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Annonces et reprise du cycle
0:00 Bonsoir tout le monde. Miracle de la technique et surtout miracle des hommes que nous nous retrouvions ce soir pour mon plus grand bonheur et j'espère que ça correspond aussi. J'en suis certain pour quelques-uns, vu les commentaires, à votre attente. Je commence tout de suite par remercier, non pas Pierre-Alain comme d'habitude, je ne remercierai jamais assez, mais Pierre-Alain nous a abandonnés.
0:38 Non, non, nous avons abandonné géographiquement parce que fort heureusement pour lui, il est pour des raisons professionnelles importantes sur un chantier qu'il accapare beaucoup en mer de Chine. Non, je n'en dirai pas plus pour un tournage. Et je suis ravi que ça me donne l'occasion de revoir celui qui se substitue à lui ce soir. C'est une vieille connaissance pour vous, même s'il est bien jeune.
1:08 Je pense à Victor Sarkis, brillant philosophe, je vais faire rougir, mais je maintiens. Et avec qui, si vous vous souvenez bien, nous avions fait ensemble une vidéo qui avait suscité pas mal de vos réactions, plus souvent pour le meilleur que pour le pire. C'est sur le rapport Marx et Engels à partir de l'occasion m'en avait été donnée de tourner quelque chose avec lui, sous forme de dialogue avec lui, dans le cadre d'un blog que vous connaissez bien, et que nous devons à notre ami Benjamin Leloy, à savoir qu'il a fondé, je pense, au gros rouge qui tâche.
2:01 Nous avions fait une vidéo sur le rapport Marx et Engels suite à un excellent article que Victor venait de faire publier dans l'initiative communiste. Voilà. Et puis, je pense à tous ceux qui le connaissent pour des publications régulières, tout à fait indépendantes de notre propre association. car bien que ce ne soit pas un retraité comme moi et qu'il a déjà fort à faire avec sa fonction d'enseignant, c'est aussi un grand militant.
2:33 D'ailleurs, je vous invite, ceux qui peuvent le faire, ceux qui ne sont pas trop loin, à vous rendre, je crois que c'est demain, Victor, tu me corrigeras, à une causerie qu'il va faire sur la pensée de Georg Lukács, n'est-ce pas ? Cette référence qui vous, nous, est familière comme elle était à notre cher Clouscard. Voilà. Et comme ça, nous serons trois auteurs des éditions Delga.
3:10 J'ai honte de me mettre en vis-à-vis de Lukács, quand même, d'abord, j'ai beaucoup d'admiration, mais voilà, Lukács, Victor Sarkis et moi-même. Alors, j'ai pas mal de choses à vous donner, d'informations d'abord, à vous donner avant d'entrer dans notre partie proprement philosophique. Nous avons fait notre rentrée en présentiel de 14 octobre dernier. Et il est bien entendu que nous avons décidé de reprendre cet exercice à titre mensuel, comme nous le faisions avant le confinement, n'est-ce pas ?
3:50 Donc, on devrait, dans quelques jours, à la mi-novembre, n'est-ce pas, avoir l'épisode numéro 2 ? Nous ne pourrons pas, parce que tout le centre Goscinny est réquisitionné pour des activités musicales qui accaparent toutes les salles du centre. Alors, nous sommes en train de chercher, et même Pierre-Alain, à distance depuis l'extrême-orient, déploie ces relations pour nous aider à trouver quoi ?
4:22 Un local, tout simplement, de substitution, juste pour cette deuxième édition, qui se tiendra donc dans la deuxième quinzaine de novembre, ou plus tard, je veux dire, entre le 15 et la fin novembre. Voilà, étant bien entendu qu'ensuite, nous récupérons notre espace, bien sûr, dès le mois de décembre, au centre Goscinny, dès le 13e. Et, et, comme aussi depuis cette rentrée, j'intercale entre deux séances en présentiel, vous savez que ce vocabulaire m'agace, pour ça que je suis un peu laborieux quand j'en parle, c'est, comme nous le faisons aujourd'hui, un enregistrement qui vous permet, qui nous permet, à vous comme à nous, de garder le contact, c'est le plus important, n'est-ce pas, surtout, avec la vitesse, avec laquelle le présent historico-politique nous rattrape, n'est-ce pas, ce n'est pas de trop
5:33 d'avoir aussi entre deux séances mensuelles, une séance bi-hebdomadaire, voilà. Celle-ci étant donc la seconde depuis la rentrée. La troisième, d'ailleurs, parce qu'il y en avait une présentation, une de réponse aux questions, et aujourd'hui, donc, la troisième. Alors, nous continuons le feuilleton qui a été ouvert de cette rentrée sur ce, je vous avais dit, si vous vous reportez, je le dis parce qu'il y en a qui s'agrègent à chaque fois, qui prennent le train en marche, donc, par courtoisie pour eux, même si ça peut agacer, des fois, ceux qui le savent par cœur, je rappelle que, depuis cette rentrée, si vous regardez bien la vidéo de présentation, j'avais annoncé que s'il fallait résumer en un mot, ce qui est toujours un peu oiseux, un peu abstrait, même, enfin, s'il fallait le résumer en un mot, au moins pour y voir clair sur ce qui va, le thème qui va nous occuper pendant ce nouveau cycle de 2022-2023, si un mot pouvait le résumer, c'est l'hésitation.
Hésiter par humilité, contre le nœud gordien
6:41 Et j'aurais bien rajouté en arrière-plan, mais ça ferait presque double emploi, l'humilité, hésiter par humilité, non pas hésiter parce que je suis en train de regarder si la glace est solide et si je peux marcher dessus, non, non, ce n'est pas hésiter dans ce sens-là, c'est hésiter par scrupule aussi, donc par humilité, c'est-à-dire ne pas hésiter à réaliser qu'on a fait fausse route, qu'on peut revenir en arrière, c'est une chose que j'admire énormément, par exemple, chez quelqu'un qui n'est pas une référence absolue pour moi, même si je pense à Freud et au fondateur de la psychanalyse, bien sûr.
