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Un feuilleton entre substance et sujet
0:00 L'aspect de l'esprit, l'hubris, la chrématistique, l'hubris, la chrématistique, l'hubris, la chrématistique, l'hubris, la chrématistique, l'hubris, la chrématistique, l'hubris, la chrématistique, l'hubris, la chrématistique, l'hubris, la chrématistique, l'hubris, la chrématistique, l'hubris, la chrématistique, l'hubris, la chrématistique, l'hubris, la chrématistique, l'hubris, la chrématistique, l'hubris, la chrématistique, l'hubris, la chrématistique, l'h temps moderne. Donc on va tourner sur ce plan, si vous voulez.
0:35 Mais je vais même commencer par le milieu, pour tout arranger. Mais ne vous inquiétez pas, on va tout reprendre à chaque fois. Il y a une première méprise contre laquelle je vous mets en garde, c'est de croire que pour une fois, c'est gentil, merci beaucoup, pour une fois, je vais faire un grand chapitre d'histoire de la philosophie, puisqu'on prend des contes, on part des origines, Platon, c'est quand même le premier système strictement philosophique écrit qui nous soit parvenu.
1:07 Vous savez qu'avant, c'est des ondits, les présocratiques, c'est des phrases par ci, une phrase par là, une page, parfois, quand on a de la chance, chez Aristote. Et voilà, Aristote, Descartes, Hegel, Rimbaud, je veux dire, on n'est plus dans le corpus philosophique, mais on a l'impression que, non, on ne va pas faire l'histoire de la philosophie en deux heures, ce ne serait pas sérieux. On ne va pas prendre compte, rien que pour Aristote, le temps qu'il nous faudrait pour s'en sortir, bonsoir Pierre, pour parcourir le maquis du corpus aristotélicien, rien que ça.
1:47 Donc, je veux dire tout de suite à quoi sert ce plan. C'est un petit feuilleton de l'évolution des relations qui entre ces deux concepts, substance et sujet. Donc, je vous ai dit qu'il converge dans l'antiquité et qu'il diverge dans les temps modernes, pour aller assez vite. C'est ce qu'on va détailler, parce que, dit comme ça, c'est un peu abstrait, donc pas très intéressant. Abstrait, mauvais sens du terme. Or, dans tous les cas de figure qui convergent ou qui divergent, je fais une opposition et vous voyez à quel point je ne répéterai jamais assez que le langage de tous les jours qui est celui des philosophes.
2:27 On n'est pas des mathématiciens. Pas la parole. La parole, elle est un peu plus compliquée que le langage de Libé. ou encore que... C'est tordu, des fois, là-bas. Mais... La preuve qu'il n'y aurait pas de philosophie si ce langage était univoc, qu'on n'aurait pas besoin de, comme dit Mallarmé, pour la poésie, vous savez que c'est le point commun que le philosophe donnait un sens plus pur aux mots de la tribu.
3:01 C'est ça. Quand Socrate dit qu'appelles-tu ? Qu'appelles-tu quoi ? Tout le monde sait ce que c'est qu'une table. Oui, oui. Donc, quand il y a ce rebond, cette réflexion sur ce qui a l'air d'être le plus courant, le plus familier, lorsqu'on commence à comprendre ce que Hegel voulait dire lorsqu'il répète ce qui est bien connu parce qu'il est bien connu, il n'est pas connu. Mais ça, ça peut se dire à peu près des expressions de ce que nous disons dans la journée.
3:33 Et une preuve, et j'y arrive maintenant, je vais finir mon imposition, de cette difficulté d'utiliser ce langage auquel la philosophie ne peut pas échapper par ailleurs, je reviendrai aussi, pour donner un langage formel, comme font à juste titre d'autres disciplines dans les buts qu'ils poursuivent. Bonsoir. La preuve, c'est que substance et sujet qu'on va conjoindre, qu'on va disjoindre selon les époques, les auteurs, etc., étymologiquement, c'est le même mot, vous voyez, pour tout arranger.
4:07 sauf qu'il y en a un qui vient un peu du grec et l'autre un peu plus du latin. Mais c'est le même mot. Je veux dire, les deux, c'est là qu'on voit que l'étymologie est une fausse piste pour la philosophie. Elle peut être utile des fois à titre indicatif, elle peut donner une piste, mais ça plafonne très vite. Allez, je donne un autre exemple, toujours pour parler de l'étymologie, quand on réfléchit sur la notion de bureaucratie.
4:37 Ça peut arriver. Pas tellement de mon côté, c'est plutôt du côté du MEDEF qu'on parle de bureaucratie. Ça veut toujours dire les fonctionnaires, si vous regardez bien. Ça veut dire le secteur public. Moi, j'ai travaillé pour un gros groupe privé, la pieuvre, pour ne rien vous cacher, AXA. Je n'ai jamais fait autant de paperasse de ma vie. Et à la photocopieuse, les trucs, les manuscrits, les trucs, les fiches, les règlements. Je me demande pourquoi bureaucratie n'est connoté qu'avec le secteur public. Moi, je vous dis que les bureaux du siège d'une grande compagnie d'assurance, c'est effrayant, la paperasse que ça entasse, paperasse au propre et au figuré, même si elle est maintenant sur disque dur.
5:20 Donc, où je veux en venir ? Comprendre l'essence de la bureaucratie, ce n'est pas faire appel à l'étymologie. Qui connaît un peu l'étymologie de bureaucratie ? Bravo ! Qui a dit ça ? Toi, on voit que tu es élevé chez les curés. Oui, c'est la robe de bure des moines. C'était les seuls alphabétisés à l'époque, vous voyez ? Et donc, il n'y avait pas, comme maintenant, les sous-mains, les trucs, les claviers, ils mettaient leur robe de bure, là, sur la table de bois, dans leurs cellules, et, heureusement pour nous, ils écrivaient.
6:05 Ils essayaient de faire la jonction entre ce dont je parlais à l'instant, le superbe écume de la philosophie athénienne, de la grande école athénienne, Socrate, Platon, Aristote, et nous. Ce n'est pas la robe de bure qui va nous faire comprendre ce que c'est que la bureaucratie, vous voyez, c'est trop éloigné. Surtout qu'après, c'est des métonymies. Bure va donner bureau, le meuble, puis ça va être le nom de la pièce. Vous savez que j'ai un bureau dans mon appartement.
6:36 Puis après, ça va être les bureaux de la Société Générale, vous voyez, c'est une fausse piste. Je reviens à substance et sujet pour montrer que ce serait encore plus matière à contresens de commencer par l'éthymologie. Substance, ça, ça parle tout, enfin, je ne sais pas, il faut avoir un peu d'habitude. Vous savez tous ce que veut dire rester dans toutes les langues indo-européennes, qu'il s'agisse de l'État, Staat en allemand, oui ou non, station de chemin de fer, statut, c'est tout ce qui ne bouge pas.
7:08 Un statut. Il a raison de Friot d'insister sur le statut. Par les temps qui courent. Ça stabilise un peu, ça sécurise un peu celui qui travaille. Ça n'arrive. Et quand je dis un peu, c'est une litote. La statue, la station, l'État et même la cité, la cité, c'est civita, c'est une contraction, de civitas.
7:40 Si vous regardez bien, linguistique, ça va très vite. N'est-ce pas ? Jean, tu me dis, il est très fort, Jean, en ancien français. Il est toujours environné d'espion ici. Alors là, pour l'instant, Erwan, il est à Berlin, ça va, il va me relever mes fautes en physique. Oui, et sub, vous savez tout ce que ça veut dire, ça veut dire dessous. Alors, c'est quoi la substance ? C'est ce qui se tient dessous. Là, il faut le prendre mot à mot. Ça, c'est pas l'étymologie, c'est le mot à mot, ce que le mot dit.
8:13 Si les mots ne parlent pas, qui va parler ? Arrêtons de bavarder autour d'eux et regardons, écoutons ce qu'ils disent. C'est ce qui se tient dessous. Alors, on a envie de dire, mais dessous quoi, bon sang ? Hein ? La casserole, elle est dessous quoi ? Dessous les pattes, dessous l'eau, dessous tout ce qu'on met dedans. C'est ça. Moi, je pense souvent à une casserole quand je pense à la substance. Vous croyez que je pense à des choses métaphysiques. Oui, la casserole, le récipient, quoi. Un récipient pour le contenir de Dieu sort mon œuvre.
8:46 Un fragment de Hölderlin. Un récipient pour le contenir, sous-entendu, la parole du poète. Comme disait Rimbaud, que comprendre à ma parole, il faut qu'elle fuit et vole. Ben non, il faut de temps en temps la contenir sur une feuille de papier, par exemple. Il faut qu'elle vienne jusqu'à nous. Ce qui se tient dessous, dessous quoi, pour ce qui est maintenant du sujet, de la substance, puisqu'on en est là ? Ben, vous devinez, les attributs. La rose est fanée. Je prends fanée et je le pose sur rose.
9:16 Mais il y a rose en dessous. Alors, je peux dire, elle est fanée, elle est vulgaire, elle est cheap, ce que vous voulez. On vous a appris que c'est des attributs quand il y a le verbe être avant. On n'est pas dans l'action, même s'il y a un verbe. C'est des faux verbes. Ce n'est pas des verbes d'action, c'est des verbes d'état, comme on dit en grammaire. Autant la référence à l'étymologie peut nous piéger, autant la référence à la grammaire est toujours payante. quand on commence à explorer un concept.
9:48 Donc, ce qui se tient, ce qui ne bouge pas pendant que tout le reste bouge, parce que la rose était fraîche, elle est devenue fanée. Toutes les poèmes de Ronsard là-dessus, n'est-ce pas ? Des belles choses n'ont qu'un temps, ce monde rose n'est pas du temps. Donc, ce qui se tient dessous. Mais sujet, ça veut dire pareil. Alors, il faut connaître un peu plus les verbes. Sou, c'est quel verbe ?
10:18 Quel infinitif ? Le su, su, le sujet, c'est le sub. Le B a été contracté, mais sinon après. Ah, ça, c'est pas évident. Pardon ? Non, c'est pas très loin. C'est un verbe apparenté. Allez, je vous le dis, parce que ça va vous guider. C'est un verbe qui n'est pas employé à tous les modes et à tous les temps. Oui ? C'est gésir. Bravo. Ça, c'est gésir. Parce qu'on ne le sort pas souvent, celui-là.
10:50 Il y a l'infinitif, bravo, gésir. Mais la plupart du temps, il est employé. Mais oui, il y a la troisième personne du présent dans les cimetières. Ci-gît. C'est comme substance. C'est ce qui est, repose là. Où ça ? Sub, en dessous. Su, gît. C'est ce qui gît, dessous. C'est le même mot. Et maintenant, je passe à ma première division du plan, là. celle de Hegel.
Le vrai comme sujet ; réflexion, empirisme et scolastique
11:20 Vous voyez ? C'est un petit peu avant la fin du plan, il me semble. Une phrase, là. Selon mon point de vue, la citation exacte, je vous la restitue, selon mon point de vue, qui ne sera étayée que dans l'ouvrage qui suit, sous-entendu, si ici, ce n'est qu'une préface, donc ce n'est pas ici que je vais faire la démonstration, tout dépend de ce point essentiel, ça vous l'avez, je crois, n'est-ce pas ? Sur le plan ? Donc, là, je ne vous donne pas un texte, c'est juste cette phrase.
11:50 Appréhender et exprimer, connaissance Spinoza et Hegel, appréhender et exprimer le vrai, non plus comme substance, mais aussi et précisément comme sujet. Alors là, c'est carrément l'opposition. Entre quoi ? Entre deux termes qui, à l'origine, disent ce qui est en dessous, ce qui se tient dessous, dessous tout ce qu'on dit. Vous voyez ? Il va de soi que c'est cette période-là qui va m'intéresser particulièrement.
12:27 Vous avez remarqué que le grand tournant de tous mes ateliers, ça a été quand j'ai introduit le poème de la cloche fêlée. Ce n'est pas un texte philosophique qui nous a fait faire un grand tournant. Allez, je fais une parenthèse. La philosophie existe dans l'enseignement secondaire, pour combien de temps encore ? En classe terminale. C'est-à-dire ? Ce n'est pas idiot du tout. On pense que les élèves ont emmagasiné assez de connaissances positives dans les autres disciplines, en mathématiques, en physique, en histoire, en géographie, en biologie, en ce que vous voulez.
13:03 En littérature. Et qu'il est peut-être temps maintenant de prendre un peu de distance et de les réfléchir. Ce qui ne peut se faire que dans la dernière phase. Vous voyez ? Je referme cette parenthèse importante pour rappeler, n'est-ce pas, que s'il n'y a rien devant un miroir, puisque je parle de réflexion, il n'y a rien dedans. S'il n'y a rien devant, il n'y a rien dedans. Sinon, le fameux axiome de la scolastique, n'y a rien dans le miroir, c'est le manifeste de l'empirisme, il n'est rien dans l'esprit qui ne soit d'abord passé par les sens.
13:53 C'est une traduction latine de ce que je viens de dire, plutôt à l'inverse. Il n'y a rien dans le miroir s'il n'y a pas d'abord quelque chose devant le miroir. Il n'y a rien dans l'esprit qui ne soit d'abord passé par les sens. Ça, ça vient d'Aristote en droite ligne, le premier des grands empiristes. Si on n'a pas d'abord les sens, on n'a rien. Et Kant, même Kant, confirmera bien plus tard, que toute notre connaissance débute avec l'expérience. Et immédiatement, Kant ajoute ce qui ne signifie pas que toute notre connaissance dérive de l'expérience et il souligne en majuscule avec et de.
