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L'amnésie de Thésée et la Crète entre Orient et Grèce
0:00 La promesse que je n'ai pas tenue, c'est que je vous avais dit que je vous ferais un résumé, parce qu'on arrive en fin de cycle, de ce que nous avons fait depuis pratiquement deux ans, sous l'intitulé « Entre crise et guerre : philosopher ? » pour ceux qui seraient perdus dans les méandres, encore qu'il y a de plus en plus qui me disent qu'on aime ces détours. Il ne faut pas non plus me chercher. Sinon je vais faire comme le petit Poucet sans cailloux dans la forêt. Donc un petit résumé qui permet de retracer un peu les étapes principales qu'on a suivies pour arriver jusqu'ici.
0:37 Ce sera utile à ceux qui m'ont fait la gentillesse de venir depuis le début et qui quelque part, quelquefois en plus, se sentire perdus. Et aussi, a fortiori, aux nouveaux arrivants, n'est-ce pas, pour permettre de ne pas prendre un train en marche trop brutalement. Donc je n'avais pas eu le temps de le faire vu la densité de la scène de Phèdre que nous avons lue ensemble la dernière fois. Donc je vais m'en acquitter aujourd'hui du plan que j'ai commencé d'ailleurs. Et sinon, j'en profite pour juste un petit retour en arrière, un petit feedback sur Thésée.
1:11 Oui, encore une promesse que je n'ai pas tenue, je vous avais dit. Certains l'ont peut-être captée, pour parler comme les jeunes. On ne sait personne, c'est exactement ce qui s'est passé au fond du labyrinthe, en tête à tête, entre le Minotaure et Thésée. On sait que ce s'est mal terminé pour le Minotaure, ça c'est sûr. Mais en tout cas, je vous avais dit, depuis, quelqu'un se souvient ? À partir de là, qu'est-ce qui arrive à Thésée ?
1:43 Dès l'instant qu'il remonte du labyrinthe, il y a un changement dans son comportement. Oui, j'étais sûr que ça n'avait pas été capté. Tu te rappelles peut-être ? Il y a deux ou trois séances. Oui, oui, oui. C'est qu'il est atteint d'amnésie. Et même, je dirais, d'amnésie réitérative, tu te rappelles. Réitérative. Il commence par oublier Ariane à Naxos. C'est quand même un peu sympa, c'est grâce à Ariane que nous sommes sortis. Et c'est de nous qu'il s'agit dans tout ça.
2:14 Vous savez bien, dans les mythes, c'est le poème collectif, le mythe, non ? C'est Ariane qui nous a aidé à ne pas être dévoré par le minotaure, quand même à sortir du labyrinthe. La femme, décidément, l'avenir, mais aussi le passé de l'homme, quand même. Et voilà, pour la remercier, il l'abandonne sur la première île sur laquelle on faisait escale à l'époque pour prendre un peu d'eau douce et continuer la navigation en cabotage. On ne cinglait pas au large à l'époque, n'est-ce pas ?
2:46 Ça ne devait pas être loin de la catastrophe qui vient d'arriver pour l'avion, on l'a dit, donc, tout ça, entre la Crète et... Oui. Je vous avais dit que c'est redoutable, tout le cycle crétois. Et voilà, j'avais marqué le coup pour cet oubli-là. C'est le plus connu. Ariane aux rochers contant ses injustices. Imaginez, là, les cheveux épars devant la grève déserte, les voiles de Thésée l'oublieux à l'horizon, et elle toute seule sur cette île.
3:18 Elle ne sait pas encore qu'elle va être consolée par Dionysos en personne. Happy Anna. Mais, la seconde amnésie, je vous avais dit qu'il y avait répétition, et ça, je ne vous en ai pas parlé, donc maintenant, je tiens ma promesse, c'est que quand il rentre victorieux, vous vous rendez compte, il a libéré le peuple grec du tribut qu'on payait autrefois aux Crétois, et que symbolise l'histoire du Minotaure qui dévore chaque année 14 jeunes gens, sept garçons, sept filles, là, comme ça. Bon, c'est l'époque où les Crétois et les Phéniciens, les peuples de la mer, disaient les Romains, vous savez, sur leur face, les peuples de la mer, très intéressant.
3:53 Je signale à ceux que ça intéresse que c'est une des origines probables des Corses, c'est ce qu'on dit, je ne suis pas dans le fantasme des gens de chez moi, je vous rassure, il y en a qui disent que nous avons inventé l'écriture, qu'on a bien voulu la transmettre après aux Babyloniens. Les Corses, quoi. Les peuples de la mer, les Phéniciens, Crétois, les Phéniciens, c'est les Libanais d'aujourd'hui, c'est les Philistins, c'est les Palestiniens, c'est tout ça quand même, c'est lourd cette histoire, c'est ancien.
4:24 Ils ont inventé le bouquin, le papier, Byblos, ça existe encore au Liban, ça vient de là le nom. Papyrus, l'alphabet, peut-être la plus grande invention de l'Antiquité, l'alphabet quand même, c'est Phénicien. Vous vous rendez compte si on devait encore tout penser en idéogramme, avec l'hiéroglyphe, c'est pas simple, on avait déjà vu qu'il n'y a aucun grand mathématicien dans l'histoire romaine, quand vous voyez les chiffres romains, comment voulez-vous que ça donne des grands mathématiciens ? C'est pas très souple, ce système de numération.
5:00 Plutôt d'écriture, parce qu'pratiquement, je ne sais pas de numération, c'est un mot même. Et donc, c'est cette libération du joug crétois, le démarrage de l'histoire grecque, et la fin de ce trait d'union, presque au sens propre, vous regardez la carte de la Méditerranée orientale, et la Crète, c'est comme un trait d'union, bloup, entre l'Orient, n'est-ce pas, et la Grèce. C'est un peu les deux, c'est les deux. Il y a encore le côté un peu hiératique, un peu égyptien, il y a encore le culte du taureau, le taureau de Crète, vous voyez ?
5:34 Minotaure, ça, ça tourne autour de Minotaure, puis toutes ces fresques où on voit le grand jeu, jamais aucun plus grand toréador espagnol n'a osé faire ce que faisaient les crétois. Le truc, c'était, l'expression vient de là en français, de prendre le taureau par les cornes et de faire un saut périlleux par-dessus quand même. Voilà, la course de taureau, c'était l'heure. Autrement, il y a ça, ça vient de, on sent l'Egypte, qui n'est pas loin, mais en même temps, il y a un sourire, qui annoncent les Grecs, qui annoncent les Kouros. Il y a une fresque qu'on a retrouvée dans l'art minoen, maintenant, je m'attarde un peu, parce que vous avez la chance d'avoir Internet, vous mettez les cultures minoennes images, et puis vous regardez, les nanas, elles ont des cheveux frisés, c'est des brunes, et il y en a une fresque, qui a plus de 2000 ans, qu'on appelle la parisienne.
6:22 Elle est tellement bien maquillée, coquette et gai, qu'on l'appelle la parisienne. Ça, c'est pas tout à fait le hiératisme égyptien. Vous voyez, c'est vraiment un trait d'union culturelle. Voilà, bref. Donc, ça symbolise tout ça, la liquidation du minotaure et l'émancipation de Thésée. Or, quand il revient donc en triomphe chez lui, à Athènes, où il y a son vieux père, Égée, qui a donné son nom à l'actuelle mer Égée, et vous allez voir pourquoi il lui a donné son nom, et bien il oublie, quelqu'un se rappelle ?
Tristan et Thésée : une même structure mythique
6:53 Il oublie quoi ? Bravo, la voile. Nous qui sortons de Tristan, puisque grâce à vous, j'aurais dû commencer par là, un immense merci au cadeau que vous m'avez fait pour mon anniversaire, de m'offrir cette place pour Tristan. Je me suis permis de dire à Romand, qui a supervisé l'affaire, du cadeau, et des billets, que j'y allais un peu en trainant les pieds. Très content toujours d'aller à un concert en direct, je préfère un orchestre médiocre en direct que les grandes gravures immortelles que j'ai dans ma discothèque, ça c'est pas la question, bien sûr.
7:31 mais enfin, voilà, en me disant, ça fait 30 ans qu'il n'y a plus de grandes voix wagnerienne, chez les mecs, c'est une pénurie totale. C'est une soirée de rêve, un Tristan comme je n'ai pas vu depuis. Je crois que c'est le meilleur Tristan que j'ai vu à la scène, si il n'y a pas peut-être Nilsson à l'époque. Et la mise en scène, qualité de la direction d'orchestre, je ne vais pas trop m'attarder. Pourquoi j'en parle ? Qu'est-ce que tu nous parles là, avec tes coqs à l'âne ? On était en Crète, sous le soleil d'Apollon, et tu nous transportes dans la mer d'Iroise, dans les brumes.
8:04 C'est la même histoire. Tristan va chercher une femme pour le compte du roi Marc. Dans une île, ce n'est pas la Crète, c'est l'Irlande. Il doit ramener la princesse d'Irlande au roi Marc. C'est un peu vieux, il faudra un filtre pour y arriver. Oui, c'est ça. Et il doit pour ça tuer un monstre, lui aussi Tristan, qui s'appelle le Morholt, si vous connaissez un peu le poème de Tristan. Le Morholt, ce monstre, est le beau-frère d'Iseut.
8:35 Pensez à Lévi-Strauss, structures élémentaires de la parenté, le Minotaure est le beau-frère d'Ariane. C'est d'une précision diabolique, la symbolique chez les peuples. Le Minotaure est le fils de Pasiphaé, la même maman qu'Ariane et Phèdre, la femme de Minos, la fille de Minos et de Pasiphaé. On va parler de Phèdre. Oui, elle a trompé Minos, son royal époux, avec un taureau. Ça s'appelle l'hubris.
9:05 Ô haine de Vénus, ô fatal colère, dans quels égarements l'amour jeta ma mère. À l'époque, tout le monde comprenait l'allusion à Versailles. Vous imaginez bien. qui parle d'égarements un taureau, quand même. Ça a donné le Minotaure. Et pour cacher ce fruit monstrueux, c'est le cas de le dire, cette hubris, cette hybride, cette transgression de la mesure, il ne devait pas avoir la tête de l'Apollon du Belvédère, le Minotaure. Non, je suis sérieux. Ce n'est pas le monde grec.
9:35 Il faut le cacher, c'est honteux, le labyrinthe pour dérober cette monstruosité. Vous voyez, ça se tient tout ça quand même. C'est un reste de l'Orient. Les statues égyptiennes d'animaux à tête d'hommes ou d'hommes à tête d'animal. Le sphinx, ou la tête humaine qui émerge du corps léonin. Ou au contraire, Anubis, ou un corps humain avec une tête de chacal. Vous voyez, dans l'Orient, il y a encore cette lutte entre l'origine naturelle et l'humanité qui est en train de se dégager jusqu'à ce que Oedipe disent au sphinx l'Œdipe de Sophocle.
10:07 Donc le sphinx de Sophocle, le sphinx des grecs, disent que la réponse à tous les énigmes du sphinx, c'est l'homme. Quel est l'animal qui marche à quatre pattes le matin, à trois pattes à midi, à deux pattes le soir ? Alors bien sûr, c'est l'homme. Pour l'anecdote, à quatre pattes le matin, c'est le bébé que nous avons tous été. Et avant la marche, à deux pattes à midi, et puis sur un bâton, dans la vieillesse, le soir, vous savez, voilà, mais quelle symbolique, voyez, l'homme qui fait écrouler le monde des dieux bientôt.
10:43 C'est pour ça qu'on a accusé Socrate, qu'on l'a condamné, qu'il enseignait à la jeunesse à ne plus croire au monde des dieux. Il ne faut pas oublier, tout ça est très homogène. Donc, arriver, j'en étais à Tristan, il est un des rapports, aller dans une île, là, il y a la femme qu'il aime, ça va être Ariane. Pour ça, il faut tuer un monstre qui a un lien de parenté avec elle, et qui ait le même lien, celui de beau-frère, celui de la passant.
11:14 Et troisièmement, la voile au retour. Tristan agonise en attendant désespérément le navire avec la voile blanche. Oui, et bien, Thésée, le vieil Égée, son père lui avait dit « Si tu t'en sors du Minotaure, fais hisser la voile blanche. » Il l'oublie. De loin, son père voit la voile noire et il se jette dans les flots qui portent maintenant son nom la mer Égée. Voilà. C'est une promesse que je n'avais pas tenue de vous montrer que l'amnésie de Thésée devient répétitive.
L'inconscient et la pulsion de répétition chez Freud
11:45 Qu'est-ce qui s'est passé au fond du labyrinthe ? Et je vous avais signalé, puisque nous sommes entrés dans Racine pour illustrer la notion d'inconscient, je le rappelle, le chemin que nous avions fait pour explorer le sujet moderne, c'est le sujet où il n'y a pas seulement la pensée, Descartes et l'étendue, le corps, mais où il y a entre les deux des pensées que je ne pense pas et des volontés que je ne veux pas. Alors là, il y a de quoi y perdre son latin. C'est ni la pensée, ni la conscience, ni le corps, n'est-ce pas ? C'est pour illustrer ça qu'on est passé avec des flagrants délits, pour ne pas rester dans l'abstraction, des modélisations hâtives que j'ai fait ce long détour par le poème.
12:26 Poème qui a l'avantage à travers Racine d'avoir l'expression d'un grand poète et d'autre part, expression qui s'ancre dans ce poème du peuple qui est le mythe en général. Ça, c'est pas Racine. Et on continue. Ça continue d'inspirer les créateurs, cette histoire. Voilà. Donc, j'avais rappelé tout de même le lien avec Freud, c'est cette répétition. Il ne faut pas oublier que c'est la pulsion de répétition car c'est une pulsion irrépressible chez Freud.
