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La modernité née de deux craquements au XVIIIe siècle
0:00 Merci Thomas. Merci à vous, il est la raison. Vous bravez tous les interdits là. Et pourtant, vous savez, si ce virus, il faut le prendre au sérieux. Un virus qui permet qu'on ne parle pas de la plus grave crise du capital depuis les années 30, il nous tombe du ciel. Il faut quand même le prendre au sérieux. Non, non, je parle très sérieusement. Je prends au sérieux ceux qui en sont victimes.
0:34 Mais enfin, au dernier pointage, il y en a quoi, en 76 en France, sur 75 millions d'habitants. Dites donc, il y a des milliers qui clamsent chaque année de la grippe, tout le monde s'en fout. Je rappelle le passage. Et si j'en parle, c'est en plein dans ce sujet que je voulais aborder, bien avant qu'on parle du virus. A savoir, on vous l'a dit sans doute qu'on aurait le même plan aujourd'hui que celui qui avait été proposé pour la dernière fois.
1:04 Parce qu'la dernière fois, ça a été un peu bâclé grâce à la gentillesse de ceux qui ont bien voulu préparer mon anniversaire. Donc ça a été un peu écourté. Je n'ai pas traité l'essentiel de ce qui était écrit dans le plan. Donc on reprend le même. Je rappelle que ce plan était centralisé. Je ne vais pas tout l'énoncer. Il y avait pas mal de sous-paragraphes. L'intitulé essentiel du plan, c'est que je me rapporte à la période où apparaît la modernité, au sens que nous avons convenu de lui donner, et que nous n'imposons pas.
1:42 Encore une fois, on peut très bien dire, je rappelle que la modernité, pour les historiens, les temps modernes commencent à la Renaissance, par exemple, au XVIe siècle, c'est-à-dire à la fin du Moyen-Âge, l'Antiquité, le Moyen-Âge, la Renaissance. Je rappelle que c'est très pratique comme classification. Je dis ça moitié sérieux, moitié un peu ironique, parce qu'il y a deux extrêmes, l'Antiquité et les temps modernes, et entre les deux, il y a le milieu, Middle Age. C'est bien le Moyen-Âge. On fourgue dedans, ça fait 15 siècles à peu près, dont on ne sait pas, pour les deux tiers, on ne sait pas très bien ce qui s'est passé, parce qu'il n'y avait pas beaucoup d'alphabétisés.
2:16 Vous savez que Charlemagne, grâce auquel on doit la création de beaucoup d'écoles, dans le premier empire sur le territoire européen, c'était un prêtre qui le prenait le doigt pour signer en croix comme ça. Vous voyez, quand même, Charlemagne. Alors vous imaginez, paysan du Xe siècle. Bon, bref, donc, l'étant. On peut dire aussi que la modernité, je ne sais pas, que Shakespeare est un des premiers auteurs modernes, ça n'a pas pris une ride, quand vous regardez le Jules César de Mankiewicz, qui reprend mot pour mot le texte de Shakespeare, d'ailleurs.
2:55 Je vous le recommande. Allez-y avec votre copine, parce qu'il y a Marlon Brando dedans, toute sa splendeur. Il m'énerve celui-là, j'ai toujours craqué toutes mes copines. Alors, surtout dans un tramway nommé Désir. On connaissait bien. Shakespeare, ça n'a pas pris une ride, la langue de Shakespeare. On croirait que ça a été écrit hier. Le ton, c'était... Mais démocratiquement, entre nous, la modernité. Et là, j'ajoute notre modernité.
3:27 Pas la mienne. Ni celle de Rabelais ou d'Erasme à la Renaissance. Mais c'est celle qui commence à surgir à la faveur de ces deux grands craquements, que sont la révolution industrielle anglaise et la révolution politique française, qui se produisent à peu près dans la même période historique, au XVIIIe siècle, et qui créent un tel abîme entre ce qu'il y avait avant et nous qui sommes après.
4:01 Je le dis parce que, surtout à la faveur d'un certain cinéma, depuis plusieurs générations déjà dans l'histoire du cinéma, on fait des anachronismes extraordinaires. Je veux dire, souvent, surtout les Américains, qui n'ont pas une épaisseur historique hyper développée. Ce n'est pas une critique. Les avantages et les inconvénients. Ça a l'avantage en esthétique de leur permettre des fautes de goût. Ce n'est pas la vieille culture européenne. Ils se moquent un peu comme les Russes des fautes de goût.
4:33 Alors, ça fait beaucoup de déchets, mais quand ça fait des chefs-d'oeuvre, ça fait des chefs-d'oeuvre extraordinaires aussi. Je suis honnête. Enfin, les Américains, ils font jouer souvent un peplum, un type de l'Antiquité. En fait, on voit que c'est un Californien qui sort d'une boîte de nuit, là où il a écouté Michael Jackson toute la soirée. Il y a quelque chose qui ne va pas. Voilà. Donc, j'insiste sur ce que dit le poète Hölderlin. Ainsi, beaucoup lie, verblier, beaucoup lie, et sépare le temps. Il faut toujours penser que quand on parle de Voltaire, de Racine, puis on remonte dans le passé, puis c'est vrai, c'est un autre univers qui avait dans la tête des gens.
5:09 Ce n'est pas du tout le nôtre. Par exemple, nous, à partir de Victor Hugo, des romantiques, j'entends mon sujet, là. Je n'ai pas perdu le virus. Le Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, vous voyez, nous transporte dans un Moyen-Âge superbe. On voit la cour des gueux, vous savez, oh là, très bien. C'est un Moyen-Âge imaginaire, mais enfin, basé sur pas mal de documentation. À l'époque de Racine, jamais on n'aurait pensé à faire du Moyen-Âge une valeur esthétique. Gothique était un terme péjoratif qui voulait dire laid, barbare.
5:42 Les cathédrales que nous admirons, que le monde entier vient en France pour admirer, je dis ça parce qu'en Allemagne, à Fribourg, il y en a une magnifique. Mais après, il faut faire 400 km pour en trouver une seconde en Allemagne. Mais là, rien que sur... Deux kilomètres autour de Paris, il y en a 80. Deux cathédrales de première magnitude, si je puis dire. Rien qu'autour de Notre-Dame, regardez Saint-Séverin, Saint-Julien-le-Pauvre, Saint-Germain-l'Auxerrois, tout ça dans un mouchoir de poche, là.
Le Moyen Âge devenu valeur esthétique
6:12 On traverse la Seine une ou deux fois. Et puis, Saint-Gervais, c'est Saint-Germain-l'Auxerrois, le Barque-Bouton, et Saint-Merri, pour ceux qui fréquentent la rue Saint-Denis. Ça ne venait pas à l'esprit, à l'époque classique, de se référer au Moyen-Âge comme valeur esthétique. C'était au contraire, c'était repoussant. Je vous avais donné comme exemple la cathédrale Saint-Eustache aux Halles, vous voyez, qui règne sur les Halles.
6:43 Et que Nerval comparait, et Nerval qui fréquentait bien les Halles la nuit. Je vais y revenir, vous allez voir qu'on est dans le sujet de plus en plus. Car je vais parler de la saison en enfer. C'est un titre de Rimbaud. Mais Nerval parle déjà, une génération avant Rimbaud, de son expérience dans la folie, là, dans Aurélia. Il dit, je le compare à ce que les anciens appelaient une descente aux enfers. Vous voyez, mon sujet commence à se préciser. comme si la modernité avait besoin de passer par un enfer, pour tout d'un coup avoir la révélation de ce qui nous libère enfin de la malédiction qui régnait sur les siècles d'auparavant.
7:23 Donc, Saint-Eustache, quand vous la voyez, il la compare à un cétacé. Effectivement, on voit un espèce de squelette de baleine avec les arcs boutants qui sont comme ça, vous voyez, vu de côté. Mais quand vous regardez de face, il y a un affreux, il ne faut pas exagérer, mais enfin, c'est quand même gâché par un portail néoclassique avec des colonnes fait au XVIIe siècle par ce qu'on appelle le style Vignole à l'époque, style contre-réforme, c'est les jésuites qui, pour combattre le protestantisme, avaient bien l'honneur des textes classiques.
7:55 Voilà, donc je veux dire, il faut, c'est difficile d'avoir une pensée historiante, j'aimerais bien dire, pas historiciste, c'est péjoratif, et réducteur, pas historiale, parce que ça me ferait payer un impôt à Heidegger, ça m'ennuie un peu, mais une pensée historiante, ça fait, qui tient compte de l'histoire pour déterminer ce que nous avons dans la tête, y compris au niveau affectif. Voilà, ressort de l'autre. Alors, ces deux craquements, et voilà la thèse autour duquel tournait le plan et que je vais reprendre ce soir, c'est que cette modernité a produit ce que Hegel appelle à la fin de la phénoménologie, dernier chapitre, On peut tout oublier, mais il faut se souvenir de ça quand même.
La Phénoménologie comme roman de formation
8:51 La conscience passe par toutes ces illusions, merci, par le savoir absolu. Vous savez, qu'on se demande encore qu'est-ce que c'est que ce bouquin, la phénoménologie de l'esprit, même dans l'œuvre de Hegel, c'est un bouquin insolite quand même, je veux dire, c'est quoi ? C'est un bouquin de philosophie, indéniablement, mais qui prend l'aspect d'un roman de formation, vous savez ce que c'est, un roman de formation, l'Émile de Rousseau, on prend le gamin pratiquement à sa naissance, on le suit jusqu'à ce qu'il ait atteint sa vitesse de croisière définitive, si je puis dire, d'accord ? Flaubert, l'éducation sentimentale, le jeune homme romantique, comme ça, et puis après, il ne reconnaît même pas la femme dont il a failli se suicider 30 ans auparavant.
9:29 Je pense à Mathilde Wesendonck, vous connaissez Mathilde Wesendonck ? Je suis sûr qu'il n'y en a que deux ici qui la connaissent. Wesendonck, c'est le grand amour qui est inspiré à Wagner, qui en a connu d'autres, quand même, le personnage d'Iseut, dans la passion la plus dévorante qu'on n'avait jamais mise en musique pendant cinq heures d'affilée. Jolie femme, qui était mariée à un milliardaire suisse, à qui Wagner piquait la femme, le pognon, etc. Sa devise, c'était le monde me doit ce dont j'ai besoin.
10:00 Il faut sortir ça, personnage pas intéressant, grand musicien. De loin, tous ceux qui l'ont connu de près disent, vous n'avez rien compris, il a une ensorcelante gentillesse, y compris le chef d'orchestre Hermann Levi, vous imaginez que c'est un juif, à qui Wagner a confié à la fin de sa vie, au moment où il publie des écrits antisémites mais complètement pathologiques, à qui il confie son testament Parsifal. C'est compliqué. Hermann Levi disait, non, mais venez, vous ne le connaissez pas, c'est quelqu'un d'extraordinaire.
10:32 Voilà, je sais. Je parle un peu dans le désordre comme toujours en début, vous savez, c'est parce que je réponds oralement à quelqu'un qui n'est pas là ou qui est peut-être là, il m'a dit qu'il ferait peut-être un effort pour venir. Je pense à Louis 25. Non, il n'est pas là. Je respecte son pseudo pour l'instant. Voilà. Mais qui m'a enjoint de publier un essai sur les rapports Nietzsche-Wagner. Alors, je commence à entamer un peu la chose comme ça dans mon vrac initial.
11:04 Et Iseu, donc, Mathilde Wesendonck, dit qu'elle est, pour laquelle il a eu cette passion, il est allé purger à Venise parce qu'elle est allée rejoindre son mari et tout le classique. et lui, il est allé cuver sa passion à Venise. C'est sur les lagunes d'une ville italienne agonisante depuis des siècles qu'a été écrit Tristan Iseu qui est censé se passer dans les brumes de Bretagne.
11:38 C'est même extraordinaire l'histoire. Et... Eh bien, Mathilde Wesendonck, voilà pourquoi j'en parle, dit qu'elle est passée 15 ans plus tard à Bayreuth, elle écrit à une amie en passante à peine reconnue au festival, vous voyez. Bon. Eh bien, donc, ça, c'est plutôt le côté Flaubert, l'éducation sentimentale, commence très romantique puis se moque un petit peu à la fin de ses errements sentimentaux, l'éducation sentimentale, dont Kafka disait, ça me décourage d'écrire.
12:13 Un bouquin comme ça, tout a été dit, c'est d'une telle perfection, Kafka. Voilà, Nerval, vous savez bien qui au début de Sylvie, le tout début, la première phrase de Sylvie, les années 1850, je vous l'ai déjà dit, comme Romantique commence à passer de mode, je paraissais tous les soirs aux avant-scènes d'un théâtre en grande tenue de soupirant. Oui, on voit tout de suite l'auto-dérision déjà. J'étais le soupirant de ces époques romantiques, je parlais à l'imparfait, j'étais jeune. Je paraissais tous les soirs aux avant-scènes d'un théâtre en grande tenue de soupirant.
12:45 Ah, l'avarice ! Voilà. Et donc, il faut, je vous le dis, j'insiste sur le fait qu'il est difficile de se mettre dans la peau des personnages d'avant cette coupure. Alors, qu'est-ce qui caractérise cette coupure ? Et là, maintenant, j'interviens. Parce que, pour une fois, je me force un peu la main, ou en tout cas la langue. j'aime bien répéter, non pas par fausse modestie, mais parce que c'est vrai, en gros, hélas, je ne suis pas un créatif, je suis plutôt, je transmets.
13:17 Ce n'est pas les créations avec lesquelles j'ai eu l'immense chance de rentrer en contact au hasard, y a-t-il un hasard de ma biographie ? Voilà. Mais, surtout, quand elle me semble avoir un intérêt partageable. Sauf que, là, pour une fois, c'est une initiative à moi, donc je vous le dis pour vous mettre en garde, c'est une hypothèse à votre serviteur. C'est que ce qui caractérise cette modernité, c'est que l'accession au savoir absolu, je vais expliciter après, bien sûr, vous voyez que ça mérite d'y revenir, à une notion comme ça, ce savoir recèle un tel danger pour celui qui y a accès, un peu comme quelqu'un qui découvre tout d'un coup un secret qui met toute sa vie en question, vous voyez ce que je veux dire, qu'il engendre, c'est ça mon hypothèse, symétriquement, la tentation d'un non-savoir absolu, si vous préférez, un refoulement, une dénégation, appelez ça comme vous voulez, un déni absolu, un je ne veux pas savoir absolu.