14:30 Petit rappel. Je dis ça parce que c'est le grand absent de mon plan, Kant, Kant. Je le rattrape un peu. Et pourtant, c'est une articulation importante, justement, ces sujets, mais pas pour ce qui nous occupe ce soir. Donc, le fait que la réflexion suppose qu'il y a quelque chose devant ce qui reflète, devant le miroir, vous vous rappelez ce que j'avais dit du sujet au début, imaginez un projecteur.
15:01 Vous voyez, on reste dans les métaphores optiques. Quand on veut parler du sujet, c'est curieux, le projecteur, le miroir, auquel, je n'ai pas mon tableau là, auquel j'ai ajouté le prisme. Je le rappelle, les anciens se souviennent, mais je le dis aussi pour les nouveaux, qui nous font la gentillesse, se joindre à nous. La formule que je viens de rappeler, qui est une formule scolastique, qui a, comme tout l'enseignement d'Aristote, à partir du moment où saint Thomas d'Aquin, qui est un grand politique, s'est dit, oulala, il y a des intellectuels qui commencent à pulluler dans la chrétienté, les esprits forts, comme on dira bientôt, il est temps de, ça ne suffit plus de dire hors de l'église, point de salut, tu écoutes ce que le curé te dit, puis c'est tout.
15:46 Il faut argumenter. embêtant, mais il faut argumenter. Les gens commencent à être un peu instruits avant l'imprimerie. Mais enfin, quand même, il y a menace. Donc, on va utiliser un grand philosophe de l'Antiquité. Mais le problème, c'est qu'il choisit Aristote, le moins chrétien des deux. C'est extraordinaire. Le plus grec, le plus païen, le plus, au sens profond, et c'est ce qu'on va voir avec sa théorie de la substance.
16:17 C'est pour ça que je ne suis pas en train de m'égarer, en plein dedans. Donc, cette phrase, la scolastique, scolastique, c'est la vulgate aristotélicienne à partir du moment où saint Thomas d'Aquin le met dans les manuels et que tout. Si vous voulez passer à la prêtrise, il faut connaître son Aristote. ça va être le fondement, un des fondements de la théologie. Vous savez, on disait au Moyen-Âge, philosophia, oui, vas-y.
16:55 Ancilla, c'est la bonne niche. On parle français. c'est la philosophie servante de la théologie. C'est une conception de l'époque. Là, par contre, je fais une parenthèse. Parce que le temps presse et plus le temps presse, puis il faut prendre son temps pour rappeler des choses parce qu'on n'aura peut-être plus le temps de préciser. Moyen-Âge, temps moderne. Le Moyen-Âge, elle termine avec la Renaissance.
Antiquité, Moyen Âge, temps modernes
17:25 C'est presque une tautologie. Et la Renaissance, les historiens, vous savez, c'est simple, il faut toujours découper en trois d'abord, c'est bizarre, mais c'est comme ça. L'Antiquité, le Moyen-Âge, les temps modernes. Ou plutôt l'Antiquité, les temps modernes. Deux extrêmes, et tout le reste, on le met au milieu, le Moyen, Middle Age. C'est pratique. La grande différence, c'est quoi ? C'est qu'en au Moyen-Âge, le lien fondamental entre les hommes, dans l'idéologie, pardon, qui charpente le discours idéologique, c'est le lien vertical de l'homme à Dieu.
18:05 Vous vous en doutez, c'est une époque extrêmement religieuse. Nos cathédrales, quand même, nos abbayes, nos petites chapelles romanes en Corse. On n'avait pas d'argent en Corse pour faire des grandes cathédrales, mais il y a une flopée de petites chapelles ravissantes. À partir de la Renaissance, c'est le rapport de l'homme à l'homme. Le rapport vertical s'appelle religion. La vérité de ce qui est ici-bas est au-delà. À partir du Moyen-Âge, pensez à un auteur comme Machiavel, c'est le rapport d'homme à homme qui est fondamental et c'est le politique qui est fondamental comme problématique dans le discours idéologique.
18:41 et c'est Rabelais et c'est Montaigne. Vous voyez, ça prépare les lumières, tout ça. Lesquelles préparent la révolution. Voilà pourquoi je fais des découpages. C'est un vrai polar quand vous regardez de près, quand vous suivez le feuilleton. Non, mais c'est sérieux. Allez, traduisons en termes sociaux. Qu'est-ce que c'est le Moyen-Âge en termes marxistes, maintenant ? C'est la paysannerie, la féodalité. Comme classe sociale. Le clergé, c'est pas une classe sociale.
19:12 Petite parenthèse, mais humoristique, Clouscard me met dans la confidence des quelques mots qu'il a échangés avec Sartre. Lorsque Sartre, il ne pouvait pas assister à son jury, il a dit, mais venez me voir à Montparnasse. Et moi, je l'attendais en bas. Ben oui, à l'époque, on allait voir Sartre. C'était le dieu de Paris, comme plus tard Lacan, vous voyez. C'est un autre style, le moins qu'on puisse dire. Et donc, il redescend. Il m'a posé une question bizarre. Il m'a dit est-ce que l'Église est une classe sociale ? Vous voyez ?
19:43 Pas bête, Sartre. Donc, en termes de classe, il y a celui qui travaille la terre et celui qui fait la guerre. Et il fait la guerre pour protéger le fief. Non, non, mais je ne plaisante pas. Je ne suis pas en train d'embellir la chose. Pendant une certaine période, c'était justifié. La preuve, c'est que le bourg, comme on dit dans les pays germaniques, qui sont l'essentiel du monde médiéval, y compris en France. Les Français, là, ils ne pensaient pas la principale tribu germanique à l'époque. Tout simplement.
20:14 Ils viennent de Nuremberg. Je fais un petit salut à Erwan, s'il nous écoute. Parce qu'il est en train de se promener à Bamberg, de ce côté-là. Alors, pour ne pas dire Franzenland, parce qu'il y aurait des confusions avec la France, on dit Franken, la Franconie, on dit en français, pour ne pas confondre. Nuremberg, les endroits les plus nazis, d'ailleurs. Le triangle brun, Nuremberg, Bamberg, et Munich, au Sud, mais ça, c'est la bavière. Donc, le paysan travaille, l'autre fait la guerre.
20:47 Oui, quand il y a un danger, on se réfugie. Et le danger, il vient du fief d'à côté, à l'époque. Le seigneur d'à côté, il décide de faire la razzia sur les récoltes, là, parce qu'elles sont venues avant les siennes. Et donc, le village, les paysans, se réfugient dans le bourg, dans le château. Il a une fonction, le seigneur. Je veux dire, c'est pas seulement un parasite. Il va devenir parasite quand le royaume va commencer à s'unifier, à se pacifier. Vous me direz, malheureusement, l'église, bien sûr qu'elle a un rôle énorme.
21:19 Le seigneur, je viens de le dire, protège. La paysannerie, la protège dans ses biens matériels. Protège les corps, si vous voulez parler en termes théologiques. Le clergé protège les paysans. Du diable ! Ah, mais dites, c'est important, à l'époque. Oui. Et puis, il y en a un qui travaille pour les deux, c'est le paysan. Il faut bien qu'il y en a un qui mâne pendant ce temps pour nourrir les deux précédents. C'est ça, l'ordre féodal.
21:50 Non, mais je ne veux pas caricaturer. Ça a une structure. Les trois ont leur fonctionnalité. Le serf n'est plus un esclave, on n'est plus dans l'Antiquité. La preuve, c'est qu'il va y avoir l'énorme mouvement des communes, vous voyez. Et le nombre de villes libres, Freiburg, ville franche, tout ça, ça veut dire la même chose. Free town, où on paye moins de taxes. Ah ben, il ne faut pas...
22:22 C'est la liberté de renard dans le poulailler. Bon. Donc, il n'y a que des extrêmes. Le paysan, le seigneur. Et puis, il y a entre deux vallées, parce qu'il y en a qui passent dans des vallées très isolées, ils fabriquent tout sur place, il n'y a pas de circulation monétaire, fiduciaire, comme on dit pour la monnaie. Mais de temps en temps, il faut quand même, même le paysan, il a besoin, non, pas encore de ramener des fanfreluches à sa femme, c'est un peu précoce encore l'amener, non, de ramener un outil.
23:00 Il faut qu'il descende dans les vallées, là où il y a le croisement des routes, vous voyez, entre les différentes vallées. Et c'est ça qui va donner le marché. Parce qu'il faut marcher pour y aller. Non, mais je suis sérieux. Et là, commence un embryon d'un troisième terme qui est la bourgeoisie, vous voyez, qui est embryonnaire encore à ce moment-là, qui ne pèse pas. Mais regardez l'importance, c'est pour ça que je fais ce long détour du moyen terme dans la dialectique. C'est ce moyen terme qui va mettre tout le monde d'accord en 89, qui va drainer la paysannerie, la supprimer en l'envoyant aux usines, et qui va liquider la féodalité.
23:43 Alors, en parlant de ça, on parle d'autres féodalités d'argent, mais ça, c'est au sens figuré. Voilà, c'est plus le sens historique. Donc, quand je dis le rapport de l'homme à Dieu définit le Moyen-Âge, le rapport de l'homme à l'homme, on ne parle pas encore d'intersubjectivité, mais regardez l'importance de l'éducation, le rapport du prof à l'élève dans Rabelais, dans Montaigne. Les passages les plus les plus souvent commentées de Rabelais, c'est comment Gargantua, Pantagruel, doivent être à la nouvelle éducation éclairée, celle de la Renaissance.
24:20 On ne parle pas encore des lumières, mais voyez, comment il doit manger des légumes et pas seulement de la viande. C'est l'époque barbare, le Moyen-Âge. Ce n'était pas végane. Rabelais, il a fait des études à Montpellier, c'est un médecin de formation. C'est intéressant, ça commence à s'humaniser au sens de l'humanisme de la Renaissance. Il faut un savoir, une technicité, pas seulement un rapport de force.
Luther, la Bible en allemand et le pédagogique
24:51 Donc, le rapport de l'homme, regardez l'importance de revenir aux sources, tout mouvement de l'humanisme est là, revenir aux sources. Avant, on disait que les sources, les sources, c'est le curé, c'est tout, quand tu commences là. Le reste, c'est païen, pas bien. Quel est le plus grand acte révolutionnaire de Luther qui initie l'histoire allemande moderne, qui l'a fait débuter, pour le meilleur comme pour le pire ? C'est la traduction de la Bible en allemand.
25:24 Imaginez un gars, bon, il n'y a pas beaucoup, mais ça commençait à s'alphabétiser à l'époque. Là, on est après l'imprimerie, ça y est, il y a l'imprimerie, donc ça commence comme une traînée de poudre dans les foyers, il y a la Bible. C'est la première chose qu'on imprime. Je lis, il est plus difficile, Gertrude, viens me lire, je ne comprends rien, pour un riche d'entrer dans le royaume des cieux que pour un chameau passé par le trou d'une aiguille. Ça fait dix siècles que le curé ne l'avait pas dit, ça.
25:56 Mais ce n'est pas possible, mais c'est incroyable, enfin quand même. C'est la bombe, ça, c'est une bombe. Vous comprenez, pour qu'on est hors de l'église, point de salut, attention. Mais oui, ce sont des mutations énormes. Quand je dis rapport d'homme à Dieu et d'homme à homme, ce n'est pas seulement pour faire des formules. Je parle du rapport pédagogique d'homme à homme ici, mais comme je vous l'ai dit il y a trois ans, je crois, le pédagogique est l'antichambre du politique. Pourquoi ça a tellement d'importance les théories pédagogiques à l'époque ?
26:27 C'est qu'il s'agit de former un exemplaire de la cité qu'on veut, de la communauté humaine qu'on veut. C'est ça le sens de l'Émile de Rousseau. C'est ça le sens des romans de Rabelais. C'est ça le sens de Montaigne. Quand il dit il vaut mieux qu'une tête bien faite qu'une tête bien pleine. Parce qu'au Moyen-Âge, ça y allait le par cœur. Et c'est ce qui a donné le mot Kyrielle. Avant, on dit vers Kyrie eleison, on disait des Kyrielles, vous voyez, on ne comprenait rien à la messe en fait. je suis partisan de la messe en latin.
26:59 Je vous le dis, ça vous surprend un peu. Mais à condition qu'on comprenne. À condition qu'on n'abandonne pas le latin à l'enseignement. Ni le grec. Et qu'on ajoute l'arabe. Voilà. Pour le reste, les langues vivantes sont là. Donc, maintenant que on a vu avec Hegel cette disjonction, il n'y a pas une opposition substance-sujet. Apparemment, oui, dans la phrase d'Hegel. Il ne faut plus appréhender le vrai comme substance, il faut l'appréhender comme sujet.
Hegel : le mouvement de la substance au sujet
27:30 Et il dit tout dépend de ce point essentiel. Je reviens sur cette citation, je ne perds pas mon fil, pour rappeler que c'est exceptionnel que Hegel dise voilà l'essentiel. Je vais dire rabâcher et rabâcher que Hegel, comme Marx, d'ailleurs, n'aime pas la petite formule magique, l'aphorisme, c'est à la mode. Nietzsche, tout ça, vous savez, c'est plus en trois lignes, vous avez plus de richesse, de contenu que dans dix volumes du capital. Non, non, ce n'est pas le sérieux, la douleur, la patience et le travail du négatif, comme dit Hegel.
