de militer où ils veulent d'ailleurs, c'est pas la question, mais, je vous dis, le fond de ma pensée, il y a deux camps, c'est pas des partis, il y a deux camps, et le camp de ceux qui ont intérêt à la paix, là, aujourd'hui, et le camp de ceux qui nous précipitent vers l'apocalypse, surtout que la principale puissance, la première puissance mondiale, à sa tête, quelqu'un qui sait pas s'il faut aller à gauche ou à droite, quand il a fini de dire trois bafouillages devant un micro,
57:05 mais c'est encore plus dangereux, les militaires du Pentagone peuvent obtenir de lui la décision, qu'ils veulent le jour où ils veulent, la signature, mais c'est grave ce qu'on est en train de vivre, je raconte pas des blagues, j'essaie pas de vous foutre la trouille, bon ça, la situation est suffisamment dangereuse, j'aurais dit tout ça, il y a, je sais pas moi, un an et demi, on m'aurait traité de complotiste, tu vois la guerre partout, mais non, je m'aperçois, et c'est pas rassurant, que presque tous les éditorialistes disent qu'il y a un danger de guerre, c'est énorme ce qui se passe, et je parle plus des guerres que vous connaissez, comment ils disaient, des guerres asymétriques, d'accord, on est glorieux parce qu'on a vaincu l'Irak, parce qu'on a vaincu Kadhafi, enfin la Libye, parce qu'on a vaincu, je sais pas, et là maintenant on est en train de tirer, de tirer, et de bombarder, mais, au Yémen là, les Houthis, mais attendez, il n'y a pas si longtemps, l'ONU disait que c'était, la cause humanitaire, c'était avant Gaza, la plus dramatique qu'il y a actuellement au monde, et maintenant on les bombarde, on voulait, enfin, nos régimes,
58:15 dits occidentaux, vous savez que sans les armes américaines, Israël, il peut ni bombarder, ni tirer quoi que ce soit, au bout de trois jours, je le dis parce qu'il y a des antisémites, qui croient que c'est Israël, qui manipule les Etats-Unis, le monde entier, non, non, si les Etats-Unis s'arrêtent, c'est fini d'Israël, il n'y a plus d'Israël, c'est grave ce qu'on est en train de voir, donc, le parti de la guerre, il existe, c'est le parti de ceux, vous savez, quand il y a un match, et qu'il y a une équipe qui voit qu'elle va perdre la partie, elle essaie de casser le match, voilà, il y a des échauffourés, l'arbitre arrête, bon, c'est grave ce qui se passe, je veux dire, et il y a des convulsés là-bas, il y a des convulsés chez les puritains, je n'ai rien contre le protestantisme, je constate que la plupart des pays qui dominent le monde, sont de religions évangéliques, réformées, on voudra, c'est-à-dire avec une dominante puritaine dans les mœurs,
59:28 vous croyez que c'est la guerre en Ukraine qui domine la campagne électorale américaine ? Vous croyez que c'est Gaza ? Les enfants qu'on opère sans anesthésie, en hurlant, etc., on s'en fout, non, c'est l'avortement, qui divise l'électorat américain, je rie, excusez-moi, c'est nerveux, c'est ça le monde puritain. Donc, voilà, je veux dire, je résume l'essentiel.
1:00:02 Quand j'avais 20 ans, l'extrême droite française, le Front National, 20 ans n'était pas encore tout à l'heure, un petit peu après, de Jean-Marie Le Pen, fondée par des Waffen-SS au départ, ça, c'est pas une propagande, lui, au moins, il ne portait pas le masque à l'époque, il n'essayait pas de dire plus social que moi, tu meurs. il faisait 2%. quand on a vu les quelques secondes de la déclaration de Bardella au salon de l'aéronautique, et où la spikerine rappelle que, c'est étrange qu'il dit ça, parce que Marine Le Pen disait, il n'y a pas si longtemps, que l'OTAN, enfin, elle prenait des distances avec l'OTAN, que l'autre, Balé, il a envers demain, que Bardella, il a envers demain.
1:00:53 alors, vous me dites, alors, quoi c'est ? Je fais comme les journalistes de ces chaînes pourries, là, je fais croire que c'est une question de personne. Allons donc, c'est magnifiquement complémentaire, Marine a fait le boulot. Pendant 30 ans, elle a fait monter ce parti-là, de 2 à 30%, précisément, en s'adressant à ceux qui votaient avant à gauche, dans les classes populaires. Eh bien, oui ! Elle n'avait pas de mal, puisqu'il n'y avait plus de partis communistes.
1:01:28 Et on vous dira que c'est pareil, tout ça. Non, ce qui est pareil, c'est le Front National, je n'arrive pas à le dire, le Rassemblement National, tous ceux qui sont pour armer les Ukrainiens et affaiblir la Russie, pendant toutes les années qui viennent, car ça ne va pas se terminer, dans les semaines qui viennent. Si c'est ça le programme, et si ceux qui ont cette stratégie, continuent à être au pouvoir. Voilà, j'ai dit, le fond de ma pensée, il y a le camp qui a besoin de la paix pour continuer à se développer et pour enrichir l'humanité.
1:02:05 Je fais allusion à tout ce qui se passe à ce point-là, au niveau aéronautique et spatial en Chine. Voilà. Je n'ai jamais été prochinois, je vous rappelle, ça fait plusieurs fois que je fais référence à la Chine, ce n'est pas la même Chine, que celle qui donnait une Kalashnikov à des gamins de 15 ans pour braquer ceux qui avaient accompagné Mao pendant la longue marche, pour aider Mao à retrouver un pouvoir qu'il avait perdu dans le parti. Oui, monsieur Badiou, le jour où les pro-Chinois de l'époque, qui bouffaient du PC, qui bouffaient de la CGT, feront leur autocritique de cette époque, je parlerai différemment.
1:02:40 Je suis terrifié de voir qu'ils ne l'ont toujours pas faite. Le plus grand carnage de l'après-guerre avec le Rwanda, c'est quand même ceux qu'on désigne encore les Khmers rouges, rien que pour, n'est-ce pas, leur donner une vague de coloration communiste, alors que ces gens-là ont d'abord commencé par génocider les Vietnamiens communistes pro-soviétiques. Au point qu'un article du Monde, on n'avait pas encore découvert l'ampleur du massacre des Khmers rouges, au point qu'un article du Monde disait, en parlant du Mekong, qu'il voyait flotter des milliers de cadavres vietnamiens.
1:03:21 Ah là, il faudrait bien qu'on fasse l'histoire de tout ça un jour. Non, en fait, il y a des revues, il y a des spécialistes, il y a des historiens, mais les cadres sociaux de la mémoire, ce n'est pas diffusé, ce n'est pas médiatisé. Parce que là, on passerait du scientifique au politique. Voilà, je m'arrête là, parce que je suis sûr qu'il y a quelques… Tu peux voir les commentaires qu'il y a sur le côté ? Oui, oui, oui, bon sang. Lunettes. Alors, Inès Oudé, les pentecôtistes sont en train de pourrir le Brésil.
Libye, Cameroun, Charlemagne et Maïdan
1:03:56 Eh oui, elle connaît bien, n'est-ce pas, notre camarade Inès, qui vit en Belgique, connaît bien, n'est-ce pas, les évolutions de son pays, le Brésil. Elle m'avait corrigé une fois, je m'en rappelle, et j'en avais tenu compte, parce que j'avais été un peu sévère avec Lula, quelqu'un qui connaît bien le Brésil, m'avait dit, ne fais pas d'illusions, Lula, c'est le Mitterrand brésilien. Bon, mais c'était à l'époque où il était au pouvoir, etc., il n'était pas en tôle, moi, je ne vais jamais tirer sur un mec qui est en tôle, encore moins, avec un blessé ou un cercueil, n'est-ce pas ?
1:04:29 Mais voilà quoi, je veux dire. Alors, Abderrahim Driss, la Libye n'a jamais été vaincue, la France n'a fait qu'y semer des crimes et un chaos encore inextricable, c'est vraiment catastrophique, impardonnable. Attention Abderrahim, comme les Américains sont contents quand ils entendent ça, que c'est la France qui a fait le coup en Libye, non. La France, c'est comme Macron, on l'envoie là, on envoie des soldats français en Ukraine, les Américains sont ravis, que ce ne soit pas le vilain américain qui se charge de la sale besogne.
1:05:02 Mais qui planifie tout ça ? Vous croyez que les avions français pouvaient voler plus d'une heure et demie sans être ravitaillés par des avions américains et qu'ils pouvaient cibler Kadhafi dans la voiture où il était quand il a été lynché de manière abominable s'il n'y avait pas eu des satellites américains pour leur repérer la voiture ? Et vous croyez qu'au Mali, c'est les Français ? Ils y étaient, attention, mais ils y étaient politiquement, mais il y a encore, plus pour longtemps, au Niger, ce n'est pas, pays que, comme vous savez, je connais un petit peu mieux que les autres, encore, je connais pas mal le Mali aussi, mais enfin, qui est une base de drones américaine qui surveille tout le Sahara dans un pays francophone.
1:05:49 Non, non, vous avez raison, le drame, de condamner ce que les Français ont fait là-bas, c'est abject, n'est-ce pas, de Sarkozy à BHL, c'est surtout pour mettre au pouvoir des gens qui maintenant sont des esclavagistes, des islamistes, il faut le rappeler, ce ne sont pas des musulmans, des islamistes, dont les principales victimes sont les musulmans, et en particulier les musulmans à peau noire.
1:06:19 Voilà. Donc, je vous suis parfaitement quand vous condamnez la France, mais se limiter à la France, c'est déjà faire le jeu de l'OTAN. Ah, je suis sévère, non, je suis précis, parce que maintenant, il ne faut plus faire de concessions, sinon, l'extrême droite, elle va faire 70%, à ce rythme-là. Voilà. Merci d'être intervenu, ça me permet de mettre quelque chose au point. Alors, et la guerre du Cameroun, oubliée, qui fut aussi meurtrière que celle d'Indochine et d'Algérie ?
1:06:53 Bien. Alors, voilà, si on commençait à faire, c'est pour ça que j'ai dit tout à l'heure, je ne vais pas faire la liste, parce que c'est bien de braquer sur le Cameroun, qui est le pays où la répression. Alors là, par l'armée française, elle a été la plus meurtrière, contre l'UPC, l'Union du Peuple Camerounais. qui avait eu le malheur d'avoir des options marxisantes, et dont j'ai bien connu certains dirigeants. Remarquable.
1:07:25 Merci pour ce rappel. Frédéric Cordier, un inconnu, non, je plaisante Frédéric, ça fait plusieurs fois que je vous renvoie aux excellentes vidéos de Frédéric, qui sont toujours captivantes, surprenantes, et enrichissantes. Dans le temps qui court, ça fait du bien, que ce soit en littérature, en histoire, alors j'allais dire aussi en politique, mais c'est toujours, si j'aime abstrait, c'est toujours à travers de beaux textes.