Hypothèse d'un non-savoir absolu
14:19 Vous voyez qu'on n'est pas loin tout d'un coup de ce sujet de cette année du nazisme. D'accord ? N'oubliez pas qu'il y a eu de très grands savants dans le parti nazi. Parce que des fois, il y en a qui disent mais qu'est-ce qu'il a contre les sciences dures ? Je n'ai jamais dit un mot contre les sciences dures. Je n'ai jamais dit un mot contre la science. Je ne suis pas content au contraire de dire que la démocratie commence avec les notions premières d'Euclide. Je ne sais pas. À la mesure où il les appelle des demandes, qui demandent à l'interlocuteur de lui accorder que, sinon on ne pourra pas démontrer.
14:55 Non, non. Il n'y a pas... Je vais dire comme Rimbaud, il faut être absolument moderne. Mais, oui à la science, non au scientisme. Vous voyez ce qu'on a appelé au fin du XIXe siècle avec de manière péjorative le scientisme ou encore le positivisme. Je n'ai rien contre une connaissance positive. J'aimerais bien en avoir plus. C'est quelque chose qui ne soit pas douté, qui soit vraiment positive, sur lequel on peut se repositiver, se reposer.
15:27 Même radical, tout ça. Déposer, reposer, surposer, préposer. Il y a des verbes comme ça qui en font des combinatifs. Démettre, soumettre, remettre, contre-mettre. Pas le substantif. Donc voilà. Admettre. un non-savoir absolu. Un non-savoir absolu. Et que nous sommes toujours dans le conflit des deux. De même que je vous avais dit, nous ne sommes pas dans une phase révolutionnaire ni dans une phase contre-révolutionnaire depuis la Révolution française.
16:04 Nous sommes dans le conflit de la Révolution et de la contre-révolution en permanence. pour l'instant, je le dis comme des dogmes. N'est-ce pas ? Je suis souvent étayé par des tas d'exemples. Et aujourd'hui, c'est à titre de rappel. Donc, je ne me perds pas dans les détails. On a tout le temps d'approfondir ça. Mais, le conflit de ce savoir et ce non-savoir produit, c'est ça que je voudrais insister aujourd'hui, comme nouveau, une espèce de petite navette permanente entre ces deux pôles, entre ces deux extrêmes.
16:35 D'un moment où tout d'un coup, la conscience vous ou moi, la conscience a tout d'un coup la révélation de sa vérité. La conscience perd ses certitudes et gagne la vérité. C'est là que vous voyez la différence. Parce que les certitudes il y en a eues depuis le début de l'humanité. Certitude que ça, c'est le plancher des vaches et que ça ne bouge pas. Vous voyez ? Alors, nous sommes emportés autour du soleil à 30 km seconde.
17:07 Il en faut des millénaires. pour passer de la certitude à un début timide de vérité, n'est-ce pas, sur les premières tables numériques chaldéennes, mésopotamiennes. Avant que les Égyptiens d'Antiquité commencent à approcher le nombre pi, par exemple. les deux, c'était 3,20, quelque chose comme ça. Enfin, c'était pas mal pour l'époque. C'était suffisant pour l'usage qu'on en faisait.
17:38 C'était pour faire des colonnes, des circonférences des colonnes. Vous savez comment ils disaient ? Pour le bel nombre pi. Allez, mesurer du courbe avec un double décimètre. Vous avez déjà essayé de mesurer un cercle avec un double décimètre. Oui ? Étienne ? Pardon ? Bravo. Non, mais c'est ça. Voilà, c'est ça. Moi, je trouve ça beaucoup plus émouvant que la venue des extraterrestres arrivant avec une soucoupe volante. Comme dans Kubrick, c'est un chef-d'oeuvre de la vue filmique.
18:10 Dans Kubrick, s'il n'y avait pas la stèle qui vient du cosmos, on n'aurait jamais su comment fabriquer un poignard avec un os. On est bien d'accord. Ça, c'est biblique. C'est vraiment l'Ancien Testament. S'il n'y a pas de dieu, il n'y a pas de progrès. Bon. Ce qui n'est pas tout à fait inexact, sauf que c'est de manière un peu naïve. Si les théologiens l'indication de la... Excusez-moi.
18:40 La théologie de la libération, excusez-moi, en Amérique latine, vous savez, une partie du clergé qui a été massacrée, souvent, emprisonnée, torturée, a dit que le problème de savoir si Dieu existe ou n'existe pas comme un passé ou comme un créateur d'origine, Dieu, c'est à nous de le faire exister en augmentant le champ de la liberté dans ce monde.
19:12 Super, hein ? Théologie de la libération. Voilà, donc c'est pas tout à fait idiot de dire qu'il y a un rapport entre Dieu et le progrès, mais comme résultat, pas comme origine. Et qu'on est encore dans Hegel. Je reviens à cette histoire de polarité, n'est-ce pas ? La conscience obtient sa vérité, j'insiste sur ce qu'il ne faut pas oublier, au détriment de ses certitudes. Bon. Chacun de nous, chacune d'entre nous dans sa vie a déjà expérimenté un écroulement de ce qui était certitude. Je crois que j'avais déjà raconté ce qui était arrivé à ma fille.
19:43 Elle avait 6 ans. Je crois que c'est adorable. Elle avait 6 ans et elle dit le Père Noël il est gentil. Je dis oui, bien sûr. Non, parce que je n'y crois plus. Elle m'apporte quand même des jouets. Fort les enfants quand même. C'est trop mignon. Elle a commencé à vaciller de la certitude. Quand même. Bon. Bon, il y a des choses plus graves que ça qui s'écroulent. vous voyez.
20:14 Et je me sers. Je ne souscris pas à tout ce que dit Freud en utilisant ici la notion de refoulement. On voit sa fécondité si je l'importe ailleurs que là où on l'utilise en psychanalyse Là, je l'utilise dans un champ historique. je reprends l'exemple. Je vais prendre maintenant quelques exemples qui illustrent ce que je viens de dire. Il y a quelque chose de redoutable dans ce que les progrès de la connaissance ont imposé à la conscience.
Pascal et le silence des espaces infinis
20:49 À son corps défendant des fois. Je prends et je vous avais déjà donné l'exemple de Pascal. Pascal vit au 17ème siècle. Il est connu comme un immense penseur chrétien. pas catholique. Il était janséniste. Il sentait le brûlé. Il n'a pas fini sur le bûcher. Peu s'en fallut. Mais enfin, je vais dire, il a bien fallu déguerpir de Port-Royal. Port-Royal, le quartier Port-Royal, ça vient de là. Ils étaient là les jansénistes. Ils ont déguerpir. Donc, Pascal, immense penseur, je ne dis pas philosophe, il a écrit « Pensée ».
21:24 Je dis ça parce qu'il a fait un texte de révélation il a senti Dieu une nuit comme ça, la vraie illumination au sens propre. Et je vous le dis parce que c'est quand même des textes assez rares. On a trouvé dans son manteau cousu à sa mort, comme témoignage de ce qui lui est arrivé cette nuit-là, ce 23 novembre, jour de saint Chrysogone, martyr et autres, depuis environ 21h jusqu'à la nuit. Et là, à la ligne, en trois lettres, comme ça, feu, Dieu d'Abraham.
21:55 Je vous le dis, illumination au sens propre, feu, Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, non celui des philosophes et des savants. Vous voyez, pourquoi je dis que ce n'est pas un philosophe non plus ? Vous voyez, c'est un mystique, spiritualiste, tout ce que vous voulez, vous connaissez très bien les philosophes. Voilà. Et il s'est auto-humilié pour la période philosophique qui a été la sienne quand il écrit, écrire contre Descartes et ceux qui approfondissent trop la connaissance. Mais c'est un des plus grands mathématiciens de tous les temps. Il a initié le calcul de probabilité.
22:27 Quant au triangle de Pascal, Thomas vous en parlera mieux que moi, mais je crois que c'est un pas très important dans l'histoire des mathématiques. Et il a, en plus, au niveau technologique, si je puis dire, des mathématiques appliquées, il a créé la première machine à calculer, sans courant électrique, avec des ressorts. À l'époque, vous imaginez, purement mécanique. La machine à calculer. Pascal, cet effrayant génie, disait Chateaubriand avec un ton un peu romantique quelques générations plus tard, qui avait trouvé tous les théorèmes d'Euclide à 9 ans par pure déduction, qui à 16 ans a publié un traité des coniques.
23:03 Enfin, quand même, section des coniques. Or, ce Pascal, dit à un moment donné, dans les pensées, que vous avez, les pensées, c'est une splendeur comme expression, c'est assez rare, les philosophes qui écrivent, bien, le silence éternel, de ces espaces infinis, m'effraie. Je vous l'avais cité. D'accord ? Un chrétien qui nous donne une leçon d'anti-écologie. Un chrétien cohérent. C'est peut-être des écologues qui ont raison à les savoir, sur le fond. Le nombre de chrétiens qui se disent écolo, ça, je ne comprends pas.
23:36 Le christianisme devrait dépaganiser. Enfin, vous voyez, la nature, ce n'est pas la divinité du christianisme. Mon royaume n'est pas de ce monde. Enfin, quand même, la nature. Comment voulez-vous que des religions apparues en pays de désert prennent au sérieux la nature ? S'il y a un salut, quelque part, ou il n'y a pas de salut du tout, ou s'il y en a, ce n'est pas ici, c'est au-delà. Toutes les grandes religions du livre, dans l'ordre chronologique pour ne fâcher personne, le judaïsme, le christianisme et l'islam, se réclament de la transcendance.
24:12 Trans, ça veut dire au-delà. En grec, méta, en latin, trans, ça veut dire pareil. C'est au-delà. Métaphusica, au-delà de la nature, justement. Vous voyez, ce n'est pas des hasards, tout ça. À Tahiti, ça ne peut pas apparaître une religion comme ça. Dans la main, il y a un fruit, il y a des noix de coco, il y a de d'eau douce dans les torrents. Il n'y a pas de problème. Mais voilà, alors que dans le désert, on sait que le salut ne vient pas de ce qui est de l'être là, comme on dit en allemand, pour l'existence, du Dasein, n'est-ce pas.
24:48 Donc, je fais ces rappels pour dire qu'un type comme Pascal réalise que la physique de Galilée, je vous donne un exemple d'un progrès de la connaissance qui est, ni un progrès vraiment philosophique, ni un progrès purement épistémique, si je puis dire, cognitif. le passage du géocentrisme, c'est-à-dire en gros de l'anthropocentrisme, la Terre au centre et l'homme au centre de la Terre, le passage du géocentrisme à l'héliocentrisme, puis après au polycentrisme, vous connaissez la belle phrase de Pascal, c'est une sphère, l'univers, dont le centre est partout, la circonférence nulle part, mais vous êtes bons, vous avez vu ce sens de l'antithèse dans les phrases de Pascal, partout, nulle part, c'est une sphère dont le centre est où vous voulez, la circonférence, bref, ce qui permet de finir, de clore, de déterminer, horizon, de horos grec qui veut dire la détermination, l'azur du ciel, immense et rond, comme dit Baudelaire qui avait navigué dans la marine à voile, le centre est partout, il y a un côté effrayant parce que cet univers-là ne répond pas, il est muet, il n'y a pas d'esprit dedans,
Du géocentrisme au polycentrisme : perdre le haut et le bas
25:58 il n'y a plus d'âme, et c'est ce que nous apprend à la physique de Galilée, le principe d'inertie de Descartes, quand on est postérieur à ça, déjà, on ne peut plus prendre au sérieux l'âme de l'arbre, de ceci, encore que dans la librairie de côté, je suis sûr qu'il y a plein de livres qui se vendent avec les arbres qui pensent, qui parlent et qui pensent mieux que moi. Voilà, c'est des rappels que je fais. Donc, vous voyez, au bout de ce processus, la conscience finit par obtenir, vous comprenez mieux maintenant ce que je veux dire à cet exemple, un savoir absolu, je n'ai pas encore commenté absolu, mais un savoir qui fait écrouler les certitudes antécédentes.
26:38 et comme soit, et comme l'affectivité, l'équilibre psychique était lié à ces certitudes, vous m'enlevez le haut et le bas, qu'est-ce qu'il me reste ? Tous nos jugements de valeur, c'est quoi ? Pas tous, mais regardez, prenez rien que ces deux mots dans la langue, le haut, le bas, je ne prends que le français, parce que je connais pas mal de langues où j'ai interrogé, parce que je ne suis pas un vrai linguiste, j'ai interrogé les spécialistes, partout on trouve la même distribution, le bas, c'est péjoratif, il a foulé toutes les valeurs au pied, fouler, c'est sous les pieds, tout ce qui est en bas, tenir le haut du pavé, ça c'est bien, parce qu'à l'époque, il y avait un égout au milieu de la rue, à Mouffetard, vous voyez, il y avait un petit égout, donc quand il y avait une dame qui passait, on laissait les passages un peu plus propres, un peu moins sales que les autres, vous voyez, un peu au-dessus, un peu au-dessus des immondices, tenir le haut du pavé, son altesse, alto, ça veut dire quoi ?
27:42 En haut, oui ou non ? Altitude, altimètre, altesse, regardez comme la langue, incessamment, parce qu'avec moi, vous en prenez conscience, mais la langue, vous le faites, n'a pas besoin, la langue se débrouille pour que sans que ça accède à votre conscience, ça gouverne toutes vos valeurs, nos valeurs, je les mets dedans aussi, n'est-ce pas ? Quelle hauteur de vue, ben oui, on ne dit pas quelle bassesse de vue, ou alors quand on dit quelle bassesse, c'est pour dire qu'il n'y a pas de hauteur de vue, on ne parle que de la vue, vous voyez, une femme de mauvaise vie, on disait une traînée, c'est épouvantable, enfin quand même, une traînée, c'est par terre ça, rien qu'avec ce haut et le bas, je vous enlève ça, déjà il y a toute l'affectivité sur des siècles et des millénaires qui est mutilée, qui est amputée, vous comprenez ce que je veux dire ?