28:04 Il était ce souffle là, parce que c'est la préface, c'est la phéno, qui dit je l'étayerai après dans la suite, sinon ce n'est pas valable. Mais c'est rare qu'il dise essentiel, de même que c'est très rare que Marx, dise le résultat auquel j'arrivai, peut brièvement se résumer ainsi, dans la production sociale de leur existence. Et hop, on a la préface de 59, dont je vous ai souvent dit que c'est là où il y a le plus de Marx dans le minimum de lignes. Or, donc il faut bien lire, il y a un passage de la substance au sujet, il ne faut plus, ça veut dire que pendant longtemps, on a appréhendé le vrai comme une substance.
28:41 Regardez chez Spinoza, on va le voir là, dans quelques instants, Dieu est une substance, il n'est pas une substance, chez Spinoza, il n'y a qu'une substance, c'est la substance, il n'y a qu'une substance, il n'y a qu'un truc qui ne bouge pas, c'est Dieu. D'accord ? Donc, Hegel, lui, il n'est pas pour la substance ou pour le sujet, il est pour le mouvement qui va de l'une à l'autre. Mais ce n'est pas un mouvement comme une droite, c'est un mouvement vectoriel, métaphore, c'est-à-dire une droite orientée.
29:14 On ne va pas faire des retours vers la substance, on peut le faire, ça s'appelle être réactionnaire. Non mais écoutez, Or, rappelez-vous la dernière fois, l'avant-dernière fois, pardon, quand j'ai commencé le cours sur le sujet, j'avais évoqué Althusser, et pour une référence positive, une fois n'est pas coutume, j'avais évoqué un très bon texte d'Althusser, qui est disponible dans Hommage à Jean Hyppolite aux presses universitaires de France.
29:51 Après la mort d'Hyppolite, il y a une série d'articles, des meilleurs plus philosophiques de l'époque, pour lui rendre hommage. Et Althusser en profite pour revenir au rapport Hegel-Marx. C'est son obsession. sauf que la plupart du temps, son obsession, il la satisfait en découplant Marx et Hegel. Il n'y a pas, on le trouvera difficilement de texte plus anti-hegelien par rapport à Marx.
30:22 Pour comprendre Marx, il faut oublier Hegel. En gros, c'est ce qu'elle décide et on ne sait se répéter. Si vous connaissez un peu son grosse œuvre, comme lire le Capital, tout simplement. Et en plus, il dit que la dialectique, il faut y renoncer, alors que Marx dit très clairement, y compris dans ses derniers, vous voyez, la préface à la réédition du Capital. Donc, ce n'est pas le Marx qui peut mieux faire. C'est l'époque de Feuerbach. Marx dit si quelque chose qu'on ne peut pas enlever à Hegel, c'est la méthode dialectique.
30:58 Ça passe à la poubelle. Je ne parle même pas de Deleuze qui parle de l'infâme dialectique. Voilà. Ça, c'est la génération de l'époque. Pourquoi je reparle d'Althusser ? Parce qu'Althusser, justement, fait son autocritique, dit quand même, j'exagère, je dis que Marx ne doit rien à Hegel s'il doit quelque chose. Mince détail, je vous avais dit. C'est énorme. La notion de procès sans sujet. Tiens, comment revient à notre sujet ? Hegel a inventé la notion de procès sans sujet.
31:29 Il y a un mouvement, un procès, l'histoire universelle, par exemple, mais il n'y a pas un sujet. il n'y a pas un invariant qui est là, qui s'appelle la providence, qui s'accomplit au cours des temps, tout en est programmé, c'est un programme informatique. On a l'impression comme ça, que les hommes ont des folies, des fantaisies, mais il y a une nécessité. C'est comme ça qu'on lit Hegel, souvent, ou qu'on le caricature dans les manuels. Bon, ça a pris un coup un peu avec la grande thèse d'Éric Weil. Hegel et l'État, on connaît ça, où il montre que Hegel, c'est quand même pas seulement le porte-parole de la monarchie administrative prussienne, et c'est pas quelqu'un qui...
Platon et Aristote : transcendance et composé
32:05 Donc, procès sans sujet. Un mouvement, je ne sais pas, dont on ne sait pas quel est justement le récipient qui lui donne une unité. C'est quand même assez incroyable. Alors, maintenant que j'ai problématisé un peu ces notions, je reviens à une chronologie pour vous reposer un petit peu. Vous avez remarqué que je commence à Platon. on me dirait que ce n'est pas compliqué. Évidemment, il n'y a rien avant. Ça m'a un peu gêné, je ne vous le cache pas.
32:36 J'aurais préféré commencer par Aristote. Faire une entorse à la chronologie. Pourquoi ? Parce qu'il y a un ordre logique à laquelle la chronologie n'est pas tout à fait conforme. Je vous l'ai dit, je vous l'ai dit il y a quelques minutes, Aristote est plus installé dans le monde grec, alors que Platon, on l'a souvent dit, d'ailleurs, je ne suis pas le seul, est à la limite de l'hélénité. Sur le plan du rapport de ce que Hegel distinguera comme être et essence.
33:07 C'est-à-dire que pour Platon, déjà, la vérité n'est pas de ce monde, pour prendre une formule chrétienne, si vous voulez. Donc, il anticipe déjà. La transcendance est importante chez Platon beaucoup plus que chez Aristote, qui est un philosophe comme Spinoza, d'ailleurs, de l'immanence. Je vais préciser ces notions. Mais chez Platon, la feuille de papier, toutes les feuilles de papier participent de l'idée de feuille de papier qui est quelque part au-delà, au-delà de tout ce que les sens peuvent apercevoir, au-delà de ce qui se peut voir, de ce qui ne pourra jamais être vu.
33:50 Donc, ce n'est pas quelque chose qu'on peut voir, l'idée, mais seulement concevoir. Merci. C'est très facile de penser un cercle, le lieu des points équidistants, c'est un discours, ce n'est pas une réalité sensible. Vous ne voyez pas des mots quand vous dites cercle. Vous voyez des ronds dans votre tête. Oui ou non ? On est tous empiristes spontanément. Il nous faut des forges des longues, des représentations, des représentations.
34:21 Donc, chez Platon, le vrai est transcendant à ce qui est ici-bas. Je vais nuancer ça après, mais je ne voudrais pas compliquer pour s'embrouiller. Alors que, chez Aristote, il y a les deux, chez Aristote, il y a bien une distinction de la forme et de la matière. Dans chaque objet, il y a la forme, ici, la forme rectangulaire, par exemple, et la matière, la pâte à papier. c'est pas du coup. j'aurais pu faire une énorme feuille d'emballage avec le même papier.
34:56 La matière et la forme sont très distinctes, n'est-ce pas ? Et inversement, il y a des rectangles en dehors du papier. Mais aucun des deux, et ça, Aristote l'a vu, aucun des deux n'est séparable. Je ne peux pas mettre la forme dans ma main gauche et la matière dans ma main droite. Mais c'est ça qu'il faut bien comprendre pour continuer sur le sujet. Vous voyez ? Je ne peux pas. Il n'y a pas de matière qui n'est pas une forme quelconque. Même ce avec quoi jouait ma femme, mon ex-épouse, pardon.
35:27 Vous connaissez le film Jeux interdits ? Un magnifique film sur des enfants qui jouent pendant la guerre dans des zones de conflit. Vraiment des enfants. Des gamins. Elle m'a raconté qu'elle a vécu des bombardements à Rouen. Elle racontait comment ils faisaient les collections des éclats de bombes après le bombardement des enfants dans les rues. Vous voyez ? Vous voyez les formes que ça avait déchiqueté des éclats de bombes comme ça.
35:59 Ils mettaient dans les cartons et faisaient des collections. Donc même la chose la plus informe a une forme. Même grossière. Même brute. C'est intéressant. Même chaotique. Donc il n'y a pas de matière sans forme. Et puis il n'y a pas le rectangle qui flotte dans l'air qui n'est ni en bois ni en papier. Où est-vous celui-là ? Donc Aristote, et ça je vous renvoie à la définition de l'âme, je vous le dis de tête, celle-là je la connais, Aristote est le premier à faire un traité de psychologie au sens propre.
36:35 Un psyché c'est l'âme. Qui a été enseigné par tous les philosophes du Moyen-Âge. Un type comme Giordano Bruno, vous savez ? Le Nolain, comme on l'appelle, parce qu'il était de Nola en Italie. Le Nolain qui a été brûlé en place publique parce qu'il affirmait ce que nous pouvons tous dire librement maintenant sans risquer d'être brûlé, c'est qu'il y a plusieurs mondes en dehors de la nôtre dans l'univers. Il a été brûlé pour ça. Il n'a pas été aussi prudent que Galilée. Galilée en bon Italien, oui, oui, j'ai dit des conneries, c'est possible, en sortant sur le palais.
37:12 Eppur si muove, hein. Pourtant, il tourne. Non, non, Giordano Bruno, c'était un type extraordinaire qui enseignait à Paris, à la Sorbonne, en Espagne, à Toulouse. Il enseignait quoi ? Deux choses, le traité de la sphère, cosmologie, et le De anima d'Aristote, le traité de l'âme. Vous voyez, c'est des livres qui ont une épaisseur historique. Je suis un peu solennel parce que ça fait 25 siècles qu'on commente ces textes-là. 25 siècles qu'on dit, Aristote l'a dit ça, mais certains interprètent d'une autre manière.
37:45 Voyez, on n'improvise pas sur des trucs comme ça, c'est énorme, il y a tout un appareil critique. Donc, ce traité de l'âme, je vous précise tout de suite, et c'est en plein, dans la continuité de ce que je disais sur le sujet, que l'âme, à l'époque, n'a oublié la référence chrétienne. Ce n'est pas l'âme opposée au corps, ce n'est pas un truc immatériel, c'est tout le contraire. C'est un traité de biologie, si vous préférez. Chez les Grecs, il n'y a pas de séparation de la psychologie et de la biologie.
38:15 Et vous le trouvez encore dans la langue maintenant avec le mot animal. Ça veut dire quoi ? Qu'il y a une âme qui est animée, qui bouge. Ce n'est pas ça. Ça, c'est l'inertie. Alors que l'animal, il se déplace. La plante, bon, elle ne bat en haut, mais elle croît. Et phusis, chez les Grecs, le terme qui va donner la physique, la nature, vient d'un radical, phuein, un infinitif qui veut dire croître, pousser, au sens biologique du terme.
L'âme chez Aristote et l'immanence
38:47 Il faut oublier nos références modernes. Ce n'est pas un monde inerte avec des galaxies de l'ammoniaque. Non. C'est un monde pour écolo. Où il y a une providence, où il y a la vie, où il y a... Enfin, il y a de l'âme, quoi. Ce n'est pas comme dans la ville. Le monde grec, c'est l'écologie plus l'intelligence. et la culture. Non, non, je suis mauvais, là.
39:17 Donc, sérieusement, c'est un traité de biologie. Il y a une âme végétative, je ne sais pas, aussi, il y a une âme dans le foie, enfin, voilà. Je ne veux pas m'attarder dans les détails. Ce qui compte, c'est que les trois premières parties, les trois premières divisions de ce traité, qu'il y en a beaucoup, commencent par dire, rappelons tout d'abord les idées de nos prédécesseurs sur la question. Alors là, on a une chance. Aristote, premier historien, tu connais ce passage extraordinaire de la philosophie.
39:50 Oui, alors, Anaximandre, il dit que l'homme, machin, Héraclite, bon. Alors, on a comme ça tout un résumé et donc, il faut attendre la quatrième partie pour que tout d'un coup, d'une manière solennelle, un peu comme dans la métaphysique, il faut attendre le quatrième livre pour qu'il dise qu'il y ait une science qui est de l'être en tant qu'être. Ça y est, on attaque l'ontologie. Il faut attendre le quatrième livre. Là, pareil. Pour attaquer quoi ? La définition de l'âme. Quand on parle du sujet, ça a un certain intérêt. Le sujet, c'est qui est-ce qui, vous vous rappelez, c'est notre début.
40:22 Qui est-ce qui, c'est quelqu'un. Il n'y a pas une âme là-dedans. Encore, encore, il fallait savoir. Par les temps qui courent. Qui vous dit, monsieur, qu'il n'y a pas une âme ? Qui vous dit, monsieur, que les animaux ne parlent pas ? Les élèves. Vous répétez ça tout le temps, maintenant. Vous savez ? Puisqu'on leur dit dans les documentaires que les animaux sont intelligents mais que l'homme, lui, il est mû par ses instincts. C'est l'inversion. C'est extraordinaire où on arrive, maintenant. Les sciences cognitives vous font comprendre que c'est stimulus-réflexe qui nous déterminent.
40:53 Par contre, dans l'arbre, il y a une pensée. Bon, je m'attarde pour vous compreniez ce que veut dire des mots apparemment abstraits mais qui prennent ici du poids concret, c'est immanence. Chez Aristote, il y a bien quelque chose qui ne se voit pas. La forme pure, le rectangle qui n'est ni en bois ni en papier, le rectangle, la forme, le rectangle idéal. seulement, la différence de Platon, il n'est pas dans un autre monde.