12:56 Wiederholung zwang. Zwang en allemand, c'est compulsif. On ne peut pas s'en empêcher, la zwang. C'est plus que Trieb. Trieb, c'est la pulsion générale. Zwang, c'est la pulsion dominatrice. Wiederholung zwang, la pulsion de répétition. Allez, je fais une petite parenthèse quand même avant de revenir à mon plan. Je dis ça parce qu'il ne nous reste pas beaucoup de temps. Il nous reste une séance jusqu'en juin et ce ne sont pas les choses sur lesquelles je regrette plus tard d'avoir fait l'impasse.
13:29 Vous savez qu'il y a plusieurs topiques comme on dit chez Freud, c'est-à-dire plusieurs réaménagements de son système. Je vous avais dit que c'est un des aspects que je préfère chez Freud. C'est son côté, contrairement à ce que disent ces critiques antidogmatiques au possible où il refond en permanence sa systématique. C'est un homme qui vient du positivisme, de la biologie de son époque. Donc c'est un homme d'expérience. On l'oublie quelques fois, on croit qu'il fait des trucs arbitraires. En fait, il a vu 3000 fois quelqu'un avoir une érection au moment où il avait un rêve de vol chez ses sujets ou ses patients.
14:03 Ce n'est pas une maladie de rêver, donc il n'y a pas ses patients. Voilà, au départ, il a une donnée expérimentale qu'après il fasse des hypothèses qu'on appellera hasardeuses comme on voudra, mais il a un riche matériau. Donc, parmi toutes ces topiques refondus, il avait commencé par la métapsychologie, le subconscient, il la laisse tomber, c'est devenu l'inconscient, le préconscient, tout ça. Et puis souvent il dit, je dis ça, c'est une hypothèse, je ne sais pas où ça va nous mener, on va bien voir, c'est juste pour essayer.
14:34 Et puis après il revient en arrière, il confirme ou il laisse tomber. J'aime bien ce côté un peu opportuniste, si vous voulez, de l'effort d'intelligibilité. Surtout quand c'est sur des océans que personne n'avait jamais frayé. Donc, vous savez sans doute, certains d'entre vous, la plupart certainement, que dans sa dernière topique, le dernier état de sa pensée, le plus profond, intervient la fameuse pulsion de mort qui n'existait pas jusque-là et qui vient contredire l'essentiel de ce qu'il pensait jusque-là. Pour lui, il y avait le principe de réalité, le principe de plaisir qui se combattaient en chacun d'entre nous.
15:07 Il y a le principe de plaisir, vous pouvez penser à la saison des amours chez les animaux. Je vais me faire la femelle, je ne dis pas la nana, la femelle. Les hommes et les femmes, c'est dans l'histoire et dans la culture. Dans la nature, il y a des mâles et des femelles. Je dis ça parce qu'à l'époque où on parle de genre et tout, ça peut servir, cette nuance, qu'on ne fait jamais. Évidemment, puisque maintenant, la mode est à l'impasse sur tout ce qui est humain et au naturalisme plutôt qu'au culturalisme, alors j'insiste qu'il n'y a des hommes et des femmes que dans la culture et dans l'histoire. Sinon, il y a des mâles et des femelles.
15:37 Donc, lorsque la saison des amours, je reviens au monde animal, je veux dire, il y a le principe de plaisir, oui, mais qui doit tenir compte du principe de réalité, c'est le moment où les mammifères prennent le plus de risques. Vous savez, même ceux qui sont habitués à se planquer, c'est très important chez les animaux, la sécurité, se planquer, c'est le moment où ils prennent le plus de risques. Donc voilà, il était dans cette topique-là, assez classique, positiviste de son temps. C'est le même siècle que celui de Darwin, même si c'est la génération d'après, mais quand même. Et puis voilà, que tout d'un coup, il y a quelque chose qui est plus important pour lui dans l'inconscient comme pulsion que le plaisir, c'est la pulsion de mort, enfin quand même.
La guerre de 14 et la naissance de la pulsion de mort
16:16 Et comment ça lui est venu, c'est là que je fais un petit parenthèse, très rapidement, de la guerre de 14. Un carnage comme ça, ça n'arrive pas tous les jours dans l'histoire, et d'un coup, heureusement, une civilisation qui était capable de faire cette abomination, elle est capable de tout. quand on voit ces signes, pire dans l'Aisne, dans l'Oise, je ne parle même pas dans la Somme, n'est-ce pas, vous voyez, nombre de croix, gamins de 20 ans, la barbarie.
16:56 Je dis ça parce que les horreurs de la dernière guerre servent de souvenir écran qui occulte l'horreur de la première. Vous comprenez ce que je veux dire ? Et ce qui est monstrueux, c'est que ça surgit dans une civilisation hyper développée, ce n'est pas la barbarie, ce n'est pas la barbarie au sens de l'ignorance. Comme il dit Voltaire, les grands crimes n'ont jamais été commis dans la lettre à Rousseau, que par les grands ignorants, n'est-ce pas, depuis Thamas Kouli-Kan jusqu'à un commis de la douane qui ne sait que chiffrer, dit Voltaire.
17:27 Quelle illusion de penser que la violence ne peut être due qu'à l'ignorance à l'enfance de l'humanité. Bon, donc voilà, 14, c'est monstrueux une civilisation qui a fait ça. Première ligne, deuxième ligne, troisième ligne, les gamins, 18-20 ans, comme disait mon ami Clouscard, vous savez, je pense que c'est le penseur le plus décisif de l'après-guerre, au moins en langue française, je ne peux pas dire que je les connais tous. Il me disait, avec son accent du Tarn, qu'ils se sont servis de la guerre pour liquider les vingt siècles de paysannerie qu'il nous avait fait.
18:01 Vous voyez, ce n'est pas idiot, c'est une boutade, mais quand même. Alors voilà, je ne vous embête pas souvent avec la corsitude, vous avez remarqué, ou alors quand j'en parle, c'est plutôt pour ironiser, surtout les Corses aujourd'hui qui mettent les Français dehors sur les murs et en dessous les Arabes dehors. Mais là, quand même, il faut être juste, pour ceux qui connaissent un peu la Corse qui sont en vacances, regardez les monuments aux morts, il y a plein de villages où il y a plus de morts sur le monument aux morts que dans le village.
18:32 C'est le département qui a le plus de morts par habitant de la guerre de 1914, c'est pour ça que j'en parle. Parce que c'était planifié les départements de bergers, les marocains, les corses, et tout, on les envoyait en première ligne. Voilà, c'est la gestion des armées. Voilà, donc, cette hécatombe. Donc, Freud, il est contemporain de ça. Et donc, tout d'un coup, dans son cabinet, je trouvais là, c'était la névrose bourgeoise, l'hystérie, ça avait des grands problèmes. Dans Vienne, je ne sais pas, vous connaissez, Klimt, Penteu, Vienne, Mahler, la névrose bourgeoise, j'adore Mahler, ça ne fait pas dire ce que je n'ai pas dit.
19:05 Mais enfin, comme disait Clouscard encore, pour le même chagrin, un fils de famille fera une névrose, là où l'ouvrier fera une psychose. L'ouvrier, lui, le jour se lève, vous connaissez, le film, je ne sais pas, lui, il va tirer, ou il va suicider, là où l'autre va faire soigner sa dépression au Bahamas. Je dis au Bahamas, ou en Corse, maintenant c'est en Croatie, à Prague.
19:37 Voilà, donc, tout d'un coup, dans son cabinet, changement public, je veux dire, c'est les traumatisés de la guerre qui défilent. Et il constate, il dit, un curieux élément récurrent, c'est des gens très différents comme profil, ils n'avaient pas le même destin, ils n'avaient pas la même enfance, c'est que tous revenaient sur les circonstances qui avait précédé immédiatement le trauma. l'un s'était exposé sur une grenade, l'autre, il avait vu, je ne sais pas, moi, son meilleur ami, les tripes en l'air, peu importe, il y a l'embarras du choix, dans ses carnages.
20:13 Vous imaginez bien, en matière de traumatisme. Et il constatait que tous, leur pulsion, alors on est loin du principe de plaisir, dites-donc, c'est de revivre au moment le plus déplaisant de ma vie, au contraire, voyez. C'est intéressant d'où il est parti, Freud. Tous ceux qui ont eu un accident de voiture et tout, connaissent un petit peu cette tendance qu'on a de vouloir revivre les derniers moments avant l'accident, je ne sais pas, quitte à être en sueur, etc. Il y a un très beau film, puisque je pars devant des connaisseurs en cinéma, vous corrigez, il y a un très beau film de Mankiewicz qui s'appelle Soudain l'été dernier, que je vous recommande chaudement en matière de traitement du traumatisme, du traumatisme, excusez-moi, pour l'absurde, à l'écran.
20:56 Je ne sais pas ? Je vous le recommande, Liz Taylor n'a que 17 ans, elle est encore brune, elle n'est pas encore Liz Taylor, elle joue à merveille, elle est bien dirigée, mais elle est éclipsée par Katharine Hepburn qui fait un numéro extraordinaire et Montgomery Clift qui était l'acteur préféré de ma femme, mais ça c'est une anecdote. Ben oui, ben oui, j'ai quand même connu Chet Baker avant de me connaître, alors je suis obligé de me connaître, avant de me connaître. Et vous verrez comme un traumatisme, la difficulté qu'il y a à revivre, bon bref, il y a l'écran qui empêche la mémoire comme ça, on est parti de Chet Baker problème de mémoire.
Le plan kantien et l'exemple des origines du jazz
21:39 Et voilà, donc je referme la parenthèse sur le principe de répétition, mais je voulais absolument tenir ma promesse. Je vous avais promis le plan, le plan il est fini, je plaisante, mais à moitié. Je veux dire par là que c'est une belle illustration du rapport abstrait concret. Il suffit de diviser tout ça et vous avez tout ce qu'on a fait jusqu'à maintenant. Je vais le faire, je vais le faire. Mais voilà, il y a une introduction, bon c'est quoi la philo, c'est ce qu'on appelle la philo-philosophie.
22:11 Il y a une définition de plus avec tous les philosophes qui nous bassinent avec ça, voyez. Et puis après, merci Kant, qui a rendu un grand service à ceux qui enseignent ou qui apprennent la philo, c'est que ça se ramène à deux questions, il y en a trois. Enfin, que puis-je savoir ? Que ça fait la connaissance, méthodologie, logique, épistémologique, ce qu'on voulait, voilà. Et puis que dois-je faire à la morale, l'action, la politique, le droit, le rapport aux choses, le rapport à l'autre, on va y revenir, mais c'est pour vous dire, voilà, ça se permet de cadrer, c'est un peu abstrait, vous vous rendez compte, je suis en train de survoler des tas de problèmes qui mériteraient dix séances chacun.
22:47 Alors, on va détailler un peu. L'introduction d'abord, je la reprends donc ici, vous me dites, si vous n'y voyez rien au fond, je vais écrire un peu plus grand. L'introduction, oui, dans l'introduction, j'avais commencé par proposer nature et origine de toutes ces banales de la philosophie.
23:19 Voilà. Alors, nature, bien sûr, au sens, au sens de définition des sens, le propre d'eux, ce qui est spécifique à la nature du triangle que la somme de ses angles soit égale à deux droits, ça n'a rien à voir avec la nature naturaliste. Voilà. Naturaliste, mais j'aime bien le formuler comme ça parce que ça pose déjà un problème. N'est-ce pas ? Si on ne connaît pas la définition, comment voulez-vous qu'on en saisisse l'origine ? L'ordre chronologique dépend de l'ordre logique ici.
23:50 Vous voyez ce que je veux dire. Quelles sont les origines du jazz ? Vous allez comprendre ce que je veux dire. On peut chercher dans les jungles du Congo central. On fait fausse route. Quelquefois, on remonte trop loin au-delà. Je dis ça parce qu'il y a moins de boîtes de jazz dans le continent africain que dans la seule ville de Tokyo. Écoutez bien ce que je voulais. Et en travaillant dans le domaine de la musique en Afrique, je suis un peu formé sur la question. Qu'il n'y aurait jamais eu de jazz sans la contribution des Africains et en particulier des esclaves importés, c'est plus qu'évident.
24:24 C'est pas évident, c'est vrai. Déjà, nous avons ensemble que dans l'évident il y a video et que la vérité, la certitude est loin de la vérité. Mais, il n'y aurait eu que cela, il n'y aurait pas eu jazz non plus s'il n'y avait eu que l'Afrique. Le jazz, comme tous les grands phénomènes culturels, est un pur, extraordinairement impur. C'est un mélange de contributions venant de diverses sources. par exemple, le song anglais, c'est-à-dire le tune, le standard, le succès, qui vient la plupart du temps de la comédie musicale Broadway.
25:03 Les trois grands noms, Gershwin, Cole Porter, Rodgers, etc. Les études, certains que le monde connaît par Overdue and Gold, etc. La comédie musicale, que ce soit d'abord sur scène, de la boîte à Broadway et plus tard au cinéma, les Fred Astaire, etc. sont la pépinière à tous les thèmes qui vont devenir des standards. Je ne vais pas les énumérer parce qu'il y en a tellement, mais elles sont extrêmement connues.