28:35 Donc, apprendre à vivre dans ce monde-là qui n'est pas celui de la certitude, de la conscience, mais celui de la science, du savoir, je prends ici science, ce que scire en latin veut dire savoir, tout simplement, pour rappeler et revenir à mon hypothèse que je vous transmets aujourd'hui en vous demandant de la soumettre à épreuve, parce que je ne la prends pas d'une autorité, encore je me satisfais rarement avec vous, heureusement, de l'argument d'autorité, je ne vais pas faire comme au Moyen-Âge, on disait c'est vrai parce qu'Aristote l'a dit, Aristoteles dixit, c'était la réponse, quand même.
29:14 Bon, il y en a, je vaux mieux que ça quand même. Vous comprenez pourquoi Luther a commencé par attendre à la Bible en allemand. Il faut dire, voilà, que les curés nous disent sur la Bible, c'est un grand acte politique. Donc, je répète, l'hypothèse que je prends la responsabilité de vous proposer, et c'est que plus on se rapproche du savoir absolu, plus grandit la force de la négation du savoir absolu.
Lecture du « Conte » de Rimbaud
29:49 Plus se manifeste le non-savoir absolu. Et là, maintenant, je vous renvoie à une vidéo 3-5, troisième année, cinquième, grâce à Stéphane, à notre webmaster, je commence à m'y retrouver, même dans mes vidéos. où je réponds à une question qui m'avait été posée, j'avais exposé un texte de Rimbaud, une illumination, si vous vous rappelez bien, c'est le prince.
30:19 Vous savez, un prince s'était vexé de ne jamais s'être employé qu'à la perfection des généreux. Ah ben, je vais aller jusqu'au bout, puisque on va reparler de nos désirs. C'est court. C'est une demi-page. Un prince s'était vexé, Conte, c'est O-N-T-E, comme à des enfants. Un prince s'était vexé de ne jamais s'être employé qu'à la perfection des généreux. Il prévoyait d'étonnantes révolutions de l'amour et soupçonnait ses femmes de pouvoir mieux que cette complaisance des courtisanes. Cette complaisance agrémentée de ciel et de luxe. Ah oui, un prince, il a rarement affaire.
30:52 Que ce fût ou non une aberration de piété, il voulut. Il possédait au moins un assez large pouvoir humain. Ah oui, les princes, mettons les empereurs romains, certains pouvoirs humains, quand même, ça a des moyens. Toutes les femmes qu'il connut furent assassinées. Ça commence à l'imparfait. Un prince était vexé et là, tout d'un coup, ça commence l'action. Toutes les femmes qu'il connut furent assassinées. Pas c'est simple. Oui, il ne veut pas seulement désirer, il veut être satisfait.
31:24 Bien sûr, aucun objet de désir, ça on l'a vu en philosophie, ne satisfait vraiment l'homme qui est l'animal, qui ne se contente pas d'avoir des besoins, mais qui a aussi des désirs. On passe du fini à l'infini. Il y en a même qui font remonter désir. Je ne suis pas linguiste, je vous le dis parce que ça souvent a été dit, désir viendrait de desiderium latin qui a un rapport au cosmos. Siderius. Je ne suis pas sûr que ce soit vrai. Vérifiez. Donc, toutes les femmes qu'il connut furent assassinées.
31:54 Quel saccage du jardin de la beauté. Sous le sabre, elles le bénirent. Et là, on voit apparaître, je vous avais dit, un premier piège dans lequel le prince ne voit pas qu'il est en train de tomber, c'est qu'il n'y a aucune résistance comme il est. Grand souverain, il n'a pas comme nous des problèmes de fric, de machin, d'impossibilité. Il suffit qu'il désire. Amenez-moi une femme d'Illyrie. On lui amène une femme d'Illyrie. Le grand empire romain. Bon. Une malienne. L'Illyrie, ce n'est pas le Mali.
32:26 Et je dis ça parce que les femmes du Mali ont une grande réputation dans l'Afrique de l'Ouest. Nous ne nous égarons pas. Et toutes les femmes qui ont connu elles ne résistent pas sous le sabre à le bénir. Il n'en commanda point d'autre les femmes réapparurent. Je vous avais dit qu'on aurait dit que Rimbaud avait tenu, il ne connaissait pas, mais illustré la thèse de Hegel que le désir est destructeur et que le sujet qui en reste à ce désir destructeur ne voit pas qu'il veut s'affirmer contre l'objet et en fait c'est l'objet qui reparaît incessamment.
32:57 J'ai faim, demain j'ai encore faim. Il y aura toujours plus d'objets à dévorer dans le monde extérieur et je mourrai avant de les avoir dévorés. N'est-ce pas ? Donc je veux dire ça finit par affirmer l'objet. Belle dialectique. Je veux affirmer le sujet en supprimant l'objet et c'est l'objet qui finit par triompher tranquillement sans effort. Donc, toutes les femmes qui connues furent assassinées, quel saccage en la beauté sous le sabre et le bénir et en commandant point d'autres les femmes réapparurent. Puis, là on quitte les femmes, il s'amusa à égorger tous ceux qui les suivaient après la chasse ou les libations.
33:29 Et il a des allusions à des empereurs romains qui étaient prises de petites crises comme ça, sanglantes, n'est-ce pas, avec leur entourage. Et que Sénèque a reçu un petit billet de Néron, l'empereur te demande que tu te suicides. Et, ben oui, c'est un homme, vous savez, c'était très au point chez les Romains, vous savez comment il s'est suicidé. C'était la mode chez les Romains. Non ? Il n'a quitte ça. Oui ?
33:59 Dans un ? Dans un bain chaud. Voilà, voilà, oui, c'était au point, dans un bain chaud pour que les veines aient un peu gonflé, un bain bien brûlant, il s'ouvrait les veines, c'était moins douloureux. Puis il s'amusa à égorger tous ceux qui les suivaient après la chasse. C'est déjà semblant la chasse ou la libation. Tous les suivaient. Vous voyez, il n'y a pas de résistance. Puis il s'amusa à égorger les bêtes de luxe. Je vous ai dit que c'est aussi une allusion à des empereurs qui descendaient dans l'arène. Vous savez que le souverain ne peut pas s'empêcher.
34:31 Le souverain rêve d'être un sujet noyé dans la masse. Vous avez vu le film Vacances romaines ? Pas ? Vous avez vu ? Je vous le recommande, Grégory Peck. Hé, mais tu connais, oui, Grégory Peck. Beau comme un dieu, mais surtout éclipsé par Audrey Hepburn qui est ravissante. Pardon, c'est sexiste de déplacer tout ce que je dis. Qu'est-ce qu'elle est jolie là-dedans. Non, je lui rends hommage parce que c'est une actrice dont on n'a jamais su grand-chose de la vie privée. Comme quoi, ceux qui disent on n'échappe pas au paparazzi quand on veut.
35:03 Voilà. Je sais si elle était au top. Non, mais c'est l'histoire d'une princesse. Alors, on ne dit pas, mais on sent que c'est la princesse d'Angleterre. Plus haut de cours, comme ça, qu'un peu plus du protocole. Et madame, demain, vous avez rendez-vous avec la Croix-Rouge. Et puis, on vous posera une question sur la société des nations. On vous dirait que vous êtes pour la paix. Vous voyez, la langue de bois. Et elle a un peu plus, quoi, elle a 18 ans, donc, je crois, à peine. Et de sa fenêtre du palais à Rome, elle est en visite à Rome officielle.
35:35 Elle voit une foule de quasi-prolo qui font un bal populaire sur le Tibre, là, au pied du château Sant'Angelo, pour ceux qui connaissent Rome. et elle rêve d'y être. Bon, bref, vous devinez que tout le film, elle va s'évader du tout. Voilà, elle va tomber sur Gregory Peck, qui est un journaliste qui voit le scoop d'un coup, qui ne dit pas qu'il l'a reconnu. C'est un journaliste qui crève la dalle en Italie juste après la guerre, qui a même passé d'argent pour 39 États-Unis et qui tombe sur la princesse de l'Angleterre incognito.
36:05 Le film devrait être un navet avec un scénario d'un chef d'oeuvre. Mais vous voyez, le rêve de la princesse, son premier truc, c'est qu'elle va chez le coiffeur. Je te rappelle un petit coiffeur italien de rien du tout, avec lequel il dit vous voulez couper non plus court, plus court. C'est pas possible, il a des cheveux splendides. Un criminale ! Il lui donnera du mou au dancing. C'est adorable. Bref, je ne vous dis pas la fin. Et vous voyez, les empereurs romains aussi descendaient dans l'arène comme un vulgaire gladiateur.
36:37 Mais attention, la différence, c'est qu'il risque pas grand-chose Et Commode. lui, il allait affronter pas des ours ni des panthères. Il n'est pas idiot, des oies. C'est terrible. Des oies. Il faut se méfier des oies. Si vous avez été à la campagne, méfiez-vous des oies. Mais enfin, quand même. Ce n'est pas en danger de mort. Et si vous ne l'applaudissiez pas quand il venait étrangler les oies comme ça, en se méfiant, si vous ne l'applaudissiez pas, il y avait les licteurs derrière, avec la lance qui vous piquaient.
37:11 pour le dire. Voilà. Donc, Rimbaud fait allusion à tout ça. Puis, il s'amusa à égorger les bêtes de luxe. Il se ruait sur la foule et la taillait en pièces. Vous voyez, il y a un crescendo de la destruction. Je passe de Rimbaud, je suspends. Oui, mais pas terminé. Mais du coup, on va prolonger un peu. Je le suspends par un texte de Hegel. Regardez. Je vous ai déjà lu souvent. Ce n'est pas beaucoup plus abstrait. sans doute, l'aspect de la volonté définie ici, imaginons le prince de Rimbaud, cette possibilité absolue de m'abstraire de toute détermination où je me trouve ou bien où je me suis placé, cette fuite devant tout contenu comme devant une restriction et ce à quoi cette volonté se détermine.
Hegel : la liberté négative comme furie de destruction
37:53 C'est ce que la représentation pose pour soi comme liberté et ce n'est ainsi que la liberté négative ou liberté de l'entendement. Vous avez vu le côté négatif. C'est la liberté du vide. Elle peut se manifester... Il n'y a pas plus... Il n'y a pas plus dévorateur que le vide. C'est la liberté du vide. Elle peut se manifester sous une figure réelle et devenir une passion. Alors, si elle reste simplement théorique, c'est le fanatisme religieux de la pure contemplation hindoue.
38:24 C'est le vide. Nirvana. On commence par une négation. Si elle se tourne vers l'action... Alors là, on était dans la contemplation. Ça va encore. Pour les autres, ça va. Si elle se tourne vers l'action, c'est en politique comme en religion le fanatisme de la destruction de tout ordre social existant et l'excommunication de tout individu suspect de vouloir un ordre et l'anéantissement de toute organisation voulant se faire jour.
38:57 ce n'est qu'en détruisant et là, on pense vraiment au prince de Rimbaud que cette volonté négative a, écoutez bien, le sentiment de son existence. Même pas le savoir. Vous voyez ? Non. Le sentiment se sent un peu exister. Si vous avez vu M le Maudit, le film célèbre, chaque fois qu'il a tué des gamins, je crois, chaque fois qu'il a tué un gamin, c'est détendu. Mais non, ne me regardez pas comme si j'étais un monstre.
39:28 C'est des mythes. Parce que par les temps qui courent. Alors, ce n'est qu'en détruisant que cette volonté négative a le sentiment de son existence. Bon, voilà. Alors, je vous dis quand même la dernière phrase. Ainsi, ce qu'elle croit vouloir peut n'être pour soi dans sa tête, quoi, qu'une représentation abstraite et sa réalisation n'être qu'une furie de destruction. Vous voyez, on est en plein dedans. Donc, il se ruait sur la foule et la taillait en pièces Il y a un crescendo, comment voulez-vous aller au-delà ?
40:01 Peut-on s'extasier, je continue le texte, dans la cruauté, se rajeunir par la destruction ? Sous-entendu, l'opinion publique, elle pourrait murmurer. Le peuple ne murmura pas. Personne n'offrit le concours de ses vues. Autrement dit, il n'a même pas, c'est tardif, l'opinion publique, il faut attendre Voltaire, vous savez, il y a l'affaire Calas, tout ça, l'opinion publique commence un peu à tracasser les vues. Personne n'offrit le concours de ses vues. Ça peut durer longtemps, comme ça, cette destruction.
40:31 Un soir, il galopait fièrement. Mais on revient imparfait. On sent que la fin est proche. Un soir, il galopait fièrement. Un génie apparut. J'avais même demandé à l'un d'entre vous quel sexe ? Un génie. Un homme, voilà, c'est indéterminé, c'est intéressant. Un génie apparu d'une beauté ineffable, inavouable même, de sa physionomie, par du génie, et de son maintien, ressortait la promesse d'un amour multiple et complexe, d'un bonheur indicible, insupportable même.
41:01 Le prince et le génie s'anéantirent probablement dans la santé, le corps est quelque part là-dedans, dans la santé essentielle. Comment n'aurait-il pas pu en mourir ? Je pense qu'il y en a qui trouvent cette langue obscure, c'est d'une clarté. Comment n'aurait-il pas pu en mourir ? Ensemble donc, ils mourront. Donc, contact qui trouve enfin l'objet qui cherche depuis le début, mais là, on meurt. Vous savez que les sauterelles s'accouplent, j'allais dire, font l'amour. S'accouplent et meurent immédiatement après, par exemple. Oui, ils ont fait ce qu'il fallait pour l'espèce, ils n'ont plus besoin d'exister comme individus.
41:37 S'anéantirent probablement ensemble, donc ils moururent. Point à la ligne. Mais ce prince était un conte. Ce prince décéda dans son palais à un âge ordinaire. Le prince était le génie. Le génie était le prince. Oui, il s'est rencontré lui-même. Ça a été fatal. Point. Est-ce que c'est la fin du texte ? Oui. Non, je n'entends pas. Oh là là, est-ce que je peux mourir tranquille ? C'est bien. Les étraces, c'est magnifique ce texte.