41:24 Il est là derrière. Immanere, manere, maintien, ça vient de là. C'est ce qui demeure là, mais un peu caché en dessous. La forme. Alors, dans cette définition de l'âme, il attaque solennellement et il dit, il attaque comment ? En disant, la substance est en premier lieu et claque. Il commence, bonsoir, il commence par attaquer la notion de substance. Au moment de définir l'âme, il rappelle la définition, il essaye de rappeler ce que c'est que la signification du mot substance.
41:58 Et il dit, il n'y a pas plus systématique qu'Aristote. Alpha, beta, gamma, premièrement, deuxièmement, troisième, attention, ce n'est pas un Paganis, il n'y a pas de détour. C'est sérieux. Il nous dit, la substance, c'est en premier lieu la matière. Qu'est-ce qui ne bouge pas là ? Sur la chiffre, n'importe quoi, il y a toujours de la matière. Quelques changements qui sont. La matière, vous savez, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.
42:31 Il n'y a que la forme qui change, vous voyez, tout se transforme, la forme change. Et si vous préférez la poésie à la physique, ce n'est pas grave, on dit la même chose dans Ronsard. La matière demeure et la forme se perd. Eh oui, c'est une pensée un peu pessimiste, Ronsard, on retrouve les Grecs, la mortalité, il n'y a pas d'au-delà, il n'y a pas de vie après la mort, vous voyez. Donc, mademoiselle, succomber à ma séduction parce que, cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie, vous ne serez pas toujours jeune, vous voyez. Comme ça.
43:01 Eh bien, oui, ça va ensemble, tout ça. Vous savez, quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle, vous connaissez. Je parle des textes les plus connus à chaque fois. pour rendre les inexcusables le fait que vous les ignorez et que vous les oubliez. Définition de la substance, dès qu'il attaque la définition de l'âme, la matière demeure et la forme, la matière, c'est ce qui reste.
43:33 Même mort. Je n'aurai pas le temps, il faudrait trop de textes, mais je vous donne la référence parce que tout ça est sur Wiki. Regardez dans Platon, je ne quitte pas Aristote, ne vous inquiétez pas, mais regardez dans Platon, dans le Phédon. Vous avez, comme souvent chez Platon, qui est le plus grand artiste de la pensée, je l'ai déjà dit, vous avez toujours un prologue avant les discussions sérieuses, philosophiques, les démonstrations, vous avez un prologue, une mise dans l'ambiance et un épilogue encore plus travaillé, littérairement, poétiquement, si je puis dire.
44:07 Et bien dans le Phédon, où on s'est épuisé à essayer de prouver que l'âme était immortelle, c'est un peu salaud de la part de ses disciples d'avoir choisi ce sujet pour le moment où il va prendre la ciguë. Vous vous rendez compte s'il n'arrive pas à démontrer que l'âme est immortelle, c'est un sale coup quand même. Marrant Platon. Bon, alors justement, je vous avais cité ce passage où l'un des Simmias, c'est Cébès, les deux interlocuteurs de Socrate dans le Phédon, dans la cellule, là, même le geôlier qui est un brave type, on n'est pas à Rome, on est chez les Grecs, lui a enlevé ses fers pour qu'il discute tranquillement avec ses amis son dernier entretien.
44:49 Un des interlocuteurs, après la troisième démonstration de l'immortalité de l'âme, dit, oui, écoute, Socrate, je ne suis pas tout à fait convaincu parce que ta démonstration est très forte, mais je ne peux pas m'empêcher de penser qu'à ma mort, mon âme va se dissiper comme une fumée. Vous vous rappelez que j'avais cité ce passage. Je ne fais jamais de détour au hasard, ce n'est pas pour le plaisir de l'anecdote de vous faire rigoler, même si ça fait rire, parce que la suite est géniale. Socrate dit, bon, d'accord, je vais reprendre la démonstration, mais alors, il faut faire une prière à Éole avant qu'il n'y ait pas de vent ce jour-là Donc, Platon affirme là carrément que tant qu'on cherche l'âme d'une manière matérielle, comme le fait Aristote, on fait fausse route.
45:29 Voilà le sérieux de l'affaire. Ce n'est pas une matière plus subtile qu'une autre comme la fumée. La fumée n'est pas moins matérielle que l'acier. C'est évident pour tout scientifique ce que je dis. Et une onde n'est pas moins matérielle qu'une particule. Ça, il a fallu du temps. Il a fallu Lénine, pour le faire entrer dans les esprits. Mais oui, lisez Matérialisme et Empiriocriticisme qui est un immense livre de philosophie. C'était l'époque où on venait de découvrir la notion de champ en physique.
Le Phédon et la matérialité de l'onde selon Lénine
46:04 Champ, champ magnétique par exemple, avec les équations de Lorentz, de Maxwell. Je ne me trompe pas, c'est à peu près ça, les équations de champ. Et on se dit, vous voyez, c'est la preuve que le matérialisme est vaincu. Le champ, ce n'est pas une notion matérielle, il y a donc des réalités physiques qui sont immatérielles. Autrement dit, ils avaient déjà décidé que la matière ne pouvait apparaître que sous forme particulaire. Et qu'il n'y a plus de particules, il n'y a plus de matière. c'est quand même extraordinaire.
46:34 Alors qu'une onde, vous entendez, le bang d'un supersonique, quand il passe, ça peut casser des vitres. Je me dis, c'est matériel, même une onde, quand même. Wave. Vous avez lu la marque jaune, Blake et Mortimer ? Il y en a qui l'ont lu. Ça me fait plaisir. Qui l'ont lu ? De Mega Wave, l'arme secrète, l'onde méga qui va écraser les gratte-ciels de New York. Puis, l'élevée.
47:04 Oui, donc, mais c'est, bonsoir, mais cet autre passage, donc, à la fin, dans le postlude, je parle musicalement, excusez-moi, dans l'épilogue du Phédon, où Platon revient sur la question de l'immortalité de l'âme.
47:35 C'est intéressant parce que c'est avant le Parménide et tous les dialogues qui sont avant le Parménide, Platon ne cherche pas à imposer à toute force le résultat. Si les gens ne sont pas convaincus, on reste dans une attitude aporétique, comme on dit, n'est-ce pas ? On reste, la question, on a progressé, on ne revient pas à zéro. Et, le côté anecdotique, comme dans tout épilogue, c'est que Criton, Criton, c'est un peu le Saint-Pierre dans les disciples, c'est un peu, pas l'idiot, il ne faut pas exagérer, Saint-Pierre n'est pas idiot, mais il est un peu naïf, vous voyez, il est un peu, non mais c'est, je ne dis ça pas, avec beaucoup d'affection, c'est la foi du charbonnier, comme on dit, vous voyez, dans la langue, c'est quelqu'un de spontané.
48:16 qui ne peut jamais imaginer qu'il va trahir Jésus alors qu'il le trahit dès que, vous savez, vous connaissez l'histoire. C'est un pur, Pierre. Donc, c'est pas un hasard, c'est à lui qu'on confie les clés de l'Église, c'est pas à l'intellectuel, à Jean. Le seul évangile écrit en grec, il commence par dire qu'au commencement, il est Logos.
48:46 Allez, c'est pas l'amour, c'est Logos. Eros, Logos, Mythos. Allez, qu'est-ce qu'il dit, Criton, Saint-Pierre n'est pas, il dit, c'est pas tout ça, Socrate, parce qu'on parle depuis un moment, là, mais tu ne nous as pas dit comment il fallait t'enterrer, comment tu voulais être enterré. Les rites funéraires, sacrés, n'oubliez pas que nous sommes à Athènes, où a été joué Antigone, où le problème, c'est d'enterrer, de ne pas laisser le cadavre aux oiseaux sauvages, vos Lucrébus, n'est être férissés aux bêtes de proie.
49:27 Et Socrate répond, comme tu voudras, Criton, tu m'enterras comme tu voudras, comme vous voudrez, il dit à ses disciples, à condition que vous puissiez m'attraper. Vous voyez comment on reste dans la théorie de l'âme immatérielle, chez Platon. Alors que, chez Aristote, c'est tout le contraire. C'est une matière animée, l'âme, chez Aristote. C'est ça un animal. Une matière animée. Il n'y a pas de séparation.
49:57 Je viens de distinguer l'immanence et la transcendance. Vous voyez que une autre distinction se conjugue avec. Je ne vous embrouille pas, au contraire, c'est pour vous rassurer. C'est les mêmes divisions. Monisme, dualisme. Chez Aristote, il y a un monisme car la matière à part, on l'a vu tout à l'heure, n'existe pas. La forme à part n'existe pas. Sinon, ce serait un dualisme. Deux choses aussi opposées qui existent. Ce serait terrible. Non, non. Tous les deux fusionnent dans ce qu'il appelle le sunolon, qu'on traduit par le composé. Seul existe là, tout ça, ça, autour de moi, vous, moi, l'ordinateur, ce sont des composés de matière et de forme.
50:38 Autrement dit, l'idée platonicienne, elle est là, chez Aristote, mais elle est là, elle n'est pas au-delà. Il n'y a pas un cosmos noetos, un monde intelligible, notion. Il n'y a pas un cosmos noetos au-delà du cosmos aisthêtos, le monde sensible. L'anesthésie, c'est ce qui supprime les sens. Voilà. Donc, vous voyez déjà l'oscillation entre substance et sujet. De très loin, le plus substantiel et substantialiste, c'est Aristote.
51:11 Ce n'est pas un hasard s'il commence la définition de l'âme par définir la substance. Alors, vous avez deux passages que je vous recommande en wiki, parce que c'est énorme l'œuvre d'Aristote. C'est de commencer tout de suite la deuxième partie du De anima. Dès la deuxième partie, il attaque la définition de la substance. Dans l'ordre que je viens de vous dire, la substance, c'est d'abord la matière. Je ne l'ai pas dit, mais je le précise maintenant. C'est-à-dire ce qui par soi ne contient rien de déterminé. La matière, si on exclut la forme, il n'y a rien de déterminé.
51:43 C'est le chaos. C'est chaos. Ce n'est pas le chaos, c'est le nom propre des Grecs. Avant que les dieux mettent de l'ordre dans l'univers, c'est chaos. Qu'est-ce qu'on est en train de dire là ? On est bien dans le monde grec, le monde du logos. C'est ce qui ne peut pas être nommé. Parce que dès qu'on nomme, on donne une détermination. Ceci est une table, ceci est une chaise, ceci est un ordinateur. On n'est pas loin du clair et du distinct cartésien. Ça y est, on parle. On distingue. On coupe.
52:13 Dans la continuité chaotique de l'être, on coupe. L'homme tranche. Donc, le composé de matière et de forme, c'est moniste. C'est-à-dire, il n'y a pas deux réalités, deux existences. Il n'y a qu'une seule existence qui a deux aspects.
Distinguer n'est pas séparer ; la magie des mots chez Kipling
52:44 Après tout, je peux poser un cendrier là et puis il peut y avoir deux faces, s'il est cubique. Alors, monisme, dualisme, troisième distinction, mais qui, pour creuser la même divergence, c'est la distinction qui, essayez de me suivre parce que ça a l'air compliqué, ça ne l'est pas. La distinction entre distinguer et séparer.
53:14 Distinguer bien, distinguer de séparer. Aristote est génial. C'est un immense prof, on le voit bien là. et précis. On peut distinguer, on doit, on peut distinguer la matière et la forme puisque ce rectangle je peux le trouver en dehors du papier. Mais on ne peut pas les séparer. La distinction est logique, la séparation est ontologique. La distinction n'est pas de l'ordre de l'être, elle est de l'ordre des mots.
53:47 Allez, je suis rendu un peu justicier, tu sais, je suis dans les bons sentiments, je vais rendre justice même à Foucault aujourd'hui. Il a eu raison de donner pour titre à son œuvre la plus célèbre les mots et les choses car il y a bien une coupure là, on le voit bien. Ce n'est pas parce qu'on a le mot qu'on a la chose. Sinon, ces amoureux, ils peuvent l'usage magique de la parole, ce dont rêvent les enfants et l'enfance de l'humanité, la magie primitive par laquelle nous avons tous commencé.
54:20 Plus on est impuissant matériellement, plus on se donne une puissance magique, n'est-ce pas ? Vous connaissez l'histoire ? Vous connaissez ce recueil de contes de Kipling qui s'appelle Histoire comme ça ? Ce que certains connaissent. Tu connais tout. Tu connais ? Toi tu ris, hein ? Il y a le connu, mais je pensais à celle qui me fait le plus rire. C'est Kipling, c'est britannique. Il a vécu presque toute sa vie dans l'Empire, aux Indes.
54:51 Il y a passé son enfance un peu mystérieuse. Enfin, passons. Mais, il fait un recueil que si vous avez des enfants, mais surtout pour vous, c'est comme Tintin, de 7 à 77 ans, histoire comme ça. Ça existe en wiki aussi. L'histoire du papillon qui tapait du pied. Tu ne te rappelles pas de ça ? Non, c'est pour illustrer que je parle dans mon fil. La puissance qu'on se donne, plus on est faible, plus on donne une puissance. En fait, on est dans le palais de Salomon.
55:23 Salomon est fatigué parce qu'il a 2000 épouses qui sont toujours en train de se chamailler. Il n'en peut plus. C'est le monde oriental. Il est là et il sort sur sa terrasse, sur son jardin, pour essayer de respirer un peu l'odeur d'un genévrier au couchant comme ça qui le change des cris et il a héri des épouses en train de se chamailler. Mais il est suivi des yeux par la belle Balkis, la reine du matin. Cette reine de Saba sur laquelle Nerval a failli faire son chef.