1:07:58 Donc, bon, allez, je vais arrêter de... Qu'est-ce qu'il dit ? Alors, par exemple, tu remontes un tout petit peu de deux lignes. Toi, tu remontes de la livre. Oui, pardon, excuse-moi. Donc, je n'arrive plus à lire. Sur l'anecdote, je te la mets à l'écran. Je suis désolé. Voilà, anecdote folklorique, peut-être, de cet ancien, de la Charlemagne, on va revenir là-dessus, qui en mai 68, distribuait des tracts maoïstes par haine incurable de l'URSS.
1:08:28 Bien, des tracts, pardonnez-moi, ajoute Frédéric. Je rappelle que les gens charlemagne, c'est des volontaires qui allaient seconder les SS, massacrer la race inférieure, les Slaves, les Russes, les Polonais, les Tchèques et les Ukrainiens. À l'époque, on ne faisait pas la différence, on ne l'utilisait pas encore. Si, si, si, les Ukrainiens, on les utilisait. Enfin, les Ukrainiens, le parti hyper nazi, au point que même les SS allemands étaient sidérés, atterrés par le niveau de leur violence criminelle.
1:09:07 Vous savez que pour englouffer des SS, il faut se lever tôt. C'est les fameux banderistes du nom de leur dirigeant, Bandera, n'est-ce pas ? Ils me disent, mais non, mais ça, c'est les têtes brûlées, il en reste quelques-uns en Ukraine, il ne faut pas noircir le tableau. On entend même ça au Parti communiste. Comment, comment, comment ? Mais depuis 2014, depuis Maïdan, depuis ce coup d'État, il ne faut pas l'oublier que juridiquement, c'est un coup d'État. C'est la dernière fois qu'on a vu un président légitimement élu disparaître par l'aide étrangère, puisqu'il y avait Victoria Nuland, la deuxième du département d'État américain qui distribuait des pains au chocolat aux émeutiers de Maïdan et surtout, surtout, le témoignage, pardon pour cette longue opposition, mais je tiens mon fil, le témoignage d'un collaborateur de Catherine Ashton.
1:10:00 Vous avez oublié Catherine Ashton, je suis sûr que les gens s'en souviennent, c'est celle qui était notre ministre, notre, je parle en européen, des affaires étrangères. Ça n'existe pas, ce n'est pas un gouvernement, donc il n'y a pas le ministre des Affaires étrangères en Europe, mais c'est la commissaire, c'était Catherine Ashton, celle qui est remplacée maintenant par la va-t-en-guerre écolo. Vous savez, Baerbock. Donc, oui, ce extraordinaire flash où on entend en direct le conseiller de Catherine Ashton lui dit, mais Madame Ashton, oui, je comprends ce que vous dites, mais c'est vrai qu'on est en train de tirer et qu'il y a des morts par balle, mais ça ne vient pas de la police ukrainienne, enfin de la police à l'époque de l'ancien président.
1:10:46 Ça vient des émeutiers qui sont sur les toits de snipers. Je ne peux pas écouter, je ne peux pas passer la soirée à aller contre la propagande d'un pays dont l'histoire est récente et qui domine le monde. Et donc, il y a quelques comptes à régler avec l'histoire. Ça ne l'arrange pas tellement l'épaisseur historique des États-Unis. En tout cas, leur exécutif. Un pays fondé par des génocidaires esclavagistes n'a pas intérêt à faire son histoire.
1:11:20 Ou alors, elle a transformé en légende, quitte à ce que ça donne des chefs-d'œuvre à Hollywood. Je suis le premier à trouver que John Ford est un des plus grands réalisateurs de l'histoire du cinéma. Je ne suis pas cinéphile, je veux dire, techniquement, mais je veux dire, je m'aperçois que mes amis cinéphiles qui le sont, qui savent qu'il était chef d'éclairagiste dans un film de 1923 et que personne ne connaît, me disent « Ah oui, oui, oui, John Ford, oui, c'est pas que là, d'ailleurs, le cinéma américain n'a jamais été aussi bon que dans les 50's. »
1:11:51 Bon, voilà. Quelque part, ça me rassure sur mes goûts. Mais je ne suis pas un archiconnaisseur. Mais par contre, je ne bouffe pas de l'américain, encore une fois. Je rappelle des choses que les pères fondateurs de la démocratie, Jefferson, Washington, ils étaient tous propriétaires d'esclaves. Vous vous rendez compte ? Il est temps non pas de réécrire l'histoire, surtout pas, d'être révisionniste et encore moins négationniste, au contraire, mais de produire une histoire dont nous ne disposons pas, en tout cas pas dans nos manuels scolaires.
La colère ne suffit pas : de la révolte à la révolution
1:12:29 histoire qu'on devrait apprendre à l'école primaire. Il serait content, les enfants, on parlera des cow-boys et des indiens. Différemment. Voilà. Alors, Geoffrey Joe, encore un nouveau. Bonjour Geoffrey. Non, c'est fidèle. Alors, pensez-vous qu'on peut utiliser la colère des gens comme l'énergie de base d'un mouvement politique ? Propos entendu d'un camarade syndicaliste. Ce serait trop général, Geoffrey. J'ai dit oui ou non. Attention, je respecte la colère, elle a assez de raisons d'éclater. je pense aux Gilets jaunes par exemple.
1:13:01 Mais, cette colère, pendant les années 30, la plus grave crise économique et sociale, là où en Europe, la crise a été la plus dure pour les travailleurs, c'est en Allemagne, en Europe occidentale. et cette colère-là, elle a fait voter en masse pour le NSDAP. Pas autant qu'on croit. Il a fallu qu'il soit au pouvoir que le chancelier, vous savez, les centristes, le Hindenburg, le brave homme, l'ancien de la guerre de 14, a confié à Hitler, il a dit écoutez, prenez le pouvoir parce qu'apparemment, le peuple allemand est de votre côté, enfin, la partie dynamique.
1:13:45 Mais, je veux dire, au niveau électoral, il avait connu des déconvenues, le NSDAP. Mais, surtout, ce qui comptait, c'est d'abattre la seule force qui s'y opposait dans les rues. il y avait des bagarres tous les jours entre Spartakistes, le parti communiste allemand le plus puissant d'Europe occidentale, entre les Spartakistes et les nazis, avant la guerre. Il y a un beau film hollywoodien, un peu sentimental, mais qui est très beau, sur ce sujet qui s'appelle « Three comrades », « Trois camarades », « Deux hommes et une femmes ».
1:14:21 Je me permets de vous le recommander. Vous le trouverez sur YouTube. « Three comrades ». Il ne faut pas oublier ça. Bon, à ce moment-là, tant qu'il y avait ce parti Spartakiste puissant, les jeux n'étaient pas faits. Dans les usines, on pouvait encore, je réponds toujours à Geoffrey, investir le mécontentement du côté du progrès de la justice sociale.
1:14:51 C'est alors qu'est intervenu le nazi qui a assassiné dans les rues allemande, les dirigeants communistes Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht. Non, je me trompe. Ce n'est pas un nazi, c'est un socialiste. Eh oui, celui qui a dit « Je serai le chien sanglant ». J'assume la répression des communistes. Après, après les nazis, il y avait un boulevard. la colère était là, mais elle n'était plus dirigée contre les magnats de la Ruhr, les fabricants de canons et ceux qui se portent mieux que jamais.
1:15:31 Hugo Boss, que vous connaissez mieux que moi, et Porsche, etc. Toutes ces... Et j'en passe, je ne parle pas de la famille Krupp, etc. Jamais ça a été si bien décrit que dans le musée Museum für Deutsche Geschichte, le musée pour l'histoire allemande qui se trouvait à Berlin-Est, je ne sais pas quels sont devenus les collections, mais il y avait un extraordinaire panneau où on voyait les profits des grands combinats, non, des Konzerne, pardon, des grands trusts qui préféraient allemands.
1:16:04 Cette courbe, à partir du moment où les nazis accèdent au pouvoir, à partir de 1933 essentiellement, à quel point ça monte en flèche ? Parce qu'il y en a qui croient encore et c'est ce qui a fait la fortune du Front National dans les 40 dernières années que c'est dirigé contre le monde de l'argent, des privilégiés, du capital, contre, comment on dit ? Les élites, mais qu'est-ce que ce mot ? On n'entend que ça maintenant. Mais non, les élites, pour moi, c'est Mozart. Enfin, quand même, c'est quoi les élites ? C'est Charlie Parker. C'est Clifford Brown.
1:16:34 C'est Marie Curie. C'est ça, les élites de l'humanité. Non, mais non, c'est les gens qui ont du pognon. C'est incroyable, ça, quand même. Les élites, c'est les meilleurs. Ce n'est pas les comptes en banque les mieux fournis, enfin, quand même. Pardon, mais c'est mon côté philosophe, moi, au niveau sémantique, quand on accepte d'une certaine manière de parler, il ne faut pas se plaindre après, quand le Rassemblement national arrive à 33 %. Voilà. Merci beaucoup. Donc, oui, c'est bien de...
1:17:07 La colère en soi, c'est bien que les gens... Il n'y aura pas de révolution sans révolte. Voilà où on est d'accord. Mais si on n'en reste qu'à la révolte, sans le détour par la réflexion théorique, Lénine, sans théorie révolutionnaire, pas de parti révolutionnaire, on en reste à la révolte et on loupe la révolution et même on fait le jeu de la contre-révolution. Ou au mieux, enfin au mieux, au pire, pour les principaux acteurs, la révolte est réprimée très vite dans le sens et les jacqueries paysannes de l'ancien régime.
1:17:41 Voilà. C'est la colère, mais c'est vite réprimé parce qu'il n'y avait pas une stratégie, un détour théorique pour asseoir la révolte sur une stratégie, une programmatique, pardon, gouvernementale. Voilà, c'est ça l'actualité. Comment expliquez-vous ? Quand Estavisky me dit comment expliquez-vous ? Est-ce qu'il y a des questions avant que je peux te mettre sur l'écran ? Oui, bien sûr, bien sûr.
Mai 68 et le démantèlement d'EDF : comment la gauche devint atlantiste
1:18:11 Non, non, mais c'est un ami, c'est un ami. Que pensez-vous, c'est ça, de Estavisky ? Oui, oui, comment expliquez-vous ? Comment expliquez-vous ? Je lis la question. la facilité que les atlantistes s'emparent de tous les appareils dirigeants des partis et des syndicats auparavant hostiles. La question est excellente. C'est celle que je posais tout à l'heure. dites-moi, à quelle année, un 31 décembre, à minuit, tout d'un coup, la gauche est devenue atlantiste.
1:18:44 La gauche, la gauche, la gauche, la gauche radicale, celle qui met en question le capitalisme. Je ne parle pas du PS, je ne parle pas de les écolos, je parle de l'écologie politique. Je ne vais pas répéter tous les jours que je ne me couche pas sous les tuyaux d'échappement en respirant avec délices leurs émanations, ça va. N'oubliez pas que la personne, la plus en pointe pour faire la guerre à la Russie en Europe, c'est la ministre écologiste des affaires étrangères en Allemagne, ou de la défense, je pense que c'est l'affaire étrangère.
1:19:15 C'est souvent superposable, mais voilà, vérifié. Donc, bravo, parce que c'est une question. Alors, la réponse, elle est purement correcte. Je le dis à notre ami Estavisky, et je vous remercie de sa fidélité, qui pose toujours des questions qui permettent de poser des problèmes. les problèmes nécessaires. Petite parenthèse, Hegel, la nécessité d'un problème est de beaucoup la chose la plus importante en philosophie. Parce qu'il y a tellement de faux problèmes.