25:36 Or, tous ces standards ont la structure sombre. C'est pour ça que j'en parle. Celle-ci, vous voyez ? Ça, ça ne doit pas l'Afrique. L'Europe, c'est un vieux truc. au clair de la lune et sur ses structures. Vous voyez ? Quand vous chantez au clair de la lune, mon ami Pierrot. C'est la mélodie A. Après, tout le monde s'appelle le nom de la lune, les mots changent, mais la mélodie est la même. Vous êtes d'accord ? Donc, c'est A aussi. Ma chandelle est morte. Là, la mélodie change. Là, c'est B, qu'on appelle aussi en anglais bridge ou middle part.
26:07 Parce que c'est au milieu. Et bridge, parce que ça fait le pont entre A et A. Il faut regarder bien. C'est tout simple. Ouvre-moi ta porte au clair de la lune. Ah ! C'est ça, ce truc. Je vous dis ça parce que je suis en train de vous montrer l'inconscient culturel qui n'a rien à voir avec l'inconscient sexuel ici. L'inconscient qui est dû à l'histoire, à la culture. Je veux dire, par là, quand on dit les blacks, ils ont le blues dans le sang. Bon, le rythme. Non, je dis ça parce qu'il ne faut pas non plus être aliénant, même quand c'est apparemment laudatif et admiratif.
26:40 C'est pas, c'est aussi aliénant. Ils l'ont pas dans le sang, ils l'ont mieux que ça, ils l'ont dans le code. Je vais pas trop m'égarer là-dessus, mais je veux dire, il y a une gamme pentatonique en Afrique qui prédispose au blues. On peut y revenir, mais c'est pas mon sujet. Ce que je veux montrer là, c'est que nous avons tous quelque chose, non pas dans le sang, mais dans notre culture. Et on baigne tellement dedans qu'on prend plus de distance. On a, quand on écoute au clair de la lune, on croit qu'on a l'oreille vierge, pas du tout.
27:10 On a cette structure-là qui fait qu'on attend la répétition, le machin, le changement au même endroit chacun. Voilà ce que je veux dire. Et comme il y a des millions de refrains composés sur cette structure, en jazz, en gros, l'ensemble des thèmes de jazz se ramènent à deux structures mélodiques, celle-là et celle du blues. Vous voyez, c'est intéressant à savoir. Voilà. C'est pas mon sujet, je m'attarde pas, mais c'est pour vous montrer que si on monte au-delà d'un certain seuil chronologique, on n'est plus dans le jazz. On est dans un des ruisseaux qui ont composé le grand fleuve du jazz.
27:44 Vous voyez ce que je veux dire ? Mais enfin, quand vous avez un petit pissou qui vous passe entre les jambes, dans les Alpes, à la source, je ne sais quel fleuve, c'est pas ça qui... Vous n'avez pas appelé ça l'Amazone ou le Mississippi. Vous voyez ? C'est important ce qu'on est en train de dire. Je suis en train de dire, ce qu'on appelle, je suis philosophe, que comme toutes ces choses riches, le jazz, c'est un toujours déjà complexe. C'est intéressant comme formule. C'est toujours déjà... Il n'y a pas une origine pure. Fussent les jungles africaines. Voilà.
28:15 Et donc, pour la philosophie, pareil, il faut en connaître la définition. Sinon, on va la confondre avec l'histoire de la pensée. À ce moment-là, la pensée hindoue, chinoise, je veux dire, pourquoi on la fait commencer à Socrate ? Vous voyez ? C'est arbitraire. C'est les rappels que je fais pour l'introduction. Voilà. Donc, c'est pour ça que j'avais précisé nature et origine. Et j'avais établi un seuil. C'est un résumé, ce n'est pas la reprise dans le détail. Justement, c'est la rupture à la mode, comme ça s'appelle pour les structuralistes, c'est la coupure.
La coupure socratique : « qu'appelles-tu ? »
28:52 C'est ça, la coupure. Non, ce n'est pas lui, c'est Bachelard, c'est la coupure épistémologique. Alors, on va parler de la coupure socratique pour faire un télo. Voilà. La coupure socratique, maintenant qu'on est bien d'accord qu'il n'y a pas de coupure, on a vu qu'entre l'Orient et la Grèce, il n'y a pas, j'ai rappelé qu'il y a la Crète, il y a des intermédiaires. Bon. La coupure socratique, elle est tout entière dans le fait que l'objet de ma recherche, c'est le mot et non plus la chose.
29:23 C'est là que j'ai insisté, je n'en reviens plus. Et ça, je vais l'écrire par contre. Cette coupure, je la résume dans cette distinction. la question fondamentale n'est plus qu'est-ce que c'est, parce que ça, on se la pose depuis le début de l'humanité, n'est-ce pas ? Il y a des réponses. Il y a une profondeur vertigineuse, quand vous lisez le Bhagavad Gita ou le taoïsme. Je veux dire, attention, je ne suis pas en train de réduire. Je suis en train de dire, ce n'est pas de la philosophie, c'est de la pensée, c'est de la religion, c'est ce que vous voulez, mais ce n'est pas la première. Qu'est-ce que, n'est-ce pas, et que nous avons distingué de ce qu'inaugure Socrate, c'est le qu'appelles-tu, ce qui est fort différent.
30:05 On approche de la fin de l'introduction, quand on a franchi ce seuil-là. On commence à voir ce qui est spécifique de la philosophie. Ça n'a l'air de rien, mais j'avais fait ce petit schéma, que je ne refais pas ici, n'est-ce pas, ce n'est pas d'un astrologue de l'Antiquité, un mage chaldéen, par exemple, montant sur un zigurat, une espèce de tour, ce n'est pas qu'il y avait un Babel, un Babylone. Et Babylone s'élève gigantesque dans l'ombre de Babel ruiné. Comme si, à 20 mètres au-dessus du sol, on allait mieux voir la taille de Jupiter, ou la magnitude de l'étoile Antarès.
30:43 Non, mais, bon, c'est pas du empirisme, l'astrologie comptait plus que l'astronomie, mais en tout cas, la question que tout se pose, c'est qu'est-ce que le soleil, est-ce que c'est un dieu, est-ce que c'est ceci, etc. Je ne sais pas encore est-ce que c'est une étoile ou une planète, mais quand même, c'est des questions. Mais qu'est-ce que, l'être est donné, la question n'est pas vraiment radicale, il y a déjà un truc qui est donné, qui est l'être. alors que, ici, c'est plus radical. Ici, c'est quelqu'un qui n'a pas à faire directement au soleil, mais à vous, à moi, à lui, c'est-à-dire à quelqu'un qui parle du soleil et qui lui demande, mais qu'est-ce que tu appelles le soleil ?
31:19 Quand tu m'auras dit ce que tu appelles le soleil, je te dirai si c'est une étoile, une planète, etc., vous verrez bien. Est-ce que c'est cette chose qui est tellement agréable, qui te réchauffe en hiver ? Toi qui es allemand, vous allez voir pourquoi je dis ça, j'avais fait allusion la dernière fois, parce qu'en allemand, le soleil, c'est dit au féminin, tout simplement. Comment voulez-vous qu'on n'ait pas une tendresse pour cette chose qui, quand il fait moins 15, vient vous réchauffer ? Voilà, en allemand, on dit le lune, la soleil.
31:49 Die Sonne. Et, voilà, sans compter la couleur blonde des cheveux, enfin, on peut connoter, pas on peut, toute la poésie joue là-dessus, le blond des blés, rappelez-vous dans Petit Prince, Saint-Exupéry, quand le renard dit au Petit Prince, je penserai toujours à toi à cause de la couleur des blés qui est celle de tes cheveux. Vous vous rappelez, vous voyez, j'invente de rien. Attendez, mais ce n'est pas le soleil de l'astronome, ça. D'autre côté, ce soleil-là, il existe aussi. Et depuis Néandertal, ce que vous voulez, il n'est pas moins existant que l'autre.
32:21 Voilà, attention. Donc, qu'appelles-tu ? Question radicale, et nous avons vu que ce n'est tellement pas secondaire, cette distinction, qu'elle commande tout ce qui va suivre. À savoir, qu'ici, j'ai un astrologue face à un astre, c'est-à-dire un être qui parle face à un astre muet, qui ne lui dira pas « Ah, non, je ne suis pas une étoile, moi je ne suis qu'une planète. » Non. J'ai oublié qu'il dit ce soleil. Il va dire à l'inverse, si vous pouvez parler. Tandis que là, on a au pied de la tour ou du ziggourat, n'est-ce pas, un petit barbu, imagerie, philosophe socratique, qui s'adresse non pas au soleil, mais à l'astrologue et qui lui dit « Qu'appelles-tu le soleil ? »
33:05 C'est-à-dire un être qui parle s'adressant à un autre qui peut lui répondre. Bonjour Thomas. Qui peut lui répondre. Vous voyez que c'est vertigineux la différence. Plus on l'étudie, plus on la creuse, plus on voit les enjeux. Donc, encore une fois, ceci porte sur les choses, ceci porte sur les mots. Et c'est là que la philosophie commence. C'est quand l'interrogation porte sur la médiation elle-même. Cette médiation par l'intermédiaire de laquelle l'homme a rapport au monde.
33:35 L'homme qui est le logos même existant, disait Hegel. L'homme est le logos même existant. Parce qu'il y a des logos comme dans Platon qui sont quelquefois dans le cosmos noetos, dans le monde intelligible, n'est-ce pas, qui sont l'essence mais à qui il manque un peu d'existence. Les philosophes me comprennent bien. Tandis que là, deux fois, il y a eu cette formule. Pardon, excusez-moi, et le concept, ou ça, il y a eu le même, que l'on voit. Et le concept même existant, il l'a dit pour l'homme, pour définir l'homme et pour le temps.
34:07 C'est intéressant que Hegel a eu le même prédicat, on dirait en logique chez les Wittgenstein, le même prédicat pour deux sujets apparemment aussi indépendants que l'homme et le temps. Dans les deux cas, on a affaire au concept même existant, pas dans ma tête. Voilà, je referme la parenthèse. Donc ici, l'interrogation porte sur les mots. Et, j'enchaîne, je vous avais dit qu'on ne cesse de voir que l'enjeu prend de l'importance à peu près à mesure qu'on le creuse.
34:39 Si la question porte sur le langage, le langage, c'est ce qui nous réunit. La communauté des hommes, c'est pas ? Pas seulement dans un peuple, ça c'est la langue, le langage, car les langues sont toutes traduisibles entre elles. Je vous rappelle, les linguistes, ils ont pas mal travaillé pour ça, le langage, le système de communication commun à l'humanité, voilà pour ce qui est de son extension. La langue, beaucoup plus restreinte, c'est pas ? Le système de communication lié à une communauté je dis pas un peuple, parce que les Tchadiens font partie de l'Afrique francophone et de l'Orient, ils sont pas de l'enseignement plus extensibles.
35:15 Voilà, la francophonie. On les fait de l'amiens, et après, ils ont été de l'amiens, les anciens. Voilà, donc, et puis, l'individu, l'humanité, un peuple, l'individu, la parole, le langage, la langue, la parole. Carni, ça va Thomas ? Ni Thomas, ni moi, ni Alyosha, nous avons la même parole. On a tous nos tics de parole, nos accents, nos vocabulaires, nos récurrences, nos formules un petit peu récurrences, voilà.
35:49 En plus, la parole, c'est vraiment là, le moment singulier, le moment où le langage entre enfin dans l'existence. Car la langue existe aussi peu que le code de la route. C'est pas le code de la route, il existe sur le papier, mais personne ne conduit exactement comme le code de la route. On mordit toujours un peu la ligne jaune, il y a un tracteur, un tracteur, de même, pour la langue, on fait toujours des petites fautes de grammaire. Bon, voilà. C'est intéressant, hein. Plus on creuse, plus on s'aperçoit que ça méritait presque la mort, l'histoire de Socrate.
Socrate sème la zizanie : communauté et universel
36:24 Je suis sérieux, vous voyez, il y a un grand enjeu. Vous vous rendez compte, il met en question ce qui nous relie, là, enfin, quand même. Moi, je suis pour Socrate. imaginez, c'est le patron, c'est comme Saint-Christophe pour les chauffeurs, pour les... Je suis escalité, je fais comme Talleyrand. Vous lui avez demandé comment un homme scientifiant que vous, on ne sait que les lumières, peut croire en Dieu ? Il a répondu, d'abord parce que je suis évêque d'Autun. Voilà. Non, sérieusement, c'est vrai que il sème la zizanie.
36:56 Il sème la zizanie parce qu'il commence à mettre le doute et va dire à Hollande, qu'appelles-tu de la démocratie ? La finance sans visage. Vous savez, Hollande se bat contre la finance sans visage et contre la barbarie, contre le terrorisme et puis en même temps, il donne la Légion d'honneur aux Saoudiens. Qu'appelle-tu le terrorisme ? C'est qui le terrorisme ? Vous voyez, c'est terrible des questions comme ça.
37:26 On comprend que les athéniens, vous comprenez, puis en plus, il y a des jeunes qui l'écoutent, manquent plus que ça. Donc, l'accusation n'est pas tout à fait fausse. Elle est infondée en droit, moralement pour moi, mais elle n'est pas fausse. En fait, c'est vrai que il enseigne à ne plus respecter les dieux de la cité si les dieux c'est Hollande, Onfray, Soral, un petit peu, c'est un peu plus injuste. Mais enfin, quand même populaire, plus en plus.
37:57 Et dans l'Europe qui monte, il n'est pas le seul. Regardez un peu du côté de l'Autriche. C'est demain, non ? Quel vote pour le président ? Dimanche. OK. Je fais une petite parenthèse. Vous savez, on ne peut plus parler, dénoncer le retour du fascisme parce qu'il y a un Américain qui a trouvé amusé et on a dit le point Godwin, ça y est. Vous voyez ? Le point, au bout de 15 secondes, il a déjà parlé de fascisme. Ça veut dire que les théories du complot, il veut du fascisme. C'est extraordinaire.