7:28 Quand je dis que ce n'est pas une référence absolue, ce n'est pas du tout et d'abord, je n'ai aucune référence absolue, soit dit, en passant, j'aimerais bien me raccrocher comme ça. Il y en a qui ont Lacan comme référence absolue, qui ont Kant, qui ont Marx, qui ont Hegel, c'est très bien, moi, j'en ai, tous les matins, j'ai des références comme ça, vous en connaissez la majorité, que ce soit des références philosophiques, littéraires ou musicales, on se connaît, mais le soir, je le remets en question, je me dis, vous voyez, j'ai trouvé plein de contre-arguments, voilà, j'admire encore plus ça chez Freud, c'est l'humilité avec laquelle il dit je dis ça, ce n'est pas certain, c'est plutôt spéculatif, je ne peux pas l'asseoir comme je le fais d'habitude sur un fond expérimental, sous-entendu avec tous les sujets dont je me suis occupé, qui ont l'air de défiler comme ça, avec leur diversité individuelle sur mon divan, c'est moi qui fais une prosopopée, une voix off, mais qui en fait raconte toujours les mêmes choses je prolonge un peu
8:38 cette parenthèse freudienne pour dire que Freud disait, on se demande si je ne suis pas obsédé de revenir toujours à des éléments de la libido, de la sexualité, ce n'est pas moi, c'est que j'aimerais bien qu'il me parle d'autre chose, mais ça revient toujours à ça, vous voyez, soit directement, soit indirectement par l'ordre symbolique. Revenons à notre cycle de 2022-2023, je disais l'hésitation, mais pas au sens psychologique, ça peut être un repère pour qu'on se comprenne comme ça, tiens, il hésite, en tout cas, le contraire de celui qui, comme on dit pour Alexandre le Grand tranche le nœud gordien, ça c'est le contraire de l'indécision, je le dis pour ceux, puisque, je vais parler en vieux réactionnaire, nos enfants non plus, la transmission de la grande tradition humaniste, non, je ne plaisante pas, il y avait du bon et puis il y avait du moins bon et puis c'était réservé à une élite tellement confinée, du point de vue statistique et numérique, n'est-ce pas, qu'elle avait aussi bien des choses à revoir parce qu'on s'endort facilement lorsqu'on est entre soi,
9:48 n'est-ce pas, et qu'on n'est pas fécondé par l'altérité. Donc, je rappelle cette anecdote du nœud gordien, la légende, parce que passé un certain temps, il devait y avoir un fond, bien sûr, d'authenticité, lorsque Alexandre commence vraiment, il ne s'est pas contenté, n'est-ce pas, comme son père le subjuguer Athènes, en venant là-haut du nord, de la quasi-barbare Macédoine, les Macédoniens étaient moins raffinés comme si, il y a sion que les Grecs, n'est-ce pas, mais ils ont subjugués militairement.
10:32 Et la phalange macédonienne, non, là, Alexandre s'attaque à l'univers, à l'univers comme il est l'époque, c'est-à-dire qu'il franchit le Bosphore, il prend du bateau, dans les derniers mètres, avant d'accoster à l'Asie, il lance sa javeline, n'est-ce pas, et il prend l'Asie comme terre de conquête, et vous savez la suite, ça va être un des plus grands empires, mais pas loin de sur la route qui doit le mener vers les capitales des Perses, avec lesquelles il est donc en guerre, de ce côté-là des Bosphores, il y a un lieu comme ça où il y a un énorme nœud de cordes qui est là depuis les temps immémoriaux, et on met au défi sur à l'entrée des cités, comme ça, vous savez qu'il y a des obstacles, des épreuves, comme Oedipe, avant d'entrer dans Thèbes, il faut qu'il réponde aux énigmes des sphinx, et bien là, il y a ce nœud et chacun doit essayer de le dénouer, n'est-ce pas, c'est pas seulement
11:42 qu'il est complexe comme des nœuds de marins, n'est-ce pas, ou des perruques de couturières ou de couturiers, en Afrique, c'est les hommes qui font la couture, à la veille des fêtes, là, ils ne dorment pas la nuit parce qu'ils préparent les robes, c'est pas à la veille de l'Aïd el-Fitr ou de l'Aïd el-Kébir de la fin du carême du ramadan, non, c'est pas seulement un nœud difficile à dénouer à cause de la complexité de ses fils et de ses intrications, mais aussi à cause de l'énormité des cordes de l'ancienneté qui fait qu'il est presque minéralisé, voilà, tous ceux qui ont essayé ne sont pas parvenus à le dénouer, Alexandre, qui n'est tout le contraire de votre serviteur, c'est pas quelqu'un, enfin, je veux dire, du philosophe en général, c'est-à-dire qui n'est pas en train d'hésiter, de douter, n'est-ce pas, c'est un homme d'action.
12:32 Alexandre sort son glaive et tranche le nœud et depuis, c'est devenu l'expression quand quelqu'un prend une décision tout d'un coup, n'est-ce pas, qui me permet de sortir d'une situation de blocage, on dit, il a tranché le nœud gordien. Je demande, pardon, mais le café est ma dernière dope depuis que mes ennuis cardiaques m'ont interdit de m'adonner aux autres.
La philosophie naît de la crise et du langage courant
13:03 Non, non, je n'ai jamais été un grand buveur, ne vous inquiétez pas. Donc, voilà, l'hésitation au sens où elle est immanent à l'exercice de la philosophie. Vous savez, les interlocuteurs de Socrate comparaient le fondateur de la philosophie, je n'ai pas dit de la pensée, je ne répète jamais assez qu'il y a une pensée orientale, extrême orientale, chinoise, hindoue, mésopotamienne, sémitique, bien antérieur à l'initiative socratique, d'une profondeur parfois insondable, même si ce mot ne veut pas dire grand-chose, en tout cas d'une richesse à inspirer bien des philosophies, mais ce n'est pas que la philosophie, c'est la pensée, pensée profonde.
13:50 Je préfère une pensée profonde à une philosophie superficielle, ce n'est pas un jugement de valeur quand je dis que ce n'est pas de la philosophie, ce n'est pas pour les écarter, ce qui est spécifique à partir de Socrate, vous l'avez souvent entendu dire, et on revient à notre sujet, parce que quand j'ai commencé à dire en un mot, c'est l'hésitation, mais pourquoi ? Parce qu'on y a été catapulté dans l'hésitation à partir de nos réflexions et de ce que j'ai pu essayer de vous faire apparaître sur les difficultés de ce que les linguistes appellent la langue que je parle avec vous à l'instant, ou plutôt du langage, car ce n'est pas une langue, la langue c'est le français, mais même si tout d'un coup je décidais de faire ma causerie philosophique en russe, en anglais, en swahili, ou en bororo, il reste que ce serait le langage naturel, ce ne serait pas Y égale F de X implique égale, non, ce ne serait pas des mathèmes ou des algorithmes, ça reste des mots, ça reste du logos.
14:57 Quel rapport avec les hésitations vous me direz ? Nous y voilà, nous y voilà, et vous allez voir que ce n'est pas comme ça pour couper les cheveux en quatre, vous voyez que j'essaye de rester poli, que j'insiste sur l'ambivalence des mots de tous les jours, parce qu'il y en a plein qui me diront « Bon, ça va, si je te dis attention, il y a un stop, tu ne vas pas me dire qu'il y a un stop, bien sûr. » Mais là, on n'est plus dans la connaissance, on est dans l'action. Ne mélangeons pas. Par contre, je vous rappelle tout simplement, je reprends les mêmes exemples toujours à cause de ceux qui sont nouveaux et qui s'agrègent, qui ont le mérite d'être très clairs.
15:38 Lorsque je dis « Le jour se lève, le soleil se lève », là, je fais un langage courant, je ne suis pas dans un langage entièrement formalisé, et heureusement formalisé, parce que ça permet à des sciences dures, n'est-ce pas, de nous avoir, de faire des avancées prodigieuses dans leurs applications et qui font que, si nous-mêmes sommes en bonne santé en vie, et nos enfants aussi, c'est qu'on leur doit. Je le dis pour les obscurantistes et les décroissantistes et les retours en arriériste.
16:09 n'est-ce pas ? Et quand je pense qu'il y en a qui osent se réclamer de Rousseau, pour dire après tout que Rousseau, qui est une de vos références, lui-même a dit que tout ça, les sciences et les arts nous avaient amenés dans les impasses, on lira de Rousseau un peu plus tard, vous allez voir, que ce n'est pas tout à fait comme ça que Jean-Jacques s'exprime. Tant s'en faut. Mais je reviens à mon histoire du langage. Le jour se lève. Je ne suis pas en train de faire de l'astronomie quand je dis ça.