42:09 Je suis content qu'on s'en rappelle. À la ligne, il y a une chute mystérieuse qui a l'air d'avoir aucun rapport avec le reste du texte, mais qui cloue le texte. Donc cette fois, je vous dis, il est fini. la musique savante manque à notre désir. On m'avait interrogé là-dessus. On m'avait dit, mais qu'est-ce qu'il a voulu dire ? Si vous vous rappelez bien. Je crois que c'était toi, Philippe. Voilà. Et en répondant à la question, j'avais amené une thèse, et c'est pour ça que j'ai fait ce long détour par le conte de Rimbaud, parce que je vais citer une autre Illumination.
42:40 J'avais dit dans mon plan, à la fin du plan de la dernière fois, quelques exemples qui illustrent l'antépénultième, le 10e stade dont je parle, c'est le moment où le savoir absolu lutte contre le non-savoir absolu. Et donc je m'en tiens là pour l'instant. En répondant à cette question, qu'est-ce qu'il a voulu dire ? J'ai dit que l'avantage de la musique savante, on pense à Bach, par exemple, en classique, c'est l'exemple emblématique de la musique savante, bien que je rappelle que dans la musique de Bach, y compris les plus savantes, parce que c'est « Femmes les plus savantes », parce qu'il est plus ou moins savant, il est toujours une musique savante, mais plus ou moins.
43:16 Les mathématiques supérieures, c'est l'art de la fugue, tout ce qui concerne le contrepoint, des œuvres comme ça. Mais enfin, il y a le brandebourgeois, la pam-pam-pam-pam-pam-pam-pam, ça sent la danse populaire aussi. En tout cas, même dans les œuvres les plus savantes, c'est écrit gigue, bourrée, gaillarde, même avec des danses populaires. Je rappelle au passage. Donc on peut identifier le rythme, comme vous identifiez, une salsa, un rock.
43:46 Et l'avantage de la musique savante, c'est qu'elle résiste au premier abord, elle n'est pas immédiatement aussi accessible que la petite chansonnette, je ne dis pas ça péjoratiquement, mais des chansons qui sont d'une simplicité désarmante, qui sont au sommet de la musique, comme ça, À la claire fontaine. Nerval était fou de la chanson populaire, vous savez, on a fait tout ça. Mais il ne faut pas l'oublier. Nerval, ce n'est pas comme dans le téléviseur, un truc est passé et puis c'est terminé, maintenant on passe à autre chose.
44:17 C'est pour aboutir à tout ça, il faut cumuler un petit peu. La belle était assise près du ruisseau coulant, dans son recueil des chansons du Valois. Et voilà, la musique savante, elle résiste et donc le désir qui ne veut pas être satisfait inconsciemment, ce qui distingue le désir du besoin de quelqu'un qui a soif, lui, il ne va pas dire je vais faire un détour parce que l'eau peut attendre.
44:48 Non, non, non, non, si vous avez déjà eu soif, surtout dans les pays secs, je veux dire, c'est terrible. C'est une des morts les plus terribles, la mort de soif, comme la mort de froid est une des plus douces. Oui, douce. Parce qu'on est insensibilisés, c'est les Russes qui m'ont raconté ça. Et quand les chevilles sont dures comme de l'acier, les douleurs que vous aviez, la souffrance, la faim, le froid, tout ça disparaît, tout le coup, vous avez l'impression qu'il y a un redoux, vous êtes en train de mourir. Je vous le dis, parce qu'il y a été décrit, c'est terrible.
45:18 Et la mort de soif, on a trouvé dans le Sahara des gens qui avaient bu l'eau du radiateur et on a dit, oui, nous attardons pas sur les détails. Donc, ça c'est le besoin. C'est le plus impérieux de besoin, puisque la faim encore la soif, vous savez, on peut tenir quelques jours sans faim, mais avec la soif, on n'a pas beaucoup de temps. Le désir, c'est pas ça. Pour arriver à créer la notion de cocktail, vous vous rendez compte de ce détour extraordinaire et le glaçon, le truc dedans, et la glace sur le verre.
« La musique savante manque à notre désir »
45:52 J'ai une fils, la glace sur le verre. Vous voyez, il y a tout de suite des trucs exactement comme le repas, on ne se précipite pas sur la nourriture en la mangeant par terre. Non, on est à table, on met une nappe quand il y a des copains, comme on dit, etc. On fait un peu mieux que d'habitude. C'est tous ces détours-là qui ne calment pas la faim, qui au contraire, excite. Ils satisfont moins le besoin que le désir. Donc, la musique savante est cet ordre-là. J'avais répondu, mais ce n'est pas mon sujet, je le rappelle.
46:23 C'est tout. Mon sujet, c'est quoi ici ? C'est qu'il termine, Rimbaud, ce poème fondamental sur l'essence même du désir humain, illustré par le prince, que nous sommes tous au fond, à nos heures, si on avait les moyens. Mais il le termine par une valeur culturelle, si je puis dire. La musique savante manque à notre désir. Et tant mieux, ce moment-là. Puisqu'on a vu que si on est satisfait, c'est le moment de la mort. Et voilà, cette tablette ne désire rien ni personne.
46:54 Je ne dis pas qu'elle est contente de ce qu'elle est, parce que ce serait faire d'anthropomorphisme. Enfin, vous voyez, désirer, c'est un privilège. Manquer de quelque chose, c'est un privilège qui n'a ni ceci, ni... Quelle est l'autre instance qui n'a aucun manque ? Le caillou et... Oui, et Dieu. Bien. Il y a deux extrêmes, c'est intéressant. Ben, Dieu, on voulait où qu'il manque quelque chose.
47:25 C'est ce que disent Spinoza, ça exaspérait les gens d'église. Alors qu'ils passent son temps à prouver l'existence de Dieu, Spinoza, c'est pas la question, mais ils disaient, mais non, le Dieu dont je parle, il n'a rien à voir avec le faute. Vous dites qu'il est en colère parce qu'on a péché. Écoutez, je ne comprends pas. Vous dites qu'il est tout puissant. Oui, il est tout puissant, donc il peut faire ce qu'il veut. C'est ça que ça veut dire. Il est éternel. Oui, ça veut dire qu'il existe depuis une éternité. Oui, donc ça fait une éternité qu'il peut faire tout ce qu'il veut. Vous croyez qu'il manque encore quelque chose ?
47:55 C'est pas cohérent, votre truc. Rien à foutre de mon péché, c'est une connerie d'homme, ça. Vous voyez comme un homme un peu plus puissant que les autres, votre Dieu, c'est comme un père un peu fâché à cause de ses enfants qui font du bruit à table. Quand même. C'est pour ça que dans les pays latins, les méditerranéens, on aime bien la Vierge Marie. Elle pardonne tout, elle comprend tout ça, toutes les filles. Les filles l'aiment beaucoup. Elle prit tout le temps, elle pardonne parce qu'elle comprend tout. L'autre, le Père, il n'a pas l'air marrant. Et quand au fils, il était malheureux, on ne va pas l'embêter avec nos problèmes.
48:26 Vous voyez, il reste les Vierge Marie. Donc, il termine par une valeur culturelle. La musique savante manque à notre désir et tant mieux, je vous l'ai dit, désirer, preuve qu'il manque quelque chose et non pas comme ces lions. Je vous ai déjà dit une fois que j'ai vu des lions, ils roupillaient. J'en ai vu pas mal. En Afrique subsaharienne, roupillaient. Mais ils ont la faim, ils réveillent le besoin. regarde si les lions ne chassent, c'est bon.
48:57 Dès que c'est satisfait, ils redorment. Ils ne passent pas leur temps dans le manque. Ou alors, ils deviennent dangereux. C'est un vieux lion solitaire qui a une épine au pied et qui ne peut plus chasser la gazelle. Là, il se mangerait bien un berger maçai. C'est moins vif que la gazelle. Voilà. Donc, je prends un autre poème pour arriver toujours à notre modernité et insister sur ma polarité qui consiste à passer en permanence d'un bonheur qu'on ne connaissait pas avant la modernité.
49:31 Une extase, une étude, n'est-ce pas ? Les romantiques sont les premiers à exprimer mais qui, dans l'ordre du sentiment, je résume les choses qu'on a vu, mais qui prend une grande intensité dans l'ordre de la sensation, de l'impression au même moment dans la peinture, n'est-ce pas ? avec le corps dans la dernière partie du 19e siècle. Regardez, toutes les illuminations de Rimbaud sont consacrées à ce genre de jouissances qu'on soupçonnait même pas en littérature et en théorie avant, n'est-ce pas ?
50:01 Donc, je prends un autre texte que j'avais lu une fois, que j'ai moins souvent cité que le conte, c'est Mouvement. Est-ce que quelques-uns s'en rappellent ? Est-ce ancienne sauvagerie qu'on pardonne ? Oui, exactement, merci. Donc, alors, je vais, je ne voudrais pas qu'il manque quelque chose en souvenir que j'en ai.
50:34 Voilà. C'est ça, Illuminations. Oui, qui source, vous avez la chance qu'à l'époque. Table des matières. Mais oui, vous ne vous rendez pas compte de ces gains de temps-là. Au moins, je peux après perdre du temps pour le plaisir en écoutant de la musique. Ça va. Oui, c'est ça, la vie.
51:05 Alors, soir historique, enfin, toutes sont des chefs-d'oeuvre. Matinée d'ivresse. Vous connaissez Matinée d'ivresse ? On dit que c'est après Bédo qui l'a fait ça. Oui. Enfin, pour plusieurs, à mon avis. Et à la fin, ils disent, nous sommes tous des assassins. En fait, c'est des hachichins. Vous savez, c'était un jeu de mots de l'époque. « Conte », ça, je viens de le réciter, « Phrase ». Alors, « Mouvement », enfin, quand même, je n'ai pas rêvé.
Lecture et commentaire de « Mouvement » de Rimbaud
51:41 Voilà. Il est très court. Alors, je vous le lis d'abord, sans commentaire. « Le mouvement de lacet sur la berge des chutes du fleuve, le gouffre à l'étambot, la célérité de la rampe, l'énorme passade du courant mènent, par les lumières inouïes et la nouveauté chimique, le voyageur entouré des trombes du Val et du Strom. »
52:12 Vous n'inquiétez pas, on va traduire en français. « Ce sont les conquérants du monde cherchant la fortune chimique personnelle. Le sport et le confort voyagent avec eux. Ils emmènent l'éducation des races, des classes et des bêtes sur ce vaisseau repos et vertiges à la lumière diluvienne aux terribles soirs d'étude. Car, de la causerie parmi les appareils, le sang, vous voyez la modernité, les appareils, le sang, les fleurs, le feu, les bijoux, des comptes, des comptes avec eux, des comptes, faire des comptes, agités à ce bord fuyard, on voit, roulant comme une digue au-delà de la route hydraulique motrice, monstrueux, s'éclairant sans fin leur stock d'étude.
53:00 Eux, chassés dans l'extase harmonique et l'héroïsme de la découverte. J'arrête le poème là, il y a une chute après, il ne reste plus de trois vers. Mais je le suis ce moment-là pour revenir un peu en arrière. Le mouvement de lacet sur la berge des chutes du fleuve, visiblement, Rimbaud rôdait, il vagabondait pas mal entre la Belgique et Paris, via les Ardennes d'où il est originaire, comme vous le savez. Et donc, c'est une des régions qui commençait à être un foyer industriel en Europe, il croisait souvent des usines parce que quelque part, il disait, la nuit, je les saillais quand même, flambant comme un milliard de tonnerres.
53:38 Vous voyez ? Euh... Et là, visiblement, il est au bord du fleuve et il voit, il y a le mot d'ailleurs, je n'interprète pas, il y a le mot, roue hydraulique. Il y a un barrage, une centrale électrique. Donc, je vous dis, parce qu'il y a des mots qui sont un peu moins connus maintenant, il parle du gouffre à l'étambot. C'est que c'est que l'étambot ? C'est la création du gouvernail à l'étambot à la Renaissance. En fait, c'est les écluses, c'est fait comme ça pour laisser passer l'eau. Donc, il dit bien qu'il est quelque part dans un contexte ultra-moderne pour l'époque, technologique, un peu comme si on passait maintenant devant une centrale nucléaire, quelque chose comme ça, l'équivalent.
54:15 Et donc, le mouvement de lacet sur la berge des chutes du fleuve, le gouffre à l'étambot, la célérité, vous voyez, la grande vitesse de la rampe, l'énorme passade du courant, tout ça, c'est le groupe sujet, grammaticalement, mène, voilà le verbe, mène, par les lumières inouïes et la nouveauté chimique, les voyageurs entourés des trombes du Val et du Strom. Strom veut dire courant en allemand, c'est stream en anglais, tout simplement, c'est le même mot, Strom, Wester, ou L, comme il est ardennais, il y a des mots germaniques souvent, j'ai un mot, il parle du Wasserfall dans Aube, qui veut dire chute d'eau, waterfall.
54:55 Donc, vous voyez, il y a une extase de la modernité, contraire un peu de la décroissance et de l'écologie d'aujourd'hui, exactement l'inverse, c'est une illumination, non pas à cause de la beauté d'un paysage naturel ici, mais par une vision d'avenir. D'ailleurs, il dit ailleurs, dans la saison d'enfer, je créais, par-delà des bandes de musique rares, je créais les fantômes du futur luxe nocturne. Je pense à les aéroports, là, enfin, maintenant, avec la sécurité, Vigipirate de toute façon.
55:25 Ce sont les conquérants du monde, et là, il parle des gens qui sont dedans, dans l'usine, telle qu'il imagine, quoi, les scientifiques, les ingénieurs, ce sont les conquérants du monde cherchant la fortune chimique personnelle. Le sport et le confort voyagent avec eux. C'est quelque chose de pathétique, parce que ce vagabond, on espère qu'il devait avoir des pantalons de destroy, sur les routes, et qu'il devait crever la dalle, n'est-ce pas ? Il s'imagine le sport et le confort, c'était tout nouveau, le sport. Le mot est anglais lui-même, c'était la puissance, c'était l'Amérique de l'époque, l'Angleterre victorienne, vous voyez ?