1:19:45 Là, ce n'est pas le cas. Mais je dis, je donne la réponse, c'est de restituer simplement la genèse, la chronologie. c'est pas un 31 décembre à minuit, c'est tous les jours, progressivement. Le grand tournant, c'est mai 68. Je réponds tout de suite. Je dis bien mai, je ne parle pas des grandes conquêtes qui, à partir de juin, permettent à la classe ouvrière de profiter, n'est-ce pas, de l'état de faiblesse dans lequel se trouve l'exécutif à ce moment-là, pour faire aboutir de revendications syndicales qui dataient depuis longtemps et qui allaient du niveau des salaires, l'indemnisation du chômage en passant surtout par la reconnaissance du statut des syndicats de l'entreprise.
1:20:29 Non, je ne parle pas de ça. Mais par contre, le grand tournant, c'est mai 68. Pourquoi ? Parce que c'est là que la revendication sociale a commencé à être occultée, d'abord progressivement, puis brutalement, par le sociétal. C'est comme quelqu'un vous dit oui, d'accord, c'est important, les salaires, mais on ne peut pas réduire tout à ça. quand on commence comme ça, on arrive à Bardella à 33%. Eh oui !
1:20:59 Regardez, l'extrême droite en Argentine, c'est un hyper-libéral qui est arrivé là. Il a des difficultés, il ne doit pas être à sa place. Mais enfin, c'est grave ! Comme celui qui était, et Inès a raison de le rappeler, comme celui qui aurait fini par des camps de concentration, il avait bien commencé, dans le genre, au Brésil. avant Lula. Voilà. Et puis, je reviens un peu sur le petit différend qu'on a eu et sur lequel Inès a eu la gentillesse et la pertinence à me corriger, mais quand même, est-ce que, je lui pose la question, est-ce que ce n'est pas un meilleur Lula, celui qui est sorti de prison, qui a vu maintenant à qui il avait affaire dans le monde, qui le soutenait à une époque, n'est-ce pas, parce qu'il vaut mieux quand même un social-démocrate que des communistes.
1:21:50 Bon, je pense aux services spéciaux de l'atlantisme qui sont présents dans toute l'Amérique latine. Voilà. C'est une question que je pose. Je crois que maintenant, il est armé, il est mieux armé. De même que Chavez, après son coup d'État raté, a compris qu'il ne fallait pas faire comme Allende. Allende était un grand humaniste, un camarade pour lequel j'ai le plus grand respect, mais qui avait cette faiblesse de dire « je ne veux pas faire tirer sur les gens qui sont révoltés contre moi, parce que voilà, je veux dire ».
1:22:28 Et c'est comme ça qu'il y a eu Pinochet au pouvoir. Et tu parles de fascisme, ce Pinochet était la coqueluche d'une certaine gauche, je pense à Soljenitsyne qui disait « si Pinochet n'existait pas, il faudrait l'inventer ». Renseignez-vous, je vous le dis n'importe quoi. Voilà. Donc, je reviens à la question d'Estavisky. C'est très bien, mais ce serait long de voir tous ces processus, les milliers de vaisseaux comme des vaisseaux sanguins, les canaux, comment ça a été irrigué, comment progressivement tout ce qui faisait aller l'état politique de la France au sortir du plus grand carnage de tous les temps, c'est-à-dire le gouvernement issu de la résistance communiste-gaulliste.
1:23:19 D'accord ? C'est pas la même chose, loin de là, voir Friot, qui connaît bien ce dossier. Mais comment a produit tout d'un coup quelque chose qu'il a fallu casser ? Comment on en est arrivé ? Je prends un cas d'espèce pour répondre toujours à Estavisky et pour montrer à quel point c'est la question impertinente. Comment on est passé d'une société de distribution d'électricité que le monde entier a enviée à la France pendant plus d'une génération ? Je pense à EDF, bien sûr, qui produisait de l'électricité la moins chère en Europe, mais de très largement.
1:23:56 Et vous voyez, si la source d'énergie n'est pas chère, vous voyez les conséquences pour les prix, la compétitivité, l'industrie. Comment se fait-il que ce soit arrivé à l'état lamentable où est EDF ? À partir du moment où ce sont des lois européennes qui ont obligé EDF à s'aligner, n'est-ce pas, sur les conditions des autres. Et ça a commencé par, écoutez, celui qui l'a dirigé, qui a été interrogé récemment, n'est-ce pas, par l'Assemblée nationale, Ployot, je ne me rappelle plus, bref, excusez-moi, en vieillissant, j'ai fait beaucoup de noms.
1:24:38 Je fais une petite remarque philosophique tout à l'heure, je m'aperçois que, de plus en plus, je noie les individus dans des catégories et du coup, j'oublie leurs noms. Enfin, les individus qui ne sont pas vraiment assez individualisés. Non, mais c'est bien, il a fait une bonne audition et il disait, bon, on a torpillé, comme on a eu des, en particulier du côté de l'Allemagne, ce n'est pas bouffé de l'Allemand que de dire que l'Allemagne n'a jamais digéré que ce pays qu'on avait vaincu pendant la guerre nous tienne la dragée haute pendant l'après-guerre, n'est-ce pas ? Et on peut dire que la construction européenne tout entière a été une manière de protéger, d'organiser, de protéger le redressement de l'Allemagne et maintenant, l'Allemagne met plus de 100 milliards dans l'armement et puis, il n'a plus besoin de se fasciner puisque Macron lui propose de partager l'arme atomique.
1:25:26 Et on revient au début à l'image qui précède à cette vidéo de ce soir. Pourquoi il exagérait ? Un peu mal interprété, le carton, comme on dit. Notre image là, quelqu'un qui m'a vu un ordre, on dit hop, explosion atomique. Je ne suis pas en train de dire si vous votez, on aura la guerre. Non, non. Mais ce vote-là qui va aller à Raphaël Glucksmann, à Bardella, à Macron, c'est le même. C'est parti de la guerre. Voilà mon clivage.
1:25:57 Donc, merci Savisky, j'ai pris l'exemple d'EDF, je crois qu'on se comprend. Proglio, merci beaucoup Savisky. je vais dire Ployo, pardon. Oui, Proglio, qui a bien résumé, regardez, sur les auditions, sur YouTube, elles y sont in extenso, qui explique comment ça a été désossé de l'intérieur, par l'exécutif, il le dit, par le gouvernement français et la Commission européenne, qui les deux ont cassé cet outil que le monde nous enviait.
1:26:27 Au point qu'à une époque, EDF était le principe, la société qui faisait les plus grands emprunts au monde sur le marché des capitaux pour les centrales électriques. Tantôt hydroélectriques, tantôt nucléaires, tantôt, et très peu, de moins en moins dans les plus polluantes, les carbos centrales thermiques, pétro-carbo-thermiques. Donc oui, il faut reconstituer la chronologie, mais je veux dire, disons les accélérations, il y a un continu, un continuum, comme toujours, et puis il y a des moments, tout d'un coup, où il y a une discontinuité des accélérations, c'est mai 68, qui va décliner à partir de là, combien de fois je dois le répéter ?
1:27:12 Et ça, ce n'est pas une autre opinion, ça, vous prenez votre double décimètre et vous mesurez, de façon à parler, double décimètre, vous regardez quels sont les partis qui grandissent et ceux qui déclinent à partir du moment où Cohn-Bendit fait parler de lui. Cohn-Bendit, c'est une métonymie, c'est un pantin, qui en fait jouer son rôle à un moment donné. Vous remarquerez que ça a commencé chez lui, non pas pour les retraites ou les salaires, ça, c'est des revendications, comment il disait à l'époque, ces gauchistes, la Cohn-Bendit, qui n'ont jamais été de gauche.
1:27:42 Je le dis parce qu'à droite, on appelle gauchistes tout ce qui est à droite de celui qui parle et comme ça en général est à l'extrême droite, gauchistes, c'est tout le monde sauf eux. Non, non, je parle des gauchistes scientifiquement, c'est-à-dire la réunion mathématique des anarchistes les plus anciens, des trotskystes un peu plus tard et des maoïstes dans les sixties. Donc, Cohn-Bendit qui est un de ceux-là, comment ça a commencé ? Il s'est révolté d'abord parce qu'on ne pouvait pas aller voir les filles dans les dortoirs, dans la cité universitaire.
1:28:14 Eh oui, c'est du social. Ah, je n'ai pas dit que ce n'est pas bien d'aller voir les filles. Moi, je l'aurais suivi pour aller voir les filles parce que c'est un jeu personnel. En tant que mec, je veux dire, voilà, en tant qu'étudiant, en tant que jeune. Mais enfin, ce n'est pas ça qui fait avancer, Jim Blake. c'est des signes, ça, quand ça commence comme ça. Et puis après, lorsqu'on parle des salaires, retraite, et non pas jeune contre vieux, noir contre blanc, les identités ontologiques, homo contre hétéro, je veux dire, qu'on légifère contre l'ignoble répression de l'homosexualité.
1:28:55 Il n'y a pas si longtemps, en Égypte, où les gens étaient condamnés à mort. Ce n'était pas si vieux. Je serais le premier en tête. Mais limiter le débat politique à ces débats d'identité, c'est pour ça que je les appelle tous ontologiques. C'est-à-dire où l'action n'y fait rien, c'est on l'est ou on ne l'est pas. Homme, c'est l'être. Voilà. Ma réponse est incomplète. Comment ne serait-elle pas, mon cher Estavisky ? Mais j'appelle une équipe, une équipe qui devrait travailler sur la restitution, la restitution de la chronologie qu'on nous doit entre les Trente Glorieuses et l'État de la France.
Le Nouveau Front populaire et la question de la guerre
1:29:37 Maintenant, ne serait-ce qu'au niveau strictement économique et social. Ça répondrait à la question. Voilà. Julien Bellemonde, le combat pour le débat authentique ne doit-il pas s'ériger contre le sectarisme qui nous guette et qui fait s'affronter deux blocs ou davantage qui n'arrivent plus à se parler ? Vous voulez dire le bloc des pro-russes et le bloc des anti-russes ? Non, je plaisante. Je plaisante amèrement. Vous parlez de clivage entre deux.
1:30:08 C'est formel, c'est le contenu qui compte. Ça fait des mois que j'attends un type qui défend le point de vue russe, je dis bien le point de vue russe, pas les théories politiques de M. Poutine qui dit que c'est à cause des communistes et de Lénine que l'Ukraine a été bradée, etc. Ça, c'est autre chose et qui penche un peu pour la grande Russie des tsars. Non, mais qui est mille fois plus impérialiste, mais pardon, vous voyez, je dis mille fois moins impérialiste que ne l'ont été les Français et les Anglais en époque coloniale et que ne le sont les Américains depuis la fin de la guerre.
1:30:42 Il était déjà pas mal avant, mais enfin là, maintenant, c'est planétaire. Voilà. Donc, non, le clivage, c'est bien de vouloir le réduire à deux, mais dans ce cas-là, il faut donner un contenu à cette dichotomie. Et ce contenu, pour moi, je vous le dis, c'est le camp de ceux qui ont besoin de la paix et de ceux qui ont besoin de la guerre. Je me répète, mais comme c'est l'essentiel de ce soir, le répétera-t-on jamais assez.