16:42 Je ne suis pas dans le scientifique. Je suis dans la poésie, dans la métaphore. Le jour ne s'est pas levé. Il ne s'est pas couché. Il n'a pas besoin de se lever. Ce n'est pas le soleil qui bouge, c'est nous. Ah oui, c'est vrai, c'est vrai. Mais oui, mais on l'oublie tout le temps parce qu'on revient dans les habitudes du langage courant. Ce qui n'est pas grave. On se comprend très bien quand je dis « Il serait temps que tu te dépêches un peu parce que le jour se lève et vu les heures de bouchons qui t'attendent. »
17:13 Vous voyez ? Non, non. Pour des raisons immédiates, pratiques. Ah, mais si la vie c'était toujours une pratique qui se déroule sans heurts et sans problèmes. On n'aurait pas besoin des philosophes. On n'aurait pas besoin de la philosophie. Vous voyez comment on révise là. Il faut qu'il y ait crise pour que la philosophie surgisse. Il a fallu la crise de la cité grecque précisément sous les coups d'Alexandre de Macédoine, de son père d'abord, de Philippe, puis d'Alexandre, n'est-ce pas, pour que Socrate se répande dans les rues d'Athènes.
17:48 il a fallu que la féodalité, la monarchie féodale soit au bout aristocratique, soit au bout du rouleau à la fin du XVIIIe siècle et que Rousseau soit en mesure de dire dès les années 60, au milieu des années 60, dans l'Émile, lorsqu'il dit « Nous approchons de l'état de crise et du siècle des révolutions. » Il a fallu cette crise féconde puisqu'elle va enfanter le monde moderne dans lequel nous nous trouvons et sur lequel je reviens si souvent pour mieux comprendre notre jeunesse et mieux poser les problèmes qui s'y débattent en rappelant le contexte depuis lequel ces questions se posent.
18:45 Oui. Parce qu'il y en a qui me diraient « Alors, si on se comprend quand on dit le jour se lève, pourquoi tu vas commencer à dire que le langage de tous les jours est ambigu ? » Non, si c'est pour dire que tu dois aller au boulot, oui, ça suffit. Mais ce n'est pas du tout l'ensemble des mécanismes par lesquels tout d'un coup on est passé de la nuit au jour. Il faudra des millénaires de patience, d'efforts, de naissance, de la science, de l'astronomie pour comprendre que le soleil ne se lève pas, il ne se couche pas. Ce n'est pas comme ça que ça se passe.
Perceval muet devant le Graal et la bouche de l'ogre
19:16 C'est pour notre vision qu'on a l'illusion comme ça du spectateur qui se met au centre. C'est important, je suis en train de dire. ça justifie le fait que quand on a reçu des coups, on hésite à recommencer. Lorsque notre prochaine séance en présentiel que je vous ai annoncée, que ce soit son nouveau signe ou bien un centre de substitution à local que nous allons trouver, je compte faire une lecture suivie de plusieurs passages d'un magnifique texte un des plus beaux qu'il soit que je n'ai jamais analysé entre nous et qui a pour auteur l'un des plus grands auteurs de notre poésie et peut-être même le fondateur de la poésie en langue française, je pense à Chrétien de Troyes et je pense à son mystérieux dernier chef-d'œuvre
20:26 inachevé, la Perceval ou le Conte du Graal. Il dit d'ailleurs des premières de ce magnifique poème et je compte qu'il soit narré en cour royale, ce est li contes del Graal. Et oui, oui, je sais que ça intéresse beaucoup de gens, mais c'est peut-être qu'il y en a qui vont être très drôle, être déçu sur... sur... Excusez-moi, j'ai beau le mettre...
21:05 Ah, mais ça y est, je n'arrivais pas à le mettre sur mode avion, c'est bon. Voilà. Donc, oui, je vous dis tout de suite pourquoi je vais prendre ce texte de référence, parce qu'il y a, et je vous le dis en avant-première, avant qu'on aborde ce texte, il y a un magnifique passage où Perceval, qui pour l'instant est en quête d'aventure, est encore tout jeune, il vient à peine de quitter, j'allais dire les jupons de sa mère, il n'est pas du bon...
21:39 il a à peine de quitter le château de sa mère en pleine forêt, elle l'a élevé loin, loin, loin, loin, loin des hommes, loin des guerres, des batailles, parce qu'elle a perdu son mari qui est parti, guerroyer en Orient, en gros, elle ne veut pas que son fils devienne chevalier pour pas qu'il périsse comme l'objet de son immense amour, son mari, Gahmuret, et donc elle l'a élevé comme un petit sauvageon comme ça, dans la forêt, n'est-ce pas ? Écoutez bien, parce que vous allez voir comment avoir une structure, se mettre en place qui va se répéter après tout au long de nos expressions littéraires, picturales, musicales, celui qui est demeuré, qui est demeuré longtemps dans l'enceinte maternelle, n'est-ce pas ?
22:24 qui a du mal à en sortir. Un jour, il décide d'en sortir parce que, vous savez ce que c'est qu'un fruit défendu, sa mère lui défend d'approcher de près, de loin, et encore moins de près, tout ce qui se rapporte à la chevalerie de peur de le perdre, et un jour, il en voit passer au loin, il les suit, il se retourne un petit peu, il voit sa mère en pamoison, il passe outre et il s'en va. Et plus tard, quand il verra le Graal, il le verra, le Graal apparaître dans un château mystérieux, le château du roi du Graal, du roi pêcheur, je vais vite, ne vous inquiétez pas, on reviendra dans le détail, lorsqu'il, tout le monde attendra qu'il pose la question, la question qui lèverait le maléfice sur le monde.
23:15 Et sa bouche reste muette, vous voyez l'hésitation, lui qui est un, je ne sais pas, qui peut couper en morceaux un adversaire dans un tournoi, ne sais pas, et faire sauter toutes ses éclisses, et puis pulvériser son armure, là, devant la merveille, il hésite à ouvrir la bouche. Vous voyez, on n'est pas loin des problématiques du langage. Et puisque j'en suis là, je ne quitte pas le personnage de Perceval, même en avant-première, je vais y revenir pour une deuxième anecdote, mais puisque j'en suis là, je me rappelle que j'avais une excellente amie qui préparait l'agrégation de lettres.
23:56 Et nous discutions souvent des textes de son programme et dans l'épreuve, très belle épreuve de littérature comparée, dite de littérature comparée, elle se fait par thème chaque année, ça change, je crois, tous les deux ans, ou chaque année, je ne sais plus, il y avait cette année-là le thème du conte. Le conte, il est comme des contes pour enfants, n'est-ce pas ? Et dans les excellents cours qu'elle recevait dans cette veine, l'un de leurs professeurs leur avait dit que la figure de l'ogre si récurrente, si fréquente dans le conte serait peut-être due à une hésitation, comme on y revient, à une hésitation de la bouche, étrange organe où plusieurs fonctions se disputent pour savoir qui va l'utiliser, est-ce que la bouche est l'organe de la parole ?