38:27 On a attendu l'époque où le fascisme est de retour partout pour interdire d'en parler. Je referme la parenthèse entre crise et guerre. Voilà. On creuse et on s'aperçoit que Socrate, tout d'un coup, fait l'irréparable. C'est-à-dire qu'il porte la question sur ce qui fait ensemble qu'on est une communauté. Il en avait marre des communautés. Moi aussi. Je suis corse, j'en ai ras-le-bol des communautés.
38:57 Une fois, il y en a un qui construisait sa villa. C'était un peu neuf. Il avait mis des peupliers. Enfin, il avait planté des peupliers parce que ça pousse assez vite, il paraît. Voilà pour avoir un peu d'ombre. En Corse, c'est important. Et on a un autonomiste qui arrive avec les crânes rasés, la barbe à l'ayatollah, le treillis. Je dis ça parce qu'on les peint comme des gens de gauche, des progressistes contre l'État jacobin, vous savez, contre l'arbitraire parisien. Il dit pourquoi tu plantes ça ça, c'est pas de chez nous ?
39:28 Alors, je lui ai dit parce que j'étais là qu'il faudrait arracher aussi tous les oliviers parce que c'est les Grecs qui ont amené l'olivier en Corse. Voilà. Ça, c'est les communautés. Qu'est-ce que vous voulez ? C'est terrible. Et moi, je préfère les sociétés aux communautés. Socrate préférait la cité soit au métèque d'un côté, soit au Thébain de l'autre, n'est-ce pas ? Il était pour l'universel. Voilà ce que je suis en train de dire. Une des notions les plus combattues de nos jours, vous le savez, depuis mai 68 en particulier.
40:00 Je n'ai rien contre juin 68, et puis le triplement du SMIG, tout ça, je suis pour, attention, les droits dans l'entreprise, etc. Mais il y a deux 68, comme vous savez. Il y en a un qui a gagné sur les plateaux de télé. Ce n'est pas juin, c'est mai. C'est Cohn-Bendit. Libertaire en 68 et libéral en 78. C'est lui qui dit, ce n'est pas moi. Bon. Perversion des mots. Vous voyez ?
La critique et la crise ; lecture de l'Émile
40:30 S'attaquer à ça, c'est un gros morceau de la part de Socrate. Et là, je fais une petite nuance, je ne veux pas trop détailler parce que c'est un résumé, mais je l'ai posé sous forme de problème, vous vous rappelez ? Est-ce que c'est Socrate qui introduit la zizanie dans la cité ? Ce que je semble dire depuis un petit moment. Ou est-ce que, pas en profondeur, et j'ai dit maintenant le contraire, c'est parce qu'il y avait la crise dans la cité que Socrate s'est répandue dans les rues et a commencé à poser des questions. Est-ce que c'est la critique qui produit la crise ou est-ce que c'est l'état de crise qui encourage à mettre les choses à plat comme nous le faisons entre nous chaque fois que nous nous retrouvons et je suis sûr que nous ne serions pas en crise.
41:10 Cet atelier n'aurait pas le même intérêt et il y en a qui ne viendraient pas ou qui ne feraient pas de la philo. Il faut autre chose. Peut-être des courses de taureau. Je n'ai rien contre, rien pour. Voilà. Donc, c'est une question qui mérite d'être posée. Elle avait été posée à l'agrégation de philosophie il y a une vingtaine d'années. Ça s'intitulait comme ça La critique et la crise, comment concevoir leur rapport ? Je me souviens même qui était sorti dès les premières secondes en copie blanche parce qu'ils se demandaient la crise de quoi, la critique de quoi.
41:44 On a en philosophie. Ça peut être la crise de nerfs, la rage dentaire, ça peut être la crise du Proche-Orient. Voilà. Nous approchons de l'état de crise et du siècle des révolutions. qui a dit ça ? C'est un sourire malin comme si tu le savais. Non, mais je le sais. Je le sais, mais je le vois bien. Je ne le souviens plus. Tu es gentil. Tu ne veux pas, tu veux que ce soit les nouveaux qui le cherchent. C'est sympa. Tu aurais pu faire le malin, tu aurais pu frimer. Mais... D'un coup, j'ai essayé, je me suis trompé.
42:15 Voilà. Dis-le-nous. Bravo. Si quelqu'un ne fut jamais prophète, parce que dire ça en 1770, vous savez, dans l'Émile, quand il veut persuader la mère d'Émile, qui est partie de la... C'est la facie, ça veut dire que je le ferai aussi dans cette mise en scène. Et donc, il n'y a plus de préjugés encore que de la moyenne. Il faut que ça en suive un métier manuel. Il n'est pas de manière arrivée. Bravo. Il approche la dizaine d'années. Il serait temps qu'il n'y a pas un métier manuel. Déjà, les maires, il ne travaillait pas. Même pas le commerce un tout, mais il n'y a pas un métier manuel.
42:47 Un métier à mon fils, mon fils artisan, monsieur, y pensez-vous. J'y pense mieux que vous, madame, qui ne voulait jamais en faire qu'un marquis, un lord, d'un prince, et peut-être même un jour moins que rien. Moi, je voulais le faire. Les grands textes de Rousseau valent la peine d'être relus régulièrement. C'est un très grand texte. Et quoi que vous puissiez dire à madame, à pape aux hommes, il aura moins d'égaux à ce titre qu'à tous ceux qu'il tient devant.
43:19 Parce qu'il prouve que chez Rousseau, l'homme, ce n'est pas une notion empirique. Il ne tombe pas ça. Donc, et il insiste, et il dit pourquoi. Il commence par donner des raisons pratiques. Et beaucoup d'aristocrates qui l'ont entendu ont été bien inspirés. Beaucoup ont émigré à la révolution en Angleterre et étaient bien contents d'avoir un métier qui de menuiserie, qui de serrurerie pour gagner sa vie, etc. Je vous le dis en passant. Et l'argumentaire, le premier que trouve Rousseau, c'est ça. Nous approchons de l'état de crise et du siècle des révolutions. Qui peut vous répondre de ce que vous deviendrez alors ?
43:49 Le grand devient petit, le monarque devient sujet, « Les coups du sort sont-ils si rares que vous puissiez compter en être exempt ? » Qu'on admire tant qu'on voudra ce roi vaincu qui veut s'enterrer en furieux sous les débris de son trône. Moi, je le méprise. Je vois qu'il n'est grand que par sa couronne et qu'il n'est rien s'il n'est roi. Mais celui qui la perd et s'en passe est alors au-dessus d'elle. Du rang de roi, qu'un lâche, un méchant, un fou, peut remplir comme un autre, il monte à l'état d'homme que si peu d'hommes savent remplir.
44:22 On voit de nouveau, vous voyez que la notion d'humanité, ce n'est pas un peu une donnée où il suffit de naître homme pour être homme. Je pense que si peu d'hommes savent remplir. Nous naissons animal et nous passons une vie à essayer de nous humaniser. Pas tout seul. On a une éducation, une culture et un héritage au départ qui nous met un peu le pied à l'étrier.
Le triangle maudit : humanité, universel, progrès
44:52 Je rappelle tout ça parce que tout ça a été combattu. Il y a un triangle maudit sur lequel s'acharne la pensée post-moderne, enfin dominante, contemporaine. Quand je dis dominante, c'est dans tous les sens, au sens de la pensée de la partie du monde qui domine le reste du monde. Tout simplement. Et pas seulement la plus répandue. A savoir, ce triangle, c'est l'homme, l'universel, l'humanité, je préfère dire que l'homme sinon on va penser au mec. L'humanité, l'universel et le progrès.
45:23 Quelles sont les trois notions les plus démodées depuis 68 ? Depuis Cohn-Bendit, depuis Foucault, Deleuze, tu sais, et Derrida. C'est intéressant. C'est curieux, quand même. Je ne citerai que Foucault, une de ses formules les plus célèbres. l'homme est une invention récente et dont, fort heureusement, nous sommes sur le point de bientôt nous débarrasser. Je ne déforme pas trop sa pensée. Pardon ? La mort de l'homme. La mort de l'homme, voilà, tu connais bien.
45:54 Et oui, parce qu'il y avait eu la mort de Dieu avec Nietzsche. La pensée moderne aime bien accumuler les cadavres. Mais oui, non, mais je ne dis pas ça. Non, mais attendez, attendez, je me réclame de Hegel, il faut passer par la mort. Non, non, attendez, quand même, quand il a liquidé la métaphysique, enfin, le siècle des Lumières, a proclamé la mort de la métaphysique. C'est intéressant, la problématique. Philosophie. Socrate coupable, quand même, il porte la mort.
46:29 Nietzsche annonce la mort de Dieu. Foucault, la mort de l'homme. C'est intéressant, ça. Maintenant, on dit la mort du genre. Étant de passer à un transgenre. Voilà. Intéressant de remarquer ces symétries. Bien sûr, la mort de la philosophie, périodiquement. Qu'est-ce qu'on a besoin de la philosophie, maintenant, qu'elle est science cognitive, les machins, stimulus, réflexes, phéromones, imagerie cérébrale.
47:01 Qu'est-ce que tu vas t'emmerder travailler Aristote Plotin par Kajk, mon pauvre vieux. Oui, il y a des malentendus comme ça. Il y en a qui pensent que ça s'agit du même objet. Je n'y peux rien. Que la philosophie doit être au CNRS, sans doute. Voilà. Je n'en parle pas avec mépris. Moi, j'ai étudié les comportements des rats dans les labyrinthes quand j'étais en option psychologie, quand j'ai fait ma licence de philo, quand même, psychologie expérimentale. pour étudier l'âme, on étudie le corps des rats.
47:34 C'est utile, moi je me souviens, c'est très intéressant. Je vous en cite un de rats qui m'avait marqué. En fait, c'était pour montrer l'inhibition sexuelle des rats mâles quand on fait passer dans leur cage l'odeur d'autres rats mâles. C'est intéressant. Ça veut dire que ça s'est mesuré. Il y a une inhibition qui se produit. Il y en a d'autres qui sont sur la brèche. C'est bon, l'espèce est reproduite. On n'a plus besoin de moi. Ce qui nous rappelle au passage, c'est pas la ruse, cette ruse de la sexualité qui nous fait croire qu'elle est au service de notre plaisir alors qu'elle est au service de l'espèce.
48:08 Elle n'est pas là pour l'individu. Dans la nature, je ne vais pas parler de l'éros, c'est une création culturelle, l'amour, à la Tristan. Non, mais la sexualité dans la nature, c'est fait pour l'espèce. La preuve d'ailleurs, c'est que les individus, je l'ai dit tout à l'heure, c'est à ce moment-là qu'ils prennent le plus de risques dans le monde animal. Mortel. Donc, ce rat-là, quand on le servait, ils avaient mis des petits électrodes, ces petits rats quand même, vous voyez. Et on lui faisait une impulsion, je ne sais pas comment faire une impulsion, une excitation, sur les reins, la petite électrode, et quand il le sentait, il s'arrêtait de courir, il revenait en arrière, jusqu'à l'endroit où il y avait eu l'impulsion électrique, là, vous voyez, comme si c'était lié à un lieu.
48:54 Voilà, je referme la parenthèse, c'est amusant. Voilà, je n'ai pas le mépris pour tout ça, tout ça est fort utile, et puis il faut soigner les corps, pour la médecine, c'est important, parce que je n'ai pas dit que nous n'avions aucun rapport avec l'animal, et on ne créerait plus que ça. J'ai dit que c'est un peu réducteur, de parler de l'homme à partir d'une modélisation qui n'est valable que pour l'animal. Voilà. Donc, tout ça, tiré de la différence qu'appelles-tu, qu'est-ce que c'est ?
Le philosophe entre le mathématicien et le poète
49:25 Vous vous rendez compte ? Il a suffi de mettre en question ce que Mallarmé appelle magnifiquement dans un poème les mots de la tribu. Et là, je m'approche vraiment de la fin de mon introduction, puisque j'avais dit le philosophe, si vous voulez bien le positionner comme spécifique, il faut le placer dans le genre de ceux qui réfléchissent sur le langage, et là, on a le genre, on n'a pas encore l'espèce philosophe, parce que là, il est en concurrence avec deux autres, à deux extrêmes opposés, le mathématicien, le savant en général, le mathématicien en particulier, et à l'autre extrême, le poète, dont Mallarmé dit que la fonction du poète, c'est, je cite, « donner un sens plus pur aux mots de la tribu ».
50:09 Dans le tombeau d'Edgar Poe, si vous voulez trouver la source, « Tel qu'en lui-même, enfin, l'éternité le change », en fait, il décrit la statue d'Edgar Poe à Baltimore, cette statue un peu pompier, où on voit un mec avec un glaive sur un rocher, un piédestal. « Tel qu'en lui-même, enfin, l'éternité le change, le poète suscite avec un glaive nu son siècle » ça, c'est l'Amérique. « Son siècle épouvanté de n'avoir pas connu que la mort triomphait dans cette voix étrange ».