55:54 et la Balkis a du chagrin parce qu'elle voit que son maître a du chagrin. Et Salomon passe près du Génévrier parce qu'il y a du vent et il entend des murmures et il se penche et il voit un couple de papillons en train d'avoir une scène de ménage. La femme papillon qui dit j'en ai marre et le papillon qui répond je te préviens si tu continues je peux taper du pied et tout le palais de Salomon disparaît.
56:28 Et là Salomon qui était chagrin part d'un éclat de rire mais d'un éclat de rire d'un éclat de rire Balkis a entendu les papillons. Donc elle prend le papillon avec son doigt comme ça l'amène le fait venir écoute bien tu vas répéter ça mais oui elle est terrible elle est insupportable oui d'accord tu vas lui répéter ça d'accord tu vas lui répéter tape du pied Salomon étant le prince des génies le prince des magiciens quand le le oui conte oriental d'accord plus je suis faible plus je me donne une force moi je tape du pied je fais disparaître le papillon Histoires comme ça il disait c'est super vous aurez tout l'histoire de l'alphabet l'origine de l'alphabet comment les lettres sont apparues
57:39 avec la carpe qui a a comme ça avec la barre sur le a là et le chat qui s'en va tout seul non c'est les pages admirables et le commencement des tatous enfin on finirait pas rien que les titres c'est un programme et vous comprendrez pourquoi les éléphants ont des trompes il fallait pas trop taquiner le crocodile qui a tiré sur le nez sur le nez voilà donc dans l'enfance on est tous substantialistes tout est animé autour de nous et les parents en rajoutent même et nous confortent dedans quand on se cogne à une table vous savez ils frappent la table en disant méchante la table vous avez déjà entendu ça d'accord parce qu'il m'est arrivé de le faire parce qu'on est tous gâteux quand on est parents c'est possible je m'en souvienne pas c'est possible bon enfin je l'ai souvent entendu autour de moi et donc on ne voulait pas il n'y a rien de meilleur ou de pire pour incruster dans la tête de l'enfant il y a une âme dans la table et une âme méchante en plus d'accord donc vous voyez c'est ça
58:49 l'immanence là derrière là pas au delà là derrière pas visible et bien lorsque Kant va essayer de trouver un concept qui est une synthèse entre l'au delà le transcendant et le sensible l'expérience du physicien ce qu'on voit avec les sens il va trouver le concept de transcendantale par exemple l'espace et le temps ils sont là regardez comment voulez-vous que je vois ça si ça occupe pas un espace c'est pas un au-delà au contraire il n'y a pas plus ici bas que l'espace et le temps tout ce qui est autour de nous ce que Kant appelle le phénomène n'est pas nous apparaît sur un fond d'immanence suppose pour nous apparaître deux ce qu'il appelle forme a priori de la sensibilité dans un langage très précis Kant ce n'est même pas des catégories forme a priori de la sensibilité suppose deux cadres sans lesquels rien ne pourrait apparaître l'espace et le temps mais qui n'apparaissent pas tout ce qui nous apparaît est dedans dans l'espace un son futile
Lecture commentée de la préface de la Phénoménologie
1:00:00 mais d'une brièveté un douzième de croche joué à un tempo d'enfer n'empêche que ça occupe une durée dans le temps si petite soit-elle voilà je ne veux pas trop m'attarder là on a dépassé les 8 heures mais c'est pour vous dire comme il faut bien commencer par la substance au sens alors je vais quand même essayer Hegel vient je vous dis ce qu'il y a juste avant le passage que je vais vous lire il vient d'être scandaleux pour sa génération en pleine apogée du romantisme allemand il dit c'est dans le concept seul que la vérité trouve l'élément de son existence à l'époque ça veut dire et non pas dans l'intuition dans l'ineffable dans le concept en rigueur et alors bien sûr et c'est bien que c'est mal reçu je sais bien que cette affirmation paraît en contradiction avec une certaine représentation et ses conséquences représentation qui a autant de prétention qu'elle est répandue dans la conviction de notre temps une explication au sujet de cette contradiction ne me paraît donc pas superflue même si elle ne peut être rien de plus ici c'est à dire
1:01:10 dans une préface qu'une affirmation gratuite exactement comme la représentation contre laquelle elle va alors allons-y sur cette représentation c'est moi qui rajoute si précisément le vrai existe dans ce qui ou plutôt comme ce qui est nommé tantôt vous allez voir comment ça va devenir actuel intuition pardon oui tantôt intuition tantôt savoir immédiat de l'absolu religion être non l'être dans le centre de l'amour divin mais l'être même de ce centre homme alors de ce point de vue c'est le bon temps c'est plutôt le contraire de la forme conceptuelle qui est requis pour la présentation de la philosophie l'absolu ne doit pas être conçu mais senti et intuitionné regardez la truffe d'un chien comme elle est mobile non son concept mais son sentiment et son intuition doivent avoir la parole et être exprimé et là
1:02:21 il ajoute ceci si l'on conçoit l'apparition d'une telle exigence dans sa portée la plus générale et si on l'envisage à l'étage où et l'attention c'est souligné dans le texte l'esprit conscient de soi-même se trouve présentement ça veut dire si on se rappelle tout d'un coup qu'on est en 1807 là bref à quelques encablures de la révolution française en termes temporels d'accord qui a eu une révolution industrielle en Angleterre une révolution politique en France et nous en Allemagne on est là à s'évader dans un monde de rêverie de fantômes d'une vie mais c'est quoi ça ?
1:02:59 donc c'est pour vous donner la résonance si l'on envisage cette exigence à l'étage où l'esprit conscient de soi-même se trouve présentement on voit que cet esprit et on voit bien ce que veut dire esprit chez Hegel la conscience du temps présent est au-delà de cette vie substantielle qu'il conduisait dans l'élément de la pensée au-delà de cette immédiateté de sa foi au-delà de la satisfaction et de la sécurité naissant de la certitude que la conscience possédait de la conciliation de l'esprit avec l'essence et de la présence universelle conciliation de l'esprit avec l'essence et la présence universelle l'intelligent design et oui c'est pas si vieux il a raison l'égaliste c'est arrêté à ce moment là apparemment on ressasse non seulement l'esprit est passé au-delà de cet état dans l'autre extrême alors c'est que l'autre extrême de l'immédiat de l'intuition c'est la réflexion on n'est plus dans l'immédiat c'est le médiat c'est par l'intermédiaire de la réflexion la même chose réfléchir
1:04:09 c'est pas la même chose non seulement l'esprit est passé au-delà de cet état dans l'autre extrême de la réflexion écoutez bien maintenant privé de substance vous voyez la signification très particulière que Hegel donne à partir de là à substance mais en connaissant bien toute l'histoire de la philosophie ce qui était substantiel c'était ce rapport immédiat au monde vous le retrouvez dans le français quand on dit j'ai fait un repas substantiel j'en ai eu pour mon argent d'accord j'aurais bien besoin d'un petit verre de Vichy on peut tirer sur la corde substanceux un amour substantiel est-ce que ça existe encore ?
1:04:54 je pose des questions excusez-moi donc non l'esprit est passé au-delà de cet état dans l'autre extrême de la réflexion privé de substance de soi-même en soi-même l'esprit est toujours là l'histoire continue mais on n'est plus dans l'ancien régime on disait hors de l'église point de salut ben non il y a des gens qui disent qui réfléchissent ce que vous voyez c'est terrible on ne peut pas les arrêter les gens privé de substance de soi-même en soi-même mais encore il toujours l'esprit a outrepassé cela l'esprit dit la collectivité moderne consciente d'elle-même et de son parcours c'est-à-dire qui se prend pas seulement comme résultat mais qui prend tout son devenir avec elle mais il a encore outrepassé cela à l'ombre ça en fait des pertes non seulement écoutez ça fait deux fois sa vie substantielle est perdue pour lui voilà pourquoi c'est dur de combattre l'écologie le machin le truc ou de parler du genre comme une substance genre on parle du genre à l'anglo-saxonne ou de la race comme une substance comme le pensaient les nazis n'est-ce pas comme une ontologie la loi du sang
1:06:04 par opposition à la loi du sol c'est toujours valable en Allemagne la loi du sol mon ex-épouse me disait qu'on ne peut pas perdre la nationalité allemande c'est un point tu savais ça c'est elle qui me l'a appris si demain je me nationalise australien je perds ma nationalité française Allemagne vous pouvez vous nationaliser ce que changer ce que j'ai dit d'accord mais par contre vous ne pouvez pas quitter votre nationalité allemande c'est métaphysique comme on dit en Allemagne c'est métaphysique on ne peut pas donc priver substance seulement soi-même mais encore il a outrepassé cela aussi non seulement sa vie substantielle est perdue pour lui l'ancien régime je insiste à l'époque où il y avait une place pour chaque chose et chaque chose à sa place la musique baroque vous avez entendu moi j'adore je ne suis pas en train de dire du mal de la musique je suis en train de dire du discours qui la soutient aujourd'hui ah qu'elle était belle la musique avant la révolution française en gros
1:07:14 donc non seulement sa vie substantielle est perdue pour lui mais il est aussi l'esprit conscient autrement dit vous en savez trop pour croire à vous qu'en arrive Hölderlin à la même époque camarade de l'université de Hegel disait le roi Œdipe a un oeil en trop sans doute vous savez qu'Œdipe s'arrache les yeux quand il sait la vérité les yeux qui lui ont servi de rien puisque les yeux cherchaient au dehors le coupable mais il est aussi conscient d'une telle perte et de la finité qui constitue maintenant son contenu vous voyez qu'il n'a pas attendu l'existentialisme Hegel pour dire que ce qui caractérise la modernité dans sa vérité c'est la conscience et la finitude c'est dit en toutes lettres donc je reprends je continue pardon réagissant à son abjection confessant sa misère proférant contre elle des imprécations qu'on entend les vers l'esprit réclame de la philosophie non pas tant le savoir de ce qu'il est ce qui devrait être la tâche de la philosophie
1:08:24 non pas tant le savoir de ce qu'il est que le moyen de restaurer grâce à elle la philosophie cette substantialité perdue le but de la philosophie là on est dans le monde intellectuel le monde du savoir c'est d'opérer et là il prend un terme politique ce qu'on appelle une restauration je n'interprète pas au contraire je prends le texte à la lettre je répète la phrase bon sang la restauration c'est bien un régime politique c'est même une période dans l'histoire de France la restauration vous avez un joli meuble de restauration ben oui j'ai déjà eu l'occasion de dire que nous ne vivons pas une période révolutionnaire nous ne vivons pas une période contre révolutionnaire nous vivons depuis la prise de la Bastille dans un conflit permanent un va-et-vient entre avancée révolutionnaire et contre révolution et recul et on a passé beaucoup plus de temps dans un régime contre révolutionnaire si vous mesurez en nombre d'années c'est pas quand on avançait comme le gouvernement de la Convention était plus grand qu'aucun pays n'ait jamais eu en 93 le
1:09:34 les grandes écoles etc la la commune de Paris c'était trop bref malheureusement la libération le front populaire c'est des avancées vous voyez comme c'est actuel comme on essaie de revenir en arrière après maintenant carrément on veut revenir n'est-ce pas au travail journalier bientôt bon alors je répète confessant sa misère c'est ça la conscience romantique la conscience malheureuse comme il appellera ça dans un chapitre de la phénoménologie proférant contre elle contre sa misère ça veut dire malheur c'est le sens latin des imprécations c'est pas la misère matérielle l'esprit réclame de la philosophie non pas tant le savoir souligné de ce qu'il est souligné Hegel parallèle ici à Spinoza la philosophie de s'occuper de ce qui est et non pas de ce qui doit être Hegel et Spinoza ont ça de commun on n'est pas là pour donner des leçons à mais pour prendre des leçons de ce qui est c'est exactement ce que va faire Marx il ne va pas dire voilà comment doit être la société une fois que le communisme
1:10:44 sera au pouvoir non il va étudier comment fonctionne le capital ce qui est et après s'il y en a qui veulent s'en débarrasser il va faire partie ce sera plus facile quand on saura comment ça fonctionne la liberté et l'intellection de la nécessité pour venir à bout de cette besogne excusez-moi je répète la philosophie réclame non pas tant le savoir de ce qu'il est que le moyen de restaurer grâce à elle cette substantialité perdue et écoutez bien la solidité compacte de l'être vous voyez que solidité regardez les métaphores la substance la solidité compacte de l'être tout ça va du même côté tout ce solide ce qui ce sub stare substance ce qui se tenait là dessous ça a glissé sous nos pieds c'est pas nous sommes pris dans le tourbillon qu'est-ce qu'il dirait un mot que comprendre je l'ai dit tout à l'heure que comprendre à ma parole il fait qu'elle fuit et vole puis il a dit pire on va y arriver tout à l'heure avec je et un autre alors pour venir à bout
1:11:54 de cette besogne vous voyez il prend le mot besogne c'est une besogne ça politiquement moralement la restauration demande de la philosophie non pas de dire ce qui est la vérité la réalité mais de dire ce qui m'arrangerait il y a des trucs pour ça il y a la bibine il y a la weed c'est rien pour venir à bout de cette besogne la philosophie ne doit pas tant résoudre la compacité de la substance résoudre ça c'est le travail du philosophe et élever cette substance à la conscience de soi donc il faut en partir attention le substantiel c'est le sérieux c'est là on part tout du concret mais il faut l'élever à la conscience de soi elle ne doit pas tant faire ça que quoi elle ne doit pas tant ça continue reconduire la conscience chaotique à l'ordre pensée et la simplicité du concept que alors écoutez bien mélanger les distinctions de la pensée opprimer le concept différentiel et restaurer deuxième fois vous comprenez pourquoi je tenais avoir le textuel et restaurer le sentiment c'est souligné de l'essence
1:13:04 pas le savoir la bougie le sentiment ce qu'il y a au bout de la truffe du chien sauf que le chien pour lui c'est sérieux de sentir sinon il meurt de faim le sentiment de l'essence elle ne doit pas tant procurer la pénétration intellectuelle que l'édification le beau le sacré c'est qui va là l'éternel la religion l'amour sont l'appât requis pour éveiller l'envie de mordre oh c'est moderne l'appât requis ça veut dire on n'a plus envie de mordre c'est ça être moderne ben oui qu'est-ce que vous voulez c'est pas de ma faute d'accord en tout cas on n'a plus l'envie à changer de forme ben il y en a qui veulent revenir en ancienne forme donc il faut l'appât requis pour éveiller l'envie de mordre ça dit bien ce que ça veut dire demander au réel de vamper la conscience ben c'est ça éveiller l'envie de mordre c'est vamper bon alors je ne sais pas ce que c'est qu'une vampe le beau le sacré l'éternel la religion
1:14:14 c'est les termes que vous trouvez toutes les deux lignes chez le romantique l'amour sont l'appât requis je dis ça parce que je connaissais quelqu'un qui ne les a jamais le haut ils étaient déjà la mûre c'est un catho sont l'appât requis pour éveiller l'envie de mordre non le concept mais l'extase non la froide et progressive nécessité de la chose on croirait Spinoza vous voyez nécessité de la chose mais l'enthousiasme enflammé doivent constituer vous voyez c'est pas grave il faut lire en matière doivent constituer la force qui soutient et répand quoi ?