24:56 Tout le monde va dire oui, bien sûr, qu'est-ce que tu vas chercher ? Ah oui, c'est aussi l'organe de la nutrition, ah oui, c'est le vrai, mince, dites donc, parler et manger en même temps, ce n'est pas évident, hein ? Pas seulement parce que ça fait du risque d'aérophagie, et respirer. Trois fonctions vitales, n'est-ce pas ? Enfin, deux vitales au sens propre biologique, n'est-ce pas ? Respirer, manger et puis une fonction vitale pour l'animal humain, c'est-à-dire pour le logos, pour l'animal qui parle, qui se dispute le même passage par la bouche.
25:34 Eh bien, la figure de l'ogre, d'après l'enseignement qu'elle a reçu cette année-là, serait due au fait que c'est la bouche de celui qui a hésité entre parler et manger, et qui n'a pas pu aller jusqu'à parler, du coup, à force d'hésiter. Vous voyez ? C'est sérieux, l'hésitation. Je reviens à Perceval. Quand il est Véral, le Graal, sa bouche va rester muette.
26:04 Et il lui faudra, il lui faudra, je vous le dis, parce que ce n'est pas tout à fait un polar, donc il y a des enjeux plus intéressants encore que ceux d'un polar. C'est très intéressant, la littérature du roman policier. Mais là, je peux vous le dire qu'il faudra bien des aventures et des milliers de vers pour qu'un prud'homme, comme on dit, un ermite dans la forêt, finisse par lui dire que c'est parce que s'il est muet à chaque fois, et s'il ne parle pas au moment où il devrait parler, au moment où on attend qu'il dise quelque chose, c'est parce qu'il est noué par le souvenir qu'il a de sa mère qu'il a laissée.
26:39 Il a passé outre, n'est-ce pas, à son malheur et elle est morte de douleur en le voyant partir. Et quelque part, ça le travaille et ça l'a noué. Vous voyez ? Donc, quand je parle d'hésitation, vous voyez, c'est en l'opposant à la décision, comme il a pris un jour la décision, n'est-ce pas, de quitter le château maternel, comme Alexandre tranche le nœud gordien, c'est ce va-et-vient entre l'hésitation et la décision qui va nous occuper pendant ce cycle-là.
Le poisson torpille socratique et le doute cartésien
27:14 et j'en profite pour dire qu'il est immanent à la philosophie. Je vous parlais de Socrate tout à l'heure et j'ai fait cette longue parenthèse. Maintenant, je peux dire pourquoi l'hésitation est immanente aux origines et au principe même dans ce double sens chronologique à l'origine, à Socrate, mais aussi à chaque fois qu'on veut refaire de la philosophie, sérieusement, qu'on fait de nouveau des avancées, on bute sur la même hésitation, laquelle ?
27:49 Celle qui faisait dire aux interlocuteurs de Socrate, et maintenant je finis, cette anecdote-là, que la manière dont il posait les questions le faisait comparer au poisson torpille. Vous savez, le poisson torpille, une espèce de raie qui, lorsque vous la touchez, vous donnez une décharge électrique qui fait qu'on est engourdi et qu'on ne sait plus quoi dire, on ne sait plus comment répondre. Et Socrate disait « Oui, oui, tu souffres, mais c'est bon signe, c'est que tu es en train d'accoucher, ce sont les douleurs de l'enfantement, ce ne sont pas des douleurs mortifères ou stériles, ce sont des douleurs fécondes.
28:26 Tu vas enfanter d'un nouveau savoir. Si je prends donc hésitation dans ce sens-là, vous voyez comme on est parti de l'hésitation et qu'on est arrivé au problème du langage. Parce que les mots du langage de tous les jours, dès qu'on veut les regarder de près, la philosophie n'est rien d'autre que l'effort pour regarder d'un peu plus près ce qu'on dit dans le feu de l'action. Encore une fois, passe-moi le sel, attention, il y a un stop, ça va, je ne vais pas vous dire qu'appelle-tu le sel.
28:56 il y a bien des circonstances où on aurait bien fait de poser la question de ce qu'on voulait dire. Je ne sais pas si vous évitez bien des malentendus, bien des drames et des tragédies. Et vous allez voir que ce lien entre l'hésitation et le doute, catégorie fondamentale de quelqu'un aussi peu enclin que René Descartes, c'est un guerrier au départ que la fonction des aristocrates à l'époque, c'était de faire la guerre, de se vendre à n'importe quel souverain ou au gros, au petit grand-duc dans le Saint-Empire romain germanique, je dis ça parce que ça lui est arrivé, qu'il employait comme professionnel, si vous voulez, la guerre.
29:41 Donc, il ne les sait pas et puis il était attaqué sur un bateau qui devait l'amener en Hollande ou en Angleterre, je ne sais plus, il a fait les deux, je crois que c'est pour la Hollande. et par des pirates, il les a tous ramenés au port à la pointe de l'épée. Vous ne croyez pas que les philosophes sont des rêveurs pendant que de l'autre côté il y a des hommes d'action. Il les a livrés aux autorités, aux gendarmes, aux gendarmes. Alors, pourquoi je fais tout d'un coup allusion à Descartes à propos du doute et du lien entre doute et langage ?
Lecture du morceau de cire de Descartes
30:12 Je ne perds pas mon fil. C'est parce que je pense à l'un des passages mais les plus, je vais parler comme des journalistes, les plus emblématiques, du corpus cartésien. Je pense au fameux passage qu'on résume souvent par l'expression « le morceau de cire » qui est extrait de la deuxième méditation dans le recueil qui s'appelle « Les méditations métaphysiques » de Descartes. qui ont eu un retentissement dans l'intelligentsia, dans les penseurs de l'époque qu'on a du mal à imaginer quand on voit une autre grande œuvre de Descartes, les réponses aux objections, c'est les objections qu'on envoie les plus grands cerveaux de l'époque, d'Angleterre, de l'Italie, de la France, bien sûr, à propos du cogito, de l'existence de Dieu, de l'âme, de l'imagination, bref.
31:09 Dans la deuxième méditation, Descartes est en train de parler de la notion de corps, les corps en général, comme il dit au sens physique, si vous voulez. Et là, il le dit tellement bien que je vais lui céder la parole, n'est-ce pas ? Commençons par la considération des choses les plus communes et que nous croyons comprendre le plus distinctement.
31:46 Alors là, on n'est pas en philosophie, je ne sais pas, je parle, moi, j'ai une caméra, j'ai une tasse de café, j'ai l'écran, ces choses-là, il parle de ces choses-là. Commençons par la considération des choses les plus communes, on n'est pas en métaphysique, et que nous croyons comprendre le plus distinctement, à savoir les corps que nous touchons et que nous voyons. Vous voyez, toucher et voir, il y aura plusieurs centons, tant qu'on y est, n'est-ce pas ?
32:18 Bref, on est, ce qu'on appelle depuis Platon, le monde sensible, c'est-à-dire celui avec lequel nos sens nous mettent en contact. Toujours bien rappelé, ces notions fondamentales, parce que les gens, je ne sais pas si c'est le réel, si c'est… En tout cas, ce qui est sûr, c'est que c'est ce avec quoi les sens nous mettent en relation. « Tenez, j'ai rêvé cette nuit que je revoyais ma grand-mère, à quel bonheur, mon sens, c'était un impérissable, mon grand-mère. » Je la voyais, je la pensais, mais ce n'était pas le réel, malheureusement, ce n'était pas le réel.