50:39 L'Amérique, elle n'aime pas la mort. Hollywood. Pas cette mort-là. « Eux, comme un vil sursaut d'hydre oyant jadis l'ange » « Donner un sens plus pur aux mots de la tribu »
51:09 « Proclamèrent très haut le sortilège bu dans le flot sans honneur de quelques noirs mélanges ». Sous-entendu, la poésie de M. Poe ne sont que des propos d'ivrogne. C'est vrai qu'il était assez... On la retrouvait dans le caniveau. Mais voilà. Réduire quand même la poésie de celui qui est inspiré, n'est-ce pas, Baudelaire, Mallarmé, Valéry et tant d'autres. N'est-ce pas ? À la biture, au bitère. C'est un peu fort. Voilà. Donner un sens plus pur aux mots de la tribu. Là, on commence à voir le philosophe presque terminer notre...
51:41 Presque. Il manque l'essentiel. Je vais finir l'introduction. Donc, si vous voulez un pointillé tout au long de ce plan, c'est ça. C'est le... C'est les mots. Je mets ici petit Poucet pour vous exciter un peu. Si vous voulez un pointillé tout au long de mon atelier, on croit parler, je ne sais pas moi, de la guerre, de la violence, de la sexualité, de la politique.
Connais-toi toi-même et la notion de liberté
52:18 qu'en fait, le fil conducteur, c'est la réflexion sur les mots. On est en philosophie. Voilà. Quelques sujets qu'on aborde. Donc, là, on y est en plein. Et il nous manque encore quelque chose pour terminer l'introduction. Est-ce que parmi les anciens, quelqu'un qui voit une notion énorme, dont je n'ai pas parlé jusqu'ici, et sur laquelle on ne peut pas clore l'introduction ? On ne peut pas commencer la première partie. On ne peut pas commencer la philosophie. et je n'ai pas fait intervenir pour l'instant.
52:53 Vous savez comment ça va enchaîner. Ça va enchaîner avec la première partie que puis-je savoir. C'est dans le plan. Vous êtes d'accord ? Mais que puis-je savoir, quoi ? Combien il y a de grains de sable dans le Sahara ? C'est d'accord ? Voilà. Moi aussi, combien il y a de gouttes d'eau dans l'océan Pacifique. Oh, il doit y avoir un nombre déterminé. Quand on cherche le savoir, ce n'est pas n'importe quoi, ce n'est pas tout. Vous voyez bien qu'il y a une sélection. Pour le philosophe, quel est le savoir qui lui importe le plus parmi tous les savoirs ?
53:23 Il y avait deux manières de répondre, mais qui sont liées. Ah ben alors, les anciens, enfin quand même, il y a des jeunes qui attendent de vous. Enfin, les jeunes, les nouveaux. Pardon ? Je n'ai pas entendu. Bien. Première réponse. Ah ben attendez, l'astronome, lui, il cherche à savoir. n'est-ce pas ? La trajectoire de la comète, la luminosité, la magnitude de telle étoile, etc. Son éloignement.
53:54 Les choses, le monde extérieur, alors que, et Socrate a bien insisté là-dessus, Socrate, l'attend à poser, parce que Socrate n'écrivait pas, a bien insisté que son patron, c'est l'oracle de Delphes. c'est que pour les grecques, là, c'était le nombril du monde. On est consulté l'oracle dès qu'on avait un problème. Mais là, le problème, c'est qu'il n'y répondait jamais à la question posée. Il dit que je me posais des questions sur les tatuels, sur ses origines et tout. Il dit, toi, tu dois être déconné, tu dois faire ton peur, c'est pareil.
54:24 Bon, donc, il y avait marqué, quand même, à l'entrée du sanctuaire, que gnôthi seauton, connais-toi toi-même. C'est ce qu'est le renvoi de la raquette de tennis, vous voyez, de la balle, de la gorge du questionneur. Tu cherches à savoir ce que c'est la Lune, ce que c'est les étoiles, ce que c'est le cosmos, ce que c'est l'hydrogène, etc. Et sa composition atomique, connais-toi toi-même. Il y a un retour avec lui-même, en plus, vous voyez, un retour à l'envoyeur, qui est typique. Oui, première réponse.
54:56 Mais ça ne suffit pas, bien que ce soit lié. Il y a une notion encore plus importante que celle du moi et de l'identité et du sujet. Tu sais, science-philosophie, c'est important, mais c'est bien. Première distinction, ce n'est pas n'importe quelle. On ne va pas enchaîner, après introduction, sur que puis savoir, en général, en se tournant vers l'horizon, tiens, et si je commençais par savoir combien il y a de feuilles sur l'arbre là ? Pourquoi pas ? Ça, c'est les savoirs, après tout. Mais on va privilégier quelques questionnements par rapport à d'autres. Celui-ci, se connaître soi-même.
55:28 Vous comprenez pourquoi on est arrivé tout récemment, dans la dernière semaine, dans les derniers mois, à parler de l'inconscient, etc. Ah ben oui, vous voyez bien, c'est plus important. Quelque chose sans laquelle la... Oui ? Pas l'humain, mais c'est lié, il n'y aura pas d'humanité sans cela. Quelle est, vous allez trouver, la notion sans laquelle la philosophie est impossible ? Ça commence à venir. La finalité. Pardon ?
55:58 La finalité. Je cherche une notion. On s'en rapproche de plus. Chaud, chaud. C'est une notion qui est impliquée dans toutes celles que vous venez de dire. C'est pas compliqué, mais qui les coiffe. Toutes ces notions, la volonté, la finalité, le but, un sujet, un moi, ne seraient pas possibles. Ces notions, je suis rigoureux, comme un logicien, ne seraient pas possibles s'il n'était pas présupposé. Quoi ? L'action, oui, l'action, mais c'est pas ce que je cherche.
56:30 L'action, mais justement, puisqu'on est à l'action. Vous vous rappelez mon histoire du vent qui agite les arbres ? Je me dis c'est une métaphore. Le vent est plus actif que le frange des arbres du point de vue strictement scientifique. Mais même que l'arbre, le mouvement de l'arbre est un effet, quand ça va être obligé de la causalité, vous savez ? Et on a l'impression que c'est inerte, alors que le vent, c'est ce que de personnage, un peu comme chez les peintres, tu sais, dans le printemps de Botticelli, on voit Éole, la divinité, ce qu'il fait.
57:01 Donc le vent étant la cause, l'arbre serait actif, je ne sais pas, et les arbres seraient passifs, pas du tout, du point de vue physique, ça n'a aucun sens, sauf pour une métaphore que je suis en train de dire, ne peut être actif que ce qui est supposé, libre, merci. Ce qui n'est pas déterminé, ce qui n'est pas l'effet d'une cause antérieure, ce qui est libre. C'est une causalité principielle, je prends le mot principe au double sens, de moteur, et en même temps de commencement, d'origine.
57:35 On est là. comment, quand je pose la question que dois-je faire, à quoi ça me sert de la poser, si la réponse finale qu'on aura à la fin de la grande partie que puis-je savoir, c'est mon vieux, ce que tu dois savoir, c'est que tu es complètement déterminé, donc tu ne peux pas changer l'état du monde dans lequel tu es, ni toi, ni le talent, parce que tout est déterminé, c'est des illusions, une histoire, faire, ça n'existe pas, il n'y a pas de liberté. C'est bien ce que dit Lordon, non ?
Lordon, Spinoza et la liberté comme postulat
58:05 Enfin, je ne sais pas, vous l'écoutez de temps en temps ? Ah ben voilà. Non, je ne suis pas en train de répudier, l'homme politique, Lordon, il y a des options que je pourrais contre le civil, sur le traité européen, tout ça, bien, je sais ça, mais le problème, je veux dire, ce qu'ils ont frais, c'est qu'ils s'occupent de philosophie. En tout cas, je ne peux pas, non, c'est un truc escalier avec la carte, non, en fait, non, en droit, non, je ne peux pas, autant que, que les hommes, ils ont une des beaux de l'Igède, au moins.
58:37 Mais, vous avez dit, un truc, je suis très inquiet, vous avez dit, à cause de la france qui est pas une bonne heure, vous savez, souvent on dit, ah, alors, je me remonte le bonheur, dis-moi, c'est certainement comme ça, pour dissuader, si je ne veux pas, je ne veux pas, de la bonne question, oui, parce que, mais, sans doute, quand on dit aux Africains, étant donné l'argent fait le bonheur, ça laisse qu'ils répondent, c'est trop mignon, c'est très pertinent, c'est trop mignon, pour me donner l'accord, de l'Afrique, comme les hérodotes, l'Afrique étonnera toujours, voilà, donc, c'est pas le monopole des philosophes, non, la philosophie, est-ce qualité, il n'y a pas de qualité à ce niveau-là, mais, Lordon se pique de philosophie, très bien, sauf qu'il choisit une philosophie et je pense pas seulement à Spinoza lui il se réclame de Spinoza mais bon sang à cause d'amputer l'éthique de toute la partie sur la liberté de l'homme il passe son temps à leur donner la liberté de l'homme je suis mon fil, c'est une illusion, c'est n'importe quoi l'homme n'est pas un empire dans un empire il traite de Spinoza pour dire ça
59:47 bien sûr, Spinoza a passé sa vie à démystifier les formes illusoires de la liberté que nous avons tous à départ qui sont des petites mêmes illusions Leibniz a le même éthique que Spinoza les deux titans, le prophylique classique post-cartésien comme on dit Leibniz disait lui-même que si l'aiguille de la boussole était doué de conscience elle aurait eu l'illusion de penser qu'elle veut se diriger vers le nord, vous voyez la volonté c'est intéressant voilà, si c'est pour cette liberté là il faut la démystifier, la Spinoza c'est très bien mais Spinoza conclut que les hommes se croient libres parce qu'ils ont des appétits ça c'est l'appétition, la détermination l'appétit, c'est bien la connotation natureliste ils ont des appétits c'est entendu une chaîne sans fin pour les épochimiques ils ont des appétits et ils ignorent les causes qui les déterminent qui déterminent cet appétit bien sûr, oui donc quand on ressent une appétence mais quand c'est pas question déterminée on a l'illusion de cette liberté les voir picot, etc.
1:00:44 c'est très bien mais il dit bien que le sage est celui qui peut connaître se connaître lui-même justement connaître les déterminations qui le meuvent et au fur et à mesure que se déploie cette intellection cet effort de connaître ce qui fait que je ne suis pas libre je me libère d'autant à chaque fois c'est ça ça, Lordon il n'en parle jamais voilà je fais une parenthèse un peu longue un peu laborieuse pour rappeler que si c'était que Lordon il y a un acharnement en particulier dans les sciences cognitives à vouloir nous persuader n'est-ce pas que tout culturalisme est vain en fait que nous sommes tous des effets du stimulus réflexe vous revenez au positivisme du siècle dernier tout c'est plus le temps perdu c'est ce que l'avenir non mais franchement quand c'est monsieur Prudhomme c'est monsieur Prudhomme c'est celui qui dit c'est mon opinion et je la partage donc voilà et moi je n'ai pas tranché le débat comment voulez-vous que je tranche un enjeu aussi important je ne vous ai pas dit j'ai une bonne nouvelle pour vous nous sommes libres et non pas déterminés je n'ai pas dit encore l'inverse non plus j'ai dit et je maintiens et c'est un acquis de la philosophie formulé clairement depuis Kant
1:01:54 donc il faut bien s'en souvenir alors je vais le formuler à la Kant parce que Kant c'est précis c'est technique c'est allemand la liberté est un postulat de la raison pratique voilà ce que dit Kant alors traduisons en français ce que c'est qu'un postulat c'est qu'il faut présupposer pour que le reste soit valable c'est ça en maintenant je ne suis pas sûr que ce soit vrai du tout mais si ce n'est pas vrai tout le reste s'écroule c'est simple donc je garde ce qu'a dit Kant qui reste valable encore aujourd'hui à l'heure où je parle s'il n'y a pas liberté ce n'est pas la peine qu'on continue à faire l'atelier les mecs non mais c'est vrai encore une fois c'est à quoi de chercher que dois-je faire n'est-ce pas alors que nous sommes faits ça ne sert à rien parce que si par miracle j'arrive à trouver la sagesse et savoir ce que je dois faire je ne pourrais pas le faire parce que j'ai une détermination qui me fera faire autre chose allez manger une pissaladière par exemple vous connaissez à Nice la pissaladière c'est vachement bon ce n'est pas une pizza c'est à l'oignon confit alors ça là je craque par exemple les pulsions voilà c'est les rappels et là on a fini l'introduction
1:03:05 lorsque on a compris ceci n'est-ce pas c'est que la philosophie implique attention il faut être honnête je n'ai pas dit que donc la liberté existe parce que là je serais critiqué par Kant de confondre le non-contradictoire avec l'existence vous voyez non non je veux dire que nous savons maintenant c'est plus clair pour ceux qui suivent depuis le début vous voyez qu'au début on est trop abstrait ça ne peut pas être clair comme après l'effort qu'on a fait ensemble c'est que tout au long du que puis-je savoir on sait maintenant que ce qu'on cherche à savoir c'est savoir si on est libre ou déterminé c'est ça la question fondamentale le reste c'est les prétextes est-ce que c'est l'empirisme le déterminisme le rationalisme on verra après les différentes écoles n'est-ce pas de connaissances mais à chaque fois ce qui va être décisif dans notre choix à nous de philosophes dans notre voyage à nous dans notre arche de Noé à notre on n'a pas fui le déluge pour aborder sur n'importe quelle terre si c'est pour aborder sur une terre de servitude il faut aborder une terre où on peut planter
1:04:15 quoi ? qu'est-ce qu'il fait Noé dès qu'il arrive ? qu'est-ce qu'il plante ? bien du raisin pas bête et en disant le fruit de la vigne réjouit le cœur de l'homme c'est pas beau ça ? 2000 ans après Baudelaire dira dans un poème célèbre il faut être toujours ivre tout est là de vin de poésie ou de vertu à votre guise mais il faut être toujours ivre le fruit de la vigne laetificat réjouit le cœur de l'homme c'est beau on n'est pas dans le puritanisme d'aujourd'hui c'est pas qu'il prétend libérer est une des plus tristement puritaines que j'ai jamais vue c'est pas hasard c'est une culture puritaine qui domine le monde depuis quelque temps n'est-ce pas ?