1:31:16 Voilà. Calopune, il me semble que nous ne devons connais pas, mais ravi de voir une nouvelle tête, si je puis dire, que nous devons identifier, analyser, il me semble que nous devons identifier, analyser le clivage au sein du NFP, je présume que c'est le nouveau Front populaire, qui est supposément sur l'antisémitisme et qui est vraiment sur justement cette question de la guerre ou de la paix. La question est bizarrement formulée, mais elle est intéressante. Formulée syntaxiquement, je ne fais pas propre de français, mais je veux dire sans doute parce que la personne, et je la comprends, sur ce terrain glissant a dû hésiter.
1:31:55 Il me semble que nous devons identifier qui est le clivage au sein du NFP qui est supposément sur l'antisémitisme, donc autrement dit, si je comprends bien qu'Alopune ne retient pas l'accusation d'antisémitisme, alors vous savez, j'ai suffisamment noirci le tableau du nouveau Front populaire depuis qu'il a quasi capitulé sur beaucoup de points, pas sur le plan social, heureusement, on va y revenir, mais sur la guerre et la paix qui est quand même le plus important qu'a capitulé devant celui qui n'a jamais été de gauche qui a toujours été l'extrême droite économique et politique et atlantiste, c'est-à-dire Raphaël Glucksmann.
1:32:40 Donc, supposément sur l'antisémitisme, oui, je suis assez chargé du nouveau Front populaire pour reconnaître que l'une, la principale de ses composantes, je pense à la France insoumise, enfin la principale à l'origine, parce que maintenant on voit les chevaux de retour, les dinosaures, je croyais qu'ils étaient morts, pas physiquement, je ne souhaite la mort de personne, mais les zombies, les Jospin, les Hollande qui reviennent, il y a une obscénité politique en ce moment en France, je ne sais pas, moi je raserais les murs, mais non, ils sont là, sous les sunlights, bon, bref, et puis on risque d'avoir Hollande comme premier ministre, si on laisse faire, si on croit vraiment que c'est des gens de gauche.
1:33:27 Comme une fois, j'ai cité quelqu'un que j'ai beaucoup chargé, dans une vidéo en particulier, je pense à Foucault, qui était en tête de la contre-révolution dans le domaine théorique, idéologique et philosophique, ce n'est pas nul, ce n'est pas on frais, c'est quelqu'un qui connaît, donc il est plus coupable. Comme une fois, j'ai dit que, quand même, Foucault a eu une phrase intelligente, d'un jour, c'est quand il a dit Mitterrand, c'est Vichy, il connaît son histoire récente. Et voilà que maintenant, je ne sais pas, alors là, mais ce n'est pas à ce moment-là qu'on accusait cette gauche-là antisémite, c'est maintenant, c'est curieux, c'est bizarre, je ne sais pas.
1:34:05 Nous devons identifier une accusation qui est supposément sur l'antisémitisme et qui est vraiment sur, justement, cette question de la guerre ou de la paix. Je crois comprendre que Calopoun veut dire qu'en fait, les vrais enjeux, à l'intérieur du nouveau Front populaire, c'est la guerre ou la paix. Je n'ai pas l'impression, malheureusement, mon cher Calopoun, j'aimerais bien que vous ayez raison. Mais c'est justement les problématiques, la guerre ou la paix, comme vous dites très bien, et c'est l'essentiel, c'est bien que vous le reteniez et que vous insistiez là-dessus.
1:34:35 Bravo, si je peux me permettre de faire des évaluations, je ne suis pas habilité à ça. Mais par contre, malheureusement, je dois vous dire que c'est justement le point sur lequel ils ont capitulé devant Glucksmann. Si, par miracle, ça n'arrivera pas, mais si par miracle, le Front populaire, le nouveau Front populaire arrive en tête, et s'il y a, je dis n'importe quoi, moi, Clémentine Autain, première ministre, je dis n'importe quoi. Je caricature un peu. et nos impôts vont servir à envoyer des centaines de milliards d'euros à Zelensky.
1:35:14 Ah si, c'était au peuple ukrainien, je serais content, il y en a bien besoin. Non, non, à la clique qui est au pouvoir, qui est entretenue par la plus grande armada de tous les temps, par l'OTAN. Voilà. Voilà comment je vous réponds. C'est justement sur la guerre ou la paix que le NFP est tout sauf clair. Enfin, il est clairement belliciste, comme sa collègue écolo d'Allemagne, comme le reste de la social-démocratie européenne, ou ce qu'il en reste. Voilà.
1:35:44 Il y en a une qui avait tracé la voie avant tout le monde à Bardella, qui avait tombé le masque de l'extrême droite, que l'extrême droite, c'est plus être, comme on nous l'a fait croire jusqu'aux dernières élections européennes, que c'était l'expression des gens qui aiment les dictatures face à nous qui sommes attachés aux valeurs démocratiques. Non, c'est la Meloni, l'italienne. Elle, c'est claire, elle est pour l'Europe de Bruxelles, pour l'OTAN, et elle est cul et chemise, c'est une expression française, sinon je ne me permettrais pas, avec, comment elle s'appelle, celle qui va peut-être aller en prison, si on peut rêver, à von der Leyen, celle qui dirige cette Europe-là.
1:36:27 C'est drôle d'époque, un président en difficulté, je ne veux pas dire, d'accabler le quatrième âge, Biden, mais qui peut n'importe quand appuyer sur le bouton nucléaire. je résume sur la gravité de la situation. N'est-ce pas ? Mais, rassurez-vous, il ne sera pas élu en face de lui, il n'y a pas rassurant non plus, l'autre là.
1:36:58 Comme on dit le populiste, quand on veut se débarrasser de quelqu'un. on ne lui reproche pas ses positions d'extrême droite, parce qu'il a plein de points sur lesquels il est l'idole de l'extrême droite américaine. Non, on lui reproche d'avoir, à un moment donné, crédibilisé le fait qu'il avait d'excellentes relations avec Poutine. On en revient toujours à la même chose. Et oui, oui. Parce que vous m'auriez dit en début de vidéo, mais que tu n'es pas gagné, tu es tout le temps, tu franchis les frontières, tu parles tout le temps de la Russie, de la Chine, de l'OTAN.
1:37:34 Mais, les élections, c'est nos histoires, c'est les salaires, c'est la retraite. Oui, mais quand on a passé la parole, vous voyez, au candidat du Front populaire, c'est pour ça que je vous l'ai mis, il n'a fait que des blatteries contre la Chine et contre la Russie, le Glucksmann. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Et vous voulez qu'on en parle de son programme social ? Oh, il ne vous le montrera pas. Mais il n'y a pas besoin parce qu'on peut le prendre en flagrant délit de ce qu'il a fait quand il a conseillé le chef d'État de la Géorgie. On a le document ?
Le bilan social de Raphaël Glucksmann en Géorgie
1:38:05 Voilà le bilan social de M. Raphaël Glucksmann quand il dictait à un autre voyou, je dis voyou parce qu'il a un procès dans son pays, il est interdit de séjour, il s'est réfugié en Ukraine, c'est-à-dire dans le pays parmi les plus corrompus du monde. Alors, voilà le bilan de M. Glucksmann en Géorgie. Suppression du salaire minimum. Allez hop là, vous imaginez demain, on supprime le salaire minimum. Licenciement de 60 000 fonctionnaires. On est en Géorgie, c'est énorme, proportionnellement. Puis, vous savez, dans ces pays-là, fonctionnaires, c'est un peu les pays que j'ai connus, fait vivre un nombre incalculable de personnes.
1:38:41 Abaissement de l'impôt sur les sociétés. Tiens, tiens, ça ne sent pas un peu Macron ça, n'est-ce pas, de 20 % à 15 % et de l'impôt sur les dividendes de 10 à 5. Ça n'est pas perdu pour tout le monde, ces affaires. Réduction du nombre d'universités, tu parles d'un programme social, de 237 à 43. Et action au pluriel en faveur d'un enseignement supérieur privé. Alors là, il y a les fondations qui viennent du Texas, d'Oklahoma, de Californie, qui viennent de là où il y a de l'argent.
1:39:12 Plus un pays est pauvre, plus il est vulnérable, n'est-ce pas, aux manigances politiques de celui qui a l'argent. Croyez quelqu'un qui a vécu comme moi longtemps dans le champ de ce qu'on appelle l'aide au développement pour peser ce que je suis en train de dire. Licenciement de 80 % du personnel des douanes. Eh oui, les douanes, c'est fini, ça, laisser faire, laisser pisser, laisser rentrer les pays, je ne sais pas, qui font suer le burnou et dans lesquels c'est de l'esclavage déguisé. Licenciement de 80 % du personnel des douanes et de 2200 fonctionnaires des bureaux d'enregistrement.
1:39:46 Suppression de diverses structures publiques au profit. Avant de me dire « Attendez, d'où tu sors ça ? » D'où tu sors ça ? Je prenais la notice Wikipédia sur Glucksmann, sur Raphaël Glucksmann, parce qu'il a aussi son père, ce n'était pas triste, le nouveau philosophe. Et vous constaterez, pour ceux qui savent lire dès le premier paragraphe, à quel point cette notice Wikipédia est favorable à Glucksmann.
1:40:17 Oui, à Glucksmann, je suis époustouflé de voir la coloration grandissante de Wikipédia, alors qu'il est depuis l'origine, mais alors là, maintenant, sans masque. Et malgré ça, vous retrouvez tous les points que je suis en train d'énumérer là, un peu noyés dans les paragraphes, mais ils y sont. Vérifiez, ne me croyez jamais sur parole. Suppression de diverses structures publiques au profit privé, répression contre les mouvements sociaux, et vous savez, c'est l'euphémisme. Il y a eu une violence incroyable, la mise à sac de la principale chaîne de télévision d'opposition, il y a des vidéos là-dessus, on voit les gens battus, battus, au ventre, au bras, à coups de bâton dans les chaînes de télévision d'opposition.
1:40:56 Il est bien connu que nous soutenons les démocraties, n'est-ce pas ? Plus tard, récupérés par un allié du parti au pouvoir, interdiction de créer de nouveaux organismes de régulation étatique. Mais ça rappelle l'Ukraine. Personne ne dit jamais que Zelensky a supprimé tous les partis d'opposition, a interdit le Parti communiste, bien sûr, on promet, n'en parlons pas, a torturé les opposants, liquidés. Et voilà à quoi vont servir vos impôts prélevés par la gauche du nouveau Front populaire, en tout cas, c'est sa politique étrangère et militaire.
1:41:33 Si l'inverse se produit, croyez bien que votre serviteur sera le premier content. Mais pour l'instant, ce n'est pas le programme de Glucksmann, n'est-ce pas, de prôner des discussions, je ne dis même pas une paix, n'allons pas trop vite, mais au moins des discussions entre les belligérants, entre les Ukrainiens et les Russes. Alors, interdiction de créer de nouveaux organismes de régulation étatique, le fascisme commence toujours par un hyperpoujadisme.
