(Sub-Saharan) Paths of PraxisSupport
Subtitles

#1.4 Between crisis and war: Philosophising?

#1.4 Entre crise et guerre : Philosopher ?

Open on YouTubeListen as a podcast

Why did modern thought banish the notion of end, and how can it be rehabilitated without returning to naive finalism?

Dominique Pagani starts from a question from the audience: why does Locke set aside the problem of the union of soul and body? He first answers with Galilean-Cartesian mechanism. Descartes "de-animates" the world and thereby accomplishes, through a ruse of reason, Christian transcendence against animism. He concludes that the soul calls for the notion of end, and that the end is "what is not there": it can only be signified. We then enter the order of the sign and of meaning, which he distinguishes from the order of cause and effect. Drawing on Spinoza, the Phaedo and Freud, he distinguishes naive finalism from the displaced end, which returns to the human subject. He then retraces the passage from empiricism to rationalism and then to determinism, and shows how Kant, in the Critique of the Power of Judgment, reintroduces finality through reflective judgment and aesthetic pleasure. He ends on the break between the natural sciences and the human sciences, on the sign-meaning pair, and on the question of collective ends, which he proposes to work on in the next session.

Conceptsfinalityteleologydeterminismtranscendenceimmanencesignmeaningcausedogmatismcontradictionfaculty of judgmentpleasureunconsciousprivationcollective

Sessions are in French. YouTube offers automatic English subtitles (CC › Auto-translate).

About this session (in French)

février 2015 - centre Goscinny, Paris


0M

La problématique de l’union de l’âme et du corps commence à partir de Descartes, au Moyen-Âge la philosophie est la servante de la théologie.

Chez Descartes l’ordre des corps est mécaniste, contrairement à chez Aristote où cet ordre est finaliste et anthropomorphique (les corps lourds vont vers le bas car c’est leur lieu naturel).

Cela actualise d’ailleurs le sérieux du monothéisme transcendant qui dit que le principe de vie n’est qu’en Dieu, contrairement aux anciennes religions animistes.


10M

L’âme chez Descartes reste une notion théorique, il en oublie la visée pratique primordiale de la philosophie.

En réalité on ne peut parler de l’âme sans faire intervenir la notion de finalité qui est inexistante dans le corps, d’où l’insolubilité du problème pour Descartes (et les délires de la glande pinéale…)

D’où pour Locke, suppression de l’âme. Car il a compris les problèmes de la notion de finalité. L’empirisme s’attache en effet à ce qui est là (à l’immédiateté sensible) alors que la fin, c’est ce qui n’est pas là.


20M

La position du dogmatisme en philosophie est de considérer qu’il n’y a pas de limite à la connaissance, même celle de celle du bien ou du beau.

Comme la fin n’est pas là, elle ne peut être que signifiée , comme avec un panneau stop dans 150m.

La fin c’est le sens, elle est signifiée avec un signe, elle n’est pas là, elle n’est qu’intelligible .

Ce qui est là c’est le signe qui la signifie (comme le langage), il ne faut pas oublier que ce signe parle de quelque chose qui n’est pas là.

Kant rappelle qu’il y a une faculté des fins : la raison.

Hegel dit que le bannissement de toute finalité externe a discrédité la notion de fin en général mais il faut la réhabiliter en ce sens que la raison est l’opération conforme à un but (Aristote).


30M

L”angoisse de l’homme moderne face à la perte de substance, de la dés-animisation de la révolution scientifique.

La théorie de l’erreur chez Spinoza -> c’est quelque chose dans la réalité qui nous détermine à faire l’erreur, mais je déplace cette réalité.

La finalité a donc été déplacée dans une autorité extérieure, l’idée de finalité externe avait empêché l’émergence de la physique dans l’Antiquité alors qu’on était allé très loin en Mathématiques, il s’agit maintenant de la ramener chez l’homme et pas de la supprimer comme la pensée moderne qui la rapporte à la théologie.

Le couple cause-effet (y=f(x)) doit être remplacé dans les sciences humaines par le couple signe-sens qui indique une intentionnalité.

Avant Freud, on observait le patient et on faisait abstraction de ses paroles, au contraire Freud va écouter le patient et grâce aux signes du patient, il restitue ce qui n’est pas là : le sens.


40M

Tout voir de manière mécaniste n’est pas faux mais n’épuise pas la question du pourquoi mais celle du comment.

Exemple de Socrate qui dit dans le Phédon que c’est comme si à la question “pourquoi suis je assis ici ?”, on répondait “parce que tes tendons sont étirés…”

En réalité, même si on est déterminé, le fait de prendre conscience de ses déterminations change tout à l’affaire et suppose un sujet qui peut se représenter une fin.


50M

Pour dépasser le rationalisme et l’empirisme, on a le déterminisme qui dit que la réalité se conforme aux lois du langage et notamment au principe de non contradiction : 2 attributs opposés ne peuvent appartenir au même sujet sous le même rapport.


60M

Kant réintroduit la finalité dans la Critique du Jugement, il veut créer une passerelle sur l’infranchissable abîme entre la raison pure et la raison pratique.

Surgit alors un nouveau couple de jugement après le couple analytique-synthétique et le couple impératif hypothétique-catégorique, le couple déterminant-réfléchi.


70M

Le jugement relie un attribut à un sujet, le jugement de goût est un jugement de valeur réfléchi.

Déterminant : le jugement correspond à un but poursuivi connu.

Réfléchi : le but n’est pas connu. On reçoit l’effet d’abord, l’objet en sait plus sur le sujet que lui-même.

Si on ressent un plaisir, c’est qu’un désir a été assouvi, ce désir n’est pas connu mais est signifié, dans le cas du plaisir esthétique.

Il faut réfléchir pour le connaître.


80M

Il y a finalité parce qu’on part du plaisir.

Tout le problème des sciences humaines vient de cette notion de finalité :

Ou on établit une continuité (Darwin, Claude Bernard), ou on établit une coupure radicale vivant-inerte, animal-homme… (Dieu…)

-> à mon avis l’évolution passe par des seuils, tout dépend où on met la coupure (alors que dans la réalité on a un continuum), il faut dialectiser continu-discontinu.

Search any author, concept or word across all of Dominique Pagani's videos and writings