Conditions historiques de la liberté, contre le culturalisme
1:05:00 des cultures puritaines comment on appelle ça ? WASP ? White, anglo-saxonne, protestante c'est pour revenir à ta question Romain c'est le parallèle entre le monde germanique et le monde d'un certain peuplement américain auquel il serait injuste de réduire l'Amérique Charlie Parker c'est quand même pas ça voilà donc l'introduction est finie à plusieurs titres d'abord parce qu'on a compris l'implication mutuelle de philosophie et de liberté et là je reviens un peu à Socrate pour illustrer pour montrer que c'est concret quand je parle de liberté c'est que la question ne pouvait pas se poser sous le pharaon la question socratique vous voyez ce que je veux dire qu'est-ce que tu veux demander que dois-je faire alors que tout le monde est en train de construire la pyramide au chantier il n'y a que toi qui ne sais pas ce qu'il faut faire ici ce qu'on doit faire ça suppose déjà un certain degré de liberté le même cercle que tout à l'heure c'est pas Socrate qui a amené la liberté dans la cité pour ne plus se faire d'illusions restons marxiens je ne dis pas marxiste exprès pour ouvrir le débat pas pour le clore mais restons marxiens ce n'est pas la conscience qui détermine leur être social
1:06:10 c'est leur être social qui détermine leur conscience on le voit bien ici il fallait un moment historique un peuple où il y avait une certaine marge de liberté pour que ce genre de questionnement puisse se produire et encore pas pour tout le monde vous savez qu'il y avait l'esclave qui composait entre 70 et 80% de la société de l'époque je parle d'Athènes je ne parle pas de l'épouvantable esclavage qu'il y avait à Sparte vous avez entendu parler des îlotes pour se faire la main le samedi on allait un peu trucider des esclaves dans les champs pour rester des guerriers il y en a qui veulent revenir à ça alors là qui trouvent qu'on se ramollit un peu qu'on se féminise vous entendez ça mais c'est les mêmes qui veulent nous vendre du Jésus-Christ comme disait Hegel aller donc mettre deux pensées ensemble il n'y en a même pas une elle est bonne celle-là vous savez qu'il connaissait son latin parce qu'en latin unus una unum ça veut dire un et un seul vous comprenez quand on a des pensées contradictoires c'est qu'on ne pense pas on se fait penser si vous ne pensez pas bien faites-vous penser par les autres je paraphrase un peu Godard au début d'À bout de souffle voilà donc cette implication mutuelle
1:07:21 philosophie et liberté vous voyez qu'elle est concrète de même que je peux me permettre de remettre les mots en question parce qu'il y a un certain degré de liberté vous n'avez pas demandé ce que c'est que le bien et le mal au fond d'une tribu africaine j'ai assez vécu je respecte un pensée culturel mais il y a des choses qui ne se posent pas il y a des peuples où une femme n'a même pas le droit de penser le nom de son mari quand elle a ses règles comment voulez-vous la peur bon on me dit ça on m'interdit de penser automatiquement je pense à ça vous voyez vous vous rappelez le capitaine Haddock je ne sais pas c'est dans lequel c'est c'est Coke en stock oui c'est Coke en stock où il y a Allan là le salaud vous voyez qui coince le capitaine son ancien patron là et qui lui dit qui l'enferme dans la cabine et qui lui dit en partant excusez-moi je reste gamin et je parle de Tintin c'est un truc de mec c'est pas très c'est pas très les meufs Tintin je sais bien quand même réfléchis un peu est-ce que tu dors avec la barbe au dessus du drap ou en dessous du drap résultat il ne dort pas de la nuit comme ça ça ne va pas non plus etc et oui on avait parlé de ça à propos de Kleist le théâtre de marionnettes vous vous rappelez que la pensée vient troubler la grâce etc intéressant
1:08:31 donc encore une fois il y a des oui il y a des peuples où une femme ne peut même pas penser le nom de son mari vous vous rendez compte il n'y a pas de société plus totalitaire qui va juste vérifier que la femme est en train de penser elle est donc vérifiée c'est terrible voilà donc encore une fois le questionnement philosophique vient à son heure historiquement il n'y a pas que des parties dans l'humanité il y en a marre du culturalisme post-lévi-straussiens j'ai un grand respect pour Lévi-Strauss surtout pour sa culture musicale d'ailleurs mais enfin et puis bon il y a quelques apports quand même je veux dire la parentologie c'est une vraie discipline en anthropologie maintenant et l'analyse combinatoire que ça permet de faire mais enfin son antiprogressisme agressif et surtout le dernier de Lévi-Strauss qui est gâteux qui dit qu'on est tous trop nombreux on est trop nombreux sur la planète maintenant vous savez c'est le genre de truc de ceux qui pensent toujours qu'on est trop nombreux mais quand il faut liquider ceux qui sont en trop eux ils n'y sont pas à chaque fois voilà non non c'est un grand bonhomme et mais enfin je veux dire il y en a qui n'ont pas sa culture et qui n'ont pas ses nuances et qui sont autorisés de lui depuis des années
1:09:41 pour faire ce qu'on appelle le culturalisme c'est que tout est relatif il y a des parties de l'humanité disséminées comme ça dans l'espace et les cultures dans tout et les cultures ceci et les cultures cela et bien ça c'est dans la culture c'est pas dans la mienne j'étais exaspéré quand j'étais en Afrique de voir des blancs qui arrivaient des hommes d'affaires souvent des nouveaux venus je les critique pas comme homme d'affaires il y aurait de quoi mais c'est pas pour ça c'est quand je viens dites moi Pagani vous qui est un vieil africain tout de suite bon je suis expert il y a des abroïtis qui ont passé 40 ans en Afrique qui n'ont toujours rien compris ça fait rien comme j'ai duré pour parler comme des africains je suis un expert donc et qui me disait qu'est-ce qu'ils pensent qu'est-ce qu'il faut leur dire qu'est-ce qu'il faut laisser un pourboire enfin ils me posaient des questions comme si on était en train de parler des martiens et j'aurais répondu je vais vous dire un truc un scoop mais vous le répétez pas ils ont dit que leurs enfants aillent à l'école qu'ils soient bien éduqués qu'ils soient en bonne santé ah ils étaient déçus ben ils étaient déçus quoi merde c'est des mecs ben oui les africains c'est des hommes oui ça se tient à ce que je dis l'universel est combattu c'est pour ça que je m'attarde un peu contre le culturalisme donc à la place des parties
1:10:52 de l'humanité éparses dans l'espace je les remplace car il y a des différences énormes dans l'humanité et heureusement cette diversité qui est merveilleuse ce sera le charme du voyage cette diversité elle n'est pas seulement dans les arbres remplaçons cette diversité des parties dans l'espace par celle des moments dans le temps ça change tout quand on me dit tu ne diras pas que dans la culture africaine il y a un sens de la solidarité oui je dis oui comme ma grand-mère en Corse déjà un peu moins mon oncle mais je parle au hasard c'est un jeu impersonnel les Corses sont susceptibles donc voilà c'est la culture rurale traditionnelle qui est plus solidaire que la culture urbaine où chacun en soit avec deux son F3 en Afrique on commence par saluer avant de parler ça c'est magnifique d'apprendre ça saluer on dit bonjour d'abord et ça prend du temps c'est pas ça va non non le travail d'aujourd'hui la famille d'aujourd'hui c'est long la salutation c'est long à 18h sur le boulevard Saint-Germain vous n'allez pas vous voyez saluer tous les gens c'est pas possible bon voilà je suis pas en train de faire du manque de valeur mais il y a des parties
1:12:03 dans l'espace et il y a des moments dans le temps et oui à la diversité mais la diversité déployée dans le temps je suis pas en train de dire mais enfin tu es un petit peu évolutionniste là ça veut dire quoi parce que donc je suis né après Beethoven donc je suis un moderne dans mes goûts musicaux automatiquement non non il faut réapprendre tout à zéro à chaque fois attention le bébé qui naît aujourd'hui là il y en a quelques millions qui sont nés pendant l'heure où j'ai parlé il faudrait qu'en Chine il y ait une petite loupiote qui s'allume chaque fois qu'il y a un bébé qui naît vous vous rendez compte elle n'arrête pas de clignoter donc chaque bébé qui naît redevient Mowgli redevient l'enfant sauvage il faut tout réapprendre voilà donc c'est démocratique comme notion mais il y a des différences dans le temps il faut se réapproprier il y a de très beaux textes de Hegel là-dessus il dit en même temps c'est plus facile parce qu'il y a des choses qui ont demandé des millénaires d'efforts qui maintenant sont abaissées au niveau des jeux d'enfants des jeux d'entraînement voilà donc on a fini l'introduction à partir du moment
La crise, déclencheur de la philosophie
1:13:15 où on sait quoi chercher on a un cap ça a quand même beaucoup d'avantages au lieu de se perdre en pleine mer dès qu'on a quitté le port tout de suite savoir quoi vous vous rappelez j'avais critiqué Aristote dans lequel j'ai un immense respect il y avait un point faible c'est les tout premiers mots de son magnifique métaphysique qui est un monument par ailleurs et pour sa partie historique les trois premiers livres où il fait heureusement que grâce à lui on sait des tas de choses sur les auteurs dont on n'a plus rien les ouvrages manuscrits ne sont pas parvenus ça c'est les trois premiers tomes les idées de nos prédécesseurs sur la question premier historien de la philo et à partir du quatrième on rentre dans le vif du sujet avec le principe d'identité de non-contradiction c'est l'immense histoire mais il y a ces tout premiers mots de la métaphysique tous les hommes désirent naturellement savoir vous voyez comme s'il y avait une spontanéité non vous avez parlé de nos amis les requins vous montrez que les requins ne se posent pas trop de questions ils n'ont pas beaucoup évolué depuis la fin de la primaire précisément parce qu'ils sont des maîtres du jeu là où ils sont et qu'ils n'ont aucune raison de se poser des questions parce qu'ils ne connaissent pas la crise un peu vers l'Australie parce que les chinois aiment bien lesquels en ruc il faudrait que ça froidisien voilà mais enfin ils sont encore en voie de disparition ne vous inquiétez pas pour ça
1:14:25 il suffit de manger pour le savoir morale de l'histoire je veux dire si on se pose des questions c'est qu'on a reçu un coup c'est pas spontané c'est qu'on a un problème à résoudre une difficulté et donc je termine là je reviens plus à l'introduction la philosophie implique la liberté et elle est déclenchée par une situation de crise il y a une vieille complicité de la philosophie et de la crise historiquement c'est la crise qui rappelle l'homme à sa liberté qui secoue un peu dans ses habitudes dans laquelle la liberté se perd souvent habitude je ne critique pas l'habitude en général on peut faire une dialectique de l'habitude elle est utile pour ceci et nocive pour cela Péguy je ne cite pas souvent Péguy qui est un grand catholique il a un magnifique poème dans le refrain c'est c'est habitué le bois mort c'est du bois habitué comme il dit c'est magnifique tout ce qui est trop habitué ou Nietzsche dans le début de Zarathoustra qui dit ce n'est pas votre péché qui scandalise le ciel c'est votre satisfaction vous êtes tellement habitué à dire moi je suis un type bien je fais partie des biens d'ailleurs moi je suis l'empire du bien et les Russes c'est le mal ou le chinois l'autre
L'empirisme et l'épistémé : réalité et vérité
1:15:35 l'autre c'est le mal ben oui si l'autre c'est le mal moi je suis le bien c'est pratique ces trucs là quand même vous vous rendez compte l'autre abruti là qui sait parce que je viens de documenter où il avait son jean il ne revenait pas d'avoir le Texas sur sa ceinture de son jean il montrait à des journalistes c'était un pauvre mec le pauvre Bush quand même un pauvre garçon son père il était malin attention à le père Bush c'est lui qui a commencé l'amitié avec la famille Ben Laden le père Bush le fils pauvre garçon ce mec là il hérite de la puissance absolue c'est terrible bon première partie que puis-je savoir et donc que puis-je savoir je ne vous refais pas le schéma mais vous voyez nous cherchons la liberté je peux vous le dire maintenant pourquoi j'ai suivi l'ordre la réponse empirique d'abord ce que je peux savoir c'est tout ce que l'expérience m'enseigne et en particulier l'expérience sensible on a vu très vite que ça allait pas loin encore une fois que je regarde le sol moi je le vois bouger c'est pas ça qui m'apprend que nous sommes en mouvement et puis après que l'expérimentation scientifique va bien au-delà de l'observation immédiate et courante tout de même soyons il y a un empirisme qu'il faut respecter
1:16:45 et bref l'empirisme avait l'immense mérite rappelez-vous il faut être injuste avec aucun moment philosophique de nous mettre en contact avec le réel avec la réalité mais en nous faisant désespérer de pouvoir jamais énoncer sur cette réalité la moindre vérité précisément parce qu'elle est en contact avec un monde où pour parler comme Héraclite panta rhei tout s'écoule c'est pour ça que Platon appelait Héraclite le morveux tout s'écoule c'est des jeux de mots entre grecs faites pas attention Héraclite mérite mieux que ça voilà mais tout s'écoule voilà que vous voulez je peux pas dire Socrate est jeune il a déjà vieilli le temps que je l'ai dit le temps s'en va le temps lasse non madame mais nous nous en allons vous connaissez ça ?