1:42:03 Le petit commerçant contre les grandes, vous voyez, contre l'État. Oui, non pas contre ceux qui sont responsables de leurs difficultés, c'est-à-dire les grandes boîtes qui les bouffent un à un, les petits, n'est-ce pas ? Ce n'est pas les harangs qui dévorent les requins. Non, non, très habilement, n'est-ce pas, le capital se débrouille pour que le privé s'attaque à l'État. Parce que l'État, il est l'ennemi commun de l'anarchiste, du poujadiste, c'est curieux, comme réunion, n'est-ce pas ?
1:42:37 Et bien sûr, du MEDEF. Écoutez le MEDEF, tous les jours, il vous dit il y a trop de règlements, trop de machins, l'État est trop présent. Interdiction de créer de nouveaux organismes de régulation étatique, interdiction pour l'État d'avoir des actions dans des banques commerciales. J'ai presque envie de dire si le fascisme économique c'est la limitation de la dette publique à 60% du PIB, alors que le Japon a dépassé depuis longtemps les 200%, je ne parle même pas des États-Unis qui ne payeront jamais leurs dettes, c'est pour ça que là aussi ils ont besoin de la guerre pour faire un reset, comme on dit en informatique.
1:43:13 Interdiction du communisme, ça, ça va de soi, n'est-ce pas ? Fascisme tant que vous voulez, mais communisme, non, voilà, ce que je réponds quand on parle du nouveau Front populaire, c'est justement au niveau de la politique étrangère, et Dieu sait si par les temps qui courent, ce n'est plus que vital, n'est-ce pas ? La guerre ou la paix, ce n'est pas une guerre qui vient là, c'est la guerre nucléaire, c'est, vous savez, Einstein, il n'y aura pas de Troisième mondiale disait Einstein, ou alors, s'il y en a une, la quatrième se fera avec des cailloux, ça veut dire qu'on aura régressé depuis plus de 10 000 ans, c'est ça l'enjeu aujourd'hui, excusez-moi, mais pour moi, ça prime surtout des histoires de sociétaux, des machins, bref, des trucs identitaires, beaucoup plus confortables, voilà, ce qu'on a, ce que j'ai oublié, quelqu'un, euh, oui, priorité aux questions
La récupération de Clouscard par l'extrême droite
1:44:23 plutôt que aux affirmations que je trouve enrichissantes, mais qui sont moins stimulantes que les questions, et surtout, euh, qui m'interpellent plus les questions, hein, merci beaucoup, comment on lutte contre la récupération de Clouscard par les fascistes qui utilisent Clouscard, alors c'est pas moi qui parle, excusez-moi, c'est le pseudo, pas moi, c'est bien moi qui le lit, comment on lutte contre la récupération de Clouscard par les fascistes qui utilisent Clouscard pour fustiger tout sociétal et pousser leur idée réac tout en étant anticoco, donc fasciste, bon, d'abord je dis que c'est une très bonne question, mais enfin, j'ai souvent répondu, j'ai consacré des vidéos entières, en particulier quand j'ai craint que l'excellente vidéo du précepteur soit mal comprise par pas mal de, justement, de ceux qui ont été influencés par cette récupération droitière de Clouscard, et du coup, je me moquais un peu de ceux qui ne savent pas compter jusqu'à 3, n'est-ce pas, qui sont binaires, à quoi je fais allusion, c'est simple,
1:45:33 j'ai l'air d'être un peu sibyllin, c'est archi simple, Clouscard, je me mets dans la tête de ces fascistes dont parle, pas moi, à juste titre, ils se disent, Clouscard, il tape sur les gauchistes, donc il est de droite, vous voyez, alors que Marx a consacré des milliers et des milliers de pages, et de ce qu'il en a fait, n'est-ce pas, a fustigé ce qui se faisait passer pour la gauche de son époque, n'est-ce pas, que ce soit les anars, certains syndicats, certains libéraux, pas libéraux, au sens de maintenant, voilà, réfléchissez bien à cela, et je ne parle même pas de Lénine, qui a écrit « Le gauchisme, maladie infantile du communisme », n'est-ce pas, qui montre le lien qu'il y a entre les idées gauchistes et au niveau sociologique, le monde dit « petit bourgeois », l'expression qu'on emploie tout le temps maintenant à tort et à travers, le petit bourgeois, c'est précis au niveau économique, et ça nous rappelle la grande distinction qu'a fait Clouscard entre la classe moyenne et les couches moyennes.
1:46:41 Clouscard, pour fustiger tout sociétal, petit bémol, là, pas moi. Non, Clouscard ne fustige pas, oui, enfin, eux, ils en profitent, vous avez raison, pour fustiger tout sociétal, mais Clouscard, non, il prend partie dans le sociétal. Je me rappelle maintenant, il disait que dans le café, là, où il venait assez souvent, qu'il était bourré de ce qu'on appellerait maintenant des bobos, l'expression n'était pas encore banalisée, tous, bien sûr, gauchistes, trotskistes, maoïstes, anarchistes, anti-PC, anti-CGT, et je me rappelle que Clouscard disait, si, d'un coup, maintenant, les ouvriers arrivent et commencent à s'en prendre aux bobos que vous êtes, il n'a pas dit que nous sommes dans le café, il est clair qu'on va appeler la police et que la police sera partie des bobos contre les ouvriers.
1:47:44 Non, non, mais il prend partie, Clouscard, même dans le sociétal, il parle bien des braves filles subjuguées. Je cite mot pour mot dans ce chef-d'œuvre qui s'appelle la maison de campagne à la fin du capitalisme de la séduction. Ceux qui faisaient des communautés soi-disant de retour aux sources en Ardèche avec l'argent de papa pour acheter 200 moutons, en abandonnant les études qui sont quand même plus difficiles. Bref, les marginaux, comme on disait à l'époque, il y avait un culte du marginal.
1:48:15 À quoi je répondais, parce qu'on m'avait demandé vous pensez quoi des marginaux, vous, Pagani ? Je disais, prenez vos cahiers d'écolier et vous verrez qu'il y a une marge, il faut qu'il y ait une page. Voilà. Alors, si vous êtes contre la page et pour la marge, ça c'est votre affaire, mais je constate que la marge adore la page sans laquelle elle ne pourra pas bouffer. Voilà. Pardon d'être un peu elliptique et sibyllin, mais je ne peux pas répondre à 10 questions à la fois, je reviens à celles de pas moi.
1:48:45 voilà. Ce n'est pas les idées sociétales contre lesquelles on s'insurge, je me scoffre, et moi-même d'ailleurs, puisque souvent nous avions un peu le même discours à ce niveau-là. C'est contre le fait qu'elles occupent tout le terrain et qu'elles sont un prétexte à ne jamais poser véritablement le problème social en rapport de force. Alors vous me direz, mais non, il y en a qui disent, regardez, Clémentine Autain, mais ce n'est pas du tout incompatible, ce n'est pas contradictoire.
1:49:18 Je ne vous le fais pas dire, quel aveu, si ce n'est pas contradictoire. Pourquoi une Clémentine Autain dit au soir même du plus brûlant conflit qu'il y a eu sur les retraites il y a presque plus de 10 ans maintenant, quand il y avait les CRS qui s'approchaient des piquets de grève près des réserves de pétrole aux portes de Paris, dans l'abri, et qu'elle avait dit à une interview, ce soir-là, ça m'avait frappé. Moi, j'attendais de savoir s'il y allait y avoir un affrontement entre les grévistes et les CRS, et je l'entends dire, de toute façon, la seule opposition maintenant au capitalisme, c'est les homosexuels, qu'est-ce qu'elle avait dit, les immigrés, excusez-moi, bref, des marginaux.
1:50:03 c'est contre le sociétalisme que nous nous insurgions, et non pas contre le légitime, encore une fois, je trouve odieux qu'un des plus grands écrivains du XXe siècle, je pense à Oscar Wilde, soit allé en prison pour homosexualité, comme je trouve odieux qu'un homme à femme comme Baudelaire ait été en prison pour avoir écrit parmi les plus beaux poèmes résonance érotique féminin.
1:50:34 Mais voilà, mais oui. On n'est pas anti-sociétal, ce n'est pas la question. Mais que ça occupe le terrain et que ça permette de parler, enfin, vous le savez maintenant, gilet jaune, ça a commencé comment ? Par un cri de colère contre l'écologie. Ce n'est pas un hasard. Là-dessus, le peuple ne se trompe pas. Moi, je veux bien, le peuple, il est le premier d'ailleurs à souffrir des vraies nuisances dans l'environnement. Moi, je m'en fous de la nature. C'est l'environnement qui compte pour moi. Je me retourne dans mon environnement, il n'y a pas grand-chose de naturel.
1:51:07 D'accord ? Et même en pleine campagne, je vous ai déjà dit mille fois, je ne vais pas le répéter, que les haies, les champs, etc., ça fait des milliers d'années que ça n'est plus naturel, mais que c'est le paysage qui parle d'un prodigieux labeur des mains, des bras, des jambes et du cerveau de l'homme, la nature a été amenée au paysage. C'est la splendeur que le paysage. Je renvoie nature ou paysage, allez sur notre chaîne YouTube, dominiquepagani.fr, vous verrez, vous cliquez sur vidéo et vous verrez une série qui s'appelle nature ou paysage, point d'interrogation.
1:51:45 Donc voilà, je veux dire, je ne suis pas... D'ailleurs, on me dit souvent, allez, tu rigoles, mais tu es l'homme le plus écolo d'Europe, tu te prétends anti-écolo. Je dis ça parce que quand on va un peu aux champignons avec des amis et que je leur dis que je parle plus bas, c'est l'heure où on risque de voir des chevreuils et ils sortent. Mais bien sûr, je suis un philosophe, je m'en prends à des discours. Je respecte le réel, enfin quand même. Mais enfin, qu'Oscar Wilde soit allé en prison pour homosexualité à une époque où il y avait des cartes postales obscènes dans les quartiers, n'est-ce pas ?
1:52:16 Mais c'était entre hommes et femmes, donc ça, c'était autorisé. Donc le féminisme qui s'insurge contre ça, mais je, Banco, moi, je soutiens. Mais pas le féminisme bourgeois, pas celui qui a inventé le concept de femme-objet. Parce que j'ai connu dans le tiers-monde, ce qu'on appelait le tiers-monde avant, à tort, comme s'il y avait un premier monde capitaliste, un deuxième monde communiste, c'est de là que ça vient, et un troisième ou des pays qui n'étaient ni l'un ni l'autre qui cherchaient leur voie, comme l'Inde, j'en sais rien, et Cuba, on va le mettre où alors ?
1:52:50 Communiste, donc il n'est déjà pas dans le tiers-monde, il est dans le deuxième. Voilà, et la Corée du Sud, il est dans le premier, c'est un rempart du capitalisme américain en Asie. Bon, bref, on se comprend quand je dis le tiers-monde. Quand, quand, à cette époque, la femme malienne, pour prendre un exemple d'un des pays les plus pauvres qui soit, je veux dire, ce n'est pas son problème, elle ne souffre pas de ne pas être femme, d'être femme objet.