1:14:51 la richesse de la substance bon vous commencez à sentir intuitionner ce que c'est que la substance quand même là mais non vous voyez alors si je m'attarde sur cette conception moderne avec Hegel de la substance ou le substantiel comme on voudra vous me direz alors pourquoi on a perdu de temps avec Platon Aristote et l'Antiquité parce que on a besoin pour bien distinguer le rouge d'un fond vert parce que vous voyez vous connaissez la toile de Rothko là du rouge sur un fond rose orange magnifique mais c'est un bon de valeur comme vous voulez mais c'est pas là que je distingue le mieux le rouge par rapport aux autres couleurs je distingue même du bleu sur du turquoise tout ça j'ai jamais su sur le turquoise et des bleus ou verts vous savez vous peut-être je suis daltonien je sais pas jamais su j'ai un fils qui est daltonien des fois on appelle dis moi à commencer sur l'écran parce que couleur donc je
1:16:04 termine ce développement c'est ce qu'on appelle la grande colère on sent qu'il se retient et c'est sa rupture avec son camarade Schelling qui régnait sur la qui était le philosophe emblématique et romantique à cette exigence de restauration correspond un travail pénible un zèle presque brûlant pour arracher le genre humain à sa captivité dans le sensible le vulgaire et le singulier bande de consommateurs mais écoutez c'est actuel ça enfin quand même on parle de fin du monde on parle de votre misérable fin de mois vous n'avez pas honte c'est ça le romantique ben oui déjà c'est comme ça qu'il faut le lire à cette exigence correspond un travail pénible un zèle presque brûlant n'est-ce pas Greta pour arracher le genre humain de sa captivité dans le sensible le vulgaire et le singulier et pour diriger son regard vers les étoiles et là il y a une phrase une profondeur comme si les hommes tout à fait oublieux du divin étaient sur le point de se satisfaire comme le ver de terre de poussière et d'eau faites confiance
1:17:15 à l'homme ne vous inquiétez pas pour ça le sacré le machin il y en a toujours assez chez l'homme c'est même ça être humain pas besoin de vous arracher qui vous dit que lorsque l'autre consomme sa bibine il n'est pas dans le sacré pour lui il a le droit après tout Dionysos c'est par contrainte oui alors il fut un temps où les hommes avaient un ciel doté des vastes trésors des pensées et des images il n'est pas l'astrologie les constellations et des images alors la signification de tout ce qui est sous le ordre de Isiba se trouvait dans le fil de lumière qu'il attachait au ciel au lieu de séjourner dans la présence de ce monde le regard glissait au delà vers l'essence divine vers si l'on peut dire peut ainsi dire une présence au delà du monde ça vous rappelle pas quelqu'un ça une pensée moderne de critiquer ceux qui cherchent une vérité au delà du monde oui bien sûr Nietzsche bien sûr c'est la fameuse critique nietzschienne des arrière-monde pour Nietzsche il ne faut pas perdre du temps avec les arrière-monde quand même et oui je n'ai pas le même Nietzsche
1:18:25 que Deleuze Foucault et Derrida moi j'aime bien le Nietzsche non pas l'irrationaliste et l'esthète mais le contraire celui qui dit je suis fatigué de tous les poètes ils troublent leurs eaux afin qu'elles semblent profondes c'est par contrainte que l'œil de l'esprit devait être ramené au terrestre et être maintenu dans le terrestre il fallut alors bien du temps c'est au Moyen-Âge je résumais là avant d'introduire cette clarté que possédait seul le supraterrestre dans l'étroitesse et l'égarement où se trouvait le sens de l'en-deçà avant d'accorder une valeur et un intérêt à l'attention à ce qui est présent comme tel attention qu'on nomma alors expérience il résume Bacon le début de la science moderne voilà je tenais à ce long développement pour faire comprendre ici ce que le côté archaïque que Hegel place c'est très riche concept substance c'est pas péjoratif ce qui est péjoratif c'est de le vivre au présent c'est de rien vouloir savoir de la perte que nous avons
Désubstantialisation et enchantement
1:19:36 en tant que moderne mais perte enrichissante si je vous vide votre poche de tout votre argent on dirait mais enfin c'est du Macron ça non mais si vous vide de l'argent qui était de la fausse monnaie je ne vous ai pas volé donc la démystification la désubstantialisation du monde ce n'est pas pour vous laisser dans la perte ça rappelle un petit peu la question que Léo merci tu avais posé c'est quand même malheureux tu poses toujours un peu la même question très profonde tu vois tu vois ce que je veux dire comment se fait-il qu'il faut attendre le monde moderne le progrès tu peux la reposer un petit peu c'était la même que tu avais posé à deux séances d'intervalle disons en gros disons la dernière fois quand tu disais l'avant-dernière fois alors la dernière fois j'avais demandé comment ça se faisait que plus on avançait dans l'histoire moins on se tatouait on se décorait le corps moins on avait besoin
1:20:47 de l'ordre symbolique je crois même que Pauline t'avait répondu en disant en disant quoi voilà c'est l'expression moins besoin c'est ça qu'elle avait sorti Pauline c'est qu'il y a eu des substitutions donc c'est pas une perte sèche loin de là et c'est aussi que notre démarcation avec le monde naturel est plus claire donc on n'a pas besoin enfin pour moi c'est ça c'est que toute la technique qu'on a entre nous il est évident qu'on se distingue beaucoup de notre naturel et y compris animal alors que moins on a développé les techniques plus le symbolique la différenciation de l'homme ne doit être marquée par moi voilà ce qui confirme ce qu'on a dit tout à l'heure sur la magie par exemple on a moins besoin de la relation magique au monde forcément mais attention je ne suis pas en train de faire l'éloge du désenchantement
1:21:57 au contraire il n'y a peut-être jamais eu autant d'occasion d'être enchanté que depuis que l'enchantement a perdu son côté fausse monnaie si vous voulez il y a une vérité de la religion que nous voyons maintenant toute la théorie de l'aliénation c'est pas développe ce que je suis en train de dire c'est pas une bêtise il fallait passer par là il y a une nécessité c'est d'ailleurs dit dans l'évangile et tel Moïse éleva le serpent dans le désert ainsi faut-il que le fils de l'homme soit élevé vous passez par le drôle d'épreuve le fils de l'homme c'est l'homme dans l'évangile il ne dit jamais le fils de Dieu l'évangile c'est curieux pourtant les curés pendant 2000 ans ils ont dit que c'est le fils de Dieu l'évangile on ne le trouve jamais c'est le fils de l'homme bon alors c'est pas notre problème je finis juste avec cette phrase vous allez voir pourquoi à cause de la goutte d'eau à laquelle je tiens maintenant aujourd'hui il semble qu'on ait besoin du contraire de l'expérience le sens s'est tellement enraciné
1:23:07 dans le terrestre qu'il faut semble-t-il une violence égale pour le soulever la bourgeoisie se répand l'esprit se montre si pauvre que comme le voyageur dans le désert aspire à une simple goutte d'eau il semble l'esprit d'aujourd'hui aspirer pour se réconforter seulement au maigre sentiment du divin en général n'importe quoi pour que ce soit un peu religieux un peu mystique un peu zen un peu machin c'est bon ça fait l'affaire j'ai même vu des colloques de comment on appelle ça quand on a toutes les religions merci œcuméniques j'ai même vu des responsables de l'église catholique apostolique romaine dire mais il faut laisser les prêtres africains faire les rites magiques oui ceux qui sont liés à l'anthropophagie donc on y est aussi je veux dire parce que tout ça il vaut mieux ça que le matérialisme le maigre sentiment comment il dit Hegel le maigre sentiment du divin en général non la religion c'est sérieux c'est plus sérieux que le mysticisme mysticisme mystification pas loin je réduis un peu mais il faut jamais oublier que c'est pas loin mystère vous savez
1:24:17 je vais dans une galaxie à la vitesse supérieure à la lumière ça existe pas je reviens j'ai une boîte et je vous dis voilà je vais vous montrer un objet que personne n'a jamais vu il n'y a rien dans ma boîte il n'y a rien regardez le mystère que je fais déjà tout le monde regarde vers la boîte vous voyez mystère mystification faux mystère pendant des siècles il y en a qui ont régné comme ça par le faux mystère les mages vous savez mais oui quand j'enseignais j'essayais de garder un petit lien avec l'enseignement quand j'avais beaucoup de gestion à faire quand j'étais chef de projet grâce à vos impôts du centre de formation de promotion musicale de Niamey au Niger financé par l'Union Européenne je le répète à chaque fois c'est infamant pour moi j'ai bouffé je me suis bien payé j'essayais de garder quand même un lien avec la transmission avec l'initiation à l'analyse musicale et j'avais confié à des tâcherons comme on dit là-bas à des petits entrepreneurs locaux qui travaillent très bien j'étais un peu surpris qu'en général on commande des entreprises expatriées européennes et moi j'avais commandé un nigerien ils travaillaient très bien de faire un auditorium pour les gamins de la rue
1:25:28 pour le vendredi c'est un pays musulman qui fassent la musique qu'ils veulent bref en enregistrant et tout ça et le tâcheron j'étais devenu un dieu pour lui parce que je lui avais donné le marché et à la facilité avec laquelle l'esprit se satisfait on peut mesurer l'étendue de sa perte et là où c'est trop mignon c'est qu'il m'a dit il faut que je te dise il ne faut pas il ne faut pas enseigner comme tu fais il ne faut pas me donner des cours de pédagogie c'est intéressant non mais je t'ai surpris il me dit parce que tu fais du bien à tes ennemis parce que oui je transmets un savoir donc je m'appauvris je donne mes armes il y a une telle pénurie dans l'économie de pénurie traditionnelle que tous les chefs les rois nos rois au Moyen-Âge pareil avaient leurs mages leurs trucs leurs magiciens vous vous rappelez ce dessin animé où il y a Merlin l'enchanteur contre la fée Fata Morgan mais oui je prends un coup de vieux les combats de magiciens chacun a son truc
1:26:39 et on garde le secret s'il y a un secret c'est qu'il n'y a pas grand chose vous savez que la science d'aujourd'hui si elle garde le secret elle peut mettre la clé sous le paillasson c'est par la communication les publications en permanence que la science progresse il peut y avoir des secrets sur quelques applications technologiques mais pas sur le fondamental au pire de la guerre froide je peux vous garantir que le soviétique américain ne se cachait rien du fondamental en particulier pour ce qui est de quelque chose qui préoccupe beaucoup les chercheurs de pointe actuellement c'est à dire la fusion contrôlée comme on dit qui résoudra tous les problèmes d'énergie auquel travaille ITER je crois c'est ça le nom du projet dans le midi de la France et ben le terme international dans le monde scientifique international du procédé le plus avancé pour confiner le plasma comme on dit parce qu'il y a des températures épouvantables il faut donc des matériaux qui résistent à ces températures ce procédé s'appelle le tokamak c'est un nom soviétique encore maintenant vous entendez parler du tokamak ben voilà par exemple donc vous voyez
Faux mystère, mystification et sphinx
1:27:49 si on cache si on fait un secret si on met du mystère c'est que c'est pauvre c'est bien que c'est un peu dur ce que je dis pas esthétiquement esthétiquement c'est splendide c'est bien un mystère non mais c'est vrai Hegel dit une chose profonde dans l'esthétique sur le sphinx puisque je parle de mystère la figure de l'énigme il va jusqu'à dire le sphinx est le symbole du symbole mystérieux le symbole du symbole aujourd'hui on dirait le signifiant du signifiant c'est ça le sphinx c'est moi il dit attention sous-entendu il vise toujours un peu ces petits romantiques ces contemporains attention de ne pas prêter aux égyptiens vous savez vous avez lu comme moi comme ils ont pu construire les pyramides ces extraterrestres c'est pas avec des rayons laser vous avez lu tout ça il y a toute une littérature là-dessus c'est terrible les pauvres gosses quand ils ont le crâne pas que des gosses c'est là mais sur internet de mon temps c'était dans les bouquins c'était Charroux vous connaissez pas cet auteur ?