1:17:32 c'est Ronsard c'est bien dit non ? le temps s'en va le temps lasse non madame mais nous nous en allons donc l'empirisme nous donnant la réalité mais pas la vérité alors nous on veut savoir très vite c'est un résumé savoir c'est pas croire c'est pas le café du commerce à l'égard duquel je n'ai aucun mépris moi j'adore aller au café du commerce faire le malin savoir si c'est Marseille ou Bastia qui va gagner non c'est une autre fonction que la vérité draguer dans le temps je sais pas faire le malin le cac comment dire Montpellier voilà ça c'est le café du commerce mais c'est pas l'instance où s'instaurer la vérité la vérité telle que la notion d'épistémé grec nous l'enseigner c'est pas important si A égale B alors B égale A ça c'est pas relatif c'est pas la doxa c'est pas l'opinion c'est pas subjectif et tu peux pas dire c'est mon opinion que je t'impose parce que t'es obligé de te l'imposer à toi-même si tu veux parler avec moi donc je reviens
1:18:42 à ma complicité du philosophe et du mathématicien et du savant avant de revenir plus tard à celle du poète dans les derniers temps surtout dans les ateliers mais avec le mathématicien bon je vais pas je vais aller très vite je vais pas revenir sur le fait que ils ont tous les deux en commun le philosophe et le mathématicien de vouloir faire en sorte que leur questionnement il soit répondu d'une manière épistémique sur le mode d'un savoir et non pas sur le mode de l'opinion même si on porte pas du tout sur les mêmes objets on l'a compris maintenant la distinction on la comprend mais le point commun c'est sur la forme de la réponse il faut que la forme soit celle d'un savoir même si ce savoir a des aspects bien différents mais c'est pas encore suffisant nous comprenons mieux maintenant qu'il y a aussi un contenu j'allais dire presque éthique et politique dans la complicité du philosophe et du mathématicien je viens de le dire pour la première fois à partir d'Euclide je ne t'impose pas mon opinion si tu n'es pas d'accord tu vérifies toi-même il y a un démocratisme immanent à l'émergence de la pensée rationnelle voilà ce que je suis en train de dire c'est très important
1:19:53 parce que ça aussi c'est critiqué les penseurs à la mode dans les 40 honteuses pour parler comme Clouscard qui ont succédé aux 30 glorieuses les Foucault les Deleuze et les Derrida ce n'étaient pas des apôtres de la raison au contraire même pour Foucault c'est le commencement du goulag la raison on fait souvent la raison bien entendu donc important de voir ici cette complicité d'origine d'une part l'implication de la liberté dans la possibilité à tort ou à raison peut-être que la philosophie n'est pas possible moi je n'ai pas tranché mais si la liberté n'est pas donnée la philosophie n'est pas possible c'est ça qu'il faut bien retenir pour être honnête et rigoureux deuxièmement l'implication entre philosophie et liberté si il n'y a pas de liberté c'est pas la peine de poser la question que dois-je faire et donc bonne nouvelle regardons du côté du savant et du mathématicien quelque chose est apparu dans l'humanité tout d'un coup là qui fait que pour la première fois il peut y avoir une communication entre nous qui n'est pas celle de Séguéla ah mais c'est important ce que je suis en train de dire c'est pas l'arnaque c'est pas ouais ouais ça c'est ton opinion
1:21:03 et hop chacun est enfermé dans sa libre entreprise vous voyez d'où ça vient l'opinionnisme pas de n'importe quel régime économico-politique du relativisme capitaliste je ne dis même pas bourgeois exprès là que chacun soit enfermé dans sa bulle ce qui est vrai aussi par certains côtés chacun est seul par certains côtés mais ça ne veut pas dire que toute communication est condamnée à ne se communiquer que des chimères ou des opinions c'est ce que montre le miracle de la rationalité si A égale B alors B égale A ça c'est pas Pagani qui vous l'impose à coup de massue et on ne me l'a pas imposé quand je le conteste je le conteste mais je suis obligé d'y revenir et de confirmer et de valider voilà et oui sois d'accord avec toi-même avant de vouloir être d'accord avec moi avec toi avec lui voilà donc c'est important cet accord avec soi-même qui est la non-contradiction ça on le doit à la logique à la mathématique à Euclide à Parménide sans doute aussi puisque Parménide le premier a dit ce qui est et ce qui n'est pas n'est pas que je disais ça aux élèves vous avez un éclat de rire et bien monsieur il n'y a pas besoin des philosophes il faut savoir ça vous n'avez pas compris
1:22:13 la profondeur vertigineuse de quelqu'un qui venait d'inventer le tiers exclu ce qui est et ce qui n'est pas n'est pas il n'y a pas entre les deux Parménide pas très loin d'Euclide chronologiquement a compris la non-contradiction quand vous commencez à dire mais qu'est-ce qu'il y avait avant le Big Bang il ne faut pas se contredire ou bien on vous dit que c'est le commencement absolu et donc il n'y a rien avant ne vous posez pas la question ou vous ne dites pas ça c'est Spinoza qui est un grand géomètre aussi de la pensée quand vous dites que Dieu se met en colère à cause de nos péchés vous les mêmes vous nous dites qu'il est tout puissant premièrement c'est bien ce que vous dites absolument il est tout puissant on partage avec les musulmans le tout puissant deuxièmement il est éternel oui donc ça fait une éternité qu'il peut faire tout ce qu'il veut vous croyez qu'il peut encore lui arriver des bricoles à commencer par le fait que j'ai dragué Marinette ça l'indispose n'importe quoi enfin Dieu il n'est pas là-dedans il ne peut pas être il ne peut pas c'est le bienheureux comme dit très bien la religion qu'on pêche ou qu'on pêche pas lui il est bienheureux je parle de Dieu le Dieu je ne parle pas du fils il n'a pas l'air heureux sur la croix des dons ce n'est pas une partie de plaisir c'est autre chose c'est un autre moment
1:23:24 de Dieu voilà donc pour retenir l'essentiel c'est que cette première partie nous avons vu je vais quand même le faire ici ça je peux l'enlever dans la coupure socratique ça aussi si je détaille la première partie je rappelle que ça donne ceci n'est-ce pas 1 l'empirisme c'est-à-dire empeiria, expérience tout simplement que puis-je savoir tout ce que m'enseigne l'expérience 1 B l'antithèse le rationalisme le français est vraiment une drôle de langue moi je l'ai plein des gens qui apprennent le français le français surtout d'autres cultures l'orthographe rationnel 2N rationalisme 1N c'est comme ça bon je ne suis pas l'orthographe il ne faut pas confondre voilà et enfin notre dernière partie le déterminisme alors très rapidement
Rationalisme et déterminisme : de Platon à Newton
1:24:36 ici rappelez-vous on a la réalité mais sans pouvoir énoncer dessus une vérité ici on atteint à faire la vérité si A égale B B égale A voilà mais alors par contre est-ce que ça s'applique à une réalité ça n'est pas le problème des mathématiciens enfin pas escalité je ne dis pas qu'un des mathématiciens se les intéresse ce problème mais enfin je veux dire ça reste valable qu'on l'applique à une réalité ou pas c'est ça c'est la non-contradiction ça ne veut pas dire que ça existe mais rien ne sera possible qui ne passe pas par cette forme c'est ça le possible en logique c'est ce qui n'enferme aucune contradiction un château de 34 millions de pièces vous voyez vous dites c'est impossible écoutez c'est pas impossible c'est pas contradictoire les technicités en avaient d'autres dans l'histoire donc ici on a la réalité mais on ne peut pas dire des vérités ici on a la vérité mais la réalité risque de s'envoler ici on a l'existence ici on a l'essence c'est intéressant voilà je comprends pourquoi Platon a mis à l'entrée de son école que nul n'entre ici s'il n'est géomètre et oui parce que lui
1:25:46 est pour le monde des essences n'est pas cosmos noetos pas le cosmos aisthètos pas le monde sensible le monde intelligible voilà alors que son élève Aristote 30 ans à l'école de Platon quand même Aristote lui était plutôt attiré par la biologie des choses empiriques d'observation l'opposition commence avec Aristote Platon donc c'est pas un ordre tout à fait chronologique ça c'est un ordre logique si c'était l'ordre chronologique j'aurais mis Platon avant Aristote voilà ici on part des choses soir asseyez-vous il y a plein de places ici on part des choses ici on part des mots ici il faut des énoncés d'abord définition axiome postulat puis on enchaîne avec des théorèmes voilà c'est l'ordre des raisons et là il y a un mot qui court enfin c'est pas un mot français mais vous en doutez bien ici c'est le logos qui règne mais attention il y a beaucoup beaucoup de sens d'abord langage soliloque monologue vous voyez tout ça c'est le logos dialogue etc
1:26:56 langage d'abord langage discours parole définition tout ça c'est le logos mais aussi proportion rapport fraction en mathématiques tout ça c'est des logoï au pluriel les fractions effectivement parce que ce sont des rapports rapports de 3 de 2 à 4 le même celui de 5 à 10 c'est comme ça c'est des logoï petit pouce c'est les mots ici c'est le logos les cadoux blancs c'est bien les mots à chaque fois même si on a vu récemment que le mathématicien essaye d'évacuer les mots pour arriver à ces notions fondamentales et que les mathèmes ou si vous préférez les algorithmes ne sont pas tout à fait des mots de la langue naturelle il n'y a pas casserole poils bananes et autres ratons d'ailleurs donc pour arrimer les deux pour parler de la réalité tout en disant des vérités j'arrive enfin au déterminisme ah n'est-ce pas
1:28:06 avec Spinoza l'ordre et la connexion des idées est le même que celui des choses voilà ça c'est le plus grand triomphe de la pensée scientifique lorsque lorsque Newton avec une petite phrase d'une ligne et demie rend compte de tous les mouvements l'univers c'est extraordinaire la loi d'attraction universelle vous rendez compte la puissance quand même le plus grand mathématicien de son temps avec Leibniz les deux inventant à peu près en même temps le calcul infinitésimal n'est-ce pas qui ouvre la voie non pas au maths moderne on ne va pas être à confusion avec le langage ensemble mais disons à tous à tout l'univers scientifique depuis disons quoi on commençait par le calcul des aires à l'époque les surfaces et même les surfaces sont fermées par les courbes vous ne pouvez pas faire ça avant et bien ce Newton a une petite phrase tous les corps s'attirent en fonction directe non oui en fonction directe de leur masse et en fonction inverse du carré de leur distance point et voilà à partir d'Einstein on montre qu'il y a des exceptions quand on s'approche de la vitesse de la lumière mais enfin dans l'univers la plupart des corps ne font pas tous la vitesse de la lumière et les physiciens utilisent tous les jours la physique newtonienne n'est-ce pas pour des tas
1:29:16 de mobiles dans l'univers et déjà avant eux tous Thalès alors est-ce une légende l'éclosion de la rationalité en Grèce a marqué les esprits mais on raconte que Thalès est une fois en Égypte une source de rivalité Grèce-Orient comme on a vu pour la Crète tout à l'heure n'est-ce pas et je suis de ceux qui disent qu'il n'y a pas de miracle au sens que là ça surgit comme ça comme Minerve de la tête de Jupiter la tête pas de la cuisse la cuisse c'est Dionysos et à savoir qu'il y a beaucoup d'Orient dans la culture grecque Astarté un des noms de Vénus c'est le même l'Ishtar la grande déesse babylonienne c'est pas c'est quoi voilà puis le début j'ai vu un échant on parle de plusieurs ans avant qu'on parle avec des ennistres donc là on est d'accord mais il y a toujours cette sourde rivalité et on raconte que Thalès était au pied des pyramides et que les sages égyptiens disaient pourquoi le grec est si fort va donc mesurer la hauteur de la pyramide vous avez entendu le challenge 50 degrés la hauteur
1:30:28 fatigant peut-être même coup de bambou l'insolation on se débarrasse du grec et en fait Thalès avait pendu l'ombre de Thalès mesure la pyramide pas besoin de ne grimper il avait trouvé les homothéties comme ça qu'on dit je crois les triangles semblables ce que vous voulez enfin les proportions voilà ce qui fait qu'il a pas mesuré mon ombre l'ombre de la pyramide en bas et pas vous prenez à monter et puis comme ça il reste plus qu'une inconnue vous voyez savoir avant d'aller voir déterminer à l'avance c'est extraordinaire de penser qu'on peut prévoir les éclipses qui vont avoir lieu dans les 50 000 prochaines années et je suis modeste quand je dis 50 000 je ne vais pas avoir un chiffre comme ça pour limiter un peu mais on sait aussi toutes celles qui se sont produites depuis 2 millions d'années c'est quand même extraordinaire oui la prévisibilité j'y reviens j'aurais dû mettre ici aussi la liberté en même temps que les mots mais c'est lié vous en doutez un peu la forme de la spécificité philosophique c'est d'interroger les mots ça vous l'avez vu on s'est compris son contenu c'est l'enjeu de la liberté
1:31:38 donc il doit y avoir un lien quelque part entre logos et liberté même si on les oppose il y a un lien en tout cas on le retrouve ici car je ne peux être non plus déterminé mais déterminant que dans un monde que je peux prévoir vous voyez le rapport avec les éclipses c'est pas pour savoir que l'homme est devenu rationnel c'est qu'il en avait besoin comme voulez-vous que les cultivateurs ne se pas puissent prévoir quelque chose au niveau des récoltes de ceci et de cela si c'est un chaos si c'est comme quand une rhapsodie sans suite de nature n'est-ce pas parce que là ce serait un échec de toute action pas seulement de connaissance de toute action humaine si tout était imprévisible si nous étions revenus au chaos des origines voilà donc on est arrivé au déterminisme et là patatras tout s'écroule il a fallu qu'on change de cap la crise totale alors là c'était un traumatisme c'était quoi c'est la fin l'année dernière ça les gens viennent gentiment à mon atelier et tout et je les en parle c'est une catastrophe la crise quoi déterminisme ça s'oppose à la liberté ben oui j'ai fait rien on était en quête