55:57 Tout ça connote un autre monde. C'est pour ça que dans ce texte, il n'est jamais moi, mais il y a le narrateur qui parle là, et puis il y a eux, eux, eux, eux, x, ceux qui les ingénieurs. Vous allez voir. Donc, c'est pour ça que j'ai l'élué de m'arrêter d'abord, maintenant je commente. Ce sont les conquérants du monde cherchant la fortune chimique personnelle, le sport et le confort voyagent avec eux, ils emmènent l'éducation des races, des classes et des bêtes sur ce vaisseau, repos et vertiges. Alors, je fais l'hypothèse que c'est...
56:30 ce vaisseau, ils emmènent l'éducation des races, des classes et des bêtes sur un bateau, ça ne vous rappelle rien. L'arche de Noé. Merci, l'arche de Noé. Mais vous me direz, tu n'aimes pas les interprétations. Même quand c'est évident là, je vérifie intertextuellement et qu'est-ce qu'il dit ? À la lumière diluvienne, ça veut dire à la lumière du déluge, à la lumière diluvienne au terrible soir d'étude. Car, et là, il y a ce magnifique crescendo de la causerie parmi les appareils, le sang, les fleurs, le feu, les bijoux, des comptes agités à ce bord fuyard, des calculs, quoi.
57:03 On voit, roulant comme une digue au-delà de la route hydraulique motrice, monstrueux, s'éclairant sans fin leur stock d'études. Eux, vous voyez, eux, chassés dans l'extase harmonique et l'héroïsme de la découverte. On dirait qu'il parle de la conquête spatiale, presque, vous voyez. Et là, maintenant, je vous dis la chute avant laquelle j'avais suspendu ma récitation. Aux accidents atmosphériques les plus surprenants, une pluie, un orage, une éclaircie, aux accidents atmosphériques les plus surprenants, un couple de jeunesse, alors là, on n'est plus dans la modernité, ça, ça existe depuis toujours, un couple de jeunesse s'isole sur l'arche.
57:43 Je crois, une passerelle, imaginez, un canal traversant un canal, c'est rien. Belgique, il applique à nous, et en Hollande, il y en a encore plus. Un couple de jeunesse s'isole sur l'arche, tiré, est-ce ancienne sauvagerie qu'on pardonne ? Elle aligne et chante et se poste, point final, vous voyez, mais il pose la question, autrement dit, y a-t-il la place pour l'amour, l'amour, qui existe depuis toujours entre un homme et une femme, peu importe, entre deux personnes qui s'aiment, y a-t-il encore la place pour ça dans ce monde du calcul, des équations, des bijoux, du barrage, vous voyez, c'est intéressant.
58:24 Et bien, vous voyez, lui, il tient le griffon et la grue, ensemble. Il a fait descendre la grue du ciel, le griffon de la mer, tout ça. C'est tellement beau. Voilà. La modernité, c'est ça, c'est cette alternance d'extase, il le dit, eux, chassés dans l'extase, l'héroïsme, la découverte, et d'angoisse. Et là, je passe, vous voyez, à un tout autre texte. Je vous les avais distribués, mais je ne vous ai pas fait le coup de venir, n'oubliez pas les rapporter la prochaine fois, parce que d'un mois à l'autre, je veux dire, je n'ai pas eu le temps de les commenter et je vais les commenter aujourd'hui où je ne suis pas sûr que vous l'avez vous, mais c'est très court, je vous rassure.
L'entracte de la Bastille à Waterloo et la passion de l'évasion
59:06 Alors ça, c'est écrit bien avant Rimbaud, c'est écrit au tout début du XIXe siècle, du temps de Napoléon, pour vous dire, vous voyez, c'est même pas encore le monde dans lequel nous vivons, c'est encore moins l'ancien monde, l'ancien régime, c'est ce fameux entracte auquel je fais souvent allusion, c'est un entracte incroyable, où les jeux n'étaient pas faits. Celui qui est entre la prise de la Bastille et Waterloo. Oui, je vais jusqu'à Waterloo, vous pourrez dire, je n'impose rien, vous pourrez dire de la prise de la Bastille à la prise du pouvoir par Bonaparte, aussi bien, mais quand Bonaparte prend le pouvoir, la révolution est déjà trahie depuis longtemps par, vous le savez bien, par les thermidoriens et le Directoire Et lui, ce n'est pas du tout un Robespierre, mais ses adversaires redoutaient en lui la progression de la révolution française, qu'il avançait avec l'intelligence que seul un De Gaulle aura plus tard.
1:00:05 Je répète tout le temps que j'ai voté contre De Gaulle chaque fois qu'il était toute la période où il était au pouvoir. Donc, je peux quand même développer ce que le Parti communiste appelait à l'époque les aspects positifs de la politique étrangère du Général. Le discours de Phnom Penh, le Vietnam, etc., le refus de la Grande-Bretagne dans le marché commun avec le Commonwealth qui fait les moutons des néo-zélandais et des agriculteurs français. Et tout ça, et surtout demander aux États-Unis de changer les avoirs du dollar de la France en or. Là, il a signé son arrêt de mort, on lui a fait mai 68, deux ans après.
1:00:36 L'intelligence laquelle est commune à Napoléon, parce qu'il y a un côté bonapartiste chez De Gaulle et inversement, si vous voulez, c'est l'intelligence de ces hommes de droite qui savent jusqu'où il ne faut pas revenir en arrière. Napoléon garde le drapeau bleu, blanc, rouge, alors que le comte de Chambord, pour ceux qui connaissent un peu leur histoire, fin du XIXe siècle, va tenter de remettre le drapeau fleur de lys en 1880. Et heureusement, d'ailleurs, qu'il a eu cette exigence car l'Assemblée votée con, c'était un peu gros quand même.
1:01:09 L'Assemblée était déjà pleine de Mitterrand, de Giscard pour faire plaisir à la boîte, à la gauche, c'est-à-dire de gens qui sont de droite mais qui veulent paraître de gauche quand même. Le drapeau fleur de lys était le cas. Marine Le Pen a compris ça. Son père, le drapeau fleur de lys, c'était l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet, c'était le sacré cœur de Jésus. Elle, c'est plus collectiviste que moi, tu meurs. C'est presque drapeau rouge. Voilà, allez, laissons les rouges bruns. Oui ?
1:01:39 Elle n'est pas jaune. Qui n'est pas jaune ? Elle n'est pas jaune. Voilà, voilà, non, je ne veux pas exagérer non plus. Donc, mon strubé, c'est que, j'y tiens à ce parallèle. cette période intermédiaire entre l'ancien et le nouveau régime, entre la prise de Bastille et, allez, quand je dis Waterloo, c'est une métonymie, ça veut dire, jusqu'à aujourd'hui, la domination anglo-saxonne sur le monde. C'est des jugements d'existence historique, ce n'est pas des jugements de valeur. Peut-être c'est bien, je ne suis pas en train de faire le procureur.
1:02:12 Il faut qu'il fait le procureur et les inquisiteurs et les inquisitrices. Euh... Et donc, on est à cette période-là, mais bien loin de la révolution, dans le romantisme allemand, dans les ténèbres. Et je vous ai dit, tout à l'heure, plus le savoir, la conscience approche du savoir absolu, plus grandit la force du non-savoir absolu. Mais ça, c'est du Pagani, je vous le dis, soyez prudents, enfin, vérifiez.
1:02:43 Parce que, pour l'instant, cette force, c'est une... je ne suis pas une métaphore. Donc, euh... Or, pour nier la modernité, je vous l'ai indiqué, c'est à ce moment-là qu'apparaît une passion qui va ravager tout le siècle, ravager, pour le meilleur comme pour le pire, ça a laissé des chefs-d'œuvre en littérature, c'est l'évasion. Vous savez, je vous avais fait remarquer que c'est à partir du romantisme que l'évasion devient systématique.
1:03:14 Vous voyez, ce poème de Baudelaire qui s'appelle, dans les poèmes en prose, il faut être toujours ivre, tout est là. Le problème, c'est d'être toujours ivre, de ne jamais être ici et maintenant, là, avec un problème réel, mais d'être toujours un peu... Mais de quoi ? Il vaut de l'air, très intelligemment. De vin, de vice ou de vertu à votre guise, le problème, c'est d'être ivre. Et dans un autre poème, dont le titre est en anglais, en hommage à Edgar Poe, qui était un de ses maîtres à penser, Anywhere out of the world, n'importe où, pourvu que ce soit hors du monde.
1:03:45 Vous voyez, cette manie de l'évasion. Et je finis avec Rimbaud, qui dans la saison en enfer, parlant de lui, dans un extraordinaire autoportrait, fait par personne interposée, c'est-à-dire qu'il avait vécu en couple avec Verlaine à une certaine époque, et ça s'est mal terminé, du coup, le revolver de Verlaine, la saison en enfer a été faite pendant cette crise. Et dedans, il fait son portrait vu par Verlaine. Il imagine Verlaine faisant son portrait. Il est sévère avec lui. Bon. et il fait dire à Mandonner à Verlaine de lui, je n'ai jamais compris cette rage qu'il mettait toujours à vouloir s'évader.
1:04:21 Vous voyez, c'est vraiment un terme clé de l'époque. Or ça, ça commence avec la génération, oui, de Napoléon. Napoléon, qui avait le sens des réalités. Un grand conquérant, ce n'est pas quelqu'un qui se jette sur le pont d'Arcole comme le montre le tableau, c'est magnifique. Mais enfin, non, non, c'est quelqu'un qui dit, apportez-moi une chaussure d'Ebida, ce que je vois. C'est quelqu'un qui pense à ces choses-là qui avaient le sens réel. Quand vous pensez aux chaussures de vos soldats, vous avez déjà gagné la bataille.
1:04:55 Et bien, même celui-là qui était bien réaliste, quand il part en Égypte, en campagne d'Égypte, vous savez ce qu'il y avait dans son bagage ? Le Werther de Goethe, les poèmes d'Ossian, Chateaubriand, René, tout ce qui était l'évasion dans la mélancolie de l'automne, c'est extraordinaire quand même comme époque. Vous voyez ? Je ne parle pas des musiciens romantiques, mais Chopin développe un genre qui n'a pas créé, c'est un Irlandais peu connu qui s'appelle Field, pardon, qui l'a inventé, c'est le Nocturne.
1:05:29 Le Nocturne, c'est une manière de quitter le monde réel le jour où on est aux prises avec une responsabilité pour le monde de la nuit, du rêve et de Nocturne. Le temps est suspendu, tempo sospeso. Eh bien, entre les deux, il y a une période où ce n'est pas encore joué, avant la période proprement romantique où l'évasion se déchaîne. Il y a ce moment-là et qui, en musique, correspondrait à Beethoven. Si vous regardez bien, dans Beethoven, il y a des mouvements lents qui sont parmi les plus belles évasions qu'on ait faites, mais jamais ils terminent là-dessus. Ils terminent toujours sur un chant de triomphe et collectif, dont l'hymne à la joie qui est devenu, hélas, c'est l'hymne de Bruxelles.
1:06:04 C'est parce que Beethoven doit se retourner dans sa tombe et il était un grand admirateur de la révolution française contre laquelle l'Union européenne a été faite. C'est l'exemple emblématique de ce chant de triomphe, une collectivité libérée et qui peut enfin s'adonner à la joie comme Saint-Just qui disait le bonheur est une idée neuve en Europe. Donc, ce texte a été fait à ce moment-là. Mais tu parles de bonheur, on n'est pas là. Là, on est en Allemagne. C'est extrait... Alors, je ne peux pas vous dire l'auteur.
Les Veilles de Bonaventura : la pure négativité
1:06:36 Je ne vous fais pas des cachoteries. C'est qu'on discute encore maintenant pour savoir qui est l'auteur du texte le plus extrême du point de vue de la pensée des romantiques allemands C'est un texte littéraire avec une fiction. C'est un veilleur de nuit qui est censé faire son journal, son journal. Son nocturnal, on devrait dire. C'est toutes les nuits qu'il écrit, il est veilleur de nuit. À l'époque, le veilleur de nuit, c'était quelqu'un qui passait dans les rues et qui soufflait avec une corne comme ça pour indiquer les heures. Vous voyez ? Je vous le dis parce que c'est un personnage important dans l'opéra et dans les contes.
1:07:07 Le seul qui veille quand les autres dorment, c'est la chouette. Vous savez que la chouette de la philosophie est la chouette de Minerve. Je ne sais pas. Donc, et à la fin, la référence qu'il la donne, son œuvre, la seule qu'il est publiée, s'appelle Les Veilles, au pluriel, Les Veilles de Bonaventura. C'est son pseudo. Jusqu'à maintenant, on se demande qui c'est. Certains disent que ce serait même Schelling, le compagnon de Hegel.
1:07:38 Quand même, vous voyez, moi, j'ai fait l'hypothèse que c'était Hegel. Le plus probable, maintenant, avec lui, ça fait 50 ans où j'ai réfléchi. Je ne suis pas spécialiste. Il y en a qui étudient que ça. Le dossier, le dossier Bonaventura. Mais, d'après tout ce que j'ai pu savoir, je pense que c'est Jean-Paul. Mais pourquoi sous un pseudo, alors que Jean-Paul dit les mêmes choses dans d'autres œuvres ? Jean-Paul, le romancier, le plus diffusé à l'époque, complètement oublié, maintenant, surtout en Allemagne. Donc, plein d'humour, lui. Et là, c'est burlesque, c'est grotesque et c'est terrible en même temps.
1:08:12 Mais j'en parle pour la modernité du texte. Parce que même l'angoisse de Kafka, bien plus tard, ne va pas jusqu'à... Regardez, trêve de commentaires. Voilà la conclusion d'une de ses veilles. Derrière le masque et ses œillades amoureuses, la tête de mort ne fait jamais défaut. Vous voyez, la révélation du savoir absolu, c'est que la mort derrière tout ça. Vous me direz, ça, les anciens savaient. Attendez. Et la vie, c'est seulement la vie, c'est seulement la marotte tintinabulante. Tintinabulante, vous savez, la marotte, c'est le chapeau du fou à la cour, avec des clochettes.
1:08:46 Donc, la marotte tintinabulante. Les cloches, c'est tintinnabulum. Oui, oui. Et la vie, c'est seulement la marotte tintinabulante que revêt le néant, avec un N majuscule, pour s'amuser de ses clochettes avant que de la déchirer sauvagement. Rappel un peu le Prince de Hombourg, ça. Et pour finir, la jetée au loin. Tout n'est rien et s'engloutit soi-même. Regardez cette phrase, c'est incroyable. C'est là que j'ai pensé à Hegel. Tout n'est rien et s'engloutit soi-même en s'étouffant à s'avaler trop vite avec gloutonnerie.