1:53:26 Ce n'est pas le fait qu'elle subisse une agression dans le métro, c'est qu'elle aimerait bien avoir l'eau courante à la maison, elle ne dirait pas, ah, mais oui, mais vous mélangez le social et le sociétal, oui, mais on ne peut pas tout réduire au social, allez lui dire ça. Vous allez vous faire lyncher par les femmes maliennes. Et je ne sais pas si elles auront raison, elles n'ont jamais raison de lyncher, mais elles auront quelques raisons. On peut avoir des raisons sans avoir raison. Avoir des raisons, ça veut dire que c'est explicable.
Souveraineté nationale et méfiance envers Mitterrand
1:53:57 Ce n'est pas absurde que raison, c'est rationnel, sinon ce ne serait pas réel. Voilà. Clomici, j'ai toujours été très attentif à ce que dit Clomici. M. Pagani, pensez-vous que sortir du carcan européen doit passer par un processus de libération nationale afin de retrouver notre souveraineté ? Partagez l'avis du blog LGRQT sur le fait que le RN, que le RN quoi ?
1:54:29 Ah oui, soit une impasse nécessaire. Ce serait quand même la plus triste des nouvelles de penser. Pour moi, la souveraineté est une chose extrêmement importante pour moi. On s'en fout de ce qui est pour moi. Les fondateurs de la République, Rousseau en particulier, quand ils parlent du souverain dans le contrat social, c'est important comme notion. C'est que c'est irréfragable. S'il n'y a pas ça, ce n'est pas la peine de parler de démocratie. On a voté contre la Constitution européenne et on nous l'a imposée.
1:54:59 C'est-à-dire qu'il y a longtemps qu'on n'a plus de souveraineté. Je suis pour retrouver la souveraineté. Ce n'est pas nationaliste, ça. C'est national. Ce n'est pas pareil. De même que je distingue toujours l'écologie, la vraie, les vrais problèmes d'environnement du discours écologiste et de ses outrances, n'est-ce pas ? Son cynisme, ça dépend des fois. Donc, voilà. Et bien là, ce serait la plus triste des nouvelles que de dire que le seul défenseur de notre souveraineté, c'est le Rassemblement national.
1:55:33 Je vous ai fait entendre Bardella tout à l'heure. Il dit qu'il est pour l'OTAN et pour l'Europe. Tu parles d'une souveraineté. Il suffit que l'Amérique dise à Macron, écoute-nous, on est mal placés, on ne veut pas toujours jouer le vilain américain. Tu as qu'à avancer un peu et dire qu'il faudrait peut-être envoyer des soldats et pas seulement des armes en Ukraine, parce que là, pour l'instant, on est en train de se faire bouffer sur le terrain. La merveilleuse, ils sont plus résistants qu'on ne croyait. Voilà comment je réponds, cher ami.
1:56:08 Merci en tout cas de poser toujours les questions essentielles. Alors, quel opon qu'on retrouve ? Certes, je prends deux questions, mais certes, c'est possible que Glucksmann arrive à dominer le NFP, mais comment ne pas mettre la folie des médias anti-Mélenchon au centre de notre analyse ? C'est bien une marche vers la guerre. Ah, mais je suis d'accord avec vous. Il n'y a pas de limite. N'est-ce pas ? On va défendre, on va faire monter en épingle la NUPES à un certain moment de l'histoire, récente.
1:56:45 Voilà. Et tant que le Front National n'est pas encore, je vous ai dit tout à l'heure, Marine a fait le boulot de passer de 2% de son père à 30%. Quand on a un Front National qui dépasse 30%, on n'a plus besoin de la NUPES. Quand je dis « on », c'est pas moi, c'est pas vous. C'est ceux qui dirigent, ceux qui restent du monde dit occidental. Et ceux qui veulent la guerre. C'est précis ce que je dis. Et ne me faites pas dire que c'est les Américains, c'est les Atlantistes.
1:57:16 Bien sûr, le navire amiral de la flotte atlantiste, c'est l'exécutif américain. C'est pas tous les États-Unis, tant s'en faut. Certes, c'est possible que Glucksmann arrive à dominer le NFP, mais comment ne pas mettre la folie des médias anti-Mélenchon au centre de notre analyse ? Je suis tout à fait d'accord. Je me suis déjà entretenu une fois avec Mélenchon. On s'est rejoint sur une méfiance à l'égard de la politique de l'Allemagne. Et ceux qui me connaissent savent que je suis un des plus germanophiles des Français. qu'on ne commence pas à dire Mélenchon antisémite et pas gagné et germanophobe.
1:57:49 Ah, on a vite fait avec ces gens-là. Voilà. Non, mais c'est bien de défendre la personne de Mélenchon qui est loin d'être le pire dans son mouvement. Mais dans son mouvement, je connais quelqu'un que je ne nommerai pas parce que c'est un ami mais qui occupe une place importante et qui me disait « Ce parti, il y a des déçus du PC, des déçus du PS, des écolos, des machins, etc. pour mettre tout ce monde là d'accord et des contradictions. » Voilà. Je m'arrête là. Mais enfin, je suis d'accord avec vous que Mélenchon est loin d'être le pire.
1:58:19 Moi, d'abord, je vous dis tout de suite que c'est de loin le meilleur tribun de l'ensemble, non pas de la gauche, mais de tout le champ politique. C'est important, un tribun. Quelqu'un qui sait parler, qui sait articuler, qui sait faire un discours, ce n'est pas seulement formel et littéraire, ça veut dire qu'il sait s'adresser à une population et donc à un peuple. Quand même. Ce qui me reste de méfiance à l'égard de Mélenchon, je le dis à mes proches qui connaissent ça par cœur, je suis désolé pour l'entendre pour l'énième fois, mais je le dis en public cette fois, c'est que tant qu'il n'a pas fait la critique, comme il n'a pas pris un minimum de distance avec Mitterrand, je sais bien qu'il y a des tas de raisons d'être fidèle à Mitterrand, ça le regarde et puis c'est toujours honorable une fidélité, mais tant qu'il n'aura pas formulé des critiques précises à l'égard de ce Mitterrand dont je le disais par Foucault interposé que Mitterrand c'est Vichy, il ne faut pas trop s'étonner qu'on arrive à ce qu'on ait l'extrême droite maintenant.
1:59:16 C'est l'état normal du capitalisme, ça. il retrouve son état normal qui a été interrompu pendant une certaine période historique par des revendications syndicales quand les partis communistes étaient forts, mais il n'a plus peur de ça, c'est fini ça, le capitalisme. Mitterrand est passé par là. Je demande, voilà la seule chose qui fait que je me méfie, sinon je militerai dans son parti, où j'ai d'excellents amis, j'ai des camarades au PRCF, ça n'a rien à voir avec la NUPES, encore qu'à une époque, il y avait des alliances qui semblaient des synergies, on dirait, mon ancien patron qui travaillait dans le groupe Hachette, disait Lagardère.
2:00:00 Mais je salue la position actuelle du PRCF qui présente, je crois, trois candidats en région parisienne, mais je salue et je suis prêt à leur prêter à les aider dans la mesure du possible, de mes très faibles moyens. Mais, je veux dire, j'ai des amis, j'ai fait une intervention au café marxiste pour la situation en Afrique francophone qui m'a été commandée, enfin, qui m'a été demandée par le PRCF, par des camarades du PRCF, je dis camarades au sens extensif, vous voyez bien, je ne suis pas inscrit au PRCF.
2:00:38 J'en ai à la NUPES, j'en ai au Parti communiste, j'ai fait une intervention récemment à la section du Parti communiste Castelsarrasin. J'aurais pu parler des cathares, ça sonne cathares, non, soyons sérieux. Non, ils me demandaient de parler de pourquoi en Afrique, on dit partout Macron dégage et pourquoi tout d'un coup, mes anciens élèves du Niger, on voit des vidéos sous le manteau, on voit des drapeaux russes dans les rues du Niger. Bon, voilà. Je vais très vite.
2:01:09 Je réponds très précisément, je ne cherche pas la personne, je trouve plus qu'odieux la question antisémitisme qui vient des milieux les plus antisémites, les plus extrêmes droites de l'exécutif ou de l'opposition rassemblement national, je n'y arrive pas, oui, c'est ça, rassemblement national, c'est plus fondationnel, à l'exécutif. Les deux cas, il fait, en Mélenchon, c'est, oui, à partir du moment où tout d'un coup, il est arrivé à commencer à compter un nombre de voix, alors ça se retourne contre lui, ça.
2:01:45 Ce n'est plus un groupuscule, maintenant, vous voyez, voilà. Si vous voulez que, officiellement, je proclame mon indignation de voir Mélenchon accusé, Mélenchon et les gens du Front de Gauche ou encore à NUPES ou encore, je ne sais pas, ça bouge un peu trop vite pour moi, autour de Mélenchon, quoi, d'antisémitisme, je le fais tout de suite. C'est plus qu'odieux, c'est une forfaiture. C'est grave, une forfaiture.
L'homme et le citoyen ; un RN depuis toujours pro-européen
2:02:17 C'est la limite du politique et du juridique. Alors, Valentin Gosset, qui ne veut rien savoir, non, je plaisante, Valentin, qui dit le problème avec cela, c'est que certains profitent pour prôner alors l'inverse, l'inverse de ce que j'accusais tout à l'heure dans la fausse gauche, une gauche qui ne parle plus que du social en éludant ou rejetant les questions sociétales.
2:02:48 Alors là, je vous demande où la trouvez, celle-là. Je me tourne vers la gauche de Mélenchon, c'est pour une gauche socialiste et écologique, oui ou non ? Et puis alors, il a des lieutenants ou des lieutenantes féministes en première ligne. Chacun les connaît, je ne les nommerai pas. Elles méritent ni cet excès d'honneur ni cette indignité. Parti communiste, pareil, ils joignent toujours, maintenant, Marx se moquait de l'expression « droit de l'homme et des citoyens ».
2:03:22 Il dit « Trouvez-moi dans l'histoire humaine et même anthropologique, même en remontant à la préhistoire, un homme qui ne soit pas, un individu humain qui ne soit pas dans une appartenance à un groupe. La cité peut être la horde, la tribu, le village, la cité grecque, l'empire, le royaume, peu importe. Mais qui dit homme dit de toute façon citoyen, si c'est une république, sujet, si c'est un roi, mais pourquoi « et » ? C'est comme s'il y avait un homme, une essence humaine essentialiste, substantialiste, pire qu'essence.
2:03:55 Là, un déjà là, avant qu'on ne fasse éclater les galets et qu'on passe de la zoologie à l'anthropologie. Non, ça ne s'est pas fait à minuit, une certaine année, ça prend des millénaires. voilà. Et le mouvement n'est pas terminé. Il n'y a pas eu l'animal et maintenant il y a l'homme. Non, l'homme c'est le mouvement qui nous fait passer de l'animalité à un idéal humaniste et ce mouvement n'est pas fini.
2:04:28 Et il sera jamais tout à fait parce qu'il faudra toujours manger pour vivre, au moins le premier. Donc il y aura toujours une partie animale en nous, je ne m'en plains pas, ce n'est pas ça. Ce qui est scandaleux, c'est que en 2024, dans les pays les plus riches du monde, il y a encore des gens qui ont des problèmes avec la faim. Alors que Néandertal avait résolu le problème, c'était un excellent chasseur. Voilà. Donc, non, cher Valentin, quand vous m'aurez trouvé une gauche qui ne parle que de social, envoyez-la moi, j'ai envie de répondre un peu comme Clouscard, si vous trouvez une société de consommation, dites-moi où elle est, j'y vais tout de suite, ce serait le communisme réalisé.