32:54 Le sensible, laissant de côté, de savoir si ça correspond, réel, à la vérité, au faux, c'est un vaste dossier, que Descartes, ça n'a pas été le premier ni le dernier, n'est-ce pas, à explorer, tant s'en faut. Donc, à savoir les corps que nous touchons et que nous voyons. Je n'entends pas parler des corps en général. Qu'est-ce qu'un corps en général ? Il ne veut pas être abstrait, là, car ces notions générales sont d'ordinaire plus confuses, mais de quelqu'un en particulier. Prenons, pour exemple, ce, le démonstratif, ça veut dire, il est là, là, au bout de son index, l'indication, index.
33:31 prenons ce morceau de cire, là, on est dans l'ici et le maintenant, ceci, ici, maintenant. Vous comprenez pourquoi il y a de la cire ? Il n'y avait pas EDF, il y avait une bougie quand il travaillait, quand il écrivait. Et cette bougie, elle était faite, non pas avec de la stéarine, mais c'est bien plus agréable pour le nez, n'est-ce pas, et pour les sens, avec de la vraie cire d'abeille qui est en boule, qu'on retrouve encore dans la campagne, n'est-ce pas. ou chez les marchands de boboterie, dirais-je, pour aller rapidement.
34:07 Donc, c'est merveilleux. Prenons, par exemple, ce morceau de cire qui vient d'être tiré de la ruche. Il n'a pas encore perdu la douceur du miel qu'il contenait. Voilà, pour ce qui est du goût, au sens, du sucré. Il n'a pas encore perdu la douceur du miel qu'il contenait. il retient encore quelque chose de l'odeur des fleurs dont il a été recueilli.
34:37 Voilà, pour l'odorat. C'est admirable, ce passage. Sa couleur, sa figure, sa grandeur sont apparentes. Il est dur, vous voyez, il multiplie toutes les occasions de le cerner par les sens. Il est dur, contre le mou, n'est-ce pas ça ? On est dans les sensations, là, on n'est pas dans les sentiments, encore moins dans les idées. Il est dur, il est froid, on le touche.
35:08 Si vous le frappez, il rendra quelques sons. Enfin, pour résumer, toutes les choses qui peuvent distinctement faire connaître un corps, à quoi il ressemble, quelle est son odeur, quelle est sa couleur, quelle est sa forme, se rencontrent dans celui-ci. Mais voici que, cependant que je parle, on l'approche du feu. Ce qui restait de saveur s'exhale, l'odeur s'évanouit, l'odeur de cramée, sa couleur se change, le blanc devient jaune, sa figure se perd, sa grandeur augmente, la chaleur dilate les corps, il devient liquide, il s'échauffe, à peine le peut-on toucher, et quoi qu'on le frappe, il ne rendra plus aucun son.
36:02 Jusque-là, ce n'est pas des surprises, chacun peut faire l'expérience. Et là, on va voir un immense philosophe, c'est la question qu'il pose tout d'un coup. Elle est très simple. La même cire demeure-t-elle après ce changement ? Par reconnaissance envers tous ceux qui ont la gentillesse de suivre mes causeries depuis longtemps, et il y en a tellement qui ont fait les meilleurs interventions dans leurs commentaires, parmi les meilleurs et auxquels je n'ai pas répondu, j'ai tellement de scrupules, mais je pense à eux.
36:39 Je vais faire des séances spéciales pour en parler. Par courtoisie, pour ceux-là, il y en a beaucoup parmi eux qui disent que des fois, ils se perdent un peu dans l'abstraction, les difficultés proprement philosophiques, je les rassure ici. La même cire demeure-t-elle après ce changement ? Ça a l'air tout simple comme question. Mais c'est là qu'on rentre en philosophie. Parce que je suis obligé de faire un rappel pour les rassurer que je n'ai pas changé de sujet.
37:10 On était dans le langage. Pourquoi je vais passer tout d'un coup à Descartes, mon social ? On y est en plein. On va le voir. Ne s'inquiétez pas. Dans quelques lignes. Le problème du langage. La même cire demeure-t-elle après ce changement ? On va voir. Qu'est-ce que ce morceau de cire ? Nous avons répondu ensemble avec Descartes. C'est quelque chose de blanc, de forme cubique, qui a une odeur de miel, qui a un goût de miel, qui a une odeur de fleur, de résine, si c'est un miel de forêt de conifères, miel de forêt noire, ou de lavande, peu importe.
Nommer et juger : le sujet et ses prédicats
37:49 si c'est un peu plus vers la Mare Nostrum, notre mère méditerranée. C'est comme ça qu'on l'a défini. Or, tout ce qui a disparu, donc, il a raison de dire est-ce qu'on doit encore, voyez le langage, l'appeler la cire. Dieu a donné à Adam dans le paradis terrestre le privilège de nommer les créatures.
38:21 Que Dieu n'existe pas n'a rien à, ne change rien à l'affaire. Il faut que ce soit diablement important comme problème pour qu'on dise que c'est un privilège, n'est-ce pas ? Pas seulement de parler, parce qu'il y a des tas d'espèces animales qui s'efforcent de communiquer de manière des sifflements, des roucoulements, des vibrations dans l'eau, je pense aux cétacés, sur des distances énormes. Non, non, je ne vais pas ici de nommer ce qui est vraiment propre au langage.
38:52 Pas toute forme de communication, que les abeilles communiquent très bien. Où est le butin ? Combien il y en a ? Dans quelle direction tout ça a été étudié ? Non, non, non. Je parle de langage qui est très bien différent. Le langage, oui, ça c'est une tasse, ça c'est un bol, ça c'est une bouteille, ça c'est un cendrier, ça c'est une carafe. Oui, je reste dans une famille d'objets contenant, mais déjà, regardez, comme les noms pullulent. L'acte de dénomination qui est peut-être le plus fondamental chez Platon, alors que chez Aristote, c'est plutôt le jugement, je vous le dis, parce que ça permet à certains lieux qui continuent vaillamment leur étude de philosophie peut-être d'avoir une petite étincelle dans un passage qui pouvait leur paraître obscur, n'est-ce pas ?
39:37 Aristote a passé sa vie à étudier le jugement un peu comme Kant, n'est-ce pas ? En particulier, l'importance de la syllogistique chez lui, les syllogismes enchaînements de jugements. vous savez, tous les harengs sont dans la lune, Laurent est un hareng, donc Laurent est dans la lune, qui n'attendent pas parce que ce qui compte dans le jugement, ce n'est pas la vérité matérielle, c'est la cohérence formelle. jugement, mais les concepts, la dénomination, c'est le concept, lion, ordinateur, clavier, tasse de café, là, je suis dans les concepts.
40:23 Si je dis félin, parce que je viens de voir mon chat, je suis dans les concepts. Et si je dis les félins sont des mammifères, avec un sujet félin, un prédicat mammifère et un verbe qui permet de les unir tous les deux, qu'on appelle pour cela le verbe être, sont, la copule qui fait un couple de ces deux mots qui au départ, n'avaient pas l'air lié à ce moment. les félins sont les mammifères.