1:09:21 Alors, attendez, quel sujet, c'est rien ? Alors, attendez, tout n'est rien et sous-entendu et ce rien s'engloutit, donc maintenant je reprends la phrase, soi-même en s'étouffant à s'avaler trop vite avec gloutonnerie. C'est exactement ce qu'on appelle chez Hegel la négativité. La pure négativité. Il ne s'est pas encore investi dans quelque chose que vous écoutez. Le pire suit encore. Il ne va pas y avoir pire.
1:09:51 Si, vous allez voir, tout n'est rien et s'engloutit soi-même en s'étouffant à s'avaler trop vite avec gloutonnerie. Et il n'est pas jusqu'à cette auto-dévoration qui ne soit une perfide illusion, un duel de miroir comme s'il y avait quelque chose. Sous-entendu, il n'y a rien. Car, si jamais en effet l'avide hâte à s'avaler, voulait un instant s'interrompre, si j'arrête de désirer le livre, le néant aussitôt se manifesterait si significativement que vous en seriez saisi d'épouvante.
1:10:32 Les fous entendent et voient derrière cette interruption l'éternité. Mais ce n'est proprement que le néant et la mort absolue. 1802, dites-nous. Je vous dis qu'il y a une coupure, c'était impensable des textes comme ça. On sait bien, il y avait des réflexions sur la mort, c'est-à-dire surtout dans l'Antiquité où on ne pensait pas la vie après la mort, bien sûr. Il y avait des consolations, une sagesse, il fallait s'en accommoder. Mais là, ce n'est pas ça, ce n'est pas la mort à la fin de la vie, c'est la mort immanente à chaque instant de la vie.
1:11:05 Ce n'est pas. Autrement dit, il n'y a plus de distinction que je fais si souvent entre quelqu'un et quelque chose. Il n'y a rien, il n'y a pas de quelqu'un. Donc, vous voyez, je vous fais un poème de Rimbaud, l'extase, le mouvement, eux chassés, l'extase, la découverte, les bijoux, l'arche de Noé, et cette polarité sur laquelle je n'ai pas pu aborder la dernière fois et illustrer mon propos sur ce que j'appelle le pénultième stade de la conscience, l'avant-dernier, avant, je ne sais pas, de comprendre que le salut n'est que dans la relation à l'autre conscience, à l'autre sujet, à l'intersubjectivité.
Pas de salut solitaire, et la crise qui se répète
1:11:49 Je ne sais pas, mais je n'aime pas ce terme-là parce qu'il prête à la confusion. En tout cas, je ne sais pas qu'il n'y a pas de salut solitaire à cette angoisse moderne, cette angoisse qui fait dire à Pascal dès le XVIIe siècle le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie s'il n'y avait pas la société humaine et le divertissement terme pascalien où je peux me divertir, aller à la cour, danser, etc. C'est ça, Pascal prend ces exemples-là. Et il ne dit pas que c'est un tort. Il dit, qu'est-ce qu'il y a ?
1:12:19 Coronavirus ? Très pas, je n'ai pas eu le temps de voir, c'était un flamme. Qu'est-ce qu'il a dit ? Par contre, il l'a attrapé. Il peut l'attrapé. Quoi, Très ? Il connaît quelqu'un, je crois qu'il a été content de nous ou tout, comme ça. Lui-même ? Oui, je crois. Ça, alors, tu en sais des choses ? Je sais que Bolsonaro l'a dit, il est un flamme. Alors, je dis quoi ? Merci. Voilà, il y a des exemples illustres. J'ai pris Rimbaud, deux textes. Pourquoi ?
1:12:49 Parce que, je veux dire, il a écrit La saison en enfer que je vous demande de relire. Ce n'est pas long. C'est quoi ? C'est une dizaine de pages. Il sait au moins ça. C'est Wikisource ou ça. C'est dense. C'est un texte, vraiment, où il descend dans la plus grande souffrance, la souffrance psychique. Mais il dit dedans cette phrase admirable, le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes. c'est un gamin qui parle. Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes.
1:13:20 Dure nuit, le sang séché fume sur mon front et je n'ai rien derrière moi que cet horrible arbrisseau. Voilà ce qui est devenu ma vie. C'est un coup de dépression. Trilet, l'arbrisseau. Et puis, il dit dedans, là j'insiste sur ce qui va illustrer le salut collectif. Moi, enfin, ce n'est pas collectif, moi, une deuxième fois, moi qui me suis dit mage ou ange, je ne sais pas, ça s'est venu avec le romantisme, je suis rendu au sol avec la réalité rue, pardon, moi qui me suis dit mage ou ange dispensé de toute morale, me voici rendu au sol avec la réalité rugueuse à étreindre et un devoir à chercher.
1:14:00 Virgule. Paysan ! Point d'exclamation. Parle à lui, c'est joli. Cette crise-là, elle va se répéter. Et voilà pourquoi j'en parle. Et je vais terminer sur cette structure de répétition. Jusqu'à nous. Jusqu'à la crise du coronavirus. Non, non, mais je ne plaisante pas. Qui dissimule la vraie crise qui n'appelait pas du coronavirus, mais du capitalisme. En Chine, c'est autrement plus complexe le problème de gérer 1,4 milliard d'habitants et où c'est apparu avec une violence au départ, je crois, à cause d'un pangolin mal cuit.
1:14:34 C'est plus probable qu'une hypothèse. elle est pratiquement finie. Ce n'est pas le coronavirus le problème. Le problème, c'est de dire que le capitalisme en fait marque sa raison et secrète la crise, n'est-ce pas, pour reprendre une citation célèbre comme la nuée couvre, comme l'éclair, n'est-ce pas. C'est toujours la même crise qui recommence. Voyez la répétition, celle des années 30. Celle des années 30, on n'a pu la surmonter parce qu'on a fait 50 millions de morts. D'accord ? On a pu remettre plus tard.
1:15:05 Vous voyez ? Non mais je suis sérieux. Et elle revient dès les années 60. Les droits de tirage spéciaux, l'effondrement du dollar, vous êtes, documentez-vous. C'est le moment où finalement, vous devez dire par jour pour la guerre au Vietnam, votre dollar, c'est du papier, c'est un chèque sans pro, donnez-moi de l'or. Comme Kadhafi. Ils ne vivent pas longtemps après ça. Ils franchissent un seuil. Et là, c'était fini.
1:15:36 Et puis, à la crise de 2008, à l'époque, on disait, le capitalisme, ça y est, il a définitivement vaincu tous les autres systèmes. Vous savez, Fukuyama. Enfin, l'histoire est finie. La bourgeoisie libérale est la figure idéale qui résout toutes les contradictions antécédentes. C'est une caricature de Hegel. Comme s'il n'y avait plus de négatif. et qu'elles sont négatifs. Ce n'est pas grand-chose de rien. Et puis, patatras ! Les subprimes, zut alors ! Et puis, la crise, on ne peut pas dire qu'elle vient. Oui, la crise, c'est parce que vous consommez, vous dépensez.
1:16:08 C'est l'État français, l'État providence, la sécurité sociale, les retraites, et quoi. Non, ça vient au contraire de Wall Street. Ça vient de là où l'État, où l'État social, parce que l'État militaire, il est puissant, où l'État social est le moins présent. Au point qu'on dit que Bernie est un dangereux socialiste révolutionnaire. Il y a pire que Bernie aux États-Unis. Il a bien du courage, mais enfin, je vais dire.
1:16:39 Est-ce qu'ils se sont dit ce matin, que les cours de la bourse sont timidement repris ? Aujourd'hui, ils ont dit vert pâle. Ils ne sont plus en rouge. Lui, il est rose pâle. Mais pour les États-Unis, je renvoie, je fais beaucoup là-bas. Là-bas, où dès qu'il y avait une fille violée, on lynchait 10 Noirs tout de suite. Là-bas, il ne fait pas si longtemps. C'est comme ça. Voilà. Donc, je vais terminer là-dessus avec cette répétition. C'est la même crise. Et là, il ne faut pas dire que le capitalisme est en crise.
1:17:11 Parce que ça confirme. En fait, il marche très bien le capitalisme. Il fonctionne admirablement. Sauf que ce salopard de virus qui est venu vous foutre en l'air. Pour les missions, ce qu'il y a là-dessus. Maintenant, je vous laisse comme proie de ce virus. Et encore une fois, je suis très sérieux. Je plains ceux qui en sont victimes. Ceux qui en sont victimes, ce n'est pas vous, c'est plutôt des gens de mon âge. Si ça peut vous rassurer, quand même. Je sais bien que Pauline est pas tout à fait d'accord. C'est bien, c'est bien que je suis généreuse. Et voilà.
1:17:41 Je vais dire ça. Ça cache une vraie. Il y a un déplacement au sens freudien. On ne sait pas ce que c'est qu'un déplacement. Il y a un vrai. Il y a une crise, mais ce n'est pas celle-là. Voilà. Moi, j'ai attendu 75 ans pour voir le plus grand plongeon de l'histoire de la bourse de Paris. Enfin, quand même. C'est quand même extraordinaire. Non, non, vous savez, c'est avant-hier. Le plus grand plongeon, c'était jeudi avant-hier, hier, le plus grand plongeon 12% en un jour, ça veut dire que même dans les années 30, ça n'a pas fait ce coup-là. Et à Wall Street, pareil, tous les records battus.
L'« extase harmonique » et la tension des contraires
1:18:12 Voilà. On se quitte sur cette note d'espoir. Merci à vous. Bon appétit. Il y a des questions ? Il y a des questions encore ? Oui, oui, non, non, mais je peux dire... Moi, j'ai fini. Moi, je peux manger. Ah non. Le lapsus. Oui, oui, non, mais je... Cette horloge, je suis fâché avec. Je crois toujours que j'ai dépassé l'heure.
1:18:43 Je suis ravi de jouer les prolongations. Je n'ai pas si faim que ça. Oui. Je savais que vous alliez poser une question. Je le voyais à vos lunettes. Je voyais les yeux derrière les lunettes qui brillaient. Avec plaisir. Oui, d'abord, sur l'expression extase harmonique dans le poème. Ah, ça fait plaisir que vous releviez ça. Oui ?
1:19:13 C'est vraiment bizarre, je trouve, en fait. Parce que je ne trouve rien d'harmonique dans ce poème. C'est du pur rythme. Rhythme ? Ce qu'il décrit, ce n'est pas du tout harmonique. Vous avez dit rythme ? Oui. Et ce qu'il décrit, il n'y a aucune harmonie dans ce qu'il décrit. Parce que, où est l'extase harmonique ? Enfin, où est l'harmonie, vous voulez dire ? Oui. Bon, c'est bien, vous distinguez l'harmonie, le rythme et la mélodie, non ? Il ne manque plus que ça.
1:19:43 L'harmonie entre nous, ce n'est pas un jugement d'existence, c'est un jugement de valeur. Ou alors, il faut se mettre d'accord en physique, ça existe, on dit les harmoniques, les nœuds, les ventres, les fonctions périodiques, à la rigueur. Mais en musique, je veux dire, un accord qui était dissonant à une époque est parfaitement recevable à une autre époque. Prenez les accords du blues, ils sont complètement faux dans l'harmonie classique. Parce que dans l'accord du blues que nous devons aux Afro-Américains, la musique du XXe siècle, la plus moderne, celle qui a inspiré le plus de genres musicaux contemporains, disons, pour donner une grande extension, je mets dedans des genres aussi différents que le jazz, le rock, pour l'instant, je veux dire, enfin, qui n'aurait pas existé sans le blues, nous le devons à la partie la plus exploitée de l'humanité.
1:20:33 Les gens qui sont arrivés enchaînés et qui ont traversé l'Atlantique, c'est quand même une dialectique extraordinaire. Et c'est cette musique qui a libéré la musique du monde moderne. Or, vous avez dedans, en même temps, je ne veux pas être technique, mais du majeur et du mineur, ce qui est dissonant dans l'harmonie classique. Faites un mi bémol et un mi sur un piano, les gens vont dire mais tu joues faux. C'est ce que fait n'importe quel, donc, voilà, je présume que Rimbaud voulait dire que même dans ce chaos, vous avez raison, de dire qu'il y a tout sauf l'harmonie, on dirait que tout bouge là-dedans, tout est décalé, comme on dirait aujourd'hui.
1:21:11 C'est ça que vous ressentez un petit peu, le gouffre à l'étambot, la passade de la rampe, les bords fuyards, et malgré tout ça, il y a une harmonie qui flotte sur tout ça. Mais plus les dissonances sont présentes, plus l'harmonie qui arrive elle est surmontée, c'est très hégélien. C'est ce que je suis en train de dire, n'est-ce pas ? L'esprit ne conquiert, je cite Hegel, l'esprit ne conquiert sa vérité qu'à la condition de se retrouver soi-même dans l'absolu déchirement. Vous voyez ? D'accord, mais en fait, ok, c'est pas un jugement de fait, je veux bien, mais en fait, l'harmonie, par exemple, pour qu'il y ait harmonie, il faut qu'il y ait d'une façon ou d'une autre un peu des contraires qui fonctionnent bien l'un avec l'autre, quelque chose comme ça.
1:21:53 Je ne sais pas si je me fais comprendre. Mais là, il n'y a pas. Vous connaissez bien la musique, vous ? Oui, c'est ça. Mais là, il n'y a pas. Ça va que dans un sens. Enfin, quand même, à la fin, il y a l'ancienne sauvagerie qui est le contraire de la modernité technologique. C'est justement la tension de ce texte qui le rend admirable, je trouve. C'est juste à la fin que surgit tout d'un coup et surtout cette question, je ne me suis pas trop attardé, est-ce ancienne sauvagerie qu'on pardonne comme si l'amour entre deux êtres qui s'aiment c'était presque mal reçu, c'était un petit peu, on dirait, pas clean aujourd'hui.