2:05:06 Moi, il dit, je vois autour de moi des producteurs, je ne sais pas où vous vivez pour ne voir que des consommateurs, mais voilà quoi. Bien. Pauline Sailly, brillante philosophe. Non, je ne suis pas ironique, Pauline, je lis vos papiers qui sont quelquefois abstraits et difficiles, mais je suis en admiration, vous bossez. Vous ne faites pas l'impasse sur ce que Lénine a appelé le détour théorique, sans théorie révolutionnaire, pas de pratique révolutionnaire. Enfin, je ne fais pas de vous de léniniste, j'en sais rien et ça ne me regarde pas.
2:05:38 La montée quantitative des classes moyennes permet de comprendre beaucoup de faits et de phénomènes à tous les niveaux. Oui, voilà, oui, à condition, Pauline, je me permets d'enfoncer le clou comme tout à l'heure, de bien distinguer dans ces classes moyennes le surgissement des couches moyennes, des nouvelles couches moyennes, disons à partir en gros de la fin des 50s, le début des 60s. Tiens, c'est le début du rock et de la vogue de la musique baroque, chez les classiques comme c'est curieux. B-A-R-O-C-K baroque.
2:06:11 Ah là, non, je sème des pistes, là. J'ai frayé un peu dans mon court-métrage, la fausse note pour ceux qui connaissent, voilà. Je renvoie à la fausse note sur YouTube. Fausse note, je ne vous ai rajouté Pagani parce que c'est un titre qui ne m'appartient pas et il y a d'autres documents qui ont à voir avec la musique qui s'appelle La fausse note. Le RN est depuis toujours pro-européen et n'utilise l'argument de souverainisme que pour leurrer ses électeurs. Oui, Abderrahim ! Ah là là !
2:06:41 Il faut que ça vienne de gens de culture, pardon Abderrahim, mais dont l'origine est extra-européenne, quelles le sont, n'est-ce pas ? De même qu'il faut attendre qu'un pays qui soit à l'extrême point de sud de l'Afrique pour citer non pas les juifs. Quelle audace ! Les juifs, ils manifestent contre Netanyahou tous les jours par dizaines de milliers. Non ! Mais qu'ils citent l'exécutif israélien devant la Cour pénale internationale. Il faut que ça vienne de l'Afrique du Sud. Merci Abderrahim de dire que « ne te fatigue pas Pagani »
2:07:12 ce n'est pas comme ça que vous le dites. Je sais bien. Le RN est depuis toujours pro-européen. Mais alors, il parle d'or parce que lui, il a de la mémoire. Et croyez-moi, votre génération, je ne sais pas l'âge, mais votre génération, elle peut avoir une culture historique et même supérieure à la mienne. Certains l'ont largement. Mais à ce moment-là, il faut bosser. Ça ne se ramasse pas dans le caniveau ce qui s'est passé en histoire. Il faut un énorme effort parce que tout est fait pour que vous ne voyez pas comment ça s'est passé.
2:07:44 L'histoire, c'est le tabou, c'est l'interdit ce qui s'est réellement passé. Je ne cite pas Lénine, je cite Churchill. Churchill, c'est un anticommuniste forcené, il a créé, c'est lui qui a dit qu'il faut un cordon sanitaire, le mur, la guerre froide, nous protéger contre les bolcheviques au couteau entre les dents. Comme si le problème quand l'Europe était ruinée a commencé par le pauvre peuple russe, les peuples soviétiques, principalement les russes, par près de 30 millions de mort, c'est comme si déjà, et la première préoccupation c'était de venir débouler en Bretagne.
2:08:20 Bon, allez, l'histoire, Abdérahim nous en dévoile un aspect fondamental, c'est que c'est vrai matériellement. Regardez la position de Jean-Marie Le Pen qui était autrement plus ouvertement fasciste que sa fille, je dis ouvertement. vous savez, ces célèbres blagues, les fours crématoires, c'est un détail de l'histoire, et puis il y avait un ministre de Giscard qui s'appelait Durafour, sur lequel il s'est permis ce jeu de mots, Durafour, point de suspension, crématoire.
2:08:54 C'était ça, Jean-Marie Le Pen. Là aussi, il y a une question, elle a established tout à l'heure. Comment est-on passé, n'est-ce pas ? Comment le Front National est passé, n'est-ce pas ? De changer de masque au point de, avec Marine Le Pen, précédir à bientôt plus marxiste que moi, tu meurs. Je force un peu le trait, mais vous comprenez ce que je veux dire. Mais c'est comme ça qu'elle a ramené un électorat populaire qui n'existait pas. Elle avait quelques CIDUNATI, comme on disait à une époque, ce n'est pas artisan, commerçant artisan.
2:09:25 Voilà. Mais maintenant, elle a beaucoup de jeunes des quartiers. RN est depuis toujours pro-européen, dit de l'argument. Le père Le Pen était furieux de la chaise vide de Gaulle à Bruxelles. à la Commission. Il défendait à fond les positions de l'Europe du Bruxelles et on le comprend. Cette Europe a été faite par un des piliers de la tradition européenne. C'est le fameux Monnet qu'on présente comme un saint dans les écoles.
2:09:56 Mais c'est épouvantable. Mais sur le côté, qu'elle est un établissement scolaire qui s'appelle Jean Monnet. c'est une fabrication et de la CIA et de Pétain. C'est quand même extraordinaire. Antigouliste et anticommuniste, n'en parlons pas. Et n'utilise l'argument de souverainisme que pour leurrer ses électeurs. Oui, le Front National. Moi, j'ai fréquenté les gens d'extrême droite. J'ai été élevé dans les Français d'Afrique. Les Français d'Afrique, vous savez, c'est l'Algérie française. Moi, c'est l'Afrique noire. Mais enfin, ce salaud de De Gaulle, il est en train de vendre l'Algérie aux Arabes.
2:10:27 C'est ça, moi, les adultes quand j'étais en seconde. J'avais des camarades de classe qui me disaient « T'es gaulliste, toi ! » Parce que son père était gendarme français là-bas en Côte d'Ivoire. Vous voyez ? Pourquoi je fais allusion à ces souvenirs-là ? Parce qu'ils étaient tous férocement anti-gaullistes et pro- Jean-Marie Le Pen qui fait un score énorme dans les Français d'Abidjan. Depuis longtemps. Pas depuis les élections européennes là.
2:10:57 Non, mais je connais ces dossiers-là. Vous voyez ? Il a raison, Abdi Rahim. Parce qu'en étant pro-européen, on lutte contre le gaullo-communisme, la sécurité sociale, les retraites par répartition, la politique d'amitié avec tous les… la politique de défense tous azimuts. Je reviens aux choses brûlantes. Je peux le dire. C'est pas… Oui, non, maintenant, c'est la défense à l'Est. Point. Il n'y a pas d'autre. De Gaulle, c'est préparer une défense tous azimuts.
2:11:28 Le danger peut venir de tous les côtés. Il paraît même, alors vérifier, parce que ça c'est flou dans ma tête, je ne suis pas sûr, mais sous Kennedy, il y aurait eu des tentatives d'assassinat de Gaulle. Bon, on le sait que de Castro et d'intervention à Cuba, il y en a eu plein, dont certains sont lamentablement terminés, comme celle de la baie des cochons. Mais il paraît qu'il y a eu la même chose pour de Gaulle. Quelqu'un, on savait qui. Bon, allez, je vais voter contre lui, je vais finir, je vais m'arrêter parce qu'on va croire que j'ai été affaire de l'angoliste.
2:11:58 Si vous pouvez montrer la misère politique où on est pour je dis du bien de Gaulle. Frédéric Cordier, Castelsarrasin serait-ce en Lomagne, ça ? Mais ça, alors, comment ? Frédéric, qui est dans une belle ville que j'ai appris grâce à lui à connaître en Belgique, j'aime beaucoup ce pays. Je ne dis pas ça pour faire plaisir à Frédéric, j'ai toujours été frappé de la gentillesse des gens à Bruxelles. Je connais mieux la population en pays wallon, je crois, il ne faut pas dire wallon, ça fait trop germanique, wallon, que je dis, que flamand.
2:12:40 Je veux dire, j'ai été plus souvent à Bruxelles qu'à Anvers, qu'à la main jetée, en verre peu de main. Mais, vous demandez un renseignement sur votre direction en Belgique, à Bruxelles, le type, il monte dans votre voiture et il va en sens inverse et là où il allait pour vous montrer où vous devez aller. Non, c'est... Bon, pardon, je m'égare, mais je veux dire, chaque fois que je vois les éditoriaux ou les vidéos de Frédéric, je me dis, mon Dieu, je regrette l'époque où je voyageais si facilement.
2:13:15 Pour des raisons à la fois physique, financière et d'âge de mes artères, je le fais moins. Enfin, j'essaye de continuer. oui, c'est en Lomagne, le pays de Lomagne, comment tu connais ça ? Pardon, je te tutoie Frédéric, mais comment tu connais ça ? C'est incroyable, merveilleux, cette région. Voilà, c'est un peu au sud de Montauban. Voilà. Et puis, Castelsarrasin, ça sonne cathare un peu. Quand on fabrique, je passe à Patrick Tango France, je suis content d'avoir des tas de nouveaux pseudos.
Abstention, musique russe, Adorno ; la Palestine
2:13:54 Des fois, je me dis, parce que je suis un peu pessimiste, je me dis, c'est peut-être des anciens qui changent de pseudo. Non, ça doit être des nouveaux. Patrick Tango France qui me dit quand on fabrique un épouvantail FN qui va servir encore huit siècles. Lui, il est anxieux, il a raison. au libéralisme, vieux, faut-il pas les élire pour foutre le bordel là plutôt que de jouer les castors pour la onzième fois ? C'est à cette question que je ne réponds pas. Je ne dis pas voter Rassemblement National, mais je ne, personnellement, moi, j'aurais du mal à voter pour un parti, pour le parti de la guerre, ce qui est le cas pour l'instant, sauf erreur, mais je serais ravi d'apprendre que je me trompe.
2:14:39 Vous pensez bien. C'est le cas du Front populaire. du nouveau Front populaire. Voilà. Alors que je suis prêt à souscrire à d'excellentes dispositions son programme social. Mais ça, ce n'est pas Glucksmann qui l'a fait, je m'en doute, parce que ce qu'il a fait, ce que je vous ai lu tout à l'heure, son programme social, à lui, c'est de couper les bras, les jambes, ce qu'il en reste, aux travailleurs. Voilà. Non, je n'ai jamais été pour la politique du pire, mais je suis d'accord avec Patrick Tango France que la situation ne peut pas éternellement durer dans ces, où c'est moi, moi, le démocrate, en face de moi, il y a des dictateurs ou des fascistes, ou pire, il y a des fascistes qui sont en sympathie et qui sont payés, manipulés par les dictateurs.
