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Musicosophie 5. Bonheur contre pulsion de mort en musique

Musicosophie · 5/18 En ligne le 11 décembre 2020 1 h 25
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Comment la musique moderne, depuis Beethoven, oscille-t-elle entre l'exigence populaire de bonheur et la fascination romantique pour la pulsion de mort ?

Dominique Pagani part de l'écoute de l'andantino du premier concerto de Tchaïkovski, musique de bonheur sans ambivalence, ni moderne ni vieillie. Il montre qu'avec Beethoven la mélodie de danse populaire entre dans la musique savante, comme la Révolution française fait sortir de l'Ancien Régime et de son interdiction du mélange des genres ; le bonheur devient, selon Saint-Just, une idée neuve en Europe. Il suit ensuite la dialectique du populaire et du savant au XIXe siècle : Bartók, les écoles nationales nées à la périphérie de l'Europe, le XIXe siècle mal aimé des post-modernes. Il oppose à cette exigence de bonheur la pulsion de mort, que Tristan pousse à son extrême et que Freud pense de façon matérialiste, et situe l'ambivalence du romantisme entre réaction et progrès. Il définit le bonheur par différence avec le salut, la joie et la jouissance : un rapport positif au monde qui dure, contre le puritanisme. Il aboutit à l'hésitation de la musique moderne entre le retour au coup de fouet populaire (Fauré, Debussy, Ravel, Roussel, Stravinsky) et la postérité mortifère de Tristan, dont Harmonie du soir de Baudelaire offre en littérature un compromis.

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