40:53 Là, on est dans le jugement. Mais là, je ne parle pas de ça, je ne parle pas dans le langage, il y a les deux. Il y a plus souvent des énoncés qui jugent. Mais là, je parle de l'état, le premier état du langage primitif, c'est celui qui nous fait dire, comme dit Rilke dans un poème magnifique, sommes-nous peut-être là sur cette terre pour dire pommes, poires, bananes, pour dire, nommer les choses par leur nom. Alors, pourquoi je m'attarde un peu là-dessus ? C'est que tout ce par quoi nous avions donné un prédicat à la cire, qu'est-ce que c'est que ce morceau de cire ?
41:30 C'est quelque chose qui est blanc, qui a odeur de fleur, qui a le goût de miel, etc. Tout ça a disparu. C'est une odeur de cramée, le blanc est devenu jaunâtre, tout ça, parce qu'on l'a approché d'une flamme. Donc, on ne devrait plus l'appeler la cire si nous suspendons le sujet au prédicat. Le prédicat a changé. Comment je peux garder le même sujet ? Vous voyez, c'est toujours abstrait, mais ça parle plus maintenant avec cet exemple, n'est-ce pas ? Extraordinaire de Descartes.
42:01 Et donc, il continue et il dit ceci. Je reprends d'abord le moment de la rupture, mais voici que cependant que je parle on l'approche du feu, ce qui restait de saveur s'exale, bref, tout s'altère. L'odeur s'évanouit, sa couleur se change, sa figure se perd, sa grandeur augmente, il devient liquide, il s'échauffe. À peine le peut-on toucher et quoi qu'on le frappe, il ne rendra plus aucun son. Coupure se bien n'est, que j'attrouve, soir exprès.
« Les paroles m'arrêtent » : du langage usuel au concept
42:33 Non, non, je n'en rajoute pas cette importante question. La même cire demeure-t-elle après ce changement ? Immédiatement après la question, j'enchaîne. Il faut avouer qu'elle demeure et personne ne le peut nier. Bon sang, mon Descartes, qui nous habituait à douter de tout, à éviter soigneusement, je le cite, c'est dans les quatre principes de la méthode, éviter soigneusement la prévention et la précipitation. Et bien là, comme il se précipite à dire, mais oui, c'est la même, personne ne le saurait nier.
43:05 Vous voyez, comme lui-même hésite à quitter le monde de tout le monde. La parole, la manière de tout le monde de parler, mais oui, la cire, elle était blanche, elle est jaune, et alors ? C'est pas pour ça, je vais arrêter de dire la cire. Alors, il faut que je la définisse autrement que comme je l'avais définie, c'est-à-dire par tous les renseignements qui me sont fournis, par les sens. N'anticipons pas, regardez, regardez. Il faut avouer qu'elle demeure et personne ne le peut nier.
43:36 Qu'est-ce donc que l'on connaissait ? Et oui, il parle au passé. Tout d'entendu, il est dans l'hésitation, maintenant, il ne sait plus, il ne connaît plus. Qu'est-ce donc que l'on connaissait en ce morceau de cire avec tant de distinction ? Certes, ce ne peut être rien de tout ce que j'ai remarqué par l'entremise des sens, puisque toutes les choses qui tombaient sous le goût ou l'odorat ou la vue ou l'attouchement ou l'ouïe se trouvent changées et cependant la même cire demeure.
44:06 Vous voyez, il maintient ce qu'on appelle la catégorie de l'identité. Sauf que pour nous, elle est devenue douteuse. Pourquoi on continue à l'appeler comme ça alors que tout ce par quoi on l'a défini, je suis en train de me contredire là, si vous regardez le vrai. Peut-être était ce que je pense maintenant à savoir que la cire n'était pas ni cette douceur du miel, ni cette agréable odeur de fleur, ni cette blancheur, ni cette figure, ni ce son, mais seulement un corps qui, un peu auparavant, me paraissait sous ces formes et qui maintenant se fait remarquer sous d'autres.
44:42 peu vague, sous d'autres. Mais qu'est-ce que précisément parlant que j'imagine lorsque je la conçois en cette sorte ? Je vous saute ensuite le reste de la démonstration parce que je ne veux pas quitter ma problématique ou pas vous embrouiller par rapport entre l'hésitation et le langage. Regardez bien, maintenant, on y arrive. Cependant, je ne saurais trop m'étonner à l'époque, m'étonner, c'est comme le déclenchement du tonnerre, c'est très fort. Je ne me saurais trop étonner quand je considère combien mon esprit a de faiblesses et de pentes qui le portent insensiblement dans l'erreur.
45:21 Mais à force de se fier à la manière de parler courante et de langage naturel au moins lui, il avoue que ça nous incite à avoir de la faiblesse de penser parce que le langage n'est pas très précis. Car, encore que sans parler, oui, on y arrive, sans parler, je considère tout cela en moi-même, ce qui fait dire à certains que je ne parle pas, je ne prends pas des mots, mais je pense, comme si on ne voulait pas penser sans les mots. On y reviendra une autre fois. Les paroles, toutefois, m'arrêtent. Admirable, ça arrive.
45:51 Et je suis presque trompé par les termes du langage ordinaire. La première grande séance que j'ai faite en présentiel au centre Goscinny depuis cette rentrée a été consacrée à la réponse de M. Clouscard à Claude Mordila. Mordila, pardon, excusez-moi. D'ailleurs, on profite pour m'excuser auprès de lui parce que je m'étais agacé de toujours massacrer son nom quand je le répétais parce qu'il fait penser à quelqu'un d'autre d'ailleurs.
46:28 Du coup, en m'agaçant, j'ai été injuste. J'ai dit, je ne vois pas pourquoi je tiens tellement à ce qu'il m'a dit. On ne plaisante pas avec lui, je m'en excuse à titre rétroactif. C'est en visionnant, je me suis aperçu que j'avais commis cette indélicatesse pour quelqu'un qui a eu le mérite tout de même de consacrer pour la première fois les articles de reconnaissance à la pensée de M. Clouscard. Or, Clouscard disait dedans, au moment où Claude Morilla soulevait les problèmes posés par la manière dont il s'exprime, dans la sémantique de Clouscard, il disait comment passer du langage idéologique usuel à la nécessité du concept.
47:23 Virgule, c'est le problème de Socrate. Incroyable réponse. Michel Clouscard, tout d'un coup, se prévaut d'une profondeur historique dans l'histoire des idées, en tout cas, où il fait remonter sa manière de s'exprimer, métaphorique, comme ça. Et oui, on n'est pas au CNRS. On n'est pas en train de parler par équation ou par mesure. Dieu sait, je ne vais pas mépris pour tout ça.
L'objet de la philosophie est un sujet : « je suis je »
47:53 Si tu méprises la science et la raison, les dons les plus élevés de l'humanité, tu te donnes au diable et tu es perdu. Ça fait plusieurs fois que je cite cette magnifique référence que vous trouverez dans le Faust de Goethe, où l'Éternel dit ceci, n'est-ce pas ? Parce qu'il y a un prologue qui se passe au ciel. si tu méprises la science et la raison. Et ceci a été dit au moment où la science commençait à peine à balbutier.