1:22:27 Vous voyez là-dedans, dans tout ce qui est bien lisse, vous avez vu, on dit c'est de l'espace. Je reprends toujours. C'est admirable, j'adore ce film, mais alors, on dirait qu'on a astiqué la station spatiale tous les matins, on dirait qu'à 500 esclaves invisibles qui, d'accord, tu vois la différence avec Solaris, Solaris, la fusée est sale. C'est une a soviétique, où ils ont des chandails grossiers, les cosmonautes, alors qu'aux autres, les yeux bleus comme ça. C'est une réponse à 2001, pardon, parce qu'on parle d'harmonique et de contraire, Solaris, c'est une réponse à 2001.
1:23:03 Il paraît, il paraît, j'ai appris ça, sur le tas. Oui, c'est pas mal. Donc voilà, je vais dire merci pour les questions très intéressantes. Je serais ravi d'en discuter, moi, musicalement, mais il y a une tension, à mon avis, dans, filons la métaphore, puisque vous avez l'oreille musicale, vous allez comprendre, entendre ce que je dis, il y a une tension entre une espèce de sauvagerie ancienne, presque intemporelle, pas loin de la nature, essentielle, sauvagerie sauvage, c'est quand même, c'est la forêt, les selvas, qu'on pardonne, et en même temps, ce qu'il y a de plus actuel, de plus moderne, à la pointe de la technologie.
1:23:45 Donc, cette tension, ça me fait penser au tout premier instrument de musique de l'histoire, un des premiers, vous savez, les ethno-musicologues, ont travaillé sur l'arc musical, dont se servent encore les pygmées, par exemple, vous voyez, je veux dire, c'est-à-dire que les chasseurs, dès le néolithique, ont très bien vu quand l'arc, quand la flèche part, ça fait un son, comme ça, et maintenant, vous voyez encore des bergers, j'ai vu ça, avec une corde, avec l'arc, comme ça, entre les dents, qui se font des mélodies, l'arc musical, a été tout promise.
1:24:17 Donc, la tension, cette tension entre deux extrêmes, vous avez bien raison de dire que l'harmonie suppose, vous avez dit l'opposé des contraires, c'est ça, suppose, effectivement, ce que Héraclite, qui est le premier à avoir compris la dialectique, non pas comme la méthode pour connaître la vérité ou la réalité, ça, c'est plutôt dans Platon, mais ce n'est pas le chemin qui mène à la vérité, c'est la vérité elle-même qui est dialectique, qui est contradictoire, lorsqu'il dit, phrase que tous les écolos devraient méditer, l'arc a pour nom bios et pour effet la mort.
Refoulement intérieur et moi idéal : l'exemple de Wagner
1:24:56 L'arc s'appelle vie et produit la mort. Super, voilà. Oui, merci. Tu as dit à un moment que, en gros, plus on s'approche du savoir absolu de la vérité et de la vie. On revient au centre. plus est forte la résistance. Oui, c'est ça, refoulement, résistance, dénégation. Mais, du coup, je me dis, est-ce qu'il y a vraiment cette intensité plus forte, parce que, en tout cas, dans la représentation de la geste et dans les époques où, justement, notamment la foi était très forte, quand même, il y avait une forte résistance aux découvertes scientifiques, peut-être pas, mais du coup...
1:25:40 religion procès de Galilée, par exemple. Oui, il y a quand même une intensité aussi de la réaction et de la... de la réaction et de la... de la conservatisme. Oui, mais l'Église, un très bon exemple, s'oppose aux savants de Galilée. La religion positive, on va parler en termes philosophiques, c'est la religion officielle, pour celle qui est posée devant moi, pas la religion naturelle. La religion positive s'oppose à quelqu'un qui la menace.
1:26:15 Le discours est censé la menacer, il n'a jamais pensé vous menacer la religion, le pauvre Galilée. Oui, tandis que moi, je parle, c'est à l'intérieur de moi que je refoule. C'est moi l'ennemi, il est en moi, tu comprends, la différence, elle est là dans la modernité. C'est quand je m'aperçois que c'est moi qui triche, c'est moi qui est... Alors, si on veut rester dans les métaphores freudiennes, je m'en sers pédagogiquement de Freud, parce que c'est plus compliqué de le voir au niveau social, c'est pour conclure avec ça. Après, mais tout de même, Freud parle de l'importance pour chacun d'entre nous dans notre formation de l'idéal du moi, du moi idéal, pardon, du je idéal.
1:26:51 chacun d'entre nous s'est forgé, et Lacan va énormément développer ce côté-là sur un modèle imaginaire. Voilà ce que je voudrais être mes tout petits enfants déjà, qui est souvent le père, vous vous en doutez, ou celui qui en tient lieu, peu importe, celui qui est l'idole, quoi, peu importe, selon les biographies. Je parle de père adoptif, une petite parenthèse, puisque je parle de père adoptif, de père pour montrer que ce n'est pas le père au sens naturel seulement, je pense à Wagner, vous savez, qui n'a rien, qui a peu de thèmes nazis dans son discours, sauf l'antisémitisme à un niveau pathologique, c'est très courant, répandu à la France et à la France à l'époque, mais qui prend chez lui une virulence qui s'est surtout déchaînée, il faut être juste, à Paris, pendant son séjour parisien, je vous le dis pour ceux qui ne connaissent pas le dossier, et là je réponds à Louis 25 qui ne s'en est pas là, je ne sais pas, mais qui m'avait posé cette question des rapports Nietzsche-Wagner, c'est un énorme dossier, j'espère que si j'en mets un millième par écrit avant de mourir, c'est que j'aurais fait beaucoup déjà, mais j'aborde au moins
1:28:02 ce côté-là, c'est que, et Nietzsche a pas mal ironisé la suite, il n'a pas tort, de dire que Wagner qui se dit l'allemand par excellence et qui oppose tout le temps à l'Allemagne, à la France et tout, à trouver sa manière à Paris. Quand il était en exil, vous savez qu'il a fait le coup de feu sur les barricades, vous ne savez pas, en 48, il a dû fuir précipitamment, il était condamné à mort et heureusement que Liszt, le providentiel Liszt qu'il connaissait, pianiste virtuose, idole des foules, les usineurs récitales pour qu'il se refasse fortune, Liszt, qui n'est pas encore son beau-père, loin de là, à ce moment-là, lui trouve un passeport pour qu'il foute le camp, c'est grâce à ça qu'il est resté en vie, voyons, il était exilé, il fréquentait Bakounine dans les milieux, dans les faubourgs les plus misérables de Paris.
1:28:50 Bakounine a eu une des premières lectures de Parsifal, Bakounine est partie impatienté en disant qu'il fallait représenter Jésus comme un lâche, enfin, on ne l'ait pas connu. Et ce Wagner-là n'était pas encore, il avait l'antisémitisme un peu, j'allais dire, normal, c'est affreux ce que je dis, mais je veux dire, statistiquement, le plus répandu à l'époque. Il n'y avait pas plus répandu que des blagues anti-juives, surtout en Allemagne, je veux dire, en Allemagne, où il y a des ghettos juifs, où il y avait, malheureusement, ils ont été décimés, des ghettos juifs dans les quartiers des grandes villes, beaucoup plus encore que chez nous, et n'en parlons pas en Pologne, etc.
1:29:27 Bon, eh bien, ce Wagner-là n'est pas encore vraiment, il n'a pas du tout l'antisémitisme virulent et ça n'occupe pas une place centrale dans son discours théorique, sauf que, il voulait faire carrière à Paris, parce que sinon, si on n'était pas joué à l'Opéra de Paris, c'est-à-dire aux Italiens, vous savez que c'est boulevard des Italiens, l'Opéra, ça vient de l'Opéra, boulevard des Italiens, parce que c'était l'Opéra italien qui régnait en maître, c'est une métonymie, on ne disait pas aller à l'Opéra, on disait aller aux Italiens, et qui régnait au niveau mondain, au niveau, un peu comme un producteur de cinéma aujourd'hui qui fait monter celui-là, descendre celle-là, vous voyez, le tout pouvoir, à la fois de l'argent et de la gloire, c'était Meyerbeer, un juif, qui régnait sur la musique parisienne à ce moment-là, d'accord, et qui a un peu barré Wagner, alors là, il est devenu un antisémite virulent, vous voyez ce que je veux dire, parce qu'il l'empêchait d'être parisien à part entière, extraordinaire comme histoire, c'est pas fini, il a un père adoptif, Wagner n'a jamais connu son vrai père, c'était un petit fonctionnaire de police, qui était un disémite de Leipzig,
1:30:37 il a été élevé par un beau-père juif, Geyer, G-E-Y-E-R, pourquoi je dis son nom ? Parce qu'en allemand, ça veut dire vautour, vous voyez le bec du vautour, c'est l'imagerie comme on se représente le juif dans les caricatures antisémites, et je vous le dis parce que sinon il y a des allusions que Nietzsche fait que vous ne comprenez pas, que les Nietzscheens français comprennent encore moins, quand on n'est pas capable d'être un Adler, on peut toujours essayer d'être un geyer, Adler c'est l'aigle, en allemand, quand on n'est pas capable d'être un aigle, on peut toujours essayer d'être un vautour, qui suggère que Wagner est un fils de son père adoptif, vous voyez ?
1:31:18 Et c'est vrai que le père adoptif a toujours adoré Richard, et que Richard lui voue une admiration énorme pendant toute son enfance et sa jeunesse, certains ont même dit que c'était une revendication de paternité, voilà, vous vous rendez compte si un des plus antisémites de l'histoire perd lui, c'est même extraordinaire, c'est pour vous dire quand je dis le moi idéal se construit sur une image qu'on a du père, je ne parle pas de la réalité, d'accord ? Bon, donc, lorsque cette image, ce qui fait que notre identité, ce qui est le plus intime, l'unité de notre personnalité, est pompée dès le départ par une altérité, si vous voulez en savoir plus, lisez la lettre volée, le séminaire de Lacan, c'est un peu alambiqué, c'est de Lacan, mais enfin, si vous en tirez un quart, c'est pour ce problème-là de l'identification imaginaire, ma personnalité, je vous le résume, l'essentiel, c'est fait par un autre et pour un autre, elle est aliénée
1:32:28 dès le départ, vous rappelez-vous ce qu'on avait dit, il faut toujours repartir de là, que le petit d'homme, maintenant je généralise, tout nouveau-né de l'espèce humaine est inachevé, ça c'est un problème de médecine, les physiologues le savent, c'est pas physiquement, physiquement inachevé, pour des raisons qui remontent à la période du passage, le quadrupède à la bipédie qui a fait une catastrophe obstétrique, si vous voulez, les os du bassin de la femme se sont rétrécies, la naissance est devenue difficultieuse, ce dont la religion témoigne, quand elle dit, tu accoucheras dans la douleur, j'ai souvent donné l'exemple, regardez le temps que nous mettons chacun à nous tenir sur nos jambes, n'est-ce pas, là où la gazelle dans la savane, n'est-ce pas, on est quelques heures, ou un jour ou deux, pour fuir devant un danger, avec l'ensemble des troupeaux, donc, je veux en venir, que cette détresse, ce manque, ce moins, vous vous rappelez ce que j'avais dit sur la plus-value de Marx qui vient d'un moins, d'un travail non payé, vous vous rappelez du mythe de Prométhée, c'est parce que l'homme était dépourvu, il n'a pas des griffes, des écailles, etc., qu'il a eu besoin de la surnature du feu des dieux, ce n'est pas la pensée ou la raison du travail,
1:33:38 de la technologie, parce que le feu ça sert aussi à forger les métaux, n'ayez pas une vision trop intellectualiste du feu, ce n'est pas seulement le siècle des lumières, mais c'est aussi ça, c'est parce qu'il y avait un moins au départ, c'est parce que l'homme n'était pas comme l'animal tout construit dès la naissance, soit pour faire des terriers, un blaireau, il a des griffes, comme ça, mais voilà, je dis ça, parce que maintenant, l'homme, il n'a rien inventé, la luciole a inventé la lampe LED, ben oui, vous disiez ça tout le temps, mais non, oui, sauf que l'homme, justement, il produit tout ça parce qu'il n'a rien de ça à la naissance, justement, l'animal volant, bon, il est spécialiste de la généralité, voilà, j'insiste beaucoup sur ce côté-là, c'est le fait que parce que nous sommes désavantagés à la naissance, la relation à l'autre est devenue prioritaire comme dans aucune espèce animale, il n'y a qu'à voir comme le bébé est absorbé par sa mère qui lui chante quelque chose, vous voyez, comme il essaie d'articuler quelque chose, vous voyez son regard, la mère la nourrice, encore une fois, là, il ne s'agit pas de, je ne suis pas dans l'hérédité, je suis dans l'héritage, donc, cette unification
1:34:49 de l'être humain qui n'est pas unifié à la naissance, qui est inachevé, qui est unbestimmt, je suis obligé de le dire en allemand, indéterminé, qui n'est pas fini et qui se termine par un autre et pour un autre, voilà, d'autres questions, ça peut-être on est autour de ça, Romain, moi j'ai une question, je ne me souviens plus quel philosophe a parlé de supplément d'âme, Bergson, voilà, c'est ça, donc le corps est devenu trop grand, donc le corps c'est les extensions, les outils, la technologie est devenu trop grand, donc moi l'impression, en t'entendant, je décline un petit peu ce que tu viens de dire, pour ceux qui ne savent pas, Bergson, un des plus grands philosophes spiritualistes, comme on dit, je ne sais pas, anti-matérialistes, adoré par la droite, par le réactionnaire, lui il vaut mieux que ça, je rappelle que, sous le régime de Pétain, on a voulu lui décerner les honneurs, à lui qui est juif, un pouvoir indigne de ses propres principes, comme dit magnifiquement, Merleau-Ponty, dans l'Éloge de la philosophie,
Bergson, le supplément d'âme et le Lenz de Büchner
1:36:00 et Bergson a refusé, pour rester fidèle, et dit, à ceux qui seront demain des persécutés, grande figure, qui renouvelle le geste socratique, je lui ai dit, pour lui rendre hommage, mais c'est vrai que c'est un philosophe dont tout le trajet l'amenait à cette pensée spiritualiste, anti-scientifique, anti-progrès, ça vous connaissez mieux que moi maintenant, et d'autres générations, n'est-ce pas, anti-technologique, anti-corps, anti-matérialiste, d'accord, au point qu'il était au bord de se convertir au catholicisme, et qu'il a retenu, c'est dit, je veux rester fidèle à ceux qui seront demain des persécutés, grande figure, voilà, je te rends la parole, pardon.