2:15:32 Bref, chaque fois que vous dites du mal de la Commission européenne ou de l'OTAN, c'est que vous êtes payés par Pékin et par Moscou. Non, mais il faut la sortir, celle-là, quand même. Ça veut dire qu'il n'y a plus d'opposition. On ne tolère plus la moindre opposition. Vous ne vous rendez pas compte, et c'est ceux qui parlent nous demandent que leurs adversaires sont des totalitaires. Je n'ai jamais vu ça. J'ai 80 ans bientôt, là. Oui, ça fait trois fois, j'ai dit que j'ai 80 ans l'année prochaine. Il faut que je me méfie, on radote quand on vieillit. Mais non, mais c'est pour vous faire mesurer que je ne parle pas tout à fait à la légère quand même.
2:16:02 Je veux dire, je n'ai jamais vu le fait qu'on ne tolère plus d'opposition. Enfin, la France était connue pour être tout le temps dans les cafés. On est pour, on est contre. On dira, ça continue. Non, on est pour, on est contre. Les hommes contre les femmes, les noirs contre les blancs, les homos contre les hétéros. Ça, oui, alors là, dès que, quand ce n'est plus une lutte de classe, alors là, on peut toujours papoter. C'est ma deuxième réponse à Valentin tout à l'heure. Voilà, mais, ça ne peut pas durer.
2:16:33 La bonne nouvelle, je vous l'ai dit, c'est que le FN ne pourra plus user de cette arme. Ça ne pourra plus marcher, la combine, qu'à juste titre, dénonce Patrick Tangos France. Donc, elle va bientôt ne plus être d'actualité. On s'aperçoit tout d'un coup que tout ça, ça va, comme ce qu'on appelle des bassins versants, en géographie, des tas de petits filets d'eau, d'abord des ruisseaux, puis des rivières, puis qui se jettent dans le même fleuve et qui va à la mer après. Et si la mer, c'est une mer, c'est une mer de soufre, c'est la guerre.
2:17:10 Alors, peu importe que tel affluent vienne de qui se réclame d'une soi-disant gauche ou de la droite, de l'extrême droite, je veux dire, du libéral, du libertaire, tout ça converge pour faire la peau au moujique. Le nègre de la blancheur, comme il m'est arrivé de l'appeler, exprès, je dis exprès nègre, là, parce que, comme métaphore, esclave, quoi. Le slave, Palestine, je t'aime, Ismaël, deux fois, voilà.
2:17:47 Tous les partis font ce qu'ils veulent, c'est l'OTAN qui décide. Non. Ah ben oui, c'est pour ça que j'ai pris l'exemple de 2005. Mais bien sûr. Non, il ne faut pas seulement se contenter d'aimer la Palestine. Je ne ferai pas la leçon à Ismaël, je ne me permettrai pas. Je dis, c'est bien de l'aimer, mais il faut plus que l'aimer. Parce qu'il y en a qui, vous savez, il y a des femmes qui s'impatientent parce que leur soupirant leur dit pour la cinquantième fois je t'aime et la laisse dans la mouise et puis ne font pas grand-chose. Même pas au niveau amoureux et érotique.
2:18:18 Alors non, ça indispose les femmes. Non, voilà. Il faut faire plus que ça. Ça ne suffit pas. Mais c'est un bon début. De toute façon, ce qui se passe est atroce en Palestine. Je ne peux pas parler sur le temps « Je t'aime » sur ce temps-là. Ce n'est pas quand je parle de la Palestine. C'est plus qu'atroce. C'est... Enfin, vous savez, sauf que ceux qui protestent contre ça dans la rue se font.
2:18:48 Je vois la violence policière en Allemagne, en Angleterre, en États-Unis, mais en France, mais en Italie. C'est incroyable. On se plaint que le Front National a ces chiffres-là. Mais dans toute l'Europe, l'extrême droite monte. Il faut quand même y réfléchir. Je parle à l'autre, notre interlocuteur tout à l'heure qui croyait qu'avec la France... Non, mais encore. N'oubliez pas que ça fait toujours le jeu de l'atlantisme de pointer du doigt la France, dans quelque position qu'elle soit, que ce soit pour l'extrême droite ou son extrême gauche.
2:19:20 C'est bien ce que dénonce Macron des deux côtés. Parce que lui, il est le plus à droite des trois parce qu'il est dans l'extrême centre. Voilà l'énigme que je vous propose. Elle n'est pas bien difficile à résoudre si vous regardez de près. Pourtant, Estavisky, c'est quand même le roi de la formule. Pourtant, la mogie quand aussi il émeurs. Oui, quand il veut bien enlever son couteau de ses dents et composer casse-noisette, j'avoue.
2:19:51 C'est vrai que puisqu'on a un petit intermède musical grâce à Estavisky, musicale, c'est vrai que le génie russe, je parle du génie à des grands mots, ce qui est propre quand même à la littérature, mais pas seulement, mais surtout à la musique russe, c'est le succès qu'elle a auprès du monde de l'enfance. Sans doute c'est à cause de sa longue tradition rurale avec l'importance du conte. N'oubliez pas que bien avant le structuralisme, un titre comme la morphologie du conte a été écrit par un russe.
2:20:23 Et oui, je pense à casse-noisette, je pense à Pierre et le loup, c'est des succès mondiaux pour l'enfance. D'ailleurs, je recommande, vous le trouvez sur YouTube, une magnifique récitation de Pierre et le loup, où il y a un récitant qui présente tous les instruments de l'orchestre à la faveur d'une dramatique ou le loup, bref, et fait par Gérard Philipe avec sa merveilleuse voix. Voilà. Merci.
2:20:53 L'ami Estavisky, je n'y aurai pas pensé, mais je vais la ressortir. Signe, signe, penser et parvenir par le biais de votes, c'est vivre dans l'illusion. Oui, bon, on va recommencer, enfin pourquoi pas, mais 68, élections, piège à con. Mais je ne critique pas non plus ceux qui vont s'abstenir. Mais je ne peux pas prôner l'abstention devant des jeunes que usés par l'âge, par les expériences, par l'amertume, certains, n'est-ce pas, ne votent plus.
2:21:28 C'est défendable à titre individuel. Mais je ne peux pas décourager des jeunes qui ont besoin de militer, de s'investir dans une cause, de coller des affiches, de distribuer des tracts dans la rue, de sonner l'alarme. Voilà, ouvriers et paysans, c'est l'alarme. Demain, l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes. Voilà, donc je ne peux pas faire l'apologie de l'abstention, mais je ne diaboliserai pas celui qui s'abstient.
2:22:00 Comment lutter contre la galopante adosion aux idées ED parmi les classes travailleuses ? C'est Zemmour, ça, non ? Non, parce que je mis maintenant les sigles, je mélange. D'extrême droite, d'extrême droite. Ah oui, d'accord. Oui, c'est pareil. Comment lutter contre la galopante adhésion aux idées d'extrême droite parmi les classes travailleuses ? Dure de ne pas donner raison à Adorno, le mythe plus fort que la volonté d'être libre.
2:22:33 Oui, je ne sais pas si des détours par Adorno seraient le meilleur chemin de se tirer de ça parce qu'Adorno a été un des piliers de l'école de Francfort, c'est-à-dire de ce qui a servi à l'Allemagne de se réfugier derrière une sociale démocratie pour pouvoir nourrir son anticommunisme. Et oui, je suis désolé. Non, mais Adorno est de loin le meilleur de la bande. C'est un grand penseur très cultivé qui connaît admirablement les textes de Hegel de Marx. Je ne suis pas en train de le réduire. Mais vous savez, il ne faut jamais mesurer la pertinence idéologique et politique aux autres pertinences.
2:23:09 On peut être un génie. Je pense à un exemple emblématique, c'est Heisenberg, sans doute un des plus grands physiciens de toute la modernité à qui on doit… C'est l'un des fondateurs, des constructeurs de la théorie de la mécanique quantique, les relations d'incertitude. C'est Heisenberg. Et ses sympathies pour le Troisième Reich étaient bien connues. Ses sympathies, il n'a jamais eu un rôle d'avant-garde là-dedans. Mais enfin, voilà.
2:23:40 Ce n'est pas parce qu'on est cultivé, intelligent et pertinent dans un domaine où c'est l'entendement, c'est là qu'on fait de la philosophie, au sens kantien, le pur intellect, le si-alors, la non-contradiction, les sciences positives, qui sont nécessaires, moi je ne dis jamais un mot contre, mais qui ne doivent pas servir de modèle aux autres domaines de la réflexion. Les sciences s'occupent du vrai et du faux, pas du bien et du mal.
2:24:11 Il ne faut pas chercher des leçons politiques chez les plus intelligents, que ce soit en littérature, en science, en... Adorno, en idéologie. Et brillant Adorno, très brillant, sans doute le plus brillant. C'est autre chose que le reste de l'école de Francfort, mais quand même. Voilà. Sauf qu'il n'a rien compris au jazz. mais ça, on ne peut pas... Il faut bien qu'il y ait quelques manques, quelques non-pertinences.
2:24:41 Il est 23h25. Je peux te donner juste un message d'Ismaël, parce que tu l'as raté, c'est passé. C'était quoi ? Je te le mets sur... Je ne sais pas. Ismaël, le gouvernement israélien a tué mes parents avec leur bombardement. Eh bien Ismaël, j'ai vu ce post. Voilà. Et donc, si... je suis tout près de vous, sans aucun contresens, cette fois. Et vous n'êtes pas le premier parmi les amis, les proches que j'ai, qui a laissé les êtres les plus...
2:25:14 les plus proches et les plus chers dans ce carnage. Voilà. Et c'est extraordinaire que ça dure depuis 70 ans, pas avec cette intensité, mais enfin l'essentiel, l'occupation, les emprisonnements, les meurtres, les tortures dans les prisons, que ça dure 70 ans. Et qu'on n'en parle jamais, sinon, beaucoup moins que de Tiananmen. Chaque fois que je demande, au fait, il y a eu combien de morts, personne, on va le buser, on ne sait pas. Il y en a qui disent 300 000, il y en a qui disent 15 000.
2:25:47 Ah là là ! Et là, on en est à près de 40 000. Bon. Et dans quelles conditions ? Voilà. Bon, pardon, le sujet est grave, je me suis attardé. Je crois que le jeu, ce n'est pas un jeu. l'enjeu, en vaut la chandelle, si je puis dire. Il est peut-être temps d'éteindre les chandelles et qu'on se repose. Mais en tout cas, mille fois, merci à vos questions. Je suis désolé de ne pas répondre à celles qui s'accumulent, mais je vous promets que je vais répondre.
2:26:18 De même que, je vous quitte à ce sujet, je répondrai à Martinez qui m'avait posé une excellente question sur la notion de tout en philosophie dans la dernière vidéo quand je faisais encore le sujet du Graal. Ne croyez pas que j'oublie. D'accord ? Ceci était une parenthèse due à la conjoncture politique. Je reviens bientôt à notre feuilleton, ce qui ne veut pas dire que j'arrêterai, de autant faire, tant que faire se peut, d'essayer de transmettre le peu que j'en peux dire, n'est-ce pas, et à la petite échelle qui est la mienne, contre l'immense danger qui nous menace.
2:26:55 Voilà. Merci de votre participation. Merci Pierre-Alain. Et merci à mon chat qui a été bien sage pendant cette séance. Je vous embrasse et je vous dis à la prochaine fois.