48:25 Les dons les plus élevés de l'humanité étaient de donner à mettre et perdre. Ne me faites pas dire un mot contre les sciences. Mais la philosophie a un autre objet que les sciences dites dures, c'est-à-dire les sciences qui sont consacrées précisément aux objets. car l'objet de la philosophie c'est précisément un objet qui n'est tellement pas comme les autres qu'on appelle un sujet. Ce n'est pas un ensemble de quelque chose. Ce n'est pas des étoiles. Ce n'est pas des protozoaires.
48:55 Ce n'est pas des virus sur un microscope optique ou électronique. Non ! Ou bénéficiant d'une optique électronique, d'une optronique. Non ! Le philosophe c'est « connais-toi toi-même. Dis-donc le même mot que la même cire demeure-t-elle après ce changement ? » J'en profite ici, de nouveau là, je m'adresse un peu moins là au débutant qu'au philosophe exercé, pour leur suggérer que le principe d'identité dont on a vu la dernière fois, vous et moi, je mets tout le monde ensemble, qu'il est à la base même de la scientificité puissé en général la diction « délicativement »
49:39 ou le principe d'identité sur le « délicativement » qui a commencé avec des propositions du présocratique Parménide lorsqu'il dit « ce qui est est, ce qui n'est pas, n'est pas, ceci est une souris, il n'y a pas entre les deux, tiens, bon, non ! » C'est ce qu'on appelle en l'ouvre comme thématique le principe du tiers exclu « a » ou « non a » il n'y a pas le tiers exclu « a »
50:13 j'ai un critère c'est important ce qu'on est en train de voir « or » on en révise des choses tout d'un coup je suis en train de suggérer à mes camarades philosophes que avant de dire « a égale a » l'énoncé même formalisé du principe d'identité qu'une poire est une poire qu'une pomme est une pomme avant de dire « a égale a »
50:49 il faut pouvoir dire d'abord il faut affirmer son identité à soi-même il faut pouvoir dire « je suis je » ce qui fait dire un Fichte un philosophe comme Fichte « ich bin ich » en allemand c'est célèbre à l'époque n'est-ce pas et oui ce Fichte qui a eu tellement d'influence sur nos jeunes gens de Tübingen sur Hegel, Schelling et Hölderlin et oui oui parce qu'on me dit « mais ça va de soi » que je suis je qu'est-ce qu'on perd du temps non, non, non, non, non non, non ou alors vous avez de l'amnésie parce que nous avons tous quelque part des proches plus ou moins proches plus ou moins lointains qui ont eu des problèmes psychiques et quelquefois graves et qui quelquefois ne sont pas capables d'affirmer leur identité d'ailleurs vous le savez prenez une bande dessinée prenez un Tintin dès qu'on voit un fou on le voit avec un chapeau Napoléon en papier plié sur sa tête et il dit je suis Napoléon je ne suis pas je je suis un autre et vous voyez vous voyez et bien il faut là on parle du sujet
Voir et juger : les hommes à la fenêtre
51:59 je vous ai dit dernière fois qu'on est dialectique à partir du moment où la contradiction est interne où elle oppose le sujet à lui-même mais les objets et c'est pour ça que les sciences dures heureusement n'ont pas attendu les philosophes pour progresser dans leur champ qu'il n'est pas celui de la philosophie même si certains mais qui ne sont pas des savants mais des scientistes aimeraient annexer tous les objets de la philosophie n'est-ce pas avec les mêmes méthodes qui ont si bien prévalu qui ont montré la efficacité dans les étoiles ou dans la guérison du bacille de la rage donc je reviens à cette grande distinction entre les quelque chose et les quelqu'un entre les objets et les sujets vous voyez c'était pour y revenir et là Descartes vous voyez malgré le fait qu'il n'est pas du tout spontanément quelqu'un qui aime douter qui aime hésiter qui est un d'ailleurs les mots qui reviennent souvent quand on connaît même texte cartésien qui ne trompe pas que le mot d'un homme d'action nonobstant de rechef je décidais résolument je pris la ferme et constante résolution
53:09 chacun reconnaît ici les passages et les temps forts des textes cartésiens pour que lui-même soit amené à dire car encore que sans parler je considère tout cela en moi-même les paroles toutefois m'arrêtent et oui parce que moi je ne suis pas au café du commerce où j'ai quelqu'un qui réfléchit sur ce que je suis en train de dire et c'est là qu'en y réfléchissant en faisant un retour sur ce que je dis je m'aperçois que ça ne tient pas la route et je suis presque trompé par les termes du langage ordinaire car nous disons que nous voyons la même cire je continue maintenant si on nous la présente et non pas que nous jugeons que c'est la même extraordinaire mais vous voyez bien que c'est la même cire qui tout à l'heure était blanche et maintenant elle est jaune nous ne voyons pas justement nous continuons à chercher ce qui fait que c'est la cire jaune ou blanche etc son identité ce qui se maintient à travers tous ces changements nous continuons à le chercher donc nous ne le voyons pas nous ne le chercherai pas mais nous mais nous jugeons
54:20 que c'est la même c'est pas une vision regardez bien le passage extraordinaire la distinction entre voir et juger ici car nous disons que nous voyons la même cire si on nous la présente et non pas c'est entendu ce qu'on devrait faire que nous jugeons que c'est la même de ce qu'elle a même couleur et même figure d'où je voudrais presque conclure que l'on connaît la cire par la vision des yeux et non par l'inspection de l'esprit si par hasard il change d'exemple encore plus saisissant regardez bien je ne pense pas en dire regardez bien parce qu'il faut ralentir c'est un moment rare dans les textes si par hasard je ne regardais d'une fenêtre donc il regarde par sa fenêtre des hommes qui passent dans la rue à la vue desquels je ne me manque pas de dire que vous aussi moi aussi on dirait pareil je vois des hommes à l'égard desquels je ne manque pas de dire que je vois des hommes tout de même que je dis que je vois la cire et cependant que vois-je retour pas sur l'image retour sur les paroles retour sur mon logos
55:30 là j'étais en train de dire je vois des hommes dans ma tête ou que je le prononce à haute voix quelle importance ce sont des mots c'est un énoncé n'est-ce pas or que vois-je maintenant restons vraiment à ce que les yeux montrent n'est-ce pas et cependant que vois-je dans cette fenêtre sinon des chapeaux et des manteaux vous savez c'est comme des mousquetaires il y en a vu il y en a des chapeaux qui couvraient bien les choses avec des capes et des manteaux n'est-ce pas il y en a des manteaux ça ne fait que commencer c'est extraordinaire n'est-ce pas qui peuvent couvrir des spectres ou des hommes mûs par des ressorts et oui c'était le début de la mécanique ce sont les premiers automates depuis que son exact contemporain Galilée a fondé la physique fondée sur le principe d'inertie qu'il n'y a pas de la magie ou des forces mystérieuses mais qu'il n'y a que de l'étendue et du mouvement n'est-ce pas on peut très bien me donner l'illusion qu'il y a des hommes imités là vous retrouvez non