1:28:46 Charroux oui le mystère de la grande pyramide non ça c'est sérieux c'est Blake et Mortimer non non c'est c'est les bouquins où on vous explique tout ça que c'est enfin on aurait trouvé les pyramides reposant sur la pointe j'aurais dit là quand même chapeau c'est le plus simple on sent le plus large en bas le plus petit en haut quand même moi j'admire les statues de Pâques comment on les a transportés on va chercher je vous dis des trucs laser mais c'est bouleversant la vérité comment ils humidifiaient le sol pour faire rouler des rondins de bois ça a d'ailleurs je vais être rigolo pour une fois ça a d'ailleurs dépeuplé toute la flore arboricole de l'île n'est-ce pas dans l'île de Pâques vous voyez quand on connaît la vérité c'est beaucoup plus bouleversant de voir l'ingénierie humaine avec des moyens importants très limités comment d'énormes statues de centaines de tonnes se dressent sur le sable du désert on creuse le sable et elle bascule après vous voyez ça a l'air tout simple mais il fallait y penser pas besoin d'aller chercher les martiens donc c'est tout ça
1:30:00 que je rappelle au passage et donc esthétiquement pourquoi je me fais référence à l'Egypte dès que je parle de mystère et d'esthétique parce que peut-être l'essence de tout l'art égyptien de l'antiquité bien sûr tient dans ce mystère il n'y a pas un art grec plus beau que l'art égyptien il n'y a pas un art non le critère esthétique n'est pas lié comme ça à ce genre d'évaluation mais le contresens contre lequel il met en garde ses contemporains c'est de croire que les égyptiens avaient la clé de l'énigme les initiés vous savez les initiés non il a cette phrase saisissante le sphinx était un mystère pour les égyptiens c'est pour ça qu'ils l'ont si bien représenté ils sont eux-mêmes on voit bien hypnotisés par la figure du mystère de la mort de la vie après la mort de tout ça voilà et puisque je parle d'initiation je vais vous parler de Clouscard pour l'anecdote voilà la première fois que je lui ai rendu visite à Gaillac que j'avais un enfant de 6 mois dans la voiture
1:31:10 surchauffée je ne vais pas m'attarder sur les détails avec une vieille 403 Peugeot j'étais un peu fauché quand même et en province à l'époque on pouvait acheter pour 300 francs 300 francs même pas euros Peugeot qui marchait encore mieux et donc par Massif Central il fallait s'arrêter dans les cols radiateurs qui bouillaient tout ça vous ne connaissez plus tant mieux et on finit par arriver à Gaillac par les routes de Massif Central et arrivé à Gaillac mon allemande dépose en vue de faire pipi donc elle pose le couffin vous mettez les bébés dans les petits couffins en osier sur la table paf salopard de gamin qui passe par-dessus bord la tête c'est lourd la tête du bébé bleu et il tombe sur la tête oh elle angoisse on appelle un médecin il va dire où je peux vous allez voir un médecin arrive donc ce qu'on me dit c'est un vieux médecin de famille bien connu Gaillac vous connaissez on était au lycée sans plus de précision le médecin il regarde il regarde les yeux aucun problème il n'a pas vomi c'est du cartilage c'est des balles de ping-pong à cet âge là c'est pas grave bon très bien
1:32:21 et Clouscard qui a le malheur de sortir tu sais que Pagani connaît le jazz le jazz connaît le jazz et l'autre était un amateur de jazz paraît-il il en était resté à Panassié je ne sais pas si tu vois ça ne vous dit rien le hot club de France le jazz avant-guerre quoi Parker, Monk ça c'est horrible c'est c'est la décadence c'est cérébral des intellectuels carrément bon moi j'essaie de dire quelques trucs quand même tu vois mais poliment je ne suis pas chez moi c'est un ami de Clouscard et l'autre a le malheur le médecin c'était des des notables les médecins dans ces coins-là à l'époque les médecins de famille c'est celui qui vous disait à la fin de la consultation pour qui il faut voter aux prochaines élections qui nous sort moi je lui sors les 32 mesures de blues que la structure de blues mais c'est pas une structure le blues il faut être nègre pour comprendre le blues vous comprenez le mec était blanc comme vous et moi je lui dis mais tu as été initié vous comprenez pourquoi initié c'est intéressant donc toi toi tu es le seul blanc qui peut parler du blues il est emmerdé là quand même parce que d'après lui il faut être ontologiquement nègre pour comprendre le blues
Du choral luthérien au gospel et au blues
1:33:32 il avait oublié que le blues n'est jamais apparu en Afrique sans l'Afrique le blues ne serait jamais apparu attention je suis précis mais il n'est pas apparu en Afrique le blues est impur c'est la splendeur du jazz c'est son impureté n'est-ce pas c'est que quand on a obligé si vous lisez vous lisez vous visionnez le court-métrage la fausse note je dis ça d'une manière magistrale grâce à la mise en scène d'Ali Ocha soyons justes donc en quelques minutes quand il a fallu forcer toi le nègre là je suis je parle comme un texan de l'époque tu vas laisser tes oripeaux tu vas mettre tes robes victoriennes avec chiffon comme ça jusqu'aux chevilles n'est-ce pas tu vas être tout le temps à poil et tu vas aller au temple chanter le quoi le cantique luthérien les évangéliques n'est-ce pas dans lequel le choral la forme chorale magnifique joue un rôle fondamental et qu'est-ce qu'ils en ont fait les noirs ils en ont fait le spirituel le gospel quelque chose qu'on n'avait jamais entendu avant c'est la forme excusez-moi c'est la forme africaine de la résistance ils ont fait ce qu'on leur a dit
1:34:46 ils ont dit ils n'avaient pas le choix mais ils ont fait quelque chose à eux vous voyez donc d'où s'est venu le blues d'une manière de chanter faux la gamme européenne la gamme d'ut le do ré mi fa sol la si do comme ils ont une gamme pentatonique je ne veux pas être trop technique mais je veux dire le mélange des deux le plaquage de ce qu'ils ressentaient spontanément le pentatonique sur la gamme diatonique qu'on va leur faire chanter a donné la gamme du blues c'est un miracle et cette gamme là elle inspire tout ce qui se fait musicalement jusqu'au rap jusqu'à tout ce que vous voulez vous voyez c'est fantastique que la musique qui a libéré la musique la création musicale contemporaine de l'impasse où elle se trouvait en particulier en musique classique à la fin 19ème début du 20ème siècle quand je dis impasse moi je suis un très grand amateur de ça peut choquer certains de
1:36:20 L'esclavage a été interdit, il y avait des navires de contrôle, on les jetait avec les fers dans l'océan. Vous savez, vite, on était tous enchaînés les uns aux autres, on ouvrait les cales, hop, vous voyez. Mais oui. Et c'est de cela qu'est venue la libération de la musique. C'est extraordinaire comme histoire. Donc voilà. Voilà. L'initiation, il ne faut pas imputer.
Du « Connais-toi toi-même » au « Je est un autre »
1:36:50 Il ne faut pas avoir une vision substantialiste du savoir des anciens. Mais non, je lis des choses ahurissantes, n'est-ce pas ? Que tous les problèmes datent que depuis, en gros, ma génération. Le problème de l'humanité, à la limite. Ils avaient été tous résolus avant, donc on y est. Donc voilà. Alors, je suis en train, je vous l'ai dit, de rouler autour du plan. Le plan commence par Platon.
1:37:22 Connais-toi, toi-même. Oui, c'est ma chute. Connais-toi, toi-même. Vous êtes d'accord que même, c'est le signe de l'identité ? Non, je ferme ma boucle. Et à l'autre extrême, vous avez Rimbaud qui dit « je » est un autre. La réflexion sur le sujet nous a fait passer d'un privilège accordé à l'identité à un privilège accordé à l'altérité. Il n'y a pas de hasard.
1:37:55 Or, les deux pages de Hegel que vous avez entre les mains, dans les mêmes paragraphes, un peu plus loin, je ne l'ai pas mis ici. Il y a eu un petit problème de photographie, je crois, Romain. Il y a un passage où Hegel dit que le dernier pas que la philosophie spéculative avait encore à faire pour s'élever à la vérité, sous-entendu après ce qu'il y a à l'avant-garde à son époque, c'est Kant et Fichte, c'était d'introduire la scission dans le sujet.
1:38:29 Vous voyez, on n'est pas loin de Rimbaud. L'altérité dans le sujet qui voulait dire l'identité, ce qui ne bouge pas. Rappelez-vous que le sujet, c'est ce qui ne bouge pas. Tout ce qui bouge, c'est les attributs. Pagani, il est jeune, il est vieux, il est fatigué, il est en pleine forme. Tout ça, ça bouge, les attributs. Mais il y a le sujet. Celui ou la chose dont on parle. Il ne bouge pas, et voilà, que Hegel dit. Être moderne, c'est instaurer la scission à l'intérieur même du sujet. C'est dit en toute lettre dans les principes de la philosophie du droit, paragraphe 8.
Marthe Robert, Kleist et Kafka
1:39:06 Donc, je me permets d'être un peu solennel là, parce que je ne comprends pas qu'on ne fasse pas le rapprochement. Et je suis étonné, parce que j'ai affaire à des gens cultivés, même plus que moi. Ça arrive bien souvent. Et qu'on ne fasse pas le rapprochement entre le Je est un autre, de Rimbaud et l'introduction par Hegel de la scission à l'intérieur du sujet. Au contraire même. Qui vont opposer le côté avant-gardiste de Rimbaud au conservatisme du philosophe prussien. Voilà.
1:39:36 On a quoi ? On a presque un quart d'heure pour les questions. Ça va. Il faut m'arrêter quand il est 20. On va prévenir quand il est 20. Non, mais le plan était un peu lourd là, quand même. Dites-vous qu'on a le temps, n'hésitez pas à poser les questions le fond. Je vais enchaîner là-dessus la prochaine fois.
1:40:23 Je n'ai pas parlé de nazisme aujourd'hui exprès. D'accord ? Mais j'ai parlé du romantisme allemand. Pour lequel j'ai une admiration, c'est des créatifs extraordinaires. D'accord ? Mais qu'est-ce qu'ils sont ? Comment elle avait dit ? Marthe Robert ? Quelqu'un connaît Marthe Robert ici ? Oui. C'est pas un pire genre. Marthe Robert, roman des origines et origines du roman. C'est une littéraire.
1:40:53 Superbe. C'est une référence. Donc, immense réflexion sur les genres. En particulier sur le genre roman, qui est le genre moderne par excellence. Le plus vieux, c'est la poésie. Elle a été orale, avant même qu'elle écriture. Surtout pour des raisons de mémoire. C'est facile à retenir. C'est rythmé, syncopé, etc. Nous avons tous des grands-mères ou des grandes-tantes dans les dialectes provinciaux où il y a des proverbes, des maximes, mais rimés.
1:41:24 Et puis le théâtre, c'est vieux comme le dithyrambe de Dionysos, etc. Le dramatique, le lyrique. Mais par contre, le roman, il a fallu attendre, l'ère moderne, pour qu'il atteigne son âge d'or en plus. En particulier, le français, vous voyez, le balzac, les Stendhal, les flaubert. Bon, ce n'est pas un hasard. Roman des origines et origines du roman. C'est un estuaire de civilisation, le roman. C'est quand c'est la fin du fleuve. Il charrie tout.
1:41:54 Vous voyez, dans un roman comme Ulysse de Joyce, je prends, vous avez du théâtre, vous avez des extraits de poèmes, vous avez de tout dedans, qui charrie comme ça. Dans le genre roman. Alors, pourquoi je parle de Marthe Robert ? Alors, je parlais des romantiques allemandes en disant qu'ils étaient un peu, je n'ai pas fini ma phrase, con, con. C'était sa formule. Que je vous explique un petit peu, pour me disculper d'abord, j'étais un peu ado. Et j'avais une énorme admiration pour le plus grand écrivain, dramaturge, chez les romantiques allemandes, il y en a qu'un qui a un grand dramaturge, c'est Kleist.
1:42:24 Vous savez, c'est lui, il en avait parlé pour une réflexion sur le théâtre de marionnettes. Et elle, Marthe Robert, elle est connue pour être une immense traductrice de Rilke, de Kafka et de Kleist. Trois auteurs en langue germaine. Et j'adore vos traductions de... Vous savez, quand on est groupis, j'étais jeune. J'adore vos traductions de Kleist. Elle dit, oui, oui, merci, c'est gentil. Et puis, elle était là pour amener Adamov sa cure de psychanalyse le pauvre, il n'allait pas bien du tout.
