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Musicosophie 15. Platon, Rouseau, Hegel et la musique

Musicosophie · 15/18 En ligne le 9 février 2021 1 h 40
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Qu'est-ce qui fonde, depuis Platon, la complicité entre la musique et la philosophie ?

Dominique Pagani part du rêve de Socrate dans le Phédon, où la musique est dite « la plus haute philosophie », et rappelle que la mousikè grecque désigne l'ensemble des arts des muses. Il énumère ensuite les déterminations communes à la musique et à la philosophie : l'accès à un invisible qui n'est pas immatériel, sur le modèle des mathématiques et de l'acoustique pythagoricienne, puis l'ancrage du rythme dans les rythmes vitaux du corps. Avec l'Essai sur l'origine des langues de Rousseau, il montre que le matériau sonore est à l'origine à la fois de la parole et du lien entre les sujets, les langues naissant des passions et non des besoins, et il propose de penser le langage comme une connivence plutôt que comme nature ou convention. Il passe par la hiérarchie des arts dans l'Esthétique de Hegel, par l'échange des fonctions entre poésie et philosophie à l'époque romantique et par la notion aristotélicienne de forme, pour définir la musique comme une forme mouvante qui travaille la matière sonore. Il aboutit, avec Orphée, Rilke et Schubert, à la thèse que le lien le plus profond entre musique et philosophie est le rapport à la finitude, niée sans être ignorée, dépassée au sens de l'Aufhebung.

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