1:36:41 Du coup, l'impression que j'ai, mais c'est une mauvaise compréhension, c'est que, à force d'essayer de trouver cette âme qui manque à tout ce corps, ce corps devenu trop grand, je crois dire, donc, il manque d'âme, et sa pensée, il a proposé comme un supplément d'âme. C'est ça, est-ce que, quelque part, cette réaction, cette volonté de ne pas voir, de retour en arrière, de déni, oui. Voilà, mais c'est aussi une manière de retrouver, plutôt dans notre histoire, cette âme qu'on cherche désespérément, qu'on ne trouve nulle part.
1:37:18 bien sûr, mais on peut la retrouver par le corps. Il y en a qui, dans l'angoisse de n'être rien, le texte terrifiant que je vous ai lu, pour sentir quelque chose, on a besoin de, même, fusse de la douleur, n'importe quoi, pourvu qu'on se sente exister. Je dis ça parce qu'il y a un texte, qui est-ce qui a acquis Les Romantiques allemands récemment, c'est la version de, qui est-ce qui m'a demandé la traduction d'Armel Guerne ? Non, ce n'est pas l'un d'entre vous ?
1:37:51 Bon, bref, de très loin, la meilleure anthologie est celle d'Armel Guerne. Vous trouvez ça, vous mettez Les Romantiques allemands anthologie, Armel, ça suffit, vous verrez tout de suite. C'est sur e-book, je veux dire, vous l'avez entièrement, le texte, c'est une anthologie, mais c'est une richesse, c'est une traduction admirable. Il y a un texte très court de Büchner, qui est mort à 27 ans, en bon romantique allemand, un des rares, qui ne soit pas réactionnaire contre révolutionnaire, très progressiste, qui a écrit La Mort de Danton, d'ailleurs, au théâtre, qui a été joué par Gérard Philipe.
1:38:27 Et bref, d'ailleurs, Büchner, qui a inspiré Alban Berg, de la seconde école de Vienne, disciple de Schoenberg, un des plus beaux opéras de toute la modernité, qui s'appelle Wozzeck, les malheurs du petit soldat de base, du petit didas Wozzeck. Bon, bref, Büchner a écrit un document clinique, l'histoire de quelqu'un qui est en train de s'engager d'abord dans la dépression, puis dans la folie qu'on enferme. Ça s'appelle Lenz, du nom du personnage qui a existé. L-E-N-Z. Lisez cette nouvelle. À un moment donné, il se jette en Suisse, dans la haute montagne, il est allé se réfugier pour aller voir quelqu'un qui lui fait du bien, enfin, une espèce d'ermite.
1:39:04 Il se jette dans la fontaine glacée la nuit, à 3000 mètres d'altitude, pour éprouver quelque chose. Il s'arrache à des clous, il se frotte à des clous pour sentir son corps. Donc, tu vois, le besoin d'âme peut passer par la sensation du corps. C'est intéressant. C'est très typique d'une certaine modernité. Pensez à Artaud, le rapport de Artaud au corps, qui est à la fois jouisseur et en même temps masochiste. C'est comme ça dans Lenz aussi. Non ? C'est comme ça dans Lenz aussi.
L'« ancienne sauvagerie » et la poésie de l'industrie
1:39:35 Tout à fait. Tout à fait, exactement. Absolument. Exactement. Donc, bonne référence. Surtout, quand Rimbaud dit « essentielle sauvagerie » que l'on pardonne, c'est comme si on était prêt à ce que cet esprit soit le plus sauvage, le plus destructeur possible pour peu que ce soit quelque chose de gratuit, de l'ordre de... Là, je ne suis pas sûr d'être d'accord avec toi. Je ne suis pas sûr que sauvage, dans ce texte-là, « Essentielle sauvagerie qu'on pardonne », je ne suis pas sûr qu'il fasse allusion à la sauvagerie au sens de la destruction.
1:40:14 Les sauvages qui massacrent les pauvres cow-boys. Non. Les indiens, qui sont derrière les rouges, ils ont été exterminés, mais dans les films, c'est eux qui massacrent. Un sauvage, c'est quelqu'un qui se sauve. Il a quelques raisons de se sauver quand il nous voit débarquer. Non, je pense que « sauvage » veut dire ici qu'il en reste trop à des plaisirs et des désirs qui ne doivent rien à la science, au progrès, au monde moderne. Donc, est-ce qu'on les tolère quand même ?
1:40:45 Est-ce qu'on leur pardonne ? Vous pouvez rester là. Oui, c'est ça. C'est extraordinaire. Je crois que c'est plutôt sauvage dans ce sens-là, au sens vraiment primitif. Pas au sens de cruel, au contraire, sinon ils ne demanderaient pas qu'on les tolère. C'est ironique quand même, qu'on pardonne. Je ne suis pas sûr que ce soit ironique. C'est pas à moitié ironique. Ah oui, à moitié, je veux bien. Non, non, mais ça devient ambivalent à ce moment-là.
1:41:16 Non, non, je ne dis pas ça ironiquement. Je veux dire, c'est vrai qu'il y a une... Rimbaud est très souvent ironique, sardonique même, ça veut dire ironique méchamment. Je veux dire, tous ces auteurs qui, avec leur intelligence, borgnesse, comme il dit, se proclament les auteurs de leur oeuvre. Pour lui, on n'est jamais l'auteur de son oeuvre. Vous savez ça ? Si le cuivre, s'éveille clairon, il n'y a rien de sa faute. Il écrit ça à 17 ans à son professeur de lettre.
1:41:47 Il faut le faire, lui, dans une leçon de littérature. Si le cuivre, la matière, s'éveille clairon, prend une forme, bien déterminée, il n'y est pour rien, le cuivre. Moi, je suis l'auteur. Voilà. J'essaye une phrase, hop, c'est ça part. C'est comme ça. Ça parle. Ce n'est pas moi qui parle. Ça parle à travers moi. Donc oui, là, il est très ironique, sordide, il est même violent. Verlaine, quand il fait son portrait par Verlaine interposé, il va jusqu'à dire, il va jusqu'à faire dire à Verlaine « c'était affreux »
1:42:22 comme phrase. Ça ne devait pas être triste, ça ne devait pas être gai tous les jours pour le pauvre Verlaine qui était un garçon doux, gentil, qui était amour. J'habitais dans son âme comme dans un palais où on a tout vidé pour ne pas voir quelqu'un d'aussi dégoûtant que vous. Vous voyez, c'est la phrase terrible. J'habitais dans son âme comme dans un palais où on a tout vidé pour ne pas voir quelqu'un d'aussi dégoûtant que vous. Donc que moi, Verlaine.
1:42:54 Il va sans dire qu'il est dur avec lui-même aussi. Oui, oui. Oui, et quand même, je ne peux pas se comprendre parce que du coup, cette ancienne sauvagerie, c'est une sorte de de naïveté, de, comment dire, c'est-à-dire d'innocence. Oui, oui, oui. Et dans ce cas, c'est un peu... Ça veut dire que quelque part, ce paradis terrestre qu'on essaie de faire sur Terre grâce à la science et la technique revient un peu au paradis des origines, au paradis d'Adam et Ève, oui, à l'innocence.
1:43:27 C'est un peu ce que disent les écolos. D'avant la faute. Pardon ? C'est un peu ce que disent les écolos, c'est que finalement, ça nous détourne de l'essentiel. Ah oui, oui, oui. Non mais, non mais, tout ça... Sauf que là, il y a une richesse de la contradiction, merci, qui n'y a pas chez les écolos. Les écolos, le mal, c'est la ville, le progrès, et puis le bien, c'est voilà, je vais dire, t'as une éclat. Il a commencé par faire un hymne de progrès. Qui n'est pas isolé dans ce poème, qui revient très souvent chez Rimbaud.
1:43:59 Toutes les merveilles flambantes, comme un milliard de tonnerres, il parle des aciéris la nuit. Il y a un poème de Verlaine aussi, très court, beaucoup, très fluide, beaucoup plus fluide que Rimbaud. Les kobolds, je ne sais pas si je vous dis quelque chose, qui a dû être fait dans le train entre Mons, et Paris, donc ils traversent une région industrielle, et le poème, c'est dans l'herbe noire, les kobolds, c'est les divinités germaniques, des nains, des esprits. Dans l'herbe noire, les kobolds vont, le vent profond pleure, on veut croire.
1:44:32 Plutôt des bouges que des maisons. Cité au rire, quel horizon de forge rouge. bruit sinistre, qu'est-ce que c'est ? Quoi donc bruissait comme des cistres ? Vous voyez le bruit que ça devait faire à l'usine de l'époque. Bruit sinistre, qu'est-ce que c'est ? Quoi donc bruissait comme des cistres ? Les yeux s'étonnent, les gares tonnent, quoi ? Charleroi. Ça s'appelle Charleroi, le poème, superbe, comme si le train de taxe s'arrêtait. Il y a une poésie de la modernité qui a disparu d'ailleurs. Il y a 9h05, monsieur.
Le griffon, la grue et la bestialité nazie
1:45:07 Est-ce que tu passes ton concours sur le griffon et la grue ? Oui. Les jeunes gens, le couple de jeunesse, c'est le griffon qui vient avec son corps, sa sexualité, tout ce qui n'est pas idéalisé. Le griffon, il vient d'en bas. faire monter le griffon de la mer et faire descendre la grue. C'est ça la formule du nerval, littéralement.
1:45:39 Chose que nous n'avons toujours pas réussi à faire. Si nous sommes encore en crise et si ça se répète, c'est qu'on n'a pas réussi à tenir l'équilibre du haut. Le haut, c'est tout ce que l'homme a produit par-dessus la nature. Je reviens à ma dichotomie du haut et du bas, altesse, hauteur de vue, etc. le haut et le bas. Le bas qui fait qu'on trouve dégoûtant quelqu'un qui mange comme ça, sans mettre sa main devant la bouche. Je veux dire, vous voyez, qui montre sa naturalité, son organicité.
1:46:10 C'est pour ça qu'on dresse l'enfant très tôt à masquer son organicité, à masquer la détermination. Ce qui fait que j'ai faim, ce qui fait que, comme tout animal, je ne vis pas que de l'air du temps. Et encore moins un couple de jeunesse, d'amour et d'eau fraîche. C'est quoi ? Comme dit c'est bien la langue. Voilà, c'est ça le haut et le bas. Je donne un peu de contenu à la formule énigmatique. Mais on va faire monter le griffon. Mais le griffon, quelque chose de monstrueux aussi. il y a quelque chose qui vient des profondeurs.
1:46:46 Et volontiers mûri, car volontiers reposent avant d'avoir mûri farouchement ce qui vaque en dessous. c'est la fête de la paix. C'est la fin d'une étrangère. Le dernier s'appelle « Fête de la paix ». En 1802, quand la paix de Lunéville a été signée, et de la part. Car volontiers reposent avant d'avoir mûri farouchement ce qui vaque en dessous. Mais firmou, ce qui vaque en dessous, il peut surgir. D'un coup, voilà. Mais je ne voudrais pas qu'on termine cette séance qu'avec des choses intéressantes, sans oublier le pénible nazisme.
1:47:22 Car cette dénégation n'a jamais été aussi menée à ses conséquences extrêmes que sous le nazisme. Dénégation de l'universalité de l'autre, comme vous vous rappelez, Primo Levi, qui avait dit, il me regardait comme on regarde un poisson dans un bocal. comme une autre planète, complètement. Donc, ça c'est tout. Ça aussi, ça vient en dessous.
1:47:55 Je ne suis pas contre l'animal, je suis contre la bestialité. Je ne suis pas sûr que l'animal soit bestial. Et là, je reviens, rappelez-vous, vous ne vous rappelez rien ? Le mal, bien sûr. Tu peux rappeler ? Ça vient de conclure là-dessus. Enfin, je ne peux pas dans le texte, mais on gagne en liberté, mais la société fait qu'on peut aller en dessous même de l'animalité. Merci. C'est surtout la formule en dessous de l'animal. C'est ce que tu as rappelé l'essentiel. Cet extraordinaire passage, chapitre 8 du livre 1 du contrat social.
1:48:25 Je ne vais pas le répéter pour l'exième fois, mais où il montre qu'on a tout gagné à passer à l'état civil, que dans l'état de nature, on n'avait ni morale, ni justice, ni pensée, ni culture. Donc, j'en reviens à la phrase centrale. ses facultés s'exercent et se développent, ses idées s'étendent quand il passe à l'état civil, quand il cesse d'être animal. Ses passions s'ennoblissent, son âme toute entière s'élève à tel point que, et c'est là qu'il y a la phrase terrible, si les abus de cette nouvelle condition ne le dégradaient souvent au-dessous de celle dont il est sorti, et là, Mélique, on peut donc être en-dessous de l'animal.
1:49:06 Ça, c'est plus la bête, c'est la bestialité. Oui, c'est la bête, mais celle de l'apocalypse. Vous savez, dans la vie, on parle de la bête. C'est cette bête-là, c'est l'essence du mal. C'est le monstre dans les thrillers, tout ce que vous voulez. On peut le représenter d'une manière nulle ou faire des chefs-d'œuvre. Oui. Je poursuis encore à ce que tu dis sur les effets de la dénégation. Dans un livre que j'ai commencé à faire, il y a une petite référence à Alfred Rosenberg. À Rosenberg, le théoricien d'Hitler ?
1:49:37 Oui. Rosenberg, je vous rappelle que c'était l'idéologue du Troisième Reich. Il y a une citation qui est tout à fait dans le sens de ce que tu développes, c'est Rosenberg qui l'a dit. La révolution de 1789 est morte. Elle n'aura été qu'une explosion sans pensée créatrice et c'est pourquoi nous assistons aujourd'hui à cette décomposition. Voilà. Cadavre décomposé sur la révolution française, le nazisme peut s'installer. Bravo. La bête.
1:50:07 Celui qui a apporté à Hitler, Rosenberg, le Under-man, pardon, de l'américain Stoddard pour en faire l'Untermensch. On peut aller manger ? Bravo à vos questions.