1:42:59 Il arrêtait l'alcool, il était un état épouvantable. Alors, je lui dis, quand même, c'est un type extraordinaire, Kleist. Elle m'a dit, oui, il était un peu con con. Ça fait du bien, c'était salubre, vous voyez. Ça m'a choqué, sur le moment, j'ai une admiration. Alors, quand je dis, ce grand con de Nietzsche, je le pense sincèrement que c'est un grand ego, fabuleusement subtil et habile et agile de penser quand il veut, mais complètement aveugle sur des tas de problèmes qui nous intéressent en politique, en particulier, sans bon vieux bourgeois réactionnaire allemand, comme il y en avait tant à l'époque dans le Reich.
1:43:39 Mais, encore une fois, ça fait du bien, c'est grâce à Marthe Robert que j'ai pu traiter Nietzsche de grand con, à lui, donc, de faire le grand décapeur, le grand démistificateur et déconstructeur, tant qu'on y est. Voilà. Est-ce que j'ai répondu ? Comment non ? Le nazisme. Ah oui, non, je n'ai pas dit l'essentiel. Or, Kleist est un poète cuirassé, comme on dit en Allemagne.
1:44:12 Il voulait s'engager dans l'armée, c'est-à-dire, c'était déjà les Panzer Divisionen. il trouvait que tout le monde trahissait l'Allemagne de ne pas combattre les armées de Napoléon. Il était tellement furieux qu'il a fini par vouloir s'engager volontaire dans les armées de Napoléon. Dans le camp de Boulogne, il est venu, on l'a envoyé bouler. Et ça, ça me rappelle une nouvelle de Kafka que vous connaissez peut-être, pas loin, la colonie pénitentiaire. Quelqu'un a lu ça ?
1:44:42 Vous savez, il y a comme ça dans Kafka des nouvelles isolées et puis il y a des recueils de nouvelles. La muraille de Chine, une série de nouvelles dont extrait le message impérial que nous avons déjà traité entre nous. Et la colonie pénitentiaire qui se passe, je crois que le seul texte de Kafka qui se passe dans un contexte francophone. Ça se passe dans une colonie française dans le désert. Il n'y a jamais allé Kafka. Il s'est renseigné. Ça s'appelle l'Algérie, ça s'appelle le Niger, etc. Où on assiste à une scène, à un châtiment d'un noir qui a fait une connerie.
1:45:14 Il faut le châtier. Et tout l'intérêt de la nouvelle est centré. 4-5 pages et un peu plus. C'est 8. Et centré sur la machine à châtier. C'est du Kafka, ça. Une machine avec des pointes et des métals, tout ça. Il faut attacher le gars. Et c'est une machine qui lui est inscrite dans le corps avec des pointes. On voit les gouttes de sang, tout ça. Tu respecteras la loi. Vous voyez, la loi inscrite dans le corps, c'est des thèmes qu'on développe plus facilement en littérature. C'est très intéressant.
1:45:44 Mais ce n'est pas mon sujet. Sauf que celui qui fait la démonstration aux voyageurs médusées qui voit ça, le narrateur, celui qui assiste à tout ça avec le soleil et le gouverneur qui est là avec les femmes. Alors, ça commence quand ? Les courtisanes. L'autre lui dit oui, c'est une machine, tout le monde s'en fout. De toute façon, le gouverneur fait semblant de s'intéresser à mon truc, tout le monde s'en fout. J'ai fait cette machine, c'est un chef-d'oeuvre. Enfin, il fait le boniment pour sa machine, le tortionnaire. Le noir, il ne comprend rien, il sourit, il rit, c'est un analphabète, il vient de la brousse, il voit la machine, il la regarde comme ça, il y a un tampon là pour ne pas vomir à cause de la douleur, c'est terrible.
1:46:23 Et en fait, je vais très vite, la machine commence à actionner et elle se dérègle. Vous savez, vous avez lu les temps modernes, Charlie Chaplin ? Vous savez, la machine a bouffé le maïs là. La même chose, ça ripe, ça patine. Donc, vous voyez, c'est comme Plais qui veut s'engager, il voit le rapport dans les armées de la poligie à la fin. Il décide de se mettre, il chasse l'Africain, il se met à la place et il s'auto-torture lui-même, il meurt sur sa machine. C'est extraordinaire.
Le réactionnaire et les blessures narcissiques
1:46:53 Kafka est un écrivain juif de nationalité tchèque et écrivant en langue allemande. Ça explique beaucoup de choses. Ça explique des prises de distance que peu d'écrivains ont prises. Voilà. Je suis en train de montrer tous les filets d'eau, le bassin versant, comme j'ai dit, ma métaphore géographique, qui va donner le fleuve du nazisme. Mais tu as très bien compris, et je valide, c'est que le principal, la principale cause du nazisme, ce n'est pas le conservatisme.
1:47:29 Ce n'est pas le conservateur, c'est le réactionnaire qui est nazi. Le conservateur a toujours existé, il y a toujours... On est tous un peu conservateurs, pourquoi on va changer ça ? J'étais bien comme ça. Non, le réactionnaire, c'est celui qui a eu peur et donc est devenu méchant. Vous voyez ? Peur. N'oubliez pas qu'à la crise de 1929, il y a la crise des années 30, il y a la montée des forces ouvrières et prolétaires. C'est la horde qui menace, vous savez ? Schopenhauer, il appelait la police, en 1848, je reviens en arrière, pour les barricades, ils sont là les émeutiers.
1:48:01 Horde c'était ça. Il y a une proto-histoire du nazisme, y compris philosophique. Je parle des philosophes les plus à la mode. C'est fou le succès de Schopenhauer dans la jeunesse. J'aime beaucoup ce que je ne fais pas d'Horde, dit de la musique, je ne suis pas en train de... Je ne mélange pas les sphères. La question est bien. La conscience malheureuse, c'est bien lui. Oui ? Pauline ? Du coup, je croyais que c'était la session de clôture de la session l'année prochaine sur ce thème, c'est ça ?
1:48:34 De clôture ? Je croyais que c'était 3 par 3. Sur la logique du sujet ? Oui, parce que je n'ai pas compris ta conclusion sur la session à l'intérieur du sujet. Je vais y revenir. Mais attends, ça m'intéresse que tu ailles juste avant la confusion. C'est peut-être moi qui l'ai entretenue. Que j'arrête maintenant sur le sujet et qu'on passe à quoi après ? À rien, mais je croyais que c'était... Non, non, non, mais c'est intéressant parce que j'évoquais l'hypothèse. On m'a tellement demandé de faire enfin une histoire de la musique que pour Copéla Poirant 2, j'avais dit on va peut-être faire la logique du sujet le premier trimestre.
1:49:07 Donc je pensais que tu faisais allusion à ça. Clore aujourd'hui et puis après commencer l'histoire de la musique. Ou j'aurais répété les mêmes choses d'ailleurs. Mais voilà, donc allons-y pour la scission du sujet. C'est à voir. Ben non, mais si tu repars de là la prochaine fois, j'ai pas de scission. Ah oui, bien sûr. Bien sûr. Je veux dire, je ne vois pas ce que ça... Est-ce que tu entends par là comme... Tu vois pas... Tu vois pas vers quoi ? Ça oriente ? Oui. La scission du sujet ou bien on fait comme s'il n'y avait pas de scission, on suture à tout crin et ça donne ce que dit Mehdi.
1:49:41 Ce que Hegel appelle on restaure la solidité compacte de l'être. Il n'y a plus de blessure, il n'y a plus de blessure narcissique, il n'y a plus... Freud disait que la psychanalyse était la troisième grande blessure narcissique infligée à l'humanité moderne. La première étant la révolution copernicienne. Apprendre qu'on est en train de graviter à la périphérie et non pas au centre de tout. D'accord ? Je vais vous faire un dessin à quel point c'est lié à Narcisse. Deuxièmement, ben allez-y trouver.
1:50:14 Oui ? Darwin. La théorie de l'évolution en main mince alors. Je crois que je venais de Dieu on me dit que je viens du singe. C'est dur quand même. Ben quand même. Je me regarde dans un miroir. Vous savez ce que dit Nietzsche dans Zarathoustra ? Qu'est-ce que le singe pour l'homme ? Un objet de honte et de dérision. Ainsi doit devenir l'homme pour le surhomme. Un objet de honte et de dérision. Donc tu commences à voir le rapport.
1:50:45 Même pas à commencer. Si, non mais d'une manière générale. Des blessures narcissiques. Pour reconstituer l'unité du moi, tout est permis. Y compris l'horreur. C'est ça le nazisme. Parce que tu ne dis pas narcissisme et nazisme. On est tous narcissiques. Je ne suis pas en train de dire. Le sujet ? En tant que ?
1:51:17 Nation. Mais bien sûr. Non, non, mais tu as raison. Non, mais tu l'as. Le vrai problème, tu as soulevé le concept d'individu. Je n'en ai pas beaucoup parlé. Je parlais du sujet. Je parlais de substance. Je ne peux parler du plus difficile. C'est pour ça que je le garde pour après. L'individu. On a dit que tout l'effort gigantesque d'Aristote et d'éluidation par la philosophie avait pour but de donner un statut ontologique à l'individu. Au concept d'individu. D'accord ? Donc c'est... Dans l'individu, il y a indivisible.
Le nazisme comme destruction de la raison selon Lukács
1:51:47 Il y a un peu tard, je ne veux pas, mais je le garde pour plus tard. Non, tu poses... Oui, il y a tout ça qui est en germe. D'accord ? Mais rappelle-toi, c'est pas un hasard si j'ai distingué, distingué et séparé. On peut faire des divisions sans que ce soit des déchirements. D'accord ? Je peux renoncer à une certaine image que j'ai de moi sans cesser d'être moi. Goethe disait toujours « Stirb und werde, meurt et devient ». T'as une dépression, mon petit, meurt et devient. Oui ?
1:52:17 J'ai une petite question à te poser sur François Plain, comme tu disais, qu'à midi, je rassemble le fleuve, les eaux qui charrient le fleuve d'innésime jusqu'à rassembler... Le roman. Le roman, c'est aussi le romantisme, donc là, c'est un peu l'esthétique, etc. Et je voulais juste te poser la question sur la partie philosophique dont tu disais, ressouder à tout prix la scission du sujet avec l'aspect epistémologique que tu as parlé de Nietzsche. L'aspect ? L'aspect epistémologique qui a parlé de Nietzsche, tu as parlé de Schopenhauer à moi aussi.
1:52:47 Voilà, je fais une vision de la destruction de la raison de Lukács. C'est dit, effectivement, ce qui se passe là-dedans dans l'esthétique, ce qui se passe la même chose... Une petite parenthèse, je le dis pour ceux qui ne sont pas au courant, Georg Lukács, l'immense philosophe hongrois, il y a un site qui lui est consacré sur Internet, c'était les amis de Georg Lukács que je vous recommande d'ailleurs. Et il y a l'essentiel de son message qui est, loin d'être la totalité, mais l'essentiel aux éditions Delga. Son œuvre la plus emblématique sans doute a ce titre significatif qui reprend exactement ce que dit Hegel là.
1:53:20 La destruction de la raison, c'est ça le nazisme. Cet effort pour détruire le point où on était arrivé, où on avait commencé à sortir la tête de l'eau, du substantiel, du magique, tu comprends ce que je veux dire ? On voit mieux, la destruction de la raison. Il montre que ça commence dès la révolution française, dès la contre-révolution, bien sûr, dès la contre-révolution suscitée par la révolution française avec un philosophe comme Schelling, pour lequel j'ai beaucoup d'admiration, sauf subtil, je ne suis pas en train, je vous le dis mille fois, la droite a bossé.
1:53:54 Ce n'est pas mon beauf, la droite, ni l'extrême droite. Ça, c'est du narcissisme de gauche de penser que mon adversaire c'est un beauf. il faut se faire un peu mal, il faut se dire bien, il en sait plus que moi, merde, il faut que je bosse. Oui, c'est déjà mieux. Pas surtout. Il y a même qui dit, moi les nègres, je les ai vécu avec eux, je sais comment les manier. Là, il ne connaît pas bien.
1:54:25 Donc, voilà, oui, exactement. C'est que ça, c'est que ça, ce terme de l'épistémologie, la même chose qui se passe sur le terrain de l'épisté, c'est ressouder le scission du sujet par les moyens rationalistes tout ce qui était substantiel échappe, comme tu dis, à tous les niveaux, au niveau moral, au niveau identitaire, d'accord ? Au niveau esthétique, au niveau scientifique. Ben ça y est, on a tout trouvé, la clé de tout, c'est l'atome, on a cru que c'était ça, la modernité. Et puis quand on regarde après, mince, il y a plein de choses dans l'atome.
La relation, vérité de la substance
1:54:57 Il y a déjà un noyau, des électrons, oh putain, le noyau, il y a des tas de trucs. On n'en finit plus, et puis à la fin, il y a des gluons, des nucléons, des charmes, des couleurs, des quarks, je ne sais pas, je ne dis pas dans l'ordre. D'accord ? Donc le sujet s'évapore à chaque fois. C'est la relation qui l'emporte sur la substance. Voilà, je termine là-dessus. Le terme le plus opposé à la substance, c'est-à-dire à ce qui est par soi, en soi et par soi, c'est la relation, c'est-à-dire ce qui est par un autre.
1:55:30 Oui, ce qui est par un autre. La prochaine fois, on parlera donc de la dialectique, de la reconnaissance. Voilà. Merci pour ta question. Merci. Et saluons tous ceux qui sont en train de lutter.
1:56:04 Merci.