56:42 on appelle ça vous connaissez ça mieux que moi dans vos feuilletons voilà je vous laisse les hommes bioniques n'est-ce pas vous vous rendez compte si à l'époque de Descartes on peut penser qu'on pourrait faire un automate qui donne l'illusion de l'homme n'est-ce pas on en a même fait à l'époque qui était censé jouer aux échecs vous imaginez ce qu'on peut faire à l'ère de l'électronique du virtuel des écrans de la haute définition de l'intelligence artificielle bon mais c'est quand même des machines vous voyez donc je reprends ce passage extraordinaire si par hasard je ne regardais d'une fenêtre des hommes qui passent dans la rue à la vue desquelles je ne manque pas de dire que je vois des hommes tout de même que je dis que je vois de la cire et cependant que vois-je de cette fenêtre sinon des chapeaux et des manteaux qui peuvent couvrir des spectres ou des hommes feints feint de feinter la feinte imité quoi ou des hommes feints qui ne se remuent que par ressort mais je juge que ce sont de vrais hommes il n'est pas fou et ainsi je comprends par la seule puissance de juger qui réside
57:52 en mon esprit et non pas dans les yeux ici dans mon esprit ce que je croyais voir de mes yeux j'arrête ici la densité vous trouverez ce texte je vous y renvoie d'abord parce que alors là c'est un feuilleton ça vaut tous les polars n'est-ce pas il y a la méditation mais au moins essayer un peu de patience lire les deux premières n'est-ce pas les deux premières la première qui a pour titre des choses que l'on peut révoquer en doute c'est-à-dire faire le bilan de tout ce qui peut être de douter vous allez voir qu'il n'y a pas grand chose qui résiste au doute puis le retournement à partir de la seconde méditation ça y est on a la première certitude on touche enfin le fond de l'eau dans lequel on était en train de sombrer dans le doute de se noyer ou on touche le plancher des vaches si on vient des airs comme vous voulez c'est-à-dire le fameux cogito qui va servir après à Descartes à rebondir et à construire quelque chose de positif après tout ce passage négatif du doute voilà donc vous inquiétez pas
59:03 je peux avoir un écran qui va s'éteindre pendant quelques secondes parce que je ne sais pas encore comment il est nouveau comment on disait comment on disait en anglais comment on inactive sa tendance à me vouloir faire des économies que je n'ai pas commandées mais enfin je le rallumerai aussitôt je vous le dis parce qu'on me prévient là qui risque de s'éteindre dans trois minutes donc voilà j'essaie de faire des formats moins longs que les fois précédentes c'est une séance intermédiaire mais je tenais à vous montrer je crois que maintenant tout le monde a compris le rapport qu'il y a entre l'état du langage dit naturel usuel pour parler maintenant comme Clouscard je trouve que c'est beaucoup plus approprié car comme on regarde de près il n'y a rien de moins naturel précisément que le langage au point que pour les théologiens le plus souvent ils ont assimilé Dieu lui-même au logos au langage tellement que ça a l'air d'être non pas naturel mais précisément surnaturel n'est-ce pas que je fais un enregistrement
Le langage n'est pas naturel ; Perceval devant la neige
1:00:32 avec l'interruption de l'écran je ne crois pas que ça interrompt l'enregistrement parce que le son continuait à être perçu donc je voudrais vous laisser sur sur ce texte je ne sais pas et nous nous retrouverons pour parler de la quête du Graal et et pour terminer en beauté je me permets de dire en beauté non pas à cause de la beauté de ce que je vais dire mais à cause de la beauté du passage que j'extrais en avant-première de la quête du Graal de l'immense chrétien de Troyes texte inachevé comme par hasard et qui va me faire revenir à ce par quoi je vais commencer Perceval vient de quitter le château de sa mère c'est un jeune homme en quête d'aventure qui est un grand chevalier qui a déjà deux ou trois exploits son actif et on a ses adversaires ont appris à redouter sa force et et là on est en hiver il a une immense étendue blanche il vient sortir de la forêt il ne sait pas
1:01:42 que la cour du roi Arthur est là en train de camper presque à vue d'homme là à vue d'oeil pas très loin de là où il est mais il ne voit rien pourquoi c'est pour finir ce magnifique exemple de l'hésitation c'est qu'il était en train de chasser en bon sauvageon n'est-ce pas et il a blessé une merlette un oiseau blanc n'est-ce pas et qui est tombé il s'est précipité pour la ramasser mais il s'est aperçu que l'oiseau n'était que blessé il s'est réenvolé avant qu'il n'ait pu l'atteindre et au moment de vouloir le poursuivre il s'arrête de le poursuivre parce qu'il voit que là où l'oiseau est resté quelques secondes et d'où il s'est renvolé il reste trois taches de sang sur la neige la fois prochaine je vous parlerai de cette polarité puisque hésiter c'est être sur un curseur qui est aussi entre deux pôles antagoniques contradictoires dialectiques le rond ici ce sera le rouge et le blanc mais oui ça va mystérieux comme ça vous verrez que ça le sera moins quand on verra les textes
1:02:52 et les références la prochaine fois surtout que je vous le dis à l'avance pour ceux qui voudraient le lire avant je ne saurais trop le recommander mais je commencerai par un sonnet de Mallarmé qui n'a pas de titre autre que son premier vers comme on fait quand il n'y a pas de titre le vierge le vivace et le bel aujourd'hui oh la mariana de la blancheur le vierge le vivace et le bel aujourd'hui et vous verrez qu'il n'y a pas que ça de blanc dans ce poème voilà je laisse Perceval je finis sur le cas Perceval qui est fasciné par ce trois taches de sang sur la neige au point qu'il est absorbé et qu'il y reste des heures et que la cour est agacée de voir ce chevalier au loin qui ne vient pas saluer le roi et que certains vont le provoquer en arme comme ça avec la lance parce qu'il ne vient pas saluer c'est un rustre et lui il reste absorbé par les taches et juste aux dernières secondes quand il voit le chevalier qui va fondre sur lui il fait un petit geste avec sa lance l'autre se brise la clavicule suivant et quand il en a des qui est comme ça quatre ou cinq le bon chevalier Gauvain qui à l'époque est le chevalier modèle dit au roi Arthur avec votre permission j'irai de lui parler car c'est peut-être
1:04:03 quelqu'un qui a fait un peu de silence je vous laisse en compagnie de Perceval le Gallois qui a inspiré à Wagner comme vous savez son testament que Nietzsche a déploré comme ayant quitté la saine violence du paganisme germanique de Siegfried pour l'idiot qui tend une joue quand on la frappe sur l'autre voilà je vous laisse là-dessus et comme ce n'est pas un direct à un enregistrement comme je vous l'ai dit nous avons pas seulement des problèmes de salle mais de de régie technique des problèmes de maintenance j'en profite pour dire que vous allez recevoir un courrier qui rappelle ceux qui sont en retard dans les cotisations puisqu'on a quelques frais d'équipement d'équipement basique pas très cher mais enfin il faut un minimum donc s'il y en a qui pouvaient se dépêcher de s'acquitter de de ceux qui peuvent bien sûr de leur cotisation disons que ce serait très bienvenu en ce moment mais sinon
1:05:14 n'hésitez quand même pas à bien noter vos questions parce que les séances de réponses aux questions vont se multiplier et s'étendre en importance. Je vous en remercie d'avance et en tout cas, merci beaucoup pour votre attention aujourd'hui. Un immense merci à Victor Serkis.