La crise du déterminisme ; sciences de la matière et forme
1:32:48 de la liberté et voilà qu'on aboutit notre réponse à la question que puis-je savoir culmine dans un moment de la pensée qui est la négation de la liberté et encore j'ai un mauvais signe parce que je l'emprunte aux mathématiques et qu'en mathématiques il n'y a pas la contradiction il n'y a pas s'oppose j'ai simplement dit différent d'eux vous voyez c'est faible par rapport à la réalité c'est ou bien ou bien ou bien on est déterminé ou bien on est libre pas normalement donc voilà si on continue comme ça si on continue à adopter comme modèle de connaissance de savoir de réponse à la question que puis-je savoir sur le modèle des sciences dites dures ou sciences de la nature etc moi j'aime bien les appeler sciences de la matière vous allez se retrouver de mon côté anti-écolo j'ai que rien ça doit être ma compulsion mais non je tiens compte du moment historique que nous vivons parce qu'en fait dès que je me balade en forêt je suis plus écolo que celui qui sort là je constate je ne peux jamais se promener avec un écolo en forêt et là il est malheureux c'est une illusion ces forêts il y a des pluies acides ils sont foutus c'est une splendeur
1:34:00 c'est en automne en là c'est des champignons tu es malheureux donc oui alors mon côté anti-écolo oui c'est là plus je développe l'empirie plus je m'attarde à ce mode de connaissance des sciences dures c'est pour ça je parle des sciences de la matière pourquoi je ne les appelle pas des sciences de la nature parce qu'il peut y avoir une ambiguïté écoutez-moi bien parce que ça a des conséquences morales et politiques importantes ce que je vais dire ceux qui me connaissent se sont peut-être agacés longtemps pour la énième fois mais c'est l'exemple des pots de fleurs vous savez qu'on jette depuis l'étage je monte à l'étage suffisamment haut c'est un aubergeurac il est mort d'un pot de fleurs qui est tombé d'un étage vous voyez donc il faut monter suffisamment haut et là je lâche deux pots de fleurs un pot de fleurs naturel et un pot de fleurs en plastique naturel artificiel culturel humain ce que vous voulez il n'y a pas moins naturel que des fleurs en plastique mais les deux tombent avec la même loi de Newton
1:35:11 vous voyez ce que je veux dire quel il est Newton un demi de GT2 mais oui donc ce n'est pas une loi de la nature elle s'applique aussi bien aux fleurs en plastique ou à moi je ne sais pas si je veux me jeter par la fenêtre ou à la plume qui descend en tourbillonnant à cause de l'air sinon qui tomberait en ligne droite comme une bille de plomb si c'était dans le vide à la même vitesse que la boule de pétanque ça c'est l'ambirine qui ne l'apprend pas ça je veux vraiment et bien c'est cette parenthèse importante sont des lois de la matière si on ne parlait un peu rigoureusement on est en philosophie n'est-ce pas et la matière c'est un immense ensemble dans lequel je fais une grande partition il y a une matière naturelle et il y a une matière dans laquelle l'homme est intervenu à laquelle l'homme a donné une forme une matière que l'homme a informé a transformé la transcendance commence avec les galets éclatés ben oui c'est surnaturel au sens strict je ne suis pas en train de faire le délire mystique mais enfin le religieux date de là c'est surnaturel
1:36:22 c'est pas naturel une hache Aristote dans le De anima où il essaie de définir l'âme c'est à dire pour les grecs le vivant pour que vous compreniez la suite parce que pour les grecs la psychologie la biologie c'est un peu confondu c'est pas chrétien il n'y a pas une dualité entre le corps et l'âme c'est un monde de l'immanence c'est pas la transcendance etc bref pour définir pourquoi il y a des corps animés la poule le ver de terre c'est là qu'on voit que c'est pas l'âme au sens chrétien par rapport à des corps inertes et pour définir ce corps spécifique le vivant disait si les haches pendées aux arbres on dirait que leur tranchant est leur âme c'est beau comme image c'est la forme tranchée effilée de la hache qui indique on l'a dit tout à l'heure quand on cherchait la liberté la fin la finalité la fonction de la hache c'est la forme qui indique la fin la forme évasée du verre c'est pour contenir un liquide la forme pointue de l'épée c'est pour transpercer la poitrine de mon rival et ainsi de suite il y a un lien entre la forme c'est la fin devenue lisible la fin qui n'est plus dans ma tête comme un projet la fin qui n'est plus ce qu'on appelle en grec un telos
1:37:32 d'où la téléologie il y a quelque chose qui est au-delà télévision télémètre non mais la fin qui est là et qui est nous lisible c'est ça la forme c'est pour ça que c'est surmystérieux la forme et que Platon a fait un monde des formes au-delà et transcendant au monde celui des idées car forme c'est dit en grec eidos je l'avais signalé rapidement je ne voulais pas m'attarder que le même mot grec eidos a été traduit au cours des siècles sous la plume de Platon par idée sous la plume de Aristote par forme et après on les oppose ils s'opposent par certains côtés mais voilà c'est quand même le même mot je le rappelle au passage et c'est là qu'on voit que c'est c'est ce qui est discursif c'est ce dont on peut parler c'est ce qui fait que ça c'est un verre et ça c'est je ne sais pas quoi et ça c'est un micro et voilà c'est une boîte qui a dû servir à un truc et ça c'est une table et ça c'est un crayon voilà c'est la quiddité comme disait Aristote c'est à chaque fois les formes qui nous indiquent les fonctions et d'ailleurs il peut y avoir le vin sur la table c'est pas grave car vous voyez qu'il y a quelque chose qui circule entre un crayon du papier il y a un lien vous le savez parce que nous sommes dans un monde de l'écriture
Vers la philosophie de l'action et les flagrants délits
1:38:42 dans notre inconscient culturel tout ça ça va ensemble n'est pas mais il y aura un raton laveur là au milieu ça ferait bizarre ce serait un autre classement tout simplement je vous demande de ranger votre chambre ou votre appartement vous pouvez ranger tout par ordre de grandeur par ordre de prix ça ne donne pas le même rangement vous voyez c'est intéressant il n'y a pas un ordre dans les choses Spinoza était très bien réfléchis là dessus je crois qu'on a on a fait le tour parce qu'on arrive à la crise n'est-ce pas bon je le dis quand même j'ai 5 minutes pour ça c'est à partir de là de cette crise qu'on a laissé tomber la philosophie de la connaissance surtout que c'est réussi si on veut vraiment savoir le monde qui nous entoure ça va on a compris la recette c'est le côté des sciences dures et ça continue à se développer c'est très bien je parle des sciences je ne parle pas de leur application qu'on voudra et tout ce qui relève de l'éthos et de la politique c'est autre chose donc par contre il y a toute une voie royale offerte pour se connaître soi-même et là c'est la philosophie de l'action il y a un lien n'est-ce pas entre le soi-même et on l'a vu tout à l'heure tous les mots que vous m'avez sortis quand on cherchait liberté volonté fin qu'est-ce qu'il y avait encore ?
1:39:52 pardon ? action etc. suppose qu'on n'est plus dans l'univers de quelque chose mais que a surgi un quelqu'un suppose un sujet qu'on est sorti du monde des objets suppose un soi vous voyez ? connais-toi toi-même comme on y arrive maintenant tu dis ça parce qu'il y en a qui disent mais attends on passe à la philosophie de l'action là que dois-je faire et puis tu continues sur la connaissance sauf que c'est plus la connaissance du monde extérieur sur la connaissance de soi oui mais justement se connaître soi-même c'est pas se prendre la main dans la tête comme le penseur de Rodin non non magnifique c'est pas la prise de tête comme on dit de nos jours c'est pas ça c'est faire du flagrant délit c'est le faire n'oubliez pas qu'on est en philosophie qu'on cherche une réponse qui a la forme scientifique la forme de l'épistémé et ça a été notre grande trouvaille dans notre virage qui a failli nous désespérer heureusement qu'on est sorti de la crise n'est-ce pas c'est quand regardez bien dans les ateliers c'est quand je reviens au mythe de la caverne qui résume tout ça qui résume tout l'itinéraire de la connaissance et qui prépare le retournement surtout quand le soleil s'avère être un soleil noir n'est-ce pas quand le soleil la caverne s'éteint
1:41:02 le soleil du Platon qui est le bon le monde grec le monde d'Apollon qui s'éteint ah bah oui ça donne le monde chrétien ça passe de l'extérieur à l'intérieur la cathédrale qui prend la relève du temple et du Parthénon c'est intéressant aussi il y a un magnifique poème d'Hölderlin que je vous recommande qui s'appelle Brot und Wein c'est avant qu'il soit complètement incompréhensible mais c'est après qu'il soit totalement compréhensible voilà en gros donc si vous ne comprenez pas tout ce n'est pas grave est-ce que moi je comprends tout tant s'en faut mais d'abord c'est une splendeur d'un bout à l'autre donc quand vous écoutez une musique ne vous demandez pas si vous avez compris que c'est des lapins qui couraient après des cow-boys on s'en fout ça vous plaît ou ça ne vous plaît pas d'une part c'est une splendeur vous y gagnez c'est quelques pages c'est un immense hymne qui s'appelle Brot und Wein le pain et le vin il disait ça d'abord c'est un des très rares poèmes de Hölderlin où on parle de la nuit parce que c'est un gars qui convient de lui-même que sa poésie était trop encombrée de lumière qu'elle manquait un peu d'ombre et bien là ça commence par un des plus beaux nocturnes de l'histoire de la poésie mais surtout il y a cette opposition que je viens de faire entre culture antique grecque-apollinienne irradiée par la lumière extérieure
1:42:12 je ne parle pas de la lumière de l'âme et le monde de la nuit apporté par le porteur de torches le syrien comme il l'appelle le Christ bien sûr un petit étudiant en théologie tout ça Hölderlin et Hegel pour vous dire comment ils ont commencé et le monde de la nuit dans lequel nous sommes depuis le Moyen-Âge mais le monde de la nuit éclairé de la nuit qui va devenir le fond sur lequel il y a le monde du rêve le rêve c'est la nuit la nuit comme écran pas la nuit du néant non mais et c'est peut-être là que je vais conclure il nous propose nous modernes de nous définir comme vivant sur le mode du en attendant en attendant quoi ?
1:42:52 le retour en attendant la nuit est consolatrice et porte conseil voilà et je ne voudrais pas conclure sur un truc très rigoureux c'est que l'action de l'homme notre action quelle fin nous devons poursuivre qu'est-ce que nous devons faire c'est pas nous de le décider en philosophie il y a eu assez de totalitarisme au sens le plus indéfendable pour ceux qui ont voulu imposer une réponse à ce genre de questions l'humanité ne nous a pas attendu pour se poser la question elle a fait mieux que de la poser l'humanité elle a commencé à exister quand l'homme a agi j'ai parlé du silex éclaté tout à l'heure oui ou non donc pour savoir ce qu'on doit faire commençons à regarder ce que l'homme fait depuis des milliers d'années et c'est depuis que nous nous sommes attachés à analyser et non plus interpréter ces flagrants délits de l'action cristallisée dans des réalisations donc c'est plus l'empirisme c'est plus le monde qui nous entoure dans lequel l'homme n'est pour rien mais au contraire dans ce qui nous entoure donc avec la rigueur expérimentale on a des textes à disposition des temples la cathédrale le temple grec à comparer ça c'est de l'expérimental mais pour y traquer quoi ?
1:43:59 les traces justement de ce vaste mouvement de libération à lequel consiste l'action humaine j'évoquais un petit peu tout à l'heure la réponse d'Œdipe au Sphinx qui est un des éléments de cette libération parce que si je ne réponds pas l'homme si ce n'est pas l'homme qui est la solution c'est le Sphinx qui vous dévore alors qu'à répondre à l'homme c'est Oedipe qui tue le Sphinx voilà donc c'est à partir de ce moment là qu'on a arrêté de faire des cours magistraux et qu'on est passé aux commentaires de texte est-ce que ceux qui nous font la gentillesse depuis le début s'y retrouvent un peu mieux parce que j'ai l'air comme ça de passer des coqs à l'âne mais je suis un petit malin à l'air de rien j'essaie de laisser des matrices quand même d'une certaine continuité donc voilà c'était pour ça que je suis passé aux commentaires de texte parce que là il me fallait des flagrants délits là on vient de sortir de Racine n'est-ce pas je reprendrai un petit peu la prochaine fois avec un petit commentaire d'Homère aussi puisque tous ces mythes là remontent à Homère chez Racine vous verrez pourquoi et ce retournement a commencé avec notre premier texte qui a été la cloche fêlée de Baudelaire si vous vous rappelez bien c'est le texte qui nous a réorienté complètement sur des flagrants délits
1:45:09 je crois que sans la cloche fêlée on n'aura pas distingué la société de la communauté l'individu abstrait du moi concret etc. donc on va essayer de continuer sur ces deux voies là voilà merci